‹ Tableau de l'amour conjugalChapitre 7 sur 68 · PES · texte numérisé non relu

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cette partie aussi bien que des autres, ne sachant que faire de tant de matière qui reste après les principales parties formées, elle l’emploie à faire une grosse et longue verge.

S’il est vrai, ce que nos physionomistes nous disent, que les hommes qui ont de grands nez ont aussi de grandes verges, et qu’ils sont plus robustes et plus courageux que les autres, nous ne devons pas, nous étonner de ce qu’Héliogabale, que la nature avait favorisé de grandes parties génitales, comme l'écrit Lampdius, choisissait des soldats qui avaient de grands nez, afin d’être en état, avec moins detroupes, de faire quelque expédition de guerre, ou de résister plus fortement aux efforts de ses ennemis; mais il ne s’apercevait pas en même temps que ces gens aux grandes verges étaient les plus étourdis et les plus stupides des hommes.

Souvent les petits hommes ont un membre plus grand que les autres; il s’en est même trouvé autrefois qui avaient la verge si longue, si nous en croyons Martial, qu’ils étaient souvent en état de la flairer: et je ne sais sice poète ne voulait point parler de Claudius, qui viola Pompeïa , femme de César, dans le temple de la déesse Bona, lequel, au rapport de l’histoire, avait le membre aussi gros que les deux plus grosses verges que l’on eût pu joindre ensemble. |

On doute si la gmence est prolifique, qui passe par une longue verge. Galien, après Aristote, à agité cette question. Ils disent tous deux que les esprits résidant abondamment par la

: 52 Jongueur du chemin, la semence n'est plus ensuite capable de production. Maïs plusieurs médecins, entre autres le savant Hucher, sont d’un tout autre sentiment; car la semence se portant directement dans le fond de la matrice sans être altérée par l'air, ni par aucune autre cause étrangère, elle a toutes les dispositions nécessaires pour la génération, et les histoires que ce grand médecin nous rapporte sur ce sujet, nous font bien voir que la vérité est toute pour lui. |

A moins.,que les deux parties génitales des deux sexes ne soient bien proportionnées , comme je l’ai dit, il n’y a pas d’apparence qu’elles se joignent étroitement l’une à l’autre : car , si l’homme est un peu membre, et que la femme soit fort étroite, la conjonction n’est point agréable , et l’on ne peut se souffrir l’un et l’autre. Mais si ce même homme se joint ensuite amoureusement à une autre qui soit plus ouverte, il ne la touchera qu’avec plaisir, au lieu des plaintes.et des douleurs qu'il causait à la première : si bien qu’il est vrai de dire que celui qui nous a donné tant de remède contre l'amour , nous a laissé par écrit , que, si nous aimons les personnes qui ont des inclinations et des parties proportionnées aux nôtres, notre flamme est heureuse; et il ne vient de notre amour légitime que des tendresses et des voluptés permises. Ne

En effet, si les deux femmes dont Platerus nous fait l’histoire avaient pu souffrir leurs maris, elles ne se seraient jamais plaintes en jus-

tice, et jamais les juges n'auraient prononcé d’un commun consentement que leurs mariages étaient invalides, avec injonction aux femmes d'entrer dans la solitude, et permission aux hommes de se marier à d’autres, qui ne furent pas si simples, après leur mariage, que de se plaindre de la grosseur des parties naiurelles deleurs maris.

Je ne parle point ici de la grosseur prodigieuse de la verge de quelques hommes : on sait qu’ils ne sont pas destinés pour le mariage; et l’on aurait eu grand tort si l’on avait voulu remarier l’homme dont parle Fabrice de Hilden, qui l'avait aussi grosse qu’un enfant nouvellement né.

Ce ne sont pas seulement les grosses et les petites verges qui sont des défauts dans les hommes ; elles sont encore défectueuses “JS elles sont mal figurées , ou si toutes les parties qui les composent ne sont pas dans leur lieu naturel : car, parmi les chrétiens, les noces n’étant instituées que pour avoir des enfans ,il n'ya pas lieu de douter que, si un homme a ses parties naturelles si mal figurées qu’il ne puisse consommer le mariage, et que ces défauts soient incurables, le mariage ne doive être déclaré invalide. nd

Enfin, il y a tant d’autres défauts qui privent le membre viril de son action ordinaire, qu’il faudrait faire un discours particulier sur cette matière pour les détruire tous; car, pour le dire en peu de mots, on ne saurait caresser agréablement une femme, et encore moins engendrer,

si on est maltraité d’une gonorrhée cordée, ou d’un nodus virulent; si les parties naturelles sont affligées de poireaux, d’ulcères ou cicatrices; si le prépuce est d’une grandeur prodigieuse, si la verge est brisée par le fil du gland, ou enfin si l’on est attaqué par des maladies quiempêchent de caresser une femme, et qui souvent sont la cause de la dissolution du mariage, ainsi que nous l’exarninerons ailleurs.

ARTICLE II, Des défauts des parties naturelles de La femme.

Je suis persuadé que la femme a moins de chaleur que l’homme, et qu’elle est aussi sujette à beaucoup plus d’infirmités que lui. Lastérilité, qui en est une des plus considérables , vient le plus souvent plutôt de son côté que de celui du mari; car, entre cette infinité de parties qui composent ses parties naturelles, s’il y en à une qui manque ou qui soit défectueuse, la génération ne peut s’accomplir, et une femme qui est aussi imparfaite ne peut espérer honneur d’être appelée de ce doux nom de mère.

Je n'ai pas résolu ici de parler de toutes les” parties qui coucourent du côté de la femme à la formation de l'enfant ; il me semble en avoir . assez dit au chapitre précédent. Mon dessein n’est présentement que de découvrir les défauts des parties naturelles de la femme qui peuvent empêcher la copulation, et qui peuvent être guéries.

Je ne m'étonne pas si les Phéniciens, au rap port de saint Athanase, obligeaient leurs filles, par des lois sévères, de souffrir, avant que d'être mariée, que des valets les déflorassent ; et si les Arméniens, ainsi que Strabon le rapporte, sacrifiaient les leurs dans le temple de 14 déesse Anaitis, pour y être dépucelées, afin de trouver ensuite des partis avantageux à leur condition; car, on ne saurait dire quels épuisemens et quelles douleurs un homme souffre dans cette première action au moins, si la fille est étroite. Bien loin d’éteindre la passion d’une femme, souvent on lui cause tant de chagrin et de haine, que c’est pour l'ordinaire une des sources du divorce des mariages. Il est bien plus doux de baiser une femme accoutumée aux plaisirs de l’amour, que de. la caresser quand elle n’a point encore connu d'homme : car, comme nous prions ici un serrurier de faire mouvoir les ressorts d’une serrure neuve qu’il nous apporie, pour éviter la peine que nous prendrions le premier jour, ainsi les peuples dont nous venons de parler avaient raison d'a voir établi de semblables lois.

Jeanne d'Arc, appelée La Pucelle d'Orléans, était du nombre de ces filles étroites ; et si elle eût prostitué son honneur, ou qu'elle eût été mariée comme les ennemis de sa vertu et de sa bravoure le publient encore aujourd’hui, jamais Guillaume de Cauda et Guillaume des Jardins é docieurs en médecine , n’auraient déclaré, lorsqu’ils la visitèrent dans la prison de Rouen, par l’ordre du cardinal d'Angleterre et du comte de

Warvick, qu’elle était si étroite, qu'à peine aurait-elie été capable de la compagnie d’un homme.

Ce n’est pas ordinairement un grand défaul à une femme d’avoir le conduit de la pudeur trop étroit, à moins que cela n’aille, commeil arrive quelquefois, jusqu’à s’opposer à la copulation et la génération même. Le défaut est bien plus commun quand ce passage est trop large, et il ne faut pas toujours mal juger des filles qui ont naturellement le conduit de la pudeur aussi large que les femmes qui ont eu plusieurs enfans.

Bien que ce défaut n'empêche pas la copulation, cependant on ne voit guère de femmes larges qui conçoivent dans leurs entrailles, parce qu’elles ne peuvent garder long-temps la liqueur qu'un homme leur a communiquée avec plaisir.

Le conduit de la pudeur est naturellement un peu courbé; il ne se redresse que lorsqu'il est question de se joindre amoureusement : car il était bien juste que d’un côté la nature le raidit, puisque de l’autre elle raidissait les parties génitales de l’homme, pour favoriser la conjonction de Fun et de l’autre, et pour faciliter la génération.

L'amour tout seul n’est point capable de redresser ce canal, quand il est endurci. L’imagination n’a point assez d’empire sur cette parti@. pour la ramollir, et les esprits s’émoussent et perdent leur vigueur quand ils agissent sur sa dureté. Il faut des humeurs douces et bénignes,

que la naturé y fait passer tous les mois pour adoucir et redresser ces parties endurcies; à moins de cela, elles ne se rendent point capables de faire leur devoir en contribuant à la production des hommes.

Si nous suivions en France ce que Platon nous a laissé par écrit pour une république bien réglée, nous ne verrions point tant de désordres dans les mariages que nous en observons quelquefois. On se marie en aveugle , sans avoir au- Paravant considéré si l’on est capable de génération, Si, avant que de se marier, on s’examinait. tout nu, selon leslois de ce philosophe, ou qu'il yeût des personnes établies pour cela, je suis assuré qu’il y aurait quelques mariages plus tranquilles qu'ils ne le sont, et que jamais Hammeberge n’eût été répudiée par Théodoric > Si ces lois eussent été alors établies.

À voir unejeune femme bien faite, on ne-di- Trait point qu’elle a des défauts qui s'opposent à la copulation. Quand son mari veut exécuter les ordres qu’il a reçus en se mariant, il trouve des obstacles qui s’opposent à sa vigueur. L’hymen, ou les caroncules jointes fortement ensemble, occupant le canal des parties naturelles de la femme, s'opposent à ses efforts. Il a beau pousser et se mettre en feu, ces obstacles ne cèdent point à la force; et, quand il aurait autant de vigueur que tous les écoliers du médecin Aquapendente, jamais il ne pourrait dépuceler sa

me, qui est presque toute fermée. Toutes les femmes en cet état, et qui vivent après quinze où dix-huit ans, ne sont pas entièrement fer-

mées: elles ont un petit trou, ou plusieurs ensemble, pour laisser couler les règles, et pour donner quelquefois entrée à la semence de l’homme. Car, bien que ces femmes ne soient pas capables de copulation, elles peuvent pourtant quelquefois concevoir; et c’est ainsi qu’engendra Cornelia, mère des Gracques , à qui il fallut faire incision avant que d’aecoucher.

L'accouchement est quelquefois accompagné d’accidens si fâcheux, queles femmes se fendent d'une manière étonnante, et j'en ai vu unedont jes deux trous n’en faisaient qu’un. Ces parties sé déchirent d’une telle façon, et la nature, en les repoussant, y envoie tant de matière, qu’il s’y engendre plus de chair qu'auparavant : Si bien qu'après cela l'ouverture en est presque toute bouchée; et quand ces femmes sont un jour en état d’être embrassées par leurs maris , elles sont fort surprises de n'être pas ouvertes comme auparavant. |

Les ulcères véroliques qui arrivent aux parties nacurelles des femmés font la même chose ; ils collent tellement la chair d’un côté et d'autre, quand ils se guérissent, qu’il ne reste le plus souvent qu’un petit trou qui sert à vider de temps en temps les ordures des fem nes.

Souvent ily adu risque pour la vie, si on les coupe et sion élargit le conduit de la pudeur. Celle qui dans une pareille occasion demandait du secours à Benivenius, n’en fut pas pour cela exaucée ; car ce médecin, craignant que s'il la coupait il n’en arrivât quelque funeste accident, aima mieux la laisser vivre de la sorte.

I arrive tant de défauts dans les parties paturelles des femmes qui s'opposent à la consommation du mariage, et par conséquent à la génération , qu'il faudrait faire un livre tont entier pour parler des uns après les autres. äl me suflira seulement d'ajouter à ce que nous avons dit ci-dessus , qu’il naît quelquefois des excroissances de chair dans le col de la matrice : dont la copulation est empêchée; que le clitoris devient si grand, qu’il en défend l’entrée, et que les lèvres sont quelquefois si longues et si pendantes, que l’on est obligé de les couper aux filles avant que deles marier.

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