‹ Tableau de l'amour conjugalChapitre 8 sur 68 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Des remèdes qui corrigent les défauts des parties naturelles de l’homme et de la ferme.

St je n’avais remarqué, en lisant les livres des casuistes et des jurisconsulies, plusieurs erreurs que les uns et lés autres commettent lorsqu'ils parlent des causes de la dissolution du mariage,

je me serais contenté du chapitre précédent , et je ne me serais pas donné la peine d’observer dans celui-ci, qui n’en est qu’une suite , les remèdes que l’on doit apporter aux parties na turelles des hommes et des femmes qui sont incommodés de maladies que l’on juge le plus . Souvent incurables. #

Ce sont ces maladies qui les empêchent de se Caresser , et de se donner réciproquement les

fibertés que le mariage leur permet de prendre. Je ne parlerai ici que des incommodités qui affligent les dehors des parties naturelles de l’un et de l’autre sexe, et je n’examinerai que celles que l'on peut guérir , ayant dessein de discourir ailleurs de toutes les causes incurables , qui sont l'impuissance des hommes et la stérilité des femmes, et qui peuvent donner lieu au divorce entre des personnes mariées.

ARTICLE Ie

Des maladies qui arrivent au membre viril et qui é peuvent être guériess

Puisque le mariage n'est institué que pour avoir des enfans, on doit croire que, si les parties génitales de l’un et de l’autre sexe ne sont pas en était de se joincre étroitement, on ne saurait exécuter le dessein qu’a l'Eglise lorsqu’elle nous confère ce sacrement. |

La conjonction du mâle et de la femelle doit précéder la génération; si la copulation manque par les défauts naturels ou par quelque accident inopiné , l’espérance que l’on a d’avoir des enfans est vaine, puisque celle-ci n’esi qu’une suite de l’autre, |

Et, pour m'expliquer plus clairement par des exemples , je dirai que cette jeune demoiseile veut se plaindre hautement en justice de la longueur du membre de son mari, dont l'approche lui est un cruel supplice. En effet, la douleur qu’elle ressent quand elle est en touchée, lui fait perdre le sentiment , et souvent la red

comme immobile, car cet homime lui déchire les nymphes, fui meurtrit les caroneules , lui fait fendre le conduit de la pudeur , et enfonce le fond de sa matrice : c’est de là que vient une grande effusion de sang, un flux de ventre en.nuyeux, et les autres incommodités qu’elle souffre après avoir été caressée de la sorte.

Ces maux ne sont pas pourtant sans reniède ; car , si l’on a soin de trouer par le milien un morceau de liége de la hauteur d'un où deux pouces, selan l'excès de la longueur du membre, et qu'on le garnisse ensuite de colon dessüs et dessous ; que ce coton soit garni d’une toile inollette , qni doit être piquée près à prés, et que ce bourlet , ou pour mieux dire, cet écusson, soit convexe par le hautet par le bas:

qu'ensuñe on y couse à chaque côté deux petits rubans, et que, quand l’aruour fera ressentir son feu, on fasse passer le membre par le trou de Fécusson , et qu’on lie à chaque cuisse les deux petits rubans que l’on y a cousus pour le tenir assujetti, on jouira après cela de nouveaux plaisirs que l’artifice aura inventés. C'est alors que la demoiselle ne fuira plus les caresses de son mari, et qu'elle ne lui refusera plus ses embrassemens amoureux. Si par hasard son mari oublie l’écusson, elle aura soin d’en porter un autre, ou [a nécessité lui fera trouver agréable Sa main: donc elle évitera les douleurs qu’elle ressentait autrefois et le désespoir où elle était d’avoir des enfans dans la suite de son mariage.

La grosseur da membre de l’homme n’est pas si fâcheuse à une femme que sa longueur

excessive. Elle ne fait qu’élargir des parties qui, étant membraneuses el charnues , s’élargissent assez aisément quand on le veut. La nature les a faites pour cela; et anjourd’hui il se trouve peu de. femmes qui se plaigent de la grosseur de la verge de leur mari. Pourvu qu’une femme soit d’une taille médiocre, qu’elle n’ait point les flancs rétrécis , ni de défauts à ses parties na-

turelles, je ne vois pas de fâcheux accidens à

craindre quand , dans le mariage , elle se servira d’une grosse verge.

Si ces parties sont trop étroites, il n’y a qu’à les faire dilater par les remèdes que nous exposerons à l’article suivant, ou, si l’on veut, il n’y a qu’à faire diminuer la grosseur excessive da membre de l’homme ; ce que l’on peut faire par les cataplasmes froids astringens. J’appréhenderais pourtant que ces sortes de remèdes ne détruisissent la semence , et ne la rendissent incapable d’être féconde: si bien qu’il vaudrait beaucoup mieux élargir le conduit de la pudeur, que de s'arrêter trop long-temps à diminuer la grosseur de cette autre partie.

J'ai déjà dit que je ne parlerais point ici des maladies incurables, ni de la grosseur prodigieuse de la verge de l’homme qui aurait été

causée par quelque maladie. Je sais que l’on

gén"

n’est point alors disposé à s’en servir pour plaire à sa femme, ni pour engendrer ; et je ne saurais croire que Pierre Perrod, maréchal du village Cressiat, en Suisse, eût eu envie, à l’âge de quarante ans , de se joindre amoureusement à sa femme lorsque sa verge étail aussi grosse

CU

qu’un enfant naissant ; car, au rapport de Fabrice de Hilden , il portait entre ses cuisses une grosse masse de chair inégale, livide et mollette comme un champignon , que ce mé-

Gecin allemand lui coupa. Bien loin de mourir de cette opération, il se porta ensuite beaucoup mieux , et avait de temps en temps des mouvemens de concupiscence lorsqu'il était couché auprès de sa femme ; mais malheureusement il manquait des parties pour exécuter les ordres secrets de la mature.

Le membre viril étant raide devient tortu lorsque le fil qui, par-dessous, lie Je prépuce au gland, s’avance jusqu’au conduit de l’urine: si bien que la tête du membre étant tirée en bas par cette bride, la verge est contrainte de se plier en forme d’arc. Si avec cette incommodité un homme veut se joindre amoureusement à sa femme, il augmente sa douleur, et s'aperçoit que sa verge se courbe encore plus qu’auparayant. Néanmoins la passion extrême de l’a mour fait quelquefois oublier la douleur, témoin . ce ministre luthérien dont parle Hofmann, qui, Ja méprisant généreusement, fit plusieurs enfans à sa femme, malgré cette incommodité,

Il n’est pas fort difficile de trouver un remède à ce défaut : il n’y a qu’à donner un coup de ciseau au lien qui tient le gland trop gêné, et empêcher ensuite la jonction du prépuce avec le gland. Pour guérir promptement le mal qu’aura fait le ciseau , on mettra entre la plaie un linge trempé dans un blanc d'œuf battu, et l’on continuera ce remède quelques jours de suite,

ni w

pour donner le temps à la nature d’y former la cicatrice. | |

Les matrones italiennes ont une fort mauvaise coutume sur ce sujet : elles se laissent croître l’ongle du pouce de la main droite, et après avoir aperçu le fil de la langue, ou du gland des petits enfans, elles le coupent de leur ongle, et brisent ainsi ce qui tient ces parties trop assujetties. Mais, pour dire ce que je pense sur ces sortes de déchiremens, il ne peut arriver de là que des inflammations, qui souvent sont bientôt après suivies de la mort.

Il y à encore une autre cause qui rend tortu le membre de l’homme; savoir, lorsque le prépuce est telleiient joint au gland, soit par un défaut raturel ou par des ulcères négligés, que l’on ne saurait alors caresser une femme sans ressentir des douleurs extrêmes. Nos médecins, qui n’ont pas trouvé indigne d’eux de contribuer par leurs propres mains à la santé des hommes, prétendent que cette incommodité peut être guérie, si l’on y apporte le soin et l’adresse qui y sont nécessaires ; cependant ils sont d’un avis contraire sur l’opération. Les uns croient qu'il faut couper plus de prépuce que de gland, parce que le prépuce étant une peau qui ne peut donner beaucoup de sang, ni causer aucune inflammation considérable, ainsi qu'on le remarque tous les jours dans la circoncision des Juifs, l’opération en doit être plus aisée et moins dangereuse. Les autres, au contraire, veulent qu’on coupe plus de gland que de prépuce, parceque, disent-ils, la cica-

4 | (5153 trice s'en doit plus tôt faire, que l’on est ensuite: plus disposé à faire des ‘enfans , et qu'il est même de la bienséance de se tenir toujours le gland couvert. Mais pour moi, il me semble que le meilleur est de tenir le milieu de ces opinions, ec que , si l’on doit en favoriser quelqu’une, ce doit être toujours la première.

Après que l'opération esi faite, et que l’on a découvert le gland autant qu’il le faut, on met entre deux, comme j'ai dit ci-dessus, un linge trempé dans un blanc d'œuf battu, ou dans un digestif que le chirurgien aura composé selon les indications qu’il aura prises de la partie malade, de la douleur et des accidens, qu’il doit toujours considérer en faisant ces remèdes. Sur cela, Fabrice de Hiiden novs fait une histoire d’un homme de vingt ans, qui, s'étant marié avec une très-belle fille > Setrouva impuissant le premier jour deses noces, étant incom- modé de cette sorte de maladie; ce savant médecin en fit lui-même l'opération, et le jeune bomme étant guéri de son incommodité , Satisfit si bien sa femme, qu'après cela elle ne se plaigait plus de l’impuissance de son mari.

Il se rencontre encore une troisième cause qui rend le membre tortu quand il se raidit.

Après les complaisances qu’un homme a eues Pour une cCourtisane, en se tenant long-temps en état de satisfaire les appétits déréglés de cette fêèmme, il vient quelquefois à l’un des côtés de la verge ce que nous appelons nodusou ganglion, qui n’est qu'une dureté, grosse ordinairement comme une fève, placée sur les nerfs de cette

66 $ rte. Quand on presse fortement cette dureté, on n’y sent qu’une douleur obscure: mais, quand le membre vient à se raidir, c’est alors que les douleurs sont extrêmes, par la gène et la torture que souffre la verge dans une figure courbée, qui est contre les lois ordinaires de la nature.

Il y en à qui ont voulu. guérir cette maladie en ramollissant la dureté qui la causait; mais ils ont jeté les malades dans un désespoir de guérison. Ils n’ont pas prévu que les remèdes ramollissans qu'il y appliquaient, augmentaient le mal en dilatant les parties nerveuses de la verge, qui recevait ensuite plus d’esprits vaporeux qu'auparavant. Car, en humectant le noûus, ils élargissaient ainsi les ligamens poreux , à la façon des varices et des anévrismes, et . augmentaient le mal par ce moyen-là, plutôt que de le guérir.

L'expérience nous enseigne qu’il en fallait user d’une toute autre manière. Elle nous a montré que les remèdes astringens contribuaient seuls à la guérison de celte maladie , tellement que, si l’on mouillait des plumaceaux et des linges, et qu’on les appliquât tièdes sur la partie malade, on guérirait bientôt cette incommodité. , | 4

Jacques Houillier nous apprend un remède industrieux, pour donner à une verge tortue la figure qui lui est propre et naturelle. Il nous rapporte qu’un homme qui était impuissant de la sorte, fut parfaitement guéri de son incommodité, après avoir fait entrer la verge dans un canal de plomb proportionné à sa grosseur,

et avoir retenn le canal assujetti par des attelles pendant un temps assez considérable. La verge de l’homme est mollette et flétrie par beaucoup de causes qui s’opposent à l’action pour laquelle la nature l’a formée. Si un homme est trop jeune outrop vieux, son membre ne se raidit point; &t, si quelquefois cela lui arrive , la dureté est sans effet, et l’on ne peut en attendre des suites avantageuses pour ia production d'un homme.

Souvent les esprits vaporeux en sont la cause, et une semence prolifique ne se trouve presque jamais dans ces âges-là.

D'ailleurs, si l’on est ysalade, ou que l’on ne fasse que relever de quelque fâcheuse maladie, ou enfin que la verge soit incommodée dans quelques-unes de ses parties, il n’y a pas d'apparence qu’elle agisse, à moins que l’on n'y apporte auparavant les remèdes nécessaires.

D'autre part, si l’on a pris par la boucne, ou que l’on se soit appliqué des remèdes pour éteindre le feu dela concupiscence, et combattre les aiguillons de la chair, comme nous le remarquerons ailleurs, les parties naturelles, étant trop mollettes, ne seront point alors en état de contribuer à la génération.

Enfin, si l’on est enchanté et ensorcelé, comme on le dit, toutes les parties génitales languissent, et ne peuvent alors se joindre étroitement. à celles d'unefemme.

De toutes ces causes qui afiligent nos parties naturelles, nous n’examinercns présentement que celles qui peuvent produire des malaGies que l’on peut guérir, et encore nous n@ nous àF-

rêlerons qu’à ces seules maladies qui attaquent principalement la verge de l’homme et qui la rene dent mollette, sans en chercher d’autres qui peuvent avoir leur source de plus loin, me réservant d'en parler lorsque je traiterai en général de l'impuissance des hommes.

Une maladie aiguë détruit notre passion.

L'amour est languissant quand nous souffrons, et nous ne saurions nous lier amoureusement à une femme, si notre chaleur naturelle et nos esprits ne sont multipiiés en nous-mêmes, et qu’ils ne soient communiqués à nos parties na= turelles. |

Une vie misérable éteindra sans doute notre feu , et il n’y a point d'homme qui se trouve en état de se divertir avec les dames, si sa table est très-médiocre. Le travail excessif nous rend sages sur cette matière, et nous ne pensons qu’au repos quand nous sommes fatigués. D’ailleurs, si notre esprit est fortement occupé à quelques affaires, nos parties naturelles sont alors comme engourdies quand il faut s’appliquer à l’amour; témoin ceux qui gouvernent par eux-mêmes les royaumes et les républiques, qui font presque toujours des enfans étourdis; comme si l’esprit du père était presque tout demeuré plutôt dans les affaires d'état qu’il a ménagées, que dans le corps des enfans qu’il a engendrés.

Souvent nous nous sommes tant divertis avec les femmes, que nos parties naturelles sont devenues si faibles et si languissantes, que, même dans la fleur de notre âge, elles

refusent de nous obéir quand nous leur commandons de se mouvoir.

Toutes ces faiblesses et ces maladies né sûnt pas sans remède, il ne faut qu'être jeune pour se remettre bientôt d’une maladie qui nous aura affaiblis : et si avec cela nous avons la belle saison , du bon vin, et des alimens choisis, les forces que nous aurions presque toutes perdues renaîtront bientôt après; et ce que le jeûne aurait détruit, la bonne chère le rétablira aussitôt, et alors nous serons en état de nous servir de toutes nos parties.

Le repos est le remède du travail, et les médicamens qui nous sont ennemis peuvent trouver leur antidote, comme firent les parties naturelles d’un gentilhomme, qui, étant devenues flétries par un onguent jaune fait avec du vif-argent dont il s'était frotté, furent bientôt après rétablies par l'huile de lavande qu’il y appliqua.

L'épuisement que l’on a souffert auprès des femmes se répare par la fuite et par l’éloignement, et jamais ce jeune Espagnol dont Christophe Aviega nous fait l’histoire, n’eût pris de nouveaux plaisirs avec sa femme, sil n’en eût usé de la sorte. Cette histoire est trop considérable sur cette matière pour ne la pas rapporter ici tout entière, et pour ne la pas traduire én français. Je conseillai à un jeune gentilhomme, dit ce médecin, de s’absenter durant quinze jours de la ville où il demeurait, de monter à cheval le seizième jour de son absence , sur le soir, et de faire deux ou trois lieues de chemin,

après quoi il viendrait chez lui souper avec sa femme, qui se découvrirait la gorge, et qui se mettrait à table vis-à-vis de lui. Or, j'avais commandé, poursuit-il, qu’on lui apprêtât à souper un chapon rôti et un ragoût de mouton bouilli avec de la roquette; le bon vin rouge fumeux et astringent ne nous manquait point, non plus que le vin doux pour le dessert. Trois heures après souper, je lui conseillai de se mettre au lit avec.sa femme, qui lui échaufferait les reins en les joignant de bien près, et de dormir en. cette posture; qu’à son réveil il s’entretint avec elle de discours amoureux, et qu’il s’endormit ensuite s’il le pouvait ; la petite pointe du jour étant venue, qu’il caressât sa femme, et qu’il s’acquittât de son devoir en valeureux cavalier. Mon conseil, ajoute-t-il, fut fort favorable à ce gentilhomme, non pour une fois seulement , mais pour plusieurs ; et comme, je ne voulais point alléguer cette histoire sans avoir éprouvé auparavant la même chose en plusieurs personnes, j’ai expérimenté, dit-il, que cette façon d’agir est fort propre à rendre vigoureux Ceux qui se sont épuisés auprès des femmes. Il faut donc conclure après tout cela, que la mollesse des parties naturelies de l’homme qui a pris quelquefois ses divertissemens avec trop de chaleur, n’est pas toujours incurable , comme la plupart se le persuadent : si cela était, le gentilhomme du duc d’Albe, dont Houllier nous fait l’histoire , n’aurait. pas été guéri si promptement avec l’admiration de tous ceux qui l’accompagnaient, et le

remède qu'on appelle en Provence sambajeu, ne ferait pas encore présentement des merveilles sur ceux qui ont les parties naturelles flétries , si nous en voulons croire Valleriola ; car il n’y

a rien au monde de meilleur contre les faiblesses des parties naturelles , que les œufs, le sucre, le safran, la cannelle ét le vin, dont ce breuvage est composé.

D’autres maladies attaquent encore le membre viril avec autant de force que les précédentes ; mais , outre toutes celles qu’il souffre, il y en à de bénignes qui se guérissent par les premiers remèdes que l’on y apporte ; et il s’en trouve de malignes qui quelquefois ne cèdent ni aux Sueurs, ni à la salivation, ni au fer, ni au feu : ce sont ces dernières qui viennent d’un commerce infame , et qui affligent les hommes d’une manière tout-à-fait surprenante.

Quelques hommes ont le prépuce si long, qu’ils ne sont pas disposés à se joindre amoureusement à leurs femmes. La verge est importune en cet état, et elle ne peut ne communiquer sa sa semence qu’elle ne soit éventée, et que par ce

moyen elle ne soit incapable de génération.

Ceux qui ont ce défaut se salissent incessamment quand ils veulent uriner, témuin l’homme de douze ans dont Fabrice de Hilden nous fait l’histoire.

De peur que dans cette maladie il n’arrive une rétention d'urine et une inflammation au col de la vessie, qui sont souvent deux maladies mortelles, il ne faut pas hésiter à couper le prépuce, Il n’y a non plus de danger dans cette

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opération, qu'il n’y en a eu à couper celui de cet homme dont nous venons de parler, qui se maria quelque témps après qu’on fui eut coupé le prépuce, qui avait six pouces de long. Nos chirurgiens grecs appellent cetie maladie phimosis, qui rend quelquefois la vergetortue, quand le prépuce, ne pouvant être retroussé, est altaché au gland , comme nous l'avons remarqué ci-dessus.

Il y a uneautre maladie qui est out opposée à celle-ci; les mêmes chirurgiens [a nomment paraphimosis, lorsque lé prépuce, étant retroussé, presse tellement læ racine du gland , qu’il ne peur être remis dans sà place, quoiqu’on le tire ou le presse fortement avec fes doigts. Cette incommodité vient de plusieurs causés différentes.

Quelquefois, en voyageant pendant la rigueur de l’hiver, le gland et le dessous du prépuce touchent rudement un linge au un drap, et alors its s’enflent l’un et l’autre. Le prépuce se retrousse et ne peut être remis, quelque violence que l’on y fasse : si bien que, dans cette occasion, il arrive assez souvênt un étranglement de la verge; ce qu’un bomme savant, dont la dévotion lui à fait prendre une robe de pénitence, éprouva l’année dernière, avec un danger évios de perdre [a vie.

‘Je ne saurais dire combien le froid cause de giaux à la verge de l'homme, Si dtas le septen- &‘ion on n'avait soin de ia conserver par des fiurrures contre la rigueur du climat, ies hommes de cès contrées finiraient bientôt par cette Fe

(4 ie

au lieu. de s’en multiplier. Le froid la fait sou.

vent deyenir dure comme une pierre , et elle de-

meurérait long-temps en cet état , si l’expérience

ne nous avait appris que le feu la faisait ramollir

et en faisait diminuer la douleur, ainsi qu’il arriva à Georges de Transylvanie, au rapport de

smece. |

Les jeunes gens qui ne sont pas accoutumés aux violens exercices de l’amour, sont quelque-fois affligés du renversement du prépuce qu’un peu d’eau fraîche et d’abstinence guérit tout aussitôt; témoin le jeune homme de vingt.

quatre ans que Fabrice de Hilden guérit de la sorte,

Mais si la prison et l’étranglement du gland ont des causes malignes, et si elles ont été produites par une conjonction ‘infame, il ne faut pas en espérer une guérison si prompte, ni si heureuse; car la verge, qui est naturellement poreuse, étant enflée de sang et animée d’esprits, souffre aisément une impression pernicieuse que fait une courtisane :çorrompue, et elle est souvent affligée de maladies malignes.

Il me reste encore à parler d’une maladie qui arrive quelquefois dans le conduit commun de l’urine et de la semence, lorsqu'après un ulcère virulent il s’y engendre une caroncule et une chair mollette et baveuse. Bien que ceite incommodité soit fort difficile à guérir ; cependani je n’ai pas jugé à propos de la placer.entre celles qui rendent un homme impuissant, puis. qu’elle ne paraît pas incurable; çar, si Char.

TA

les IX donna deux mille écus à un gentilhomme italien pour lui avoir communiqué un remède contre ce mal, on doit croire que cetie maladie peut être guérie, puisque ce bon prince récompensa si magnifiquement celui qui lui en avait donné le moyen.

Afin de ne rien passer sous silence qui puisse en quelque façon plaire au lecteur, j'ai bien voulu mettre ici ce remède, pour s’en servir dans l’occasion. On prendra trois onces de céruse, un denier de camphre et autant (lantimoine crû , demi-once de tuthie préparée avec de l’eau de rose, six drachmes de litharge d'or lavée, deux drachmes de blanc rhasis sans opium, deux serupules de mastic , autant d'encens , autant Àe cendre de savonnier, et autant d’aloès, avec une suffisante quantité d’huile rosat pour faire l’onguent un peu épais. Mais, avant que de le faire, on préparera et on pulvérisera à part toutes les choses que l’on doit pulvériser, et on jes passera par le tamis, pour être plus disposées à entrer dans la compositian du remède. Après cela, lon en embarrassera le bout d’une bougie dont on se servira au besoin.

Ce remède est beaucoup plus souverain ‘et plus assuré que celui que l’on employa pour un gentilhomme parisien qui était incommodé d’une pareille maladie ; on ne fui eut pas plutôt jeté dans la verge un remède âpre, qu'une inflamination et une rétention &’urine y survinrent, si bien qu’il ne vécut guère après tous ces faux, comme nous le fait remarquer Fabrice de Hilden, qui nous enseigne qu'il ne faut pres-

que point de remèdes àpres pour guérir les maux de la verge.

Il naît quelguefois des verrues et des excrescences de chair sur le gland, qui viennent après des ulcères mal guéris, et qui empêchent la conjonction. .

Pour guérir ces maladies, nous summes souvent obligés de couper ces poireaux, et de les faire ensuite cicatriser avec de la poudre d’une pierre que l’on nomme caicite. Quelques-uns y apphquent le feu; ce que je ne voudrais faire que fort légèrement sur la peau de ceite partie, parce que le mewnbre viril étant de lui-même tout nerfs, j’appréhenderais qu’il n’arrivât au patient ce qui arriva, il n’y a pas long-temps, à M. Brancaci, grand-prieur de Malte, qui, s'étant fait appliquer un fer rouge au gros doigt du pi d, qui est une autre partie du corps extrèmement nerveuse, mourut bientôt après par la douleur, la fièvre et par la gangrène.

On à quelquefois bien de la peine à arrêter lé? sang des veines et des artères que l’on a coupéef dans les opérations que l’on a faites sur la verge d’un homme; et Fabrice de Hildan nous fait remarquer qu’un chirurgien ayant coupé une exciescence sur le gland d’un homme de quarante ans, cet homme perdit tant de sang pendant que le chirurgien faisait chaufler un fer, que trois jours après il en mourut,

J'aimerais donc beaucoup mieux user du remède dont j'ai parlé ci-dessus, ou d’une forte décoction d’une tête de mort et de vitriol, qui

arrête, comme par miracle, le sang des veines st des artères coupées, que de me servir du feu, var les raisons que j'ai alléguées ci-dessus. Ce fut sans doute le présent que fit le roi d’Angleterre , il y a quelques années, à M. le duc d’Estrées, vice-amiral de France, lorsqu'il était aux côtes de ce premier royaume, afin que, s’il arrivait dans l’armée navale dont il avait la conduite, quelques grandes pertes de sang, on püût les arrêter tout d’un coup par le moyen de ce remède,

ARTICLE III

Des maladies qui arrivent aux parties naturelles de la femme, et qui peuvent être guéries.

Les parties naturelles des femmes ont des défauts aussi bien que celles des hommes; il s’en trouve d’incurables , qui seront remarqués au chapitre de la Stérilité des hommes, et il y en a d’autres que l’on peut corriger, et que je vais examiner.

Les filles sont trop larges, trop étroïtes, ou quelquefois presque toutes fermées; il y en a qui ont les levres de leurs parties trop longues et irop pendantes, et qui ont encore d’autres défauts qui les empêchent de se joindre amoureusement à un homme,

La nature, qui est admirable dans tout ce qu'elle fait, a composé de membranes charnues Je conduit de la pudeur des femmes , afin que, ces parties s’élargissant comme il faut dans l’ac-

couchement, elles puissent ensuite se rétrécir pour empêcher les incommodités qui en pourraient arriver, si elles demeuraient toujours ouvertes. Quelquefois, dans de fausses et de fâcheuses couches, elles ne se resserrent plus comme auparavant après s'être extrêmement élargies : si bien qu’elles demeurent tellement lâches et ouvertes, qu’elles sont importunes aux femmes et désagréables à leurs maris.

C'est ce conduit que l’on trouve trop large dans quelques filles qui sont d’une taille avantageuse et d’une constitution sanguine, et qui avec cela ont la poitrine carrée, les flancs larges et la voix forte. Un homme qui aura la verge petite ou médiocre, et qui sera marié à une telle fille, ne pourrait ‘avoir aucun soupçon contre sa vertu, puisqu'à l'égard de son mari son défaut est naturel.

La médecine, qui trouve des remèdes presque peur toutes sortes de maladies, n’en manque pas pour celle-ci. Elle en fournit à une honnête fille qui va se marier, afin d’ôter le soupçon que pourrait avoir son mari de quelques prétendus désordres de sa vie. Elle en communique encore à une femme qui a fait depuis peu de pénibles couches, pour n'être pas, dans la suite du temps, désagréable à son mari, pour conserver dans son mariage la paix et la tranquillité, et pour avoir un second enfant, qu’elle n’aurait point si elle demeurait dans l’état où elle se trouve maintenant.

Ces sujets étant raisonnables, l’on doit trouver bon que l’on use de nos remèdes pour un si

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juste motif. Je ne prétends point ici être l’auteur de l’abus que l’on en peut faire. Mon dessein n’est pas de favoriser le crime, mais de guérir les maladies qui affligent les femmes, et d'entretenir une amoureuse complaisance parmi les personnes mariées. Autrement nous serions réduits à retrancher de nos livres et de notre pratique l’antimoine, le sublimé, le réalgal et les autres poisons dont nous nous servons tous les jours si heureusement pour la guérison des maladies. IL me semble qu’il suffit de faire son devoir en guérissant les maladies qui se présentent, sans se mettre beaucoup en peine des mauvaises inclinations de quelques personnes qui abusent de ce qu’il y a de meilleur au monde,

Les femmes des régions chaudes préviennen:

le défaut que nous avons marqué, en se lavant les parties naturelles avec de l’eau de myrthe disiillée, qu’elles aromatisent avec un peu d’essence de girofle ou avec quelques gouttes d’esprit de vin ambré, ou avec des décoctions astringentes. Mais la décoction de grande consoude estencore meilleure que tout cela, si nous en croyons la femme dont parle Sennert, qui, s'étant mise dans un bain que sa servante avait préparé pour elle-même, fut fort fatiguée la nuit suivante par son mari, parce qu’elle se trouva presque toute fermée. Cette expérience n’est pas la seule. Benivénius nous fait une semblable histoire sur ce sujet; et nous en produirions quelques auires, si l’on pouvait douter de cette vérité.

On ne doit pourtant se servir de ces sortes

de remèdes que pendant sept ou huit jours de suite, afin que les parties naturelles ne deviennent pas trop étroites; mais parce que souvent elles s’élargissent beaucoup après les règles, on pourra, cinq jours après qu’ellesauront entière-

ment cessé, s’en humecter encore pendant huit autres jours,

On doit avoir d’autres précautions pour les femmes qui sont depuis peu accouchées : car les vidanges de l'accouchement doivent couler pendant un mois tout au moins; api ès quoi vn peul se laver avec les eaux que rous avons

-Proposées, mais avee une telle prudence, que les femmes ne deviennent pas si étroites qu’elles puissent donner de la peine à leurs maris quand la passion les obligera à éteindre leurs flammes. Car ces remèdes agissent quelquefois avec tam de force, qu’il s’est trouvé des femmes, si nous en croyons Benivérius, qui, par l’imprudence de leurs matrones, s'étaient lavées si souvent de ces sortes d'eaux, qu’elles s'étaient ensuite repenties d’avoir suivi les avis qu’on leur avait donnés.

J'ai fait remarquer, au chapitre précédent, quelle peine on avait pour dépuceler une jeune femme étroite, quelles douleurs on en ressen tait à la verge, et quelle enflure il ÿY survenait. La femme qui n’est guère ouverte, n’a pas moins de douleur de son côté lorsqu'elle se joint à un homme qui a la meinbre assez gros, ou qui l’a même médiocre : toutes les Parties délicates du conduit de la pudeur en sont déchirées; et, si l’on n’y prend garde

avec beaucoup d’exactitude, il s’y engendre des ulcères qui ne donnent pas peu de peine à guérir. Si la femme de qualité que je guéris, il y à quelques jours, avait caché son mal pus longtemps, sans doute qu'elle n’aurait pas été si tôt soulagée par le remède que je lui proposai. 1l était fait de parties égales de litarge d’or pulvérisée, de céruse et de corne de cerf brülée, avec autant qu’il fallait de mucilage de semence de coin, extrait avec de l’eau de plantin. Après s’être ointe de cet onguent, et s'être ensuite lavée de temps en temps avec de l’eau rose, elle se trouva entièrement guérie.

L'avis que je donne ici aux filles qui sont incommodées de tumeurs de rate et de vapeurs, et qui sont extrêmement pâles, ne doit pas être méprisé. Ellés doivent se souvenir de n’user pas souvent d’un remède fort commun, qui contribue beaucoup à la guérison de toutes ces malalies ; car, bien que la limaille de fer ou d'acier ait des qualités apéritives, elle en a aussi d’astringentes qui resserrent tellement les filles qui s’en servent long-temps, qu’ensuite elles souffrent beaucoup les premières: semaines de leur mariage, et sans doute que , pressées par la douleur, elles abandonneraient alors leur mari, si la bienséance et l’amour conjugal ne les en empêchaient. La fille du chaudronnier que je vis, il y a deux ans, n’aurait pas gardé toutes ces mesures avec son mari, si je n'avais donné ordre d'élargir ses parties naturelles par des décoctions de pieds de mouton, de corne de cerf, de moelle de bœuf, de racine de gui-

mauve, de semence de lin, d’herbes aux puces bouillies dans de l’eau.

« Le canal de la pudeur se trouve quelquefois presque tout fermé par les caroncules liées les unes aux auires par une membrane délicate, Où par une qui est quelquefois bien forte à déchirer. Dans cette première occasion, un homme se fait hardiment passage quand il aime avec ar- deur. Les petites membranes se déchirent aisément, et, par une petite perte de sang, elles donnent des marques d’une virginité perdue.

C'est alors que l’on montrede la fenêtre des mariés à ceux qui passent, les linges tachés de sang, selon la coutume de quelques villes d’Espagne, où les Espagnols disent aujourd’hui en leur langue, vergen la tenemos.

On en fait presque autant dans les royaumes de Fez et de Maroc; car, après que le marié est entré dans sa chambre avec sa femme, et qu’il y a badiné la première nuit de ses noces, il y a une vieille femme qui attend à la porte pour recevoir de la mariée le linge sanglant qui est la marque de sa virginité ravie; puis la vieille va le montrer aux parens qui sont encore à table, et elle crie à haute voix : Elle était pucelle jusqu’à aujourd’hui. Que s’il ne se trouve point de linge teint de sang, on renvoie la mariée chez ses parens avec déshonneur.

Maïs si la membrane qui joint les caroncules est forte, dure et presque cartilagineuse , on a beau pousser, rien ne s'ouvre, et l’on se perdrait plutôt que de forcer une barrière qui est défendue avec tant d’opiniâtreté, IL n’y a point

de meilleur remède dans cette occasion, que de prendre un bistouri courbé, et de couper la membrane qui défend avec tant de résisiance les avenues du palais de l’amour : c’est ce que Paré dit avoir fait dans une fille de dix-sept ans, qui fut ensuite en état de se marier et d’avoir des enfans. à

Souvent les caroncules jointes, qu'on nomme hymen , sont percées pour donnér passage aux humeurs qui sortent de la matrice et qui y entrent aussi quelquefois; et il ne faut pas s'étonner s’il y a eu des femmes qui ont conçu, ne pouvant même souffrir d'homme, comme il arriva à Cornélia, mère des Gracques, et comme il arrive encore tous les jours à plusieurs femmes de l'Amérique méridionale, qui conçoivent sans être ouvertes, mais aussi qui meurent souvent en mettant unhommeau monde.

Ambroise Paré nous rapporte une histoire sur ce sujet, qui mérite d’être racontée tout au long. Un orfèvre, dit-il, qui demeurait à Paris, sur le pont au Change, épousa une jeune fille, et parce que l’amour est pour l'ordinaire violent dans les premières approches, ils se pressèrent si fort l’un et l’autre, qu’ils commencèrent tous deux de se plaindre, l’un de ce que sa feinme n’était point ouverte, et l’autre que, dans ies caresses de son mari, elle souffrait une douleur incroyable. Ils communiquèrent leurs désordres à leurs parens, qui, agissant en cela avec prudence, firent appeler dans la chambre des muriés Jérôme de Lanoue et le savant Siméon Picire, docteurs en médecine, avec Louis

Hubert et François de la Leurie, chirurgiens. Tous, d’une commune voix, tombèrent d’accord qu’il y avait une membrane au milieu du conduit de la pudeur, et ils en furent d’autant plus persuadés qu’ils la trouvèrent drue et calleuse, avec un petit trou au milieu, par lequel les règles avaient accoutumé de couler, et par lequel aussi était entrée la matière qui avait donné lieu à la grossesse de cette femme; car, six mois après qu’elle eut été coupée, elle fit un bel enfant à son mari, qui se réconcilia en. suite avec elle.

Mais quand cette membrane n’est point trouée, et que les règles sont sur le point de paraître dans les jeunes personnes, je ne saurais dire quels accidens funestes elles ne causent point. On s'aperçoit tous les mois de

quelque dégorgement d’humeurs, ou de quel-

que extrême douleur de ventre : les filles qui en sont incommodées souffrent de grandes défaillances, des vertiges et des épilepsies extraordinaires : le sang sort même périodiquement par les oreilles, par les yeux, ou par le nez, ainsi qu'il faisait à une jeune demoiselle de seize ans, qui aima mieux vivre avec langueur, que de se faire couper une membrane ferme ét presque solide qui empêchait l’éparchement de ses règles, et qui, par ce moyen, la rendait incapable de la société d’un homme. La fille de vingt-un ans dont Jean Wier nous rapporte lhistoire, fut bien plus sage que cette autre ; gar celle-ci ayant été estimée grosse par toute ses voisines, ce médecin justifia hautement son

innocence , après lui avoir coupé une membrane dure qui s’opposait à la sortie de ses règles ; si bien qu'après cela elle en reçut le soulagement qu'elle en pouvait espérer, et & réputation qu’elle avait perdue.

Pour empêcher la honte du aies ou le hasard de mourir par la pudeur qui accomlpagne ordinairement le beau sexe, il faudrait que les pères fissent examiner toutes leurs filles à l’âge de neuf ans, afin de remédier d’abord à toutes les difficultés qui s’opposent à l'épanchement des règles et aux caresses des hommes, Ce serait un moyen assuré d'éviter les accidens qui en peuvent arriver ; et parce que la pudeur des filles n’est pas en cet âge-là dans son plus haut degré, il serait alors aisé de les guérir, au lieu de les abandonner à une mort certaine, à une éternelle solitude, ou à une infirmité déplorable.

Les excroissances qui viennent au canal de la pudeur par une conjonction infame peuvent être guéries, mais avec quelques difficultés. On commence, dans ces sortes de maladies, la guérison par les remèdes que nous appelons généraux ; on la continue par les sueurs et x salivation, et on l’achève en coupant et en brüûlant la chair baveuse qui embarrasse le conduit de la pudeur.

Les femmes ne peuvent encore souffrir leurs maris si leurs parties naturelles sont ulcérées et garnies de fentes, si les hémorrhoïdes de la matrice et du siége les incommodent, et si une tumeur ou une pierre presse fortement le col

de la vessie et le conduit de la pudeur, comme il arriva à Dyseris, dont Hippocrate nous rapporte l’histoire, qui, pendant sa jeunesse, ne pouvait souffrir la compagnie d’un homme,

Les remèdes qui sont propres à combattre toutes ces maladies sont fort aisés à trouver; et, sans m'y arrêter à dessein, on doit seulement se ressouvenir que les ulcères et les fentes de la matrice n’en demandent pas d’âpres, mais de doux et de benins.

Les lèvres et les nymphes des parties naturelles des femmes deviennent quelquefois si longues et si pendantes, qu’il est impossible alors qu’un homme en puisse approcher. Ces sortes d’accidens arrivent souvent aux filles africaines , si l’on en croit Léon d'Afrique, qui nous rapporte que ces incommodités sont si communes dans les régions du midi, qu’il y a des hommes qui, allant par les rues des villes de ces contrées-là, crient à haute voix : Qui estce qui veutétre coupée? De même dans ce pays-ci il y a des hommes qui font connaître par leur sifflet l'habitude qu’ils ont à couper les chevaux, à bistourner les veaux, er à travailler enfin sur les parties génitales des autres animaux.

La honte qu'ont quelquefois nos femmes françaises, lorsque ces replis de la peau de leurs parties naturelles sont excessifs en longueur , les empêche de s’exnoser à un chirurgien pour se les faire couper , comme font les vierges égyptiennes avant que de se marier.

Ces nymphes allongées sont si véritables, que, dans l'empire du prêtre Jean, où l’on circoncit

les femmes aussi bien que les hommes, l’on en fait une cérémonie.

Bien que le conduit de la pudeur soit naturellement un peu tortu, comme je l’ai déjà dit, il ne laisse pas d’être disposé à recevoir la verge d’un homme, et c’est par cette figure qu’il la presse agréablement, et qu’il lui donne tant de chatouillemens dans la copulation.

Cependant , s’il est excessivement tortu, ou par l’abstinence de la compagnie d’un homme, ou par les agitations continuelles qu’il souffre dans les suffocations, ou enfin par quelque autre cause que ce soit, il n’est point alors en état de souffrir un homme. La femme y ressent trop de douleur quand on la presse, et elle a même de la répugnance pour ce qui plaît à toutes les autres.

Cette maladie n’est pas toujours incurable ; et les femmes que nous pensons bien souvent ne pouvoir être guéries, ne sont intraitables que par leur pudeur ou par notre ignorance.

Tous les médecins de France ne purent autrefois guérir une des plus grandes princesses du monde , qui était incommodée de ce défaut ; il n’y eut que Fernel qui assura le roi, des plus glorieux de son temps, de la guérison de la reine. Après avoir donc connu exactement la cause de sa stérilité , il pria le roi de coucher avec elle lorsque le conduit de là pudeur serait humecté et élargi par .les règles qui seraient sur le point de cesser : ce qui réussit si bien qu’après dix ans de stérilité, la reine donna à cet invincible monarque cinq ou six enfans, qui valurent dix mille écus chacun à ce savant médecin,

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