‹ Tableau de l'amour conjugalChapitre 55 sur 68 · AR A · texte numérisé non relu

AR A

De “ue lb Lee pe NO MEN à Lt a CRE S *

nous excitent à l’amour , et dans lesqueiles on peut

engendrer. Nous savons qu’un homme qui est

atteint d’un satyrisme, et qu’un autre qui souffre

quelques douleurs de goutte ou de pierre, sont

alors plus amoureux, et ne peuvent s’empêcher de presser étroitemeiit leurs femmes. Les humeurs chaudes et aiguës qui causent leurs maladies, sont alors mêlées avec des vents, qui se cantonnent pour l’ordinaire parmi leurs parties naturelles, et qui les y chatouillent sans cesse, et les excitent à se venger agréablement des douleurs qui les pressent. Fi y a même des maladies qui ont rendu des hommes féconds , d’impuissans qu’ils étaient auparavant. Avenzoar, médecin arabe, rapporte de lui-même que, ne pouvant engendrer dans sa jeunesse, il engendra aisément après une fièvre aiguë, qui lui rafraichit tellement les viscères;, et puis le mit dans une telle complexion qu’il se trouva ensuite propre à faire des enfans.

Il faut donc modérer les décisions des juriscon sultes, et ne pas dire, d’un autre côté, par une espèce de contradiction , comme le fait une de leurs gloses , que l’on doit compter le commence-

ment de la vie d’umr enfant qui naît après la mort de son père, du jour que son père est mort:

comme si un homme était en état d’engendrer dans une fièvre aiguë, dans une longue maladie, et dans quelque autre incommodité qui afflige les parties principales ou amoureuses. C’est là s’opposer à la raison et à expérience de tous les jours.

, Mais je ne veux m’arrêter ici qu'aux hommes qui sont toujours impuissans, et qui, étant in-

LV à 6

commandés dans leurs parties naturelles, ne peuvent jamais se joindre amoureusement à une femme , quand ils seraient même à la fleur de leur âge. Les défauts naturels qu’ils ont dans leurs parties amuureuses , le manquement de l'humeur, qui est là semence des hommes, ou enfin les pollutions nocturnes et les gonorrhées, qui arrivent par la faïblessé de leurs vaisseaux, sont de puissans obstacles pour l’amour, qui ls rendent plus froids que là glace, quand ils se trouvent aupres d’une fernme. | Quelle äpparènce y a-t-il qu'un membre d’un ou de deux travers de doigt soit une mesure suffisante pour satisfaire une femine et pour engendrer des exifans? Un homme si mal pourvu manque de force, de chaleur, d’esprits et de semence; et s’il sort quélqué hürheür dans ses agitations amoureuses, ce n’est qu'un peu de sérosité qui n’a pas toutes les qualités requises pour la génération. La femme a beau se faire effort pour la recevoir , ses parties, quelque enflammées qu'elles soient, ne peuvent rien faire d’une humeur qui manque de disposition pour le grand ouvrage de la nature. L’impuissanée de se joindre à une femme est encore augmentée par la petitesse de la verge. | qui, étant trop courte et trop petite tout en-

semble , ne peut réjouir üne femme , ni lui foupnir

ane liqueur propre à former un enfant,

‘Tous les remèdes sont inutiles pour ces sortes de défauts ; et bien que Gailien et Failope nous em 2roposent quelques-uns ) nous sommes pourtant. du sentiment de ceux qui croient que ces deux ma-

ladies sont ineurables , si elles sont extrêmes, et que les juges peuvent prononcer hardiment sur la dissolution d’un mariage qui n’aura pas d’autres arrhes de sa validité.

. Car, de s’imaginér que les boaillons suceulens, les alimens choisis et l’excellent vin puissent faire croître les parties que la nature n’a pu alionger, c'est manquer de connaissance pour les maladies qui arrivent aux parties nerveuses. On à beau frotter ces parties malades d’huile de vers deterre, d’huile de lavande ou de palma-christi, parmi lesquelles on aura mêlé un peu de poudre du nerf d’un taureau ou d’un cerf, tout cela ne produit rien, et ne sert qu’à embarrasser davantage le malade. La boule qui perce le prépuce, et à laquelle une balle de plomb est attachée, ni l’emplâtre de poix de Bourgogne, qu’on applique souvent sur les parties naturelles d’un homme, et qu'on en Ôte plusieurs fois , ne guériront pas non plus tous ces. défauts , ni ne feront croître ni allonger la verge d'un homme ; qui est naturellement trop petite.

Quoi que l’on fasse pour. guérir ces défauts naturels , l’on ne fera quecomme ce méchant nourricier dont parle Gallien , qui , nourrissant fort mal l’en- fant dont il avait le soin, frappait assez fortement ses fesses avec la main sde deux en deux jours, pour les faire énfler , et pour faire voir à son père son embonpoint supposé.

Bien que la mollesse et la flétrissure de la verge soient des maladies qui peuvent quelquefois être guéries, cependant il s’en trouve suuvent d’incura-

bles, auxquelles ia médecine &’a jamais pu subve-

ir. Car, si cette partie est naturellement stupide | 4 immobile, quoiqu’elle soit naturellement grosse et longue, iln’y a point d’art qui la puisse vivifier, ni de remède qui la puisse guérir. La chair ou la cendre de la tarentule, la poudre d’un nerf de taureau, Ou la racine du satyrion ont trop peu de force dans de pareilles langueurs'; et si la main d’une belle femme , qui est le plus excellent de tous les. remèdes, n’a pas assez de vertu pour guérir la mollesse de la verge d’uu homme, les autres remèdes y auront peu de force, principalement si les. nerfs qui sortent de l’os sacrum, et qui sont distribués à la verge, sont faibles, bouchés ou cicatrisés; ou si un homme a reçu, vers ces parties-là, quelque grand coup ; ou s’il lui est survenu quelque humeur considérable qui ait altéré toutes les parties voisines ; enfin, si la paralysie arrive à l’une ou à l’autre cuisse, le membre viril qui reçoit les mêmes influences de l'extrémité de la moelle du dos, en demeure immobile: aussi bien que l’une de ces parties-là, il est impossible de l’en guérir, à moins que l’on ne combatte toute la maladie qui en est la cause. Mais comme cette incommodité est presque toujours incurable, principalement dans les hommes qui commencent à vieillir, il ne faut pas aussi espérer que l’on puisse soulager une partie qui, dans cet âge, a fort peu de chaleur pour se défendre contre la violence de ce mal.

Quelquefois la verge de l’homme n’est pas trouée par le bout, elle l’est à la racine, à côté, par dessus ou par dessous. On en a vu qui avaient deux ouver-

tures, l’une pour l'urine, l’autre pour la semence, comme avait un avocat de Padoue, dont Vesale nous fait l’histoire, Tous les hommes qui ont ces sortes de défauts sont quelquefois incapables de caresser une femme, et presque toujours inhabiles à la génération. En effet, Platerus nous rapporte qu'un homme qui avait deux trous à la verge, ne laissa pas de se marier; mais parce qu’il ne satisfaisait pas sa femme comme elle le désirait, ils se séparèrent volontairement l’un de l’autre. Cependant, il y a quelques histoires contraires qui nous apprennent que l’on peut engendrer avee ces défauts. Celle de Denis, orfèvre romain, en est une preuve évidente : il ne laissa pas d’engendrer, bien qu'ileût la verge trouée à laracine du gland, comme nous le rapporte Zacchias, qui témoigne l'avoir vu.

Nous avons dit ailleurs que la nature plaçait

d’abord dans le ventre les testicules des hommes NE

et que peu à peu, par leur propre poids, par la gitation continuelle du ventre, et par la force de

la chaleur naturelle, ils descendaient dans la ::

bourse : mais s’il arrive, quelque obstacle que ce soit , qu’ils n’y descendent pas, il ne fant pas

pourtant prendre ces hommes pour impuissans bien qu’en apparence ils manquent de ce qui fait juger de la virilité d’un homme. Pourvu qu'ils

aient l’activité d’un homme vigoureux, qu’ils

“soient velus par le corps , qu’ils aient la voix forte et grosse, beaucoup de poils au menton-et aux parties naturelles , on peut juger qu’ils sont capables dengendrer, quoiqu’on ne leur trouve rien dans la bourse,

ve M. de Montagne, gentilhomme de cette province, qui m’a souvent montré ses parties, et M. d’Argenton, qu'Ambroise Paré disséqua , n'étaient tous deux pas moins capables d’engendrer , pour n'avoir pas de testicules dans Ja bourse. IL fallait plutôt blâmer la légèreté de la femme du dernier lorsqu'elle lui fit un procès sur cela ,que de Yaccuser lui-même d’être impuissant. Aussi, par . le décret et la décision qu’en fit alors la faculté de médecine de Montpelier, Hucher en étant chancelier, il fut déclaré qu’il n’est pas besoin, pour être capable d’engendrer, de trouver des testicules dans la bourse d’un homme ; pourvu toutefois qu’il ait d’autres marques suffisantes de virilité, C’est ce qui a fait dire à Riolan qu’un hemme dont If fait l'histoire , qui en imposait souvent aux médecins , qui croyaient qu’il était rompu , n’était pas moius capable d’engendrer , pour avoir ses testicules cachés dans ses aines.

11 n’en est pas demêmede ceux qui en manquent tout-à-fait. Ils sont lâches , ils ont la voix effémi- née, ils n’ont point de poil au menton ni aux parties naturelles. En effet , la force et le courage des hommes dépendent des testicules ; car il sort de ces parties des humeurs-et des vapeurs subtiles qui, se inélant parmi les esprits de notre sang æt de notre suc nerveux , font toute notre hardiesse et toute notre vigueur. Ceux qui ont de petits testicules , qui sont avec cela tout flétris, me peuvent recevoir ces vapeurs pour les en- ‘courager auprès des femmes et partout ailleurs. Témoin les animaux que lon coupe et-que l’on

67 | bistourne, qui n’ont pas tant de vigueur ni tant de force qu'auparavant. |

Si un homme a le ventre extrémement gros, il 2’y a pas d'apparence que son embonpoint lui permette de caresser une femme , sourtout si elle est elle-même d’une taille à peu près pareïlle ; et quand ils se pourraient joindre, leur semence ne peut guère être prolifique, si nous en eroyons expérience. Il est vrai que l’on peut choisir une posture commode , ainsi que nous lavons expliqué ailleurs, si l’un et l’autre sont assez agiles pour cela ; mais en vérité la peine passe le plaisir. Et comment eût pu faire Vitellio, lieuténant-général des armées du roi d'Espagne, aux Pays-Bas, wil lui eñt fallu entrer dans la lice amoureuse, lequel, dans ces provinces-là, ne trouvait point de cheval assez fort pour le porter une lieue ?

A la vérité ,'le vinaigre mêlé avec de l’eau est un remède assuré pour se faire diminuer, si l’on en use pour sa boisson ordinaire, mais il est pire que le mal; ce qu'éprouva ce grand capitaine ; car, après en avoir bu pendantun an il diminua de plus de soixante livres, comme nous l’assure l’historien. Toutes les maladies dont nous venons de parler étant incurables, elles doivent rendre un homme impuissant et l'empêcher de se marier; ou, Sil est marié, elles doivent être des causes légitimes à une femme pour demander en justice la dissolation de son mariage. Car , si la maladie est naturelle, perpétuelle et incurable, qui est-ce qui doutera qu’une femme ne soit pas bien fondéc à demander un autre mari? 6,62

ARTICLE IX

Du congrés.

Le premier parlement de France n’aurait pas été si souvent surpris, s’il avait connu exactement les causes de l'impuissance des hommes ; et le marquis de Langey , en particulier ; n’aurait pas éprouvé la disgrace de l’arrêt donné contre lui le T février 1659 , si le congrès qui fat ordonné était une preuve infaillible de la virilité d’un homme.

Les officiers de nos évêques n’invalideraient pas tous les jours si légèrement des mariages, s'ils avaient bien étudié les maladies qui en empêchent la consommation, ou s’ils avaient nommé des personnes savantes pour les instruire. L'officier du Mans, par exemple, n’aurait pas prononcé , il y a queiques années, sur la dissolution du mariage de Pierre Nau, qui voulut bien se trouver impuissant au congrès, s’il avait connu l'impuissance supposée de cet homme-là ; car, puisque, par arrêt de la chambre, donné le 45 juillet 1633, la femme Nau fat obligée de retourner avec son mari, et d’y mener son enfant légitime » qui était la Seule preuve que le père n’était pas impuissant : ne doit-on pas dire que cet officier, quelquehomme de bien qu’il pût être , n'avait pas assez observé toutes les circonstances qu'il faut observer dans de pareilles occasions, pour connaître. l'impuissance d’un homme ? |

En effet, nous avons bien d’autres marques plus assurées que le congrès publie pour connaître

+ 69 la virilité d’un homme; et j’oserais dire que le congrès, qui. fut autrefois aboli par Pemperenur - Justinien, comme opposé à la pureté du chris-. tianisme, n’a été établi que par quélques curieux de uotre siècle, car il est l’infamie des sexesetle deshonneur de notre temps ; et je ne sais si dans l’histoire l'on en pourrait trouver des exemples qui ne soient ridicules. C’est une loï qui blesse la pudeur; elle est trop dure et trop injurieuse à l’homme. Il y faut faire voir à tout le monde des parties que la nature à cachées avec tant de soin, et chercher même aux témoins d’autres témoins que nous fuyons lorsque nous suivons les orüres de la nature. Car quelle honte est-ce de montrer en plein midi ce que nous avons soin de cacher, même pendant ia nuit? Ce n’est plus qu'un prétexte de divorce , et qu'ur effet de la lascivité et de laudace des femmes. Ce sont elles-mêmes qui ont fait naître dans l’esprit des juges la pensée d’une épreuve aussi peu sûre qu’elle est déshonnête. De mille hommes il nyen a peut-être pas un qui puisse sortir victorieux du congrès publie. Nos parties naturelles ne nous obéissent point quand nous le vonlons, bien loin d’obéir aux juges. Elles se flétrissent souvent contre notre volonté, et souvent elles sont dans la glace ; quand notre cœur est le plus embrasé. Si nous sommes prêts à nous animer, le courage dous manque, la crainte nous saisit, la haine s'empare de notre cœur, et la pudeur s'oppose à des libertés effrontées.

D'ailleurs , jouir d’une femme hardirnent , n’est pas une marque de virillté: les eunuques 56

re 10

portent avec ardeur dans les plaisirs charnels;, et lou en a vu souvent. de mariés : mais, à diré le vrai, ils ne réussissent pas dans l’ouvrage de la génération; et la conjonetion même de l'homme tt de la femme n’étant pas elle seule une marque : - de virillité, on ne doit point juger par le congrès de la fecondité d’une homme.

Celui qui se sent impuissant ne doit point se marier ; celui qui en doute doit consulter un savant médecin, qui l’éclaircisse là-dessus, et celui qui est vigoureux ne doit point s EXPOSET au congrès public. On ne commande jamais à l'ai mour, €est l'amour qui nous commande, et nous n'avons point encore vu, jusqu'ici, des gens amoureux s’allier par la haine.

Il y a beaucoup plus de dissolutions de mariages , depuis environ cent ans que le congrès est itroduit enFrance,qu'on n’en avait vu aupara-

vant. C’est pourquoi le parleraent de Paris, ayant enfin jugé que le congrès était ennemi de la chasteté, et qu’il n’était pas la véritable marque de la virilité d’un homme, fit défenses, le 18 de février 4677, par un arrêt solennel, aux juges civils et ecelésiastiques , d’ordonner , à l'avenir, la preuve du congrès dans leurs causes de mariage. Messire Réné de Cordouan, marquis de Lingey, Gont aous avons parlé ci-dessus, fut la cause de cette

céforme; car, après avoir épousé en secondes noces demoiselle Diane de Montaud de Navailles, dont il a eu sept enfans , il fit bien voir par-là qu’on n’est pas toujours maitre de ses actions, quand on s'expose en public à caresser une femme.

ARTICLE lIil.

- Du divorce entre des personnes mariées.

Quoiqu'il y ait des jurisconsultes qui fassent une distinction entre la dissolution du mariage et le divorce, l’un étant la cause de l’autre; néanmoins,

. parce que nous ne xaminons ici ni ces termes, ni la chose même gw'iis signifient avec autant d’exac- titude qu’ils Le font, nous userons tantôt de Fun, et tantôt de l’autre , pour exprimer notre pensée sur ce que nous avons à dire là-dessus. La dissolution du mariage mest autre chose qu’un juste empêchement de l’usage du mariage, prononcé par un juge compétent, qui, par une évidente connaissance de cause , fait défense au mari et à la femme de coucher ensemble , et de se rendieles devoirs réciproques des personnes mariées. Si les causes qui font le divorce sont incurables , la loi permet à celui qui se porte bien de se rernarier ; mais si avec le temps on peut y remédier par bes règles de la méderine, comme nous lavons examiné ailleurs , je ne saurais me persuader que lon puisse avoir une raison légitime de dissoudre un maridge qui à été fait avec tant de solennité.

Il faut aujourd’hui, dans le christianisme , dés causes bien plus puissantes pour causer le divercæ, qu’il n’en fallait dans les siècles passés. Ce n’est plus le caprice d'un mari qui répadie si femme; ; comme il arrivait aütrefois parmi les Juifs, rirais | une cause légitime , connue par des juges , ét ap

prouvée par leur.sentence. Il est vrai que la loi an-

cienne permettait aux Juifs de répudier leur femme, et d’en prendre une autre à leur discrétion ; mais ce n’était, comme parle V'Écriture, qu'à cause de la dureté de leur cœur.

Dans toutes les causes de divorce que les Juifs avaient , celle de l’impudicité était la plus forte et la plus commune. La jalousie troublait sauvent la paix et la tranquillité de leurs mariages ; et quelquefois , n’ayant pas d’autres raisons apparentes, ils accusaient leurs femmes d’impudicité, et leur

reprochaient, pour avoir lieu de les répudier, :

qu’elles s'étaient abandonnées avant que de se marier. (est en vue de cela que Moïse , pour prévenir ces désordres, fit une loi, par laquelle il commande aux pères et mères de garder soigneusement les linges qui avaient servi la preinière nuit des noces à la détloration de leur fille, afin qu’étant un jour faussément accusée par son mari, ils pussent montrer aux magistrats, pour sauver la réputation de la io. des signes véritables d’une virginité injustement soupçonnée : ce que l’on observe encore aujourd’hui en quelques villes d'Espagne.

Les lois des païens étaient aussi ASE sur cette :

matièré, que celles des Juifs étaient dures. Cicéron n’eût pas répudié sa femme, et ne lui eût pas fait

dire qu’elle eût som de ses affaires, pour avoir

manqué quelquefois à lui écrire pendant son exil ; et Salpicius Gallus n’eût pas fait faire le même

compliment à la sienne, pour l'avoir seulement.

jrouvée une seule fois sans coiffe par la rue, si

leurs lois eussent été fort équitables. Ce n’est pas aussi parmi nous la froideur , ni la haine , ni l’intérêt qui obligent un mari de faire divorce avec sa femme, comme le font encore aujourd’hui les Orientaux ; mais c’est l'impuissance du mari ou de la femme qui en fait la dissolation , par l'autorité des magistrats.

Je me persuade que les juges d’aujourd’hui n’ont pas entrepris par-là de toucher à la substance du mariage; ils savent trop bien que c’est un sacrement que les hommes ne peuvent annuler ; mais ils examinent seulement l’habileté et la puissance d’engendrer des mariés, et, outre cela, la validité du contrat social.

Pour n’oublier rien qai puisse contribuer , sur cette inatière, à la curiosité du lecteur , il me. semble qu’il ne sera pas hors de propos, avant que! de finir ce chapitre, de mettre ici le formulaire du libelle de répudiation dont se servaient les Juifs comnie Rabbi Mosche de Cotsi nous le rapporte.

« Le troisième jour de la semaine, le vingt- « neuvième de la lune de... l’an.…. de la création «du monde , je N. pharisien, demeurant pré- « sentement à Venise, ville située au fond du « golfe Adriatique, proteste et déclare > en pré- «sence de N. N. témoins, que, de mon libre.

« mouvement el sans contrainte, je vous délaisse « et-répudie, vous, ma femme , nommée N., fille «de N,. fils de N., afin que vous soyez désor- « mais libre, et que vous puissiez chercher un «autre mari pour votre condition, sans que per- «sonnes’entremette de vous y former aucun empê-

IV, Pas 7

14 | « éhement, d’aujour dhui À l'éternité dessiècles. Et. « c’est ici le cartel de divorce, le libelle de démis- « sion, l'instrument de désertion que je vous envoie « selon Îes ordonnances de Moïse et d'Israël. Les témoins signaient dans le Corps et au jai du | libelle , aussi bien que le mari.

ep a. — DADE E T

Page 1