‹ Tableau de l'amour conjugalChapitre 4 sur 68 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Des parties de l’homme et de la femme qui servent à la génération.

Qui aurait cru que Dieu aurait fait, en créant le monde, comme font aujourd’hui nos plus fameux ouvriers, qui n’affectent jamais d’abord de faire voir ce que leur art a de plus excellent, mais qui attendent toujours sur {a fin à donner

des marques de leurs chefs-d’œuvre? C'est pourtant ainsi que Dieu voulut commencer son ou:

vrage per les créatures les moins parfaites, et qu’il ne se reposa qu'après avoir moniré les plus beaux traits de sa puissance, en formant l’homme à sa ressemblance et à son image.

La matière qu’il prit pour nous former fut une terre qu’on peut appeler vierge, puisqu'elle n'avait encore servi à aucune production. Ce fut ce limon que Dieu lui-même prit la peine de pétrir pour faire toutes les parties qui nous composent. La femme, qui devait avoir des qualités toutes différentes des nôtres, ne fut pas formée de cette même matière, et il était bien juste qu’elle fût faite d’une matière plus noble et plus relevée, puisqu'elle devait contribuer beaucoup plus que l’homme au grand ouvrage de la génération.

En effet, il semble qu’en général, tant dans l’homme que dans la femme, Dieu ait formé avec une étude particulière, s’il est permis de parler ainsi, les parties qui doivent servir à la propagation de l’espèce. A voir leur assemblage, leur proportion, leur figure et leur action, à: considérer les esprits qui y sont portés, le cha-. touillement et les plaisirs que l’on y ressent, , l'ame même qui y réside, puisque c’est par-lài qu’elle sort pour se communiquer, il n’y à pointi d'homme qui ne les admire, et qui n’y doive:

faire de particulières réflexions. o |

ARTICLE I

Des parties naturelles et externes de l’homme.

Nous appelons le membre viril (a) la principale des parties naturelles de l’hoinme, que les anciens ont mise au nombre des dieux, sous le nom de Fascinus , pour nous aporendre l'empire qu’elle s'était acquis dans le monde; car il n’y

à ni charmes pi enchantemens qui la puissent égaler. Si par hasard une femme l’aperçoit par le défaut de quelques replis, son cœur se sent au même instant échauffé par une passion de laquel'e elle ne se peut défendre qu’avec peine. | En effet, dans ces derniers siècles, aussi bien que dans les premiers, on a eu beaucoup de vénération pour cette partie-la, parce qu’elle est” le père du genre humain, et l’origine des parties qui nous composent. Villandré, ainsi que le remarque l'Histoire de France, commit un crime de lèse-majesté, pour avoir touché de la main les parties naturelles de Charles IX. La loi de

lAncien Testament commande de couper la main à une femme qui aurait manié ces mêmes

parties, ou par mépris, ou par injure; et cette même loi, aussi bien quela nouvelle, ne permet pas qu’un homme qui a quelque défaut dans les parties de la génération , soit admis dans l’église de Dieu, Et les Cafres se trouvent glorieux quand ils ont coupé en guerre, à leurs ennemis, plusieurs membres virils, dont ils font présent à leurs femmes ou à leurs amies, qui, par hon-

k , : , eur, s’en font des coliers qu’elles se mettent

au cou. Le membre virit a un notable commerce

avec toutes les autres parties du corps : si on le

touche quelquefois un peu rudement, le cœur

s’en ressent aussitôt par des faiblesses surprenantes, la tête en pâtit par des pesanteurs insupportables, et les yeux en souffrent par des vertiges et des éblouissemens funestes.

À considérer en gros cette partie, on dirait qu’elle est toute d’une pièce ; mais, si on l’examine par parties, oË connaîtra aisément qu’elle est couverte d’une petite peau fort déliée, et d’une autre plus épaisse, qui est garnie de veines et d’artères, attachée fortement au gland par un lien robuste et membraneux; qu’elle à une membrane toute de chair, qui l'enveloppe, et presse comme un étui toutes les parties qui la composent. Sa substance n’est ni solide ni osseuse; si elle avait été comme celle des chiens

ou des loups, il y aurait eu beaucoup de désor-

dre daris les diflérentes rencontres des hommes avec les femmes; et il n’eût pas fallu tant de témoins pour justifier unlarcin amoureux, qu’il en faut aujourd'hui, si, en se caressant, on eût été arrêté par cette partie-là.

Le conduit commun de l’urine et de la semence (e) est placé au milieu de cette partie. Le gland, couvert de son prépuce, qui est à l’une de ses extrémités, à la chair si délicate (d} ét si sensible, que c'est Là que la nature a étabh le trône dela volupté dans les embrassemens des femmes.

Deux tuyaux, que l’on nomme nerveux (e)

où caverneux, accompagnent le conduit commun de l’urine et de la semence; il sont remplis d’une matière déliée et spongieuse, qui ressemble à du sang caillé et noirci. C’est dans leurs petites cavités que les artères et les nerfs portent des esprits, qui, s’y multipliant, font ensuite enfler ces deux parties, qui raidissent & qui endurcissent tout le corps de la verge, souvent contre notre volonté. C’est sans doute pour cela qu’Aristote a dit que le cœur et la verge étaient dans l’homme deux sortes d'animaux qui se remuaient d'eux-mêmes. Tout ceci ne se fait pas sans mystère. La nature a ses desseins dans tout ce qu’elle entreprend, et cette dureté que nous souffrons souvent malgré nous, n’arrive pas seulement pour se lier étroitement avec une femme, mais pour darder avec violence dans ses parties Les plus profondes la matière dont on fait les hommes.

La verge ne saurait s’élever sans muscles (f), ni se maintenir raide sans un continuel abord d’esprits; il serait même impossible que la semence fût dardée comme elle l’est (g), si d’autres petits muscles (2) ne pressaient son conduit pour l'en faire sortir avec précipitation.

ARTICLE IL Des parties naturelles et internes de l’homme. Lus testicules sont renfermés dans une bourse

-{i), comme queique chose de fort précieux; aussi esi-ce de là que la nature puise incessam-

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