‹ Tableau de l'amour conjugalChapitre 6 sur 68 · LA Ë · texte numérisé non relu

LA Ë

elle est aussi grosse et, aussi longue que celle.de ‘ Ia femme que : Platerus dit avoir vue, qui lavait, aussi grosse etaussi longue quele cou d’uneoie. Cette partie s’enfle tellement pendant la vie de quelques femmes, lorsque l’amour y envoie des esprits, que la peine que l’on a dele rencontrer dans une femme morie semblerait .incroyable, à moins que d’en avoir. fait l’expérience : tant il est vrai que les parties ne sont pas loujours en même état pendant la vie et après la mort!

Mais, si cetlé partie cause souvent des désordres aux femmes, elle leur apporte aussi des avantages; car elle est à la matrice ce que la luette est aux poumons ; et le clitoris avec les caroncules corrige l'air froid qui pourrait incommoder la matrice; il empêche en même ‘tenps au’il n’y entre quelque chose d’étrange. Toutes les parties que je viens de nommer seraient inutiles à ja génération, si {hymen, que les poètes profanes ont dit être le dieu.des noces, n'en était du nombre. Les anatomistes anciens, qui ne s’occupaient qu'aux choses les plus:communes de l’anatomie, ont pris pour l’hymen les caroncules dort nous avons parlé ci-dessus , qui souvent, étant jointes ensembles par des membranes assez fortes, s'opposent à l’entrée du dieu Priape: car il n’eût pas été raisonnable que quelque autre chose qui n’eût pas été dieu, selon la petsée des paiens , se {àt opposée aux desseins d’un autre dieu. Cependant il arrive quelquefois, mais fort rarement, que la nature, voulant conserver la matrice de quelques

femmes délicates, produit une membrane audessus du conduit del’urine , afin que Pair, ou quelque autre chose, n’incommode pas les parties internes ; et c’est cette membrane que l’on appelle proprement hymen. Elle est parsemée de veines, et ordinairement trouée par le milieu, pour laisser d’un côté. couler les règles , et de l’autre pour donner entrée à la semence de l’homme. Mais corame cette membrane, qu’on nomme hymen, est contre les lois de la nature, nos anatomistes ont pris pour l’hymen les caroncules jointes ensemble par de petites membranes. C'est ce qu'ont fait Vesale, Aquapendente, Fallope , Casserius, Sébisius, Baubin , et plusieurs autres , qui appellent hymen ces caroncules. jointes , qu’il faut quelquefois couper , comme nous le verrons au chap. 5, art. %, par une histoire que tout Paris a oui dire, et que je rapporte dans toutes ses circonstances,

ARTICLE IV

Des parties naturelles et internes de la femme.

Entre toutes les parties de la femme qui servent à la génération, la matrice tient sans doute le premier lieu ; et, bien qu’elle soit une de ses parties les plus faibles, néanmoins elle est le lieu où les trésors de la nature sont cachés. Cest cette terre où Diogène avait accoutumé de planter des hommes, etoù, sans doute, il s’immortalisait au milieu des rues.

Elle est située au bas du ventre, entre la

vessie et le gros boyau, qui servent comme de . coussins au plus fier et au plus superbe de tous . les animaux , pendant qu’il demeure dans les flancs de sa mère.

Dans les femmes de moyenne taille, qui ont accoutumé d’être souvent baïsées , elleest assez grosse, et sa profondeur est de onze travers de doigt, ou à peu près , depuis l'entrée jusqu’au fond: mais , dans les vierges et dans les vieilles femmes, elle est extrêmement petite, et souvent pas plus grosse qu’une fève ou qu’un œuf de pigeon; ce n’est qu’une peau dure et flétrie, dénuée d’artères et de veines apparentes.

Lorsque les règles coulent aux filles, ou qu’une femme a conçu , toute sa substance s’enfle un peu plus qu'auparavant , et à mesure qu’un enfant croît, la matrice devient aussi plus simplé et plus menue dans sa circonférence , mais un peu plus épaisse dans son fond , à cause de l’arrière-faix qui y est placé et de l’abondance des vaisseaux dont la matrice est par= semée en cet endroit-là ; ce que l’expérience de plusieurs dissections m’a souvent fait remarquer,

A considérer une fiole renversée, l’on a une idée assez juste de la figure de la matrice , si ce n’est qu’elle est un peu aplatie lorsqu’elle est vide. Ses liens la tiennent tellement attachée à toutes les parties du bas-ventre, qu’elle ne peut en être ébranlée qu’avec violence.

Son col s'attache par le bas, et deux ligamens ronds qui (a) se communiquert aux aineset audédans des cuisses , l’empêchent de s’élancer en

haut dans les suffocations dont ies femmes sont souvent atiaquées.

C’est par ces deux liens que les femmes gros- " ses ressentent de si cuisantesdouieurs au-dedans des cuisses, et que quelquefois elles se déchargent sur les aines de l’impureté d’une infâme conjonction. |

Mais, comme la matrice ne peut monter, elle ne peut aussi descendre, si ce n’est par quelque effort extraordinaire ; car elle est attachée en haut par deux ligamens qui , étant fermes et larges, ressemblent en quelque façon à des ailes de chauve souris. Et, bien que les ligamens ne touchent point la matrice pour l’assujétir , ils tiennent pourtant ses cornes si fermes, qui en sont des parties, qu’elle ne se peut affaisser. C’est dans ces ligamens larges que les testicules sont placés et les vaisseaux qui portent la semence à la matrice. Ce sont les liens qui empêchent la matrice de tomber de son lieu par le poids de l'enfant, ou par les violensefforts de l’accouchement : si bien que cette partie étant affermie de tous côtés, il est bien comime impossible qu’elle sorte du lieu où la nature l’a placée, comme l’antiquité nous l’a voulu persuader. Elle n’est pas seulement assujétie par toutes les parties que nous venons de nommer ; les artères, les veines, les nerfs qui s’y terminent abondamment, lui servent encore de liens, les membranes qui l’environnent la pressent de toutes parts, et l’empêchent de sortir de sa place.

Aux deux côtés de la matrice, on voit deux vaisseaux avancés (b) que Dioclès a appelés Les

cornes de La matrice , à cause de la ressemblance des cornes dans les bêtes qui ont du rapport à celles-ci.

Le col de la matrice est une de ses parties les plus considérables ; c’est la porte de la pudeur, et, selon l'expérience commune, l’étui du mem-= bre viril. Il est naturellement un peu tortu, afin dedéfendre la matrice de ce qui pourrait venir du dehors pour l’incommoder, et pour dons ner davantage de plaisir à l’homme quand ik caresse sa femme.

Dès que cette partie commence à sentir les plaisirs de l’amour, elle s’agite tellement, qu’étant d’une substance nerveuse et pleine de plis, elle s’élargit ou se resserre quand il le faut.

Si un enfant tire de la mamelle de sa mère le lait avec plaisir, le col de la matrice suce aussi fort agréablement, dans les voluptés amou= reuses, la semence qui rejaillit de la verge de l’homme.

La femme devant beaucoup contribuer à la génération, elle avait besoin de testicules (c) aussi bien que l’homme; et je m’étenne qu'il y ait eu des médecins qui se soient laissés aller dans cetie occasion au sentiment d’Aristote. Ce philosophe a cru qué la femme ne concourait point à la génération, en donnant de sa part de la semence, maïs qu’elle ne communiquait que des alimens pour nourrir et faire croitre ce qu’elle avait conçu dans ses entrailles; ce que nous examinerons dans la troisième partie de ce livre.

Cependant il est certain que les femmes ont des testicules, des vaisseaux spermatiques {d) et

de la semence, puisqu'elles se polluent quelquefois, et que leurs testicules aplatis, au lieu d’être solides comme ceux des hommes, renfer- . ment de petites cellules jointes ensemble, qui conservent une humeur qui rejaillit souvent au visage de celui qui les coupe,

Paracelse et Amatus, Portugais de nation, ont laissé par écrit que la matrice n’était pas la seule partie où un enfant pouvait se former. Ils ont mis dans une fiole de la semence d’un homme avec du sang des règles d’une femme; puis ils ont posé cette fiole dans du fumier chaud, pour observer comment la nature agissait dans Îles ‘ flancs d’une fenime lorsqu'elle travaïilaic à la génération. Mais, outre que cela me paraît impie et impossible, jé ne saurais ajouter foi à un imposteur ni à un UE sur l'expérience qu'ils nous proposent.

J'avoue pourtant de bonne foi qu’il y a quel: ques histoires qui nous marquent qu’un enfant s’est formé dans l'estomac d’une femme, et que quelques autrés ont été trouvés dans les vaise Seaux spermatiques que l’on appelle Les cornes de la matrice. Mais, pour dire là-dessus ce que je pense, la première histoire me semble tout-às fait impossible, car l'estomac faisant tous les jours sa digestion, ne peut changer son action pour celle de la matrice. L'autre me paraît plus faisable , les cornes étant une partie de la matrice, et ayant tout ce qu’il faut pour la conception et pour la nourriture du fruit, comme nous le prouverons ailleurs.

La matrice, selon le sentiment de Platon , est

un animal qui se meutextraardinairement quand elle hait ou qu’elle aime passionnément quelque chose. Son instinct est surprenant lorsque, par son mouvement précipité, elle s'approche du membre de i’homme pour en tirer de quoi s'humecter et se procurer du plaisir.

Son action principale est la conception : lorsque la semence de l’homme et de la femme s’assemblent dans ses replis, elie es reçoit agréablement, comme une bonne mère dont elle s'est attribué le nom. Elle les couvre, pour ainsi dire, par sa chaleur modérée, afin de faire un jour de ces semences animées la plus belle production que la nature ait jamais tentée : ce que nous examinerons plus particulièrement au livre 3.

La matrice a encore d’autres usages, dont le principal est de vider le sang superflu des femmes, et de le décharger ainsi des impurelés dont elles pourraient être un jour incommodées. il ne faut pas s’imaginer, comme quelques-uns ont fait, que ce sang puisse aller jusqu’à acquérir la qualité de venin; au contraire, il est ordinairement beau et pur, et ce n’est que par abondance qu’il sort tous les mois des artères de la matrice. |

gomme = re À ee — CHAPITRE Il.

De la proportion naturelle et des défauts des parles génitales de l’homme et de la femme.

‘Sr nous remarquions ce qui se passe tous les Jours dans le monde parmi les animaux les plus parfaits, touchant l’ouvrage de la génération, nous observerions que Dieu, ou, si l’on veut, la nature, qui est l’organe universel de sa puissance, à donné à chaque espèce des parties différentes pour se perpétuer; que les unes reçoivent les parties des autres, lorsqu'il se fait une jonction de corps pour la propagation de chacune. Les parties génitales ne sont pas par hasard dans les flancs des femelles. Les ames dans les bêtes, et les intelligences dans les femmes, sont tout l’attirail des parties naturelles de l’un et de l’autre sexe par le commandement de la nature.

L'intelligence, ou, si l’on veut parler autrement, l’ame que Dieu a créée et placée ensuite dans le petit corps d’un Chinois au milieu de la Chine, pour me servir de cet exemple, choisit dans le corps de sa mère qui vient de concevoir, la matière la plus proportionnée à former toutes les parties qui doivent un jour contribuer à la génération. Elle n’a pas besoin de modèle pour cela , il suflit qu’elle exécute les desseins de la nalure pour garder toutes les mesures et les proportions qu’il est nécessaire de garder dans la figure des parties secrètes de cet homme à venir

Elle place donc ces parties dans teur lieu naturel ; elle fait une éiroite liaison de tout ce qui les compose, pour les faire un jour agir commodément et quand il en sera besoin.

D'ailleurs, une autre intelligence qui est de la même nature que l’autre, s'occupe au milieu de la France à choisir dans les entrailles d’une femme qui vient deconcevoir, la matière la plus disposée à former les parties naturelles d’une fille, Elle agit si bien en cette rencontre, qu'elle les rend propres à être un jour le lieu où un homme doit être engendré.

Les parties naturelles de ces deux enfans sont si justes, leurs ouvertures si mesurées, leurs profondeurs si réglées, leurs distances si proportionnées ; enfin toutes les dimensions sont si bien observées, qu'il n’y reste plus rien qu'à admirer l'ouvrage de Dieu par le ministère de ces deux intelligences. Car bien qu’elles soient éloignées l’une de l’autre de la longueur de la moitié de la terre, elles ont cependant si justement fabriqué les deux parties secrètes de l’un et de l’autre sexe, que, lorsque les parties serontun jour enétat de sejoindre amoureusement, rien ne manquera à leur conjonction. Elles se présenteront si commodément de tous côtés, que l’on dirait qu’elles ont été couléesau moule, tant elles sont proportionnées les unes aux autres.

Mais si ces intelligences manquent de matières pour former les parties de la génération de l’un des deux sexes; si la matière est trop abondante, qu’elle pe soit pas flexible, ou qu’elle ait des qualités et des figures rebelles ;

si la figure de la matrice de la mère est incomriodée , el que son tempérament soit déréglé, quelle apparence y at-il que ces intelligences puissent réussir à façonner ces parties qui doivent un jou perpétuer les hommes?

Je ne saurais accuser ni la nature > ni ces intelligences de commettre ces défauts ; elles ne font jamais rien d’elles-mêmes de défectueux : el Surtout quand elles se proposent la génération et la conservation des hommes.

Ces manquemens et ces maladies n’arrivent pas seulement.aux parties naturelles de l'enfant qui se forme dans les flancs de sa mère »ilen est encore attaqué après qu’il en est sorti > ainsi que nous le dirons ailleurs.

ARTICLE I

De la proportion des parties naturelles de L'homme et de la femme, selon les lois de la nature.

Quoique l’on évite tous les jours d'exposer aux yeux les mystères de l’amour, nous savons Pourtant tout ce qui se passe dans l’action du mariage, et nous sommes fort contents lorsque nous En avons des connaissances plus parfaites. Si d’un côté le péché a attaché de la honte à cette connaissance, pour me servir de la pensée dle Saint Augustin, de l’autre la nature n'y à rien Mis que de bienfaisant.

La nalure, qui n’a jamais rien fait sans des- Sein, à établi des lois pour toutes les parties qui

FOUS Gomposent : celles que nous appelons

amoureuses, ont ordinairement leur dimension dans les hommes et dans les femmes; et le membre de l’homme, selon ces mêmes lois, ne doit avoir communément que six ou huit pouces de long, et que trois ou quaire de circonférence, c’est la plus juste mesure que la nature ait gardée en formant cette partie dans la plupart des hommes. Si la verge est plus grande et plus grosse, il faut trop d'artifice à la faire mouvoir; ec les habitans du Midi sont principalement pour cela moins PPS que nous à la génération.

Le conduit des parties secrètes de la femme est ordinairement de six ou huit pouces de profondeur, et sa circonférence interne n’a point de inesure déterminée, car, par une admirable structure, ce conduit s’ajuste si proprement à la partie de l’homme qui en est pressée, qu’il devient plus ou moins large, selon les instrumens qui le touchent.

ARTICLE il.

Des défauts des parties naturelles de l’homme.

Les casuistes et les jurisconsultes traitent ces sortes de matières aussi bien que les médecins; mais ils les traitent d’une façon toute différente. Les premiers croient être obligés d’en parler pour le salut des ames, en refusant le mariage à ceux qu’ils en jugent incapables, et en séparant pour quelque temps l’homme et la femme, que quelques incommodités des parties auraient trou blés dans le mariage,

Les jurisconsultes se sentent aussi excités par l'intérêt de la justice et pour le bien de l'état, d’agiter ces mêmes questions. Ils veulent par là savoir les causes de la dissolutien du mariage,

Pour en corriger les abus. Mais parce que ces matières difficiles sont souvent fort mal touchées par les uns etpar les autres, je tâcherai d’éclaircir les difficultés qui en dépendent, afin que l’on puisse ensuite juger sainement les différens

.Œui lomberont entre les mains de ceux qui en “doivent être ou les juges ou les arbitres.

Quand les parties naturelles de l’homme ne peuvent s’unir avec celles de la femme, l’on doit souvent en accuser les défauts naturels des unes ou des autres; mais, pour comprendre Comment ces défauts arrivent, il faut s’imaginer que l'intelligence qui a ordre de faire le corps d’un garçon dans les entrailles de sa mère, ne trouvant pas toujours assez de matière pour former les parties naturelles d’un enfant, elle est obligée de rendre défectueuses ces mêmes parties , et parce que les parties qui servent à la vie sont beaucoup plus nécessaires que celles qui contribuent à la propagation de l'espèce ; que d’ailleurs celles-là sont plutôt formées que celles-ci, il arrive quelquefois que l’intelligence emploie aux parties nécessaires à la vie presque toute la matière qui était destinée aux parties secrètes , et ainsi ces dernières parties deviennent fort petites dans la suite du temps, leur matière ayant été ménagée pour d’autres. Ce fut là la cause d’une des observations de Plate- Fu$, qui remarque qu’un hommé n'avait que

le gland couvert de son prépuce, au lieu du membre viril.

Les défauts des parties secrètes, aussi bien que des autres dont nous sommes Souvent COM posés, ne sont pas toujours naturels; et le gentilhomme dont nous parle Paul Zachias n'aurait jamais engendré , s’il eût manqué, dès le ventre de sa mère, de la moitié de ses parties naturelles… .

La morftification de la chair et de la chasteté sont souvent de puissantes causes pour diminuer nos parties naturelles. L'exemple de saint Martin nous le fait bien voir, lui qui pendant sa vie avait tellement macéré son corps par dés austérités inouies, et qui s’était tellement raidi contre les libertés de son siècle, qu'après sa mort, si nous en croyons Sulpice, sa verge était si petite, que l’on ne l’aurait point trouvée si l’on n’eût su le lieu qu’elle devait occuper. |

Les verges trop longues ou trop grosses ne sont pas les plus propres, ni pour la copula-. tion, ni pour la génération; elles incommo-.

dent les fémmes, ne produisent rien : si isien: que, pour la commodité de l’action, il faut : que la partie de l’homme soit médiocre, et: que celle de la femme soit proportionnée, afin: de s’unir l’une à l’autre, et de se toucher agréabiement de toutes parts.

Il n’y a point d’autre cause de ce vice naturel que l'abondance de ia matière dans les pre mières semaines de la conception : bien qu l'intelligence qui a soin de la formation

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