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défauts qui peñvent vauser ledivofce entre des personnes mariées, l'âge dans lequel on commence à engendrer, et. celui dans lequel on finit, et les signes qui penvent marquer véritablement la grossesse, On y verrasila Naturea fixé aux femmes un temps pour accoucher; si les charmes, les magiciens ou les demons peuvent empêcher les personnes mariées de consommer le mariage. Enfin, on y apprendra si les hermaphrodites et les eunuques doi vent se marier, ets’ils peuvent faire des enfans.
Un philosophe et un medecin y trouveront, ce me semble, de quoi se satisfaire, en lisant quelques deconvertes que j'ai faites sur les parties naturelles de la femme ; et sur les nouvelles conjectures que j'avance sur lelien de la conception des hommes, et sur la cause des règles et du lait des femmes, et sur la quantité d’autres matières que l’on n’a point encore bien expliquées jusqu'ici, |
Une femme apprendra dans ce livre à régler ses mouvemens amoureux, et à ménager la réputation de ses filles. Elle y verra quelle complexion est la plus propre pour le cloitre ou pour le mariage, afin de persuader l’un ou l’autre état à ses enfans, qui ensuite ne se désespèreront point pour avoir embrasse un état auquel ils n'étaient point propres. Elle y connaîtra comment on doit rendre le devoir à son mari, et les égards que l’on doit avoir pour lui quand on aime sa santé, et que l'on n’est point esclave de sa passion.
Une fille sera instruite par avance de tous les désordres que peut causer l'amour, sans l’éprouver auparavant sur elle-mème; car, Comme les liens du mariage sont.indissolnbles, il serait à souhaiter que toutes les
filles sassent ; avant d’être mariées ,lés peines et les elias grins que l’on y souffre.
Un athée mème qui lira attentivement ce livre, et qui observera sans préoccupation toutes les démarches que fait la Nature dans les actions et dans la formation de l’homme, y trouvera de quoi changer de sentiment. Et je suis assuré qu'il n’y a ni livre, ni raisonnement qui lui fasse connaître plus clairement Dieu, que ce que j'écris de la génération des hommes.
Un débanché y connaîtra quels fâcheux chagrins et quelles maladies incurables cause un amour dérégle; et, après y avoir fait de sérieuses réflexions, il y trouvera des remèdes, ou pour s'opposer à la violence de l'amour ou pour conserver sa santé, ou pour être fort retenu à l'avenir.
Il serait à souhaîter que le lecteur, de quelque sexe qu'il füt, eût l'esprit fort régle, et qu'il sût ce que c’est que l’amour et le monde; qu’après cela il ne fût ui libertin, ni impudique : désirerais même qu'il fût d’un âge raisunnable , pour ètre en état d’en profiter.
Nous pouvons donc regarder le portrait de l'amour, que j'ai fait d'apres nature, pour éviter les défauts et les crimes que j'y ai remarqués. J'ai prétendu réformer les mœurs des libertins, et montrer aux sages les souplesses de l'amour pour s'en divertir , et de plus pour conserver leur santé, et les obliger à choisir les voies les plus assurées pour la génération, sans en abuser.
Enfin, si nous admettons les plaintes que l’on nous fait, on aurait sujet d’accuser celai qui a formé les parties naturelles de l’an et de l’autre sexe, dout on abuse tous Îes jours si lêchement, et l’on pourrait encore blé-
mer celui qui nous a fait présent de la vigne, lorsqu'on
s’enivre si aisément de son jus. Car, si nous pesions les bienfaits et les présens de la Natnre par le mauvais usage de ceux qui en usent, en vérité nous les prendrions toujours en mauvaise part.
: Nous serions encore réduits à cette extrémité, que de supprimer la plupart des livres anciens et nouveaux. Nous banuirions de nos bibliothèques , Catulle, Juvenal, Horace et Virgile mème, qui nous entretiennent agréablement de l'amour.
Et le père Sanchez, jésuite, ne serait point exempt de blâme, lui qui a fait un gros volume de ce quise passe de plus secret entre les personnes mariées On ne lirait plus saint Augustin, saint Grégoire de Nice, ni Tertullien, qui parlent de l'amour conjugal en des termes que je n'oseraïs traduire en français qu’en les paraphrasant.
De plus, tonchant la médecine et l'anatomie, je trouverai partout le livre des Erreurs populaires de Joubert, qui traite des actions des parties des deux sexes, et qui osa bien le dédier à Margueriie de Navarre, grand’'mère de Henri-le Grand, de glorieuse mémoire, Celui d'Ambroise Paré et de du Laurens, qui traitent de la génération des hommes, et celui de M. Mauriceau, qui parle de l'accouchement des femmes, avec des figures qui semblent déshonnètes et impudiques. Tant que l’on débitera ouvertement un livre quitraite des passions de l’ame, où l’on nous insinue adroïtement dans le cœur les mouvements les plus tendres de amour; que les livres de Bodin, avocat, et de Delande, conseiller au parlement de Bordeaux, nous feront voir les impudicités et les abomi-
nations que commettent les sorciers au sabbat; que le roman de da Rose et du Bourdon, dont Jean Meun fut l’auteur, se trouvera encore chez nos libraires; que les pièces en vers , les satires et les comédies de nos poètes se vendront publiquement, et qu'enfin le plus saint de tous les livres se trouvera entre les mains de presque toutes les femmes, je ne crois pas que l’on puisse trouver auvais que j'aie agité dans ma langue toutes les questions qui composent ce livre.
Je sais qu’il ÿ a quelques personnes si susceptibles d'amour, qu’elles ne peuvent voir aucun objet amoureux, ni lire aucun livre qui en traite, sans être émues jusqu’au crime par cette passion. Je conseille à ces personues-la de fuir la conversation des hommes, ou d’habiter les déserts et la solitude, pour ne rien voir qui les choque, ou pour ne rien ouir que l'on puisse dire de la génération des hommes.
Que si, par nos efforts ou par notre adresse, nous pouvions nous priver des mouvemens de l'amour ou en æxempter les autres, j'avoue que j'aurais tort d'exposer ce livre aux yeux de tout le monde, Mais, parce que l'amonr est use passion à laquelle nous nous laissons tous vivement toucher, sans pouvoir souvent nous en défendre, il me semble que l’on doit plutôt louer que blämer un livse qui enseigne à la modérer et à se conserver la santé , en se garantissant des souplesses dont il se sert tomjours pour nous maltraiter ; car c’est une partie de la prudence humaine, que les P.P. de l'Église ont appelée prudentia carnis, que de se conserver la sante dans la modération des plaisirs du mariage.
Ce ne sont pas toujours les livres qui nous appren-
nent ce que nous ne devons pas savoir. la mauvaise complexion, les exemples et les conversations déshonnêtes font souvent plus de mal.
Je ne doute pas pourtant que, si l’on ne juge de ce livre que par le titre de ses chapitres, il ne paraisse indifférent et impudique à quelques personnes qui ont été mal élevées, qui ont de mauvaises inclinations et l'esprit mal tourné. Mais, si on l’ouvre, qu’on le lise, et qu’on juge sans préoccupation du dessein que j'ai eu er le composant, on y adorera sans doute la sagesse divine, qui nous a embrase le cœur, par le moyen de l'amour, pour perpétuer notre espèce,
Mais tout le monde n’est pas capable de bien juger de mon livre. Il est comme un tableau que toutes sortes de personnes ne sont pas capables de connaitre. Pour en bien juger, il faut avoir la science de la peinture, et puis se mettre dans le véritable point de vue; cariln'yena qu'un seul, qui est indivisible, et qui est le véritable lieu d’où on Ie puisse bien voir. Ceux qui veulent en juger, souvent ne s’y mettent pas. Ils se placent trop pres, trop loin, trop haut, trop bas, et ainsi ils en jugent mal, De plus, les ignorans ne sont point capables d'en juger, et ceux encvre qui ne l’ont vu que par oui-direou par préoccupation, I y a donc trois sortes de personnes qui se sont établies zour son juge. Les premiers, qui sont dans ane pure ignorance, disent, aprés les autres, qu'il ne vaut rien qu’à être brulé par les mains du bourreau. Les seconds, qui sont sarans en jugent bien, ou n’en disent mot, et y admirent les ordres de la Natureet les préceptes de Dieu pour la génération des hommes. Enfin, les troisièmes, qui sont des demi-savans, en plus
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grand nombre que les deux autres , publient que mon livre est peraicieux. Ils font les entendus, troublent tout le monde, et jagent plus mal que les autres. Ils sont ictériques, et disent que c’est moi qui suis barbouille de jaune. En vérité, tout le monde n'a pas le don de bien juger. Pour cela, il fant avoir l'esprit droit, bon goût et bon sens , et peu de personnes l'ont ainsi: témoin ce que nous fait remarquer Quintilien, qu'il y avait de son demps des hommes qui estimaient plus Lucrècc que Vire gile, bien que le premier, si on le compare à l’autre, ne mérite pas le nom de poëtc, Enfin, je ne voudrais, pour défendre mon livre, que l'apologie qu'a faite le père Théophile Renaud, en faveur de son compatriote le père Sanchez, jésuite, qui a écrit du mariage comme j'aifait; et alors il serait bien défendu.
Quel prédicateur de l'Église a prêché avec plus dé zèle et de force que moi la modération des plaisirs et la | fuite des voluptés dans le mariage? qu'est-ce qui s'est opposé plus que moi à l'excès de l'amour, ct qui a enseigné de plus sûrs moyens pour se garantir de ses appas ? L'on n’a qu'a lire l’art. 2 du chap. 3 de la première partie, les chap. 1, 2 et 6, les art, 1 et 2 du chap. 8 , les chap. 20 et 22 de la seconde, le chap. 1 de la troisieme partie de ce livre , et plusieurs autres endroits, pour savoir si je porte les hommes au vice plutôt qu à la vertu,
Que l’on juge mal quand l'on ne juge des choses que par lécorce ou par l'apparence ! Si nons considérons que Loth caresse amoureusement ses filles; que Samson fait des merveilles; que saint Jérôme appelle des fables à la lettre; que David commet un adultère; que Thamar se prostitue; qu'OUsée se marie impudiquement par le con-
seil de Dieu; que Holla et sa sœur courent après des impudiques, ne croirons-nous pas que ce sont des choses déshonnèêtes, abominables et indignes d’être placées dans l'Écriture Sainte P
D'ailleurs, je les prie encore qu'ils ne jugent pas de mon livre sans l'avoir la, comme l'on fit autrefois des Aivres de saint Thomas-et de Roger Bacon, chancelier d'Angleterre, que l’on estima magiciens sur le seultitre de leurs livres, et enfin qu’ils ne se laissent pas aller lourdement ni aux persuasions de mes ennemis, ni à la malignite des ignoraus: car il y a beaucoup plus d'’idiots au monde qui s'arrêtent à des peinturés grotesques, que de sages qui s'appliquent à conterapler la beauté de la Nature. Après tout, s'ils le trouvent mauvais, je consens qu'ils le blâment, et même qu’ils le fassent brüler, comme fit autrefois Nérou des satires de Fabricius Vegento , et ie sénat romain des livres de Cramunus Gordus.
Mais pourquoi m’etonner de ce que l’on critique si malicieusement mon livre? Les ouvrages les plus parfaits n'ont-ils pas été critiqués? Ça ète contre ces inêmes ouvrages que l’énvie et la haine eut été les plus acharnées, N'a-t-on pas dit qu'Homuère dormait souvent, et qu'il était plein de fautes? que Démosthenes ne satisfaisait guère ceux qui le lisaient ? que Cicéron était un compiliteur des Grecs, dont on a même marquétous les passages; quil était timide, lâche, plat, trop copieux, et trop lent aux exordes et aux digressionus, trop enni'yeux dans la cadence de ses périodes, et enfin trop tardif à s’émouvoir? que Sénèque Je père n’avait point de liaison, et que son discours n’était que comme du sable sans
chaux ? que Pline l'historien avalait tout sou jagement, et qu'il 2e digérait rien? que Virgile avait peu d'esprit et était un usurpateur des pensées d'autrui? qu’Ovide était trop désabondant? qu'Horace était trop déshonnête, et qu'il avait écrit des vers en prose? que saint Ambroise était la corneille de la fable , et que ses Commentaires sur saint Luc etaient des chansons et des bagatelles? Enfin, l'envie ne se contente pas seulement d'attaquer la réputation des personnes qu'elle hait, mais encore de celles qui lui sont contraires.
Quoi qu’il en soit, j'ai bien voulu me résoudre, en faisant ce livre, à avoir autant de juges que de lecteurs. Cela ne paraît ni onéreux, ni injuste,
Enfin, je n'ai pu faire autrement, quelque ménagement que j'aie pu apporter dans mon discours. Je serai fort satisfait, si un petit nombre de personnes doctes et bien eutendues estiment mon livre. Je les prefererai toujours à une multitude grossière, qui souvent est trèsmauvais interprète pour la vérité. C’est sans doute ce que voulait dire le Sage, quand il nous a laisse par écrit que l'opinion du peuple était souvent l'opinion des fous, et ce que nous a voulu insinuer Horace, qui commence une de ses plus belles odes par ces paroles : Odi profanum vulgus, et arceo. |
Si tu veux, cher lecteur, avoir encor l’andace De critiquer tous mes écrits, Fais-moi paraître en quelle place Tu dis mieux que ce que je dis,
TABLEAU
DE
on
Regarde qui voudra d’un air sombre et pédant Ce langage innocent :
On n’est point criminel pour faire une peinture Des tendres sentimeus qu’inspire la nature : Chacun sent en son cœur ces mêmes mouvemens, Et tel qui les ctouffe a perdu le bon sens, ‘ PETRONK,