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k 22 prompte et l'esprit si vif, que l’on ne doit pas! s'étonner si elle imprime sur ce qu’elle conçoit ! dans ses entrailles la ressemblance de ce qu’elle: désire avec passion, et de ce qu’elle s’imagine fortement: de sorte que si, par exemple, ellea! un appétit déréglé pour le vin, pour les mûres, cu pour quelque autre chose , ou qu’elle s’imagine fortement être caressée par quelque personne, so imagination est tellement attachée à ces sortes d'objets , que lexpérience nous fait voir tous les jours que l'enfant qui se forme alors dans son sein, recevait les marques des désirs ou des idées de sa mère: jusque-là même qu’il s'est trouvé des femmes blanches engendre des enfans noirs semblables aux Ethiopiens, . pour avoir contemplé trop attentivement, pendant qu’elles concevaient, ou aussitôt après avoir conçu, des Maures, soit réellement ou en peinture. L’imagination est $i forte dans quelques femmes , qu’elles envoient de leur cerveau à lenfant qui se forme dans leurs entrailles, les corpuscules des objets externes qu’elies y ont reçus; de sorte que ces images corporelles se communiquent aux parties tendres de enfant , par une suite de nerfs qui viennent du ‘cerveau de la mère, A
2. Bien que les bêtes femelles aient des ameés incomparablersent moins mobiles que les femmes, les naturalistes nous font pourtant remarquer qu’elles ont assez de force pour faire ces impressions sur ieurs petits; car si on enveloppe d’un mouchoir blanc le coa du paon qui couve, où que l’on peigne de diverses couleurs les œufs d’une
. poule qui couve aussi , les petits du paon deviendront tout blancs , et les poulets tout bigarrés.
Mais, parce que l’imagination de la femme est beaucoup plus vive que celle de ces animaux, elle communique aussi plus fortement à son enfant ce qu’elle s’est une fois vivement imaginé: de sorte que, si elle pense vivement à son amant, à son oncle ou à son grand-père , lorsqu’elle conçoit, l'enfant qu’elle engendrera sera tout semblable à l’une de ces personnes.
3. La ressemblance n’est pas une preuve de filiation , selon le sentiment des mêmes jurisconsultes. L'enfant qui ressemble à son père n’est pas pour cela légitime. L’on ne saurait , sur cette conjecture, se déclarer héritier de son père. Sa mère, dans ses embrassemens illégitimes, a pu lavoir engendré avec cette ressemblance par la force de son imagination ; Car, en pensant toujours à son mari, lorsqu’elle était entre les bras de san amant, elle a imprimé sur le corps de l’enfant qu’elle concevait alors, les traits &u corps et tous les caractères de l’ame de celui sur lequel son imagination était fixement arrêtée. Sans doute que ce fut la même cause pour laquelle un cuisinier de Rome ressemblait si bien à Pompée-le-Grand, que plusieurs le prenaient pour ce grand capitaine.
On peut dire à tout cela qu’il est vrai que notre ame, étant liée à notre corps aussi étroitement qu'elle l’est , peut faire sur nous de violentes impressions. L'expérience de tous les jours xoüs én donne assez de preuves, Mais je ne saurais me persuader que l'action de cette même ame soit
capable de produire les ressemblances dont il s’agit. Ceux qui le soutiennent ne se fondent que sur de vaines observations, sur des preuves imaginées et sur des raisonnemens mal établis. Car, que peut l'imagination d’un paon ou d’une poule sur des œufs qu’ils n’ont pas pondus ? L’ame de - ces deux espèces d'animaux est si peu active , qu’il n’y a pas d'apparence qu’elle pût agir hors d’eux-* mêmes, et imprimer sur des œufs étrangers des caractères qu’elle se serait figurés, si l’on peut: parler de la sorte.
S’il naît tous les jours des poulets bigarrés dans Jes fours d'Égypte, et que nos poules en fassent éclore de mêlés , sans que leurs œufs aient été! auparavant peints » Peut-on assurer que c’est l’imagination de ces amimaux qui est la cause de la variété du plumage de leurs petits ?
Les taches de quelques couleurs qu’on remarque aux enfans ne viennent pas non plus de l’imagination de la mère, ainsi que nous l'avons observé ailleurs. L’imagination n’a point un pouvoir si violent, que d’imprimer des caractères sur un corps étranger. Car, lorsqu'un enfant se forme : dans les flancs de sa mère, il n’agit que par luimême, et alors il n’a besoin d’elle que comme une semence a besoin de la terre. Comment donc peut- : on comprendre qu’une femme grosse de deux, de . trois ou quatre mois, ayant un appétit désordonné de manger, par exemple , des mûres, et se mettant alors fortement ce fruit dans l'imagination , puisse communiquer à sa main la vertu d'imprimer sur l'endroit de son corps où elle sera pasée , la res-
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semblance de ce fruit qui, passant de là sans s’arréter et se mêlant parmi son sang , ses esprits et ses sucs, qui coulent alors incessamment à «es parties naturelles, puissent être imprimés sur le corps de l’enfant, au même endroit que la mère aura touché le sien ?. En vérité, l'imagination des hommes a ici plus de force que celle des femmes », et ce n’est que celle des premiers qui a inventé ces sortes de raisonnemens. Ils n’ont pu trouver la cause naturelle de ce qui arrive ; ils en ont allégué d’apparentes, pour ne pas demeurer court , ayant à rendre raison de cet effet. Car, de s’imaginer qu’il y a une suite de perfs qui viennent du cerveau de la mère, et qui s’implantent dans le corps de l’enfant, pour lui porter des corpuscules des objets externes, et pour lui imprimer les marques de ces mêmes objets, c’est ce que l’anatomie ne nous à point montré jusqu'ici.
Mais il est bien plus vraisemblable de dire que ces marques sont des inégalités et des défauts de la matière dont nous sommes formés, que l’ame qui a mangé le petit corps de l’enfant, n’a pu en aucune façon corriger , ou plutôt que ce ne sont que des contusions que le corps tendre de l’enfant a reçues dans le commencement de sa vie ; et comme le sang qui est une fois sorti des veines par quelques coups, ou de la mère, ou de l’enfant, ne se
-dissipe pas alors entièrement, les parties qui le i . reçoivent en demeurent toujours tachées.
Paur goûter bien ce sentiment, l’on n’a qu’à faire réflexion sur toutes les marques que les enfans apportent du ventre de leur mère, et l’on obser-
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vera toujours qu’elles ont du rouge. IL n’est pas possible que les femmes grosses n'aient. jamais souhaité ardemment que de manger des choses de cetle couleur ; nous voyons tous les jours le contraire, et leur appétit déréglé est aussi bien pour des choses vertes , jaunes, noires ou blanches, que pour des roupes.- Cependant, on n’observe presque jamais aucune de ces couleurs-là impr mée sur la peau des enfans.
Mais encore n’est-ce pas une pure fable que de dire qu’il y a eu des femmes blanches, et mariées avec des hommes blancs, qui, par la S. ce de leur imagination, aient fait des enfans noirs, Elles n'avaient pas , sans doute, le secret de Julie, fille d’Auguste, qui ne faisait jamais d'enfans qui ne ressemblassent à son mari, quoiqu’elle Fât caressée par plusieurs autres, parce qu'elle ne souffrait point leurs caresses qu’elle ne fût grosse de lui.
Pour moi, je me persuade aisément que les femmes ont beaucoup contribué à introduire celte opinion sur la cause de la ressemblance des enfine afin de ceuvrir les fautes. qu’elles commettent très-souvent; et qu’ensuite des personnes habiles. et politiques. , ayant considéré que ce sentiment était assez favorable pour le bien et la tranquillité de VEtat, ont cherché des raisons pour Pappuyer.
Mais , bien loin que l'imagination de la femme : soit la cause de la ressemblance , il est même im- . possible qu’elle puisse proqure. les effets .qu’on + se persuade, |
4. Tout le monde sait quels transports sent} une femme dans ses parties amoureuses quand |
elle est earessée ; il semble’ alors que la chaleur paiurelle abandonne pour y courir avec préeipitation, Son imagination p’est alors fixée sur aucun objet qui puisse la détourner ; et, si elle est arrêtée sur quelqu'un, c'est assurément sur celui qui est présent.
| Quoique la p'ur- trouble en quelque façon ses voluptés , et qu’elle fasse quelque i impression sur son ame lorsqu'elle s’abandonne à des libertés illicites , elle prend néanmoins ses précautions de telle sorte, qu’elle peut jouir en assurance de ses plaisirs amoureux. Si elle ne peut avoir cette force d’esprit et que la crainte la trouble , bien loin de faire un enfant semblable à celui que la peur représente à son imagination, elle fait un, avorton qui manque de ce qu’il faut pour être iormé; car son ame étant ailleurs, ét son esprit étant dans un rnouvement irrégulier , elle ne peut concourir entièrement à la génération d’un enfant parfait. C'est de là même qu’il arrive que les grands hommes font quelquefois des enfans qui sont indignes d’être leurs fils , parce que l’arñe des pers étant occupée à de grandes affaires , ils ne communignent pas assez de chaleur ni d’esprits à leur semence , qui est ainsi la canse d’un enfant difforme ce que nous exa-
muerons en particulier au chapitre 8.
2. D'ailleurs , s’il est vrai que l'imagination soit la cause de la ressemblance, pourra-t-ôn dire que les mouches ou que les plantes même ont de l’imagination pour eugendrer ce qui leur est semblable ? Une mouche à iniel, par exem-
ple, a la même figure et les mêmes inclinations que celles qui l'ont engendrée; et celle-ci leur est si semblable, qu’il est impossible qu’on ne les prenne l’une pour l’autre. Cependant peut-on dire que c’est l'imagination de ces animaux qui est la cause de leur ressemblance?
3. D’autre part l’imagination de la femme doit avoir été vivement frappée par les objets dont elle doit faire l'impression sur le corps de l'enfant qui se forme dans son sein. Mais si cette femme n’a jamais vu son grand-père, ou qu’elle n'ait jamais oui parler des défauts de ses ancêtres pour se les représenter fortement à l’imagination, comment pourra-t-elle faire un enfant louche, borgne, boiteux , ou pied-bot ? Cependant l’histoire nous apprend qu’il y avait autrefois des familles à Rome qu’on ne distinguait que par les défauts de leurs ancêtres, qui étaient Sarobons, Conclus ou Scaures; et à Jurgères, dans notre voisinage, il y a un muet, fils d’un homme qui parle, et petit-fils d’un autre muet.
Je connaïs une femme boiteuse da pied droit, qui fit sa première fille incommodée du même pied; cependant elle m’a souvent protesté qu’elle n’avait jamais pensé à son infirmité pendant qu’elle concevait, ni durant toute sa grossesse,
Aussi est-il certain que son défaut est peu sen-
sible, et qu’elle y est tellement accoutumée qu’elle n’y pense presque jamais.
Les petits hommes du septentrion ont tous les cuisses courbées en dedans ; mais ce n’est pas sans doute l'imagination de leur mère qui les rend
semblables à leurs ancêtres : c’est plutôt quelque chose d’interne et d’essentiel , que nous découvrirons ci-après. Car, de s’aller imaginer que le caprice d’une femme puisse forcer les principes dont l’ame se sert pour agir naturellement, j’avoue que c’est ce que je ne saurais comprendre.
4. Au reste, si l'imagination est la cause de la ressemblance externe , elle doit aussi être une cause universelle, et agir incessamment de la même façon dans tous les particuliers : de sorte que les enfans devraient toujours naître semblables à ceux que la mère s’est fortement imaginés.
Si elle a pensé, par exemple, à un héros, Penfant qui en naîtra aura la figure de la personne imaginée ; et cependant nous voyons tous les jours le contraire, et nous sommes témoins qu’un enfant ressemble à son frère, à son oncle ou à son bisaïeul, à qui la mère n’aura pas pensé, ni au moment de sa conception, ni même durant sa grossesse.
5. Après tout, pour faire une ressemblance, il faut que toutes les petites parties qui doivent concourir à composer un enfant , soient tellement disposées pour une grosse tête, par exemple, pour un nez aquilin, pour de gros yeux noirs et pour tout le reste du corps, que nous remarquions dans un enfant une figure semblable à celle de son aïeul. Ce n’est point à l’imagination de la mère qui est une fuculté animale, comme l’appellent les médecins, à former ainsi un corps et à en cbserver toutes les dimensions ; elle manque d’instrument pour cela, et n’a d’empire que sur ce qui lui ap®
partient. La formation d’un enfant ne peut être que l’action de Pintélligence , qui se sert de l’amie pour jui domner la figure convenable. C’est donc à cette ame à donrier la forme externe , et à chaque partie; et à tout le corps même. Et ce serait une chose ridicule, que la faculté formatrice : de l’ame, qui n’est autre chôse que l’ame même, composât une baftie; et que, d’un autre côté, l'imagination qui n’en est qu'une faculté, Ici donnât la- figure. La boutangère qui mourut en cette ville, il ya quatre où cinq'ans, à sa troisième couche difficile; parce qu’eile ne se pouvait délivrer, d'un enfant,-qui avait, comme son père, les épaules fort larges , he mourui que par leffort qu’elle fit en-tâchant de le mettre au monde,
Il ressembiait si-parfaitezuent à son père, dans laiargeur de la pelirine, que je ne puis eroire que cette-conformation soit venue de l'imagination de la mère:
Sur ce principe, la mère de. Pierre Forestus , l’un de nos savans médecins, refusa en märiäge, pour sa file, un hmme fort riche , parce qu’il était large d‘épaulés, dans la crainte que sx bille ne mourût en couthe, seion l'expérience qu’elle en avait. |
6. Mais encore est-ce l'imagination de la mère. qui a engendré dans les reins de son fils une pierre qui lui a été tirée à l’âge de cinq ans? La mère a-t-eile jamais pensé à cette maladie, à jaquelle. le pèré avait des dispositions, quand, à l'âge de dix-huit ans, il fit cet enfant, puisque le père même n’avait point #ncore ressenti cette in-
EA commodité? Il ne s’en est aperçu qu’à l’âge de cinquante ans.
7. Enfin l'on ne peut Arte à l'imagination de là mère, l’horreur gu’avaient deux frères pour du fromage, puisque leur mère aimait avec passion cet aliment ; on devait plutôt attribuer cette répugnance à des causes internes el essentielles, puisque, selon là remarque de Skmkius , qui nous en fait l’histoire , leur père ne pouvait en Au l'odeur sans se pâruer.
Après céla, il faut done dire qué ce n'est pas l'imagination de là mère qui est la cause de la ressemblance des enfans, non plus que des inclinations ei des maladies auxquelles ils sont sujets: que c’est plutôt uu pareil, et je puis dire un même principe, qui a fait le corps du père, qui {ravaille sûr celui du Hls, et que l'âme de célui-ét imprime des caractères semblables sur uné matière qui lui obéit , et qui à des dispositions à à ces POS accidens.
Afin d'éxaminer de plus près cétte question, on doit observer plusieurs choses , que je juge êtré nécessaires pur la bien entendre. \
Prémièrentent, on doit remarqüer que la semeice ést animée de lame de l'homme, qui est commünicativé , Comme nous Favons éxpliqué ailleurs,
Secondement , que les semences de l’homme ét de la féfime , étant mélées, ont des MOuveméns actüiels et dés mouvemens en puissance ; que les brérniers sont dés puissances prochaines , ét qué les autres ne sont que dés rnouvemens éloignés. |
Troisièmement , que la ressemblance est naturelle ou accidentelle ; que la naturelle procédant des principes internes de l’enfant, est toujours certaine et constante , au lieu que l’accidentelle ne l’est pas.
4. Cela étant supposé, examinons d’abord. la cause de la ressemblance du fils au père, de la fille à la mère, comme la plus naturelle de toutes.
2. Recherchons ensuite la cause de la ressemblance de la fille au père , etdu fils à la mère.
3. Observons aussi la cause de la ressemblance que les enfans ont confusément avee leur père et leur mère.
4. Découvrons encore pourquoi les frères et les sœurs se ressemblent.
8. Voyons après cela la source de la ressemblance des enfans au grand-père , aux bisaïeuls et aux oncles.
6. Examinons enfin pourquoi un enfant ne ressemble à aucun de ses parens. |
1. La cause de la ressemblance du fils au père, et de la fille à la mère, ne peut être prise que des principes internes qui servent à former ces enfans, c'est-à-dire, des semences de l’homme et de la femme , qui, étant unies ensemble, ne font qu’un corps, sur lequel l’ame , qui est l’autre principe, venant à agir, se fabrique nn domicile pour la semence.
Je le dis encore une fois, je ne parle point ici de l'ame immortelle, qui ne communique jamais, - et qui ne fait point de ressemblance. Je parle seulement de l’ame matérielle, qui sert d’insiru-
ment à l'intelligence, qui la faît agir selon ses ordres.
Les esprits ou l’ame qui réside dans la semence de l’homme , s’étant done mélés avec l’ame qui est dans la semence de la femme, lorsque la conception s’accomplit, et ne faisant alors qu'un même composé , travaille, en qualité de principe, sur Ja matière la plus terrestre et la plus épaisse de la semence de l’un et l’autre sexe. Et parce que la semence d’une femme peut être d’un tempérament chaud et sec, qu’elle a les parties de sa matrice pressées les unes auprès des autres, et qu’elle ne manque pas d’esprits pour produire un mâle, la semence de l’homme lui imprimant son caractère, fait un mélange qui a toutes les qualités convenables à former un garçon ; car l’ame qui est dans la semence de l’homme, ayant le mouvement fort prompt et fort actif, l'emporte sur lame qui est dans la semence de la femme, et fait ainsi obéir la matière sur laquelle elle travaille; si bien que celle-ci étant pénétrée par celle-là , il se fait un mélange dans la boule où se forme l'enfant , lequel cause la ressemblance qu’a cet enfant avec son père.
Si l'on méle du levain bien aigre parmi de la pâte , le pain qui sera fait sentira l'aigre, quoique le levain y soit entré en beaucoup plus petite quantité. Tout de même, l’ame qui est dans la semence du père , ou, si l’on veut , les esprits qui y résident étant fort pénétrans , se font connaître dans le mélange qui se fait des deux semences; et c’est ce qui arrive toujours , selon les lois de la nature,
C74 que le fils est semblable au père, et Ja file à la mère : sutrement , selon le sentiment d’Aristote, ceserait ane espèce de monsire , 8 il ressemblait à quelque autre personne,
Le projet de l’enfant ayant done reçu ja complexion du père par les impressions qu'a faites sa semence sur la semetce de la femme, se perfectionne tous {es jours par ces mêmes principes. Si le père , par exemple, est bilieux et mélancolique, qu’il soit haut et prompt, et qu’il ait avec cela la voix grosse et de bonnes inclinations, une portion de son ame , qu’il communique à son enfant , par le moyen de sa semence, portera partout avec elle ces qualités qui en sont inséparables. Elle dilatera. etétendra la matière des cs ; elle produira de la chaleur et de la sécheresse dans les principales parties ; elle causera,, en un mot, un tempérament bilieux et mélancolique : entin, la partie de la se- : mence du père, qui n'est autre chose qu’une portion de son ame, avec sa partie grossière, Gout le corps est en partie formé, l’emportant sur l'ame, la matière qui est dans la semence de la mère est la source de la ressemb,ance qu'a un garçon avec son père, non-seulement d’espèce , mais encore de sexe et d’individu.
ILen arrive ainsi de la ressemblance qu’a une fille avec sa mère ; car la matière qui est renfermée dans une. boule, étant d’une complexion froide et humide, si on la compare à la matière dont un garçon est formé , ne peut servir qu’à faire une fille , principalement si la semence de l'homme est faible et languissante, et qu’elle approche du