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ment la matière dont elle fait tous les jours aes miracles dans la production des hommes. Ges parties sont les témoins de la virilité et de la force ; et il n’était pas permis autrefois, dans le barreau de Rome, de porter témoignage contre quelqu’un, si l’on en était privé.
Chaque homme a eidinairement deux testicules; si l’un est incommodé, flétri ou blessé, l’autre peut servir à la génération; et il s’en trouve qui n’en ont naturellement qu'un, comme autrefois les Sylies et les Cotes : mais la nature renferme dans cette seule partie toute [a vertu qui devait être dans les deux.
Ceux qai en ont trois ou quatre sont bien plus communs que ceux qui n'en ont qu’un; et nos histoires de médecine remarquent qu'il n’y a guère de royaumes qui ne fournissent des familles où ii n’y ait des hommes à trois uesticules : mais ceux-ci n’ont point l’avantage des premiers, puisqu'au lieu d’être fertiles par la multitude de leurs parties, ils en deviennent impuissans, la vertu prolifique étant divisée en trop de parties pour avair de la force. Agathocle, roi de Sicile, et M. Pimt... de cette ville, connurent bien que le plus grand nombre des testicules n’était pas le meilleur pour la génération, bien qu’il !e fût pour l’ardeur et pour le plaisir, et qu’il valait beaucoup mieux n’en avoir qu’un où deux, que d’en avoir davantage.
Si l’homme , dit un philosophe ancien, avait les testicules cachés dans le ventre . il n’y aurait point entre les anitnaux d'animal plus lascil que lui. Afin donc d’éviter les désordres de sa lasci-
vité, la nature, ajoute t-il, a placé au dehors les parties de la génération , pour recevoir incessainment les impressions des injures de l’air. Cependant, pourrais-je répliquer, cela n'empêche pas que l’homme ne soit le plas lascit de tous les animaux, puisqu'en tout temps et à toute heure il es! disposé aux délices de l’anwur, et que la plupart des animaux attendent la belle ssison pour s’accoupler.
Mais la nature a eu une toute autre raison de mettre ces parties au dehors. La semence en est beaucoup mieux préparée lorsqu'elle a plus d’étendue et de temps à se perfectionner. Et c'est sans doute cette même raison qui fait que la semence des femmes n’est pas si rectifiée que la nôtre, parce que les vaisseaux qui en préparent la matière sont incomparablement plus courts et moins entrelacés que ceux des hommes.
Presque tous les enfans ont les testicules cachés dans le ventre ou dans les aines, et il s’en trouve peu à qui les testicules paraissent avant l’âge de huit ou dix ans : c’est alors que la chaleur commenvant à être vigoureuse, dispose toutes les parties de la génération pour l’admirable ouvrage de la nature, et qu’elle pousse au dehors les parties qui étaient demeurées cachées jusqu’en ce temps-là. De tous ces enfans il y en a quelques-uns à qui les testicules ne descendes que fort tard, ou quelquefois jamais, et alors l’on prendrait ces hvmines pour des eunuques, s'ils n'avaient d'auires marques pour nous persuader qu’ils sont des hommes parfaits. Jamais la femme du seignenr d'Argenton n’au-
P) rait douié de la puissance de son mari, si elle lui avait trouvé des testicules dans la bourse; et l’on n'aurait su justitier sa fécondité par toutes les marques Qu'il en avait, si après sa mort, Ambroise Paré n’eût trouvé ses testicules dans le veutre, Et jamais le lapidaire dont parle Kerckringius n’eût si fortement chanté, s’il n’eût eu ses testicules cachés dans le ventre qui lui sorürent à dix ans, après une fièvre chaude.
Quoi qu’en veuille dire Hippocrate, il n’y a 325 d’apparences de croire ce qu’il nous veut persuader, que le testicule droit soit plus chaud que le gauche, et que ce soit lui aussi qui engendre les mâles , au lieu que le gauche ne pro-
duit que les femelles. L’expérience et la raison
m'obligent de m'éloigner du sentiment de ce
médecin ; car nous savons que la semence de
l’un et de l’autre testicule se mêlent ensemble lorsqu'elle sort; on ne saurait attribuer l'effet que nous en voyons plutôt à l’un qu’à l’autre, et que la génération des mâles ne doit point plutôt s’imputer à l’une de ces deux petites parties, qu’à la complexion de tout le corps de l’homme ou de la femme, ainsi que nous l’examinerons ailleurs.
Au reste, dans la juan di a que j'ai faite plusieurs fois des testicules des hommes, j'ai souvent remarqué que le gauche avait des veines et des artères plus grosses que l’autre, et que par conséquent il était plus échauflé par le sang et plus vivifié par les esprits, et que d’ailleurs il était ordinairement plus gros, plus ferme et plus plein de semence que l’autre: d’où l’on
pourrait conclure, contre Île sentimeni d’'Hippocrate, qu’il contribuerait plutôt que le droit à la génération des mâles.
Mais, à dire le vrai, pour le répéter encore, ni l’un ni Pautre ne produit pas plutôt un mâle qu’une femelle; témoin l’histoire que nous fait Gassendi, d’un homme qui, s'étant fait couper un testicule, ne lrissa pas pourtant de faire des enfans de l’un et de l’autre sexe. :
Les testicules sont fort ordinairement couverts de plusieurs membranes très-dures à la pointe de la lancette, de peur que les esprits qui sont destinés pour la vie des hommes à venir ne se dissipent par les pores. Leur substance est un entrelacis de vaisseaux spermatiques , qu’on pourrait dire être la fin des préparans, et le commencement des éjaculatoires. Elle est faite d’un nombre infini de petits filets, qui sont comme les réservoirs d’une maticre séminale, qui vient d’un sang artériel, filtré par mille petits conduits, et d’un suc nerveux qui s’y est aussi glissé par mille petits détours. Une inatière glanduleuse occupe l’entre-deux de ces deux vaisseaux, leur communique la vertu d’engendrer de la semence. Les artères et les nerfs portent incessamment aux testicules ce qu’il y a de plus épuré dans le corps de l’homme. Des muscles pressent et préservent ces deux petites parties et les suspendent , de peur que les vaisseaux qui préparent et contienaent la semence ne se rompent par la pesanteur des testicules et par les agitations violentes de l'amour.
Il leur arriverait sans doute, dans les mou-
sv
vemens de cette passion, des accidens funestes , si es mêmes muscles, en les tirant en haut, ne les en garantissaient; souvent la semence manquerait d'esprit dans cette occasion , s'ils ne les approchaient de la racine de la verge.
Quelques philosophes, et après eux quelques médecins, ne demeurent pas d'accord que la semence se forme dans les testicules , parce, disent-ils, qu’il n’y a point de cavités sensibles , ni de passage pour y porter la matière; que ces pa Lies étant froides , il ne peut s’y faire aucune on:tion d’une manière soiritueuse; qu’on à beau fai e la dissection des testicules , on n’y trouve jamais de semence ; qu’! y a des animaux qui - n’ont pas de testicules , et qui cependant ne: laiasent pas d'engendrer, enfin, que nous avons: des histoires qui nous assurent que des hommes ; qu' eu avaientété privés ont fait néanmoins des : enfans.
loutes ces raisons paraissent bien fortes à:
ceux qui n’examinent les choses que par les:
lives des auteurs ;: mais si nous recherchons: dil gemment la vérité de tout cela, par la dissec-tiot des parties et par (fautres meilleures rai-sons, nous serons bientôt d'un autre sent'ment£..
Lar on sait que les artères spermatiques vont tou: droit aux testicules, et qu’en se partageant en Jeux rameaux , elles portent à l’épididyme: et : u corps du testiculela maiière de la semence. On sait encore que les nerfs qui viennent de lai six ème paire, et ceux qui sortent du cordoni es nerfs qui viennent Gu bas de l’épine du dos,, comanuniquent aux testioules une matière spi-
ritueuse propre à la génération; d’ailleurs, que les testicules n’étant qu’un entrelecis de vaisseaux, ils ont, à cause de cela, des cavités, bien qu’elles ne soient pas sensibles, que 1a semence n'étant qu’un excrément, la nature ne la souffre pas long-temps dans les testicules, à moins qu'ils ne soient malades, ce que l’histoire de Dodone nous confirme, qui, ayant trouvé dans le corps d’un espagnol un testicule d’une grosseur prodigieuse , l'ayant ensuite coupé en fit rejaillir la semence aux yeux de ceux quiétaient présens ; que les poissons ont des parties qui ont du rapport aux testicules des autres animaux: et qu'’enfin les histoires que l’on trouve. par écrit des hommes et des animaux qui ont engendré sans testicules, sont ou fabuleuses, ou que du moins elles doivent être entendues aiusi que nous l’expliquerons au chapitre des eun'iques. :
Mais la principale raison que l’on objecte, est prise du tempérament des testicules. Cependant on sait que le cerveau est V’un tempérament froid , et d’une substance assez solide pour être de sa nature une glande ; que l’on ne voit aucune cavité dans le lieu où les nerfs prennent leur origine , et que jamais, dans les dissections que l’on er a faites, l’on n’a remargué ce que devenait le sang qui se filtrait au travers de la substance , et quelle était la matière prochaine des esprits qui nous font mouvoir et sentir , et si j’ai souvent observé, en pressant la substance du cerveau d’un homme mort, un peu de cérosiié rougissante dans les endroits les plus soli-
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des, ce n’était néanmoins que du sang qui commençait à se changer en suc nerveux. Ainsi, bien que le cerveau soit d’un tempérament fraid, comme je viens de le dire, et qu’il n'ait été fait que pour tempérer l’ardeur du cœur, selon la pensée d’Arisrote; il ne laisse pourtant pas d’engendrer desesprits beaucoup plus subtils et plus épurés que ceux du cœur ; car le sang des arières, Lout couvert et tout plein d’esprits, montant en hautavec précipitation par le mouvement que lui donne le cœur , entre dans la substance du cerveau pour en recevoir toutes les impressions S Arilueuses.
Les chimistes en font à peu près de même lorsqu’ils veulent faire de l’eau-de-vie ; car les esprits-de-vin qu’ils mettent dans l’alambic, s’élevant peu à peu au chapiteau, et se distribuant ensuite par un longconduit dans un vaisseau qui {es reçoit, auraient des aualités âpres et peu agréables au goût , s’ils n’étaient adoucis dans la serpentine par la froideur d’un tonneau d'eau; comme si le froid, condensant et ressemblant les esprits- de-vin, les rendait ensuite plus rectifiés et plus doux.
il en arrive autant dans le cerveau; car le sang qui sort tout bouillant du cœur , et qui rejaillit en haut, entre dans la substance du cerveau , qui, par sa froileur, en condense les esprits, et qui le rend la liqueur la plus subtile et la plus épurée de toutes celles que nous ayons dans le corps.
Cela étant ainsi établi, il me semble qu'il n’est pas maintenant difficile de rendre raison pour-
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quoi les testicules sont les ouvriers de la semence de i’homme. Car personne n’ignore qu'ils ne soient des parties froides, puisqu'ils sont des entrelacis de vaisseaux (a) pressés par de petites glandes ; et, si l’on est persuadé que le sang se subtilise en passant par le cerveau, et devient esprit animal, on doit aussi croire que ce même sang se rectifie en pénétrant les testicules, et qu'il devient esprit séminal, pour parler de la sorte.
Deux sortes de vaisseaux sont attarhésaux deux extrémités du testicule : les uns, qui sont un entrelacis d’arières (a), de veines (b), de nerfs (c} et de vaisseaux lymphatiques, portent la matière pour faire la semence, et lesautres en rapportent la semence toute faite, et s’en déchargent dans le corps variqueux ou pyramidal que l’on nomme prostales; et puis, suivant le sentiment de tous les anatomistes, ils s’én déchargent dans de petits réservoirs qui sont à la racine de la verge {e).
On pourrait comparer ces réservoirs aux L petites cavités d’une grenade dont on a ôté les graines. C’est là que la semence se forme et se conserve pour plusieurs -embrassemens et pour différentes générations. J’ai eu souvent la curiosité de presser avec les deux doigts ces pelites vessies glanduleuses, et des glandes que l’on. nomme prostates, qui se trouvent auprès, pour en faire sortir la semence; et en même temps j'apercevais, malgré la froideur du cadavre, une liqueur blanche et épaisse sortir des prostates, el une claire el pâle suinter des vésicules, en-
suite se filtrer l’une et l’autre au travers d'une nembrane, près d’une petite verrue que les anatomistes ont nommée verru montanum, et puis s'épancher dans le conduit de la semence et de l’urine.
C’est plutt la callasité et la dureté de ces cellules et de certe chair glai uuieuse, que lon appelle prostates, qui rend les Secvthes stériles, qu'une légère pete de s:ng, qui cuale d’une veine coupée à latempe. Ca”, comme les Tartares sont incessamment à chevai , ils pressent tellement ces jeliis réservoirs par la wesai teur et par l’agitation continuehe de leur corps qu ils * les endurcissent et les rendent ensuite in a pables de receroir la semence qui vient des esticuies.
ABTICLE III.
Des parties naturelles et externes de la femme.
Après avoir diligerment examiné les parties de l’homme qui servent à la génération, il me semble qu’il est à propos de considé: er celles de la famme, et d'admirer en même temps l’artifice dont Ja nature s’est servie à les former, etle mel veilleux arrangement avec lequel elle les a disposées.
S; les parties naturelles des femmes étaient toutes semblables à celles des hommes, et qu’il n’y 2ôt seulement de différence que dans le renversement de ces mêines parties, on aurait raison «le dire que la femme est un korame impar-
fait, et que la froideur de son sexe est cause que ses parties sont demeurées au-dedans , au lieu de sortir au dehors, comme celles des hommes.
Gallien, et Fallope après lui, quelque savans anatomistes qu'ils soient, auraient de la peiné à soutenir cetie cpinion. Car, si l’on ohserve la différente structure des oarties des deux sexes ; si l’on en examirié le non:bre et la figure, et si l’on en considère les cavités et la figure; enfin si l’on en conpare l’action et l’usaye, un verra bientôt qu’elles sont tout-à. fait différentes les unes iles autres : car, quelle proportion y à-t-ilentre la matrice et le g'and, ov, si l’on veuf, la bourse de l’homme, entre le men bre viril etle clituris ? Les vaisseaux qui contiennent la semence des femmes ne ressemblen. pas à ceux des hommes, et leurs testicules sont faits d’une toute autre façon-
Mais, sans m'arrêter à ces sortes (le questions, qui ne servent presque Ale rien à mon sujet, examinons, en peu de mots, les parties naturelles de la femme que nous apercevons les premières.
La nature est admirable dans tous ses effets, et ne produit jamais rien sans ‘lessein. Le poil commence à poindre à douze ou à quinze ans, : lorsque, selon la pensée de Théodoret, l’ame peut distinguer le vice de la vertu. C’est slors que la nature met un voile sur les parties naturelles de l’un et de l’autre sexe, pour laur marquer que l'honnêteté et la pudeur y doivent étabiir leur principal domicile.
Les parties nalurelles de la femme , que l'o appelle nature, parce que tous les hommes y eng leur origine, sont la cause de la plupart de nos chagrins, aussi bien que de nos plaisirs; et j'ose dire que presque tous les désordres qui.out paru dans le monde, et qui arrivent encore tous les jours, viennent de ces parties-là. On n’a qu'à lire Pétrone, et entendre bien l’histoire des huit années qu’il décrit de la cour débauchée de Néron, pour être persuadé de ce que je dis.
Les lèvres et les rides de ces parties ne sont que les replis que la peau y fait; elles .
blent à peu près à la crête d’un jeune coq, les rides y marquent aussi bien la vieillesse ps sur le visage , lorsque les filles vieillissent, ou qu’elles ont prostitué leur pudicité. Ce sont ces rides internes que l’on appelle nympies, qui, dans l'évacuation de l’urine, causent un si grand bruit, qu’il nous surprendrait sans doute si nous n’y étions accoutumés,
Quatre petits morceaux de chair de la figure d’une feuille de myrte sont placés après les nymphes, qui, bien qu’ils soient incessamment arrosés, n’éteignent pourtant pas pour cela le feu que la nature a allumé dans ces parties.
Souvent c’est comme de l’eau, qui, tombant sur de la chaux, lesexciteet les échauffe davantage. Ces caroncules |, que les médecins appellent myrliformes, sont quelquefois liées les unes aux autres par des membranes qui font l’entrée de la matrice si petite, qu’à peine l'extrémité de l’un des doigts y pourrait entrer dans une fille de neuf
ou dix ans, à moins que de lui faire violence en les déchirant. C’est ce que les matrones veulent dire lorsque , en faisant leur rapport du violement d’une vierge , elles disent que la corde est rompue; et c’est aussi la séparation de ces mêmes parties, qui, en donnant du sang la première nuit des noces, était autrefois parmi les Juifs un signe de défloration ; ce que nous examinerons ci-après avec beaucoup de curiosité.
On voit au haut des nymphes une partie plus ou moins longue que la moitié du doigt, que les anatomistes appellent clitoris (a), et queje pourrais nommer la fougue et la rage de l'amour.
C’est là que la nature a mis le trône de ses plaisirs et de ses voluptés, comme elle l’a fait dans le gland de l’homme.
C’est là qu’elle a placé ces chatouillemens excessifs , et qu’elle a établi le lieu de la lasciveté des femmes ; car dans l’action de l’amour, le clitoris se remplit d’esprit , et se roidit ensuite comme la verge d’un homme : aussi en a-t-illes parties toutes semblables. On peut voir ses tuyaux (b), ses nerfs et ses muscles (c) : il ne lui manque ni gland (d) ni prépuce (e); et s’il était troué par le bout , on dirait qu’il est tout semblable au memble viril. C’est de cette partie qu’abusent les femmes lascives. Jamais Sapho Lesbienne ne se serait acquis une méchante réputation, sielle avait eu cette partie plus petite. J'ai vu une fille de huit ans qui avait déjà le clitoris aussi long que la moitié du petit doigt ; et si cette partie croit avec l’âge comme il y a de l'apparence , je me persuade que présentement