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litique, mais sa violence s'était bien étendue
en secret.
Des croyances de l'espèce de celle dont l'extraordinaire Wallenstein était l'esclave, étaient répandues partout, et elles ne manquaient pas d'un certain ensemble. Peut-être même le prompt avènement de Wallenstein trouva-t-il une partie de ses moyens surnaturels dans de telles sociétés secrètes. Il est jcertain que s'il eût pu accomplir tous ses projets, une forme de vie publique et d'opÂnions toute différente des nouvelles doctrines aussi bien que de Tancienne Eglise, serait apparue et devenue dominante.
Aucun de ces événemens ne devait arriver :
ni Fancienne Eglise ni la nouvelle ne devait remporter une victoire complète. L'événement le plus important fut cette paix qui termina enfin une guerre si longue. C'est une singularité étrange dans l'histoire qne cette guerre ne fut ni suscitée ni terminée par la force. Si l'ancienne Eglise avait été tout-à-fait victorieuse dans cette lutte, atteignant par là son but, sa victoire aurait pu sembler un fruit de la force; si les nouvelles doctrines étaient devenues entièrement dominantes , l'ancienne
Église aurait vu détruire san« mesure, dans ses anciens orncmens et dans sa constitution, beaucoupde choses qui, dans des temps plus calmes, ont été-reconnues et utilisées. La division maintenue alors doit donc être considérée comme un bien, ou plutôt comme le moindre mal pour ' les deux partis; d'ailleurs, là séparation a peutêtre servi dans quelques occasions à organiser et à élever les facultés de l'esprit par la lutte d'une controverse active. Cependant, le plus souvent, elle eut pour conséquence, que l'esprit désastreux de la controverse se répandit toujours davantage comme un génie destructeur, et que sa tension se termina par l'affaissement et la ruin^ mutuelle. Ce ne fut pas l'esprit de séparation qui créa la vraie civilisation , ce fut l'esprit de concorde, l'activité harmonique et le développement de toutes les facultés» Telles furent les conséquences politiques de la séparation religieuse. Après un état chancelant et incertain, tandis qu'on apprenait à saisir dans son ensemble le nouveau phénomène dont l'établissement dura cinquante ans et suscita les premières guerres isolées en Allemagne et en Suisse, éclata une guerre de religion générale qui dura quatre-vingts années.
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Lorsqu'enfin la paix fut conclue^ et quon eut reconnu l'impossibilité de vider le différend par la violence, la séparation, maintenue, constituée, amena à sa suite une corruption intérieure de tous les principes et de toutes les opinions dominantes, guides et maximes de la vie. Sous Fapparence trompeuse de la modération et de la paix, ce grand changement intérieur conduisit aussi à de violentes explosions et k des troubles qui ne furent pas moins animés ni moins considérables que les précédens, l'on put toujours davantage reconnaître que l'esprit et la pensée sont les vraies forces motrices de l'histoire.
Gomme paix religieuse européenne, du moins tel fut son ensemble et son action éloignée, quoique quelques faits aient encore plus tard rappelé, surtout en Angleterre, les premiers temps des guerres de religion; comme paix religieuse européenne, dis-je, la paix de Westphalie fut du moins le terme d'une longue et grande calamité. Pour l'Allemagne, ses suites furent fàchquses comme celles de la guerre qu'elle terminait. L'influence des puissances étrangères était maintenant ^i reconnue, si bien constituée dans le gouvernement, que même
durant la paix se conserva le germe visible de nouveaux troubles, de nouvelles guerres, comme il en éclat^ ensuite; Ton pouvait facilement prévoir une division, une dissolution complète. Uépoque plus ou moins rapprochée, la manière dont cette dissolution aurait lieu , pouvaient seules être mises en doute. Depuis cette époque aussi Fétat des citoyens est graduellement retombé dans rabaissement. A. la vérité , les villes libres de l'empire subsistaient encore comme un monument de Tancienne liberté , et , dans quelques contrées , les villes dépendant du pouvoir des princes, conservaient enqore une partie des privilèges des campagnes. Mais la tactique militaire entièrement changée^ et le pouvoir toujours croissant, dés princes , faisaient de ces. privilèges plutôt une ombre apparente qu'une véritable force, telle que celle des villes de l'Allemagne méridionale et des bords du Rhin, qui, avant la sépara^oi;! religieuse , égalaient à la guerre les princes et la noblesse elle-même , ou bien telle qu'au temps de la Hanse florissante jusqu'à la guerre de trente ans. Ce fut cette guerre qui anéantit l'antique prospérité et le grand empire de l'Allemagne.
A la vérité l'Allemagne avait déjà beaucoup souffert par la découverte du Nou veau-Monde ; dont les sources d or et d'agent avaient écrasé les mines nationales de ces nobles métaux. L'anjcienne direction du commerce du Levant, d'àix>rd en Italie, puis en Atlem^gue, était aussi plus avantageuse a cette dernière puissance.
Cependant ces pertes ne suffisaient pas pour tuer sa prospérité, et même jusqnli la guerre de trente ans, l'Allemagne ne fut pas si brillante de splendeur que le Portugal et FEspagne, mais elle surpassa peut-être en véritable bien-être et en richesse intérieure et vivifiante toutes les contrées que le Nouveau- Monde avait amenées à une prospérité inattendue. La source de la richesse allemande se trouvait dans ce qui produisit en grande partie les richesses de l'Anglet^e au dît-huitième siècle, c'est-à-dire dans les manufactures; car alors l'Allemagne possédait dans Tesprit de la foule la même supériorité, dans ptusieul*s branches, que F Angleterre obtint dans les temps plus raiodemes. T&^s ces avatilagcs furent détruits^ par la jiaerre de trente ans; d*innombrabks troupes d'ouvriers émigrèrent, embrassèrent la vie militaire, s'armèrent , revinrwit.
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Dans cette histoire de la guerre de trente ans, on trouve des exemples étonnans de quelques villes de TAUemagne où, avant la guerre, le nombre des ouvriers d'une manufacture se comptait paiv milliers , et où, après, on n'en trouvait plus que quelques-^uns.
L'Angleterre , la Hollande et le Dançinarck se servirent habilement de la position fâcheuse de l'Allemagne pour augmenter leur com^ merce. La diminution de la population accomplit le désastre et le rendit durable. Ce serait une recherche utile que celle qui tendrait à déterminer la partie de sa population que l'Allemagne perdit dans cette guerre , si ce fut la moitié ou même jusqu'aux deux tiers j car peu de guerres dans l'histoire furent aussi désastreuses que celle-ci. Non seulement le nombre, mais encore Tesprit de la génération existante était diangé, et ce changement dura malgré la paix.
De tous temps les Allemands avaient été une nation guerrière : long-temps , à cause de cela , ils furen^t divisés; mais ils étaient toujours démeuréa la première nation de l'Europe. Même dans les siècles où le commerce et l'industrie occupaient une grande partie du peuple, à côté
de la noblesse y les villes se montraieât aussi animées d'un esprit et d'u^i courage guerriers.
Maintenant la plus grande partie de l'empire allemand y toute la masse des petits États, était placée dans un état de paix éternel; car seulement quelques-uns des plus grands princes étaient encore assez puissans pour faire des entreprises militaires remarquables , qui leur étaient rendues moins aisées par la complication habile des intérêts/ et pouvaient difficilement paraître raisonnables aux plus sages , dans le nouvel ordre de choses. Cette circonstance pouvait être appelée bonne et salutaire sous le rapport du repos intérieur; pour la sûreté extérieure, que la paix, au reste, garantissait, on ne saurait y voir que l'Allemagne se livrant à l'avenir et à un sort presque inévitable sans armes et sans défense.
Lorsque la paix fut enfin conclue en Allemagne, cette même flamme guerrière, quiy avait pris naissance, continua encore quelque temps à briller aux extrémités opposées de l'Europe. La guerre, qui dura encore dix années entre l'Espagne et la France , n'était qu'une suite de la guerre générale. Dans le nord , l'avidité conquérante de la Suède parut, sous l'impétueux
6t téméraire Charles Gustave, menacer tous les États voisins encore plus que sous Gustave Adolphe. Si la conquête du Danemarck avait réussi à Charles Gustave, il aurait pu alors fonder un empire qui eût été long-temps le premier empire du nord. Ses conquêtes furent, comme par la suite celles de Charles XII, plus semblables à un météore brillant et effrayant, que fondées sur une base durable. La Suède montra qu'un conquérant, au moins en Europe, et toute circonstance extraordinaire exceptée, est lié par des lois géographiques. Un événement bien plus important que la brillante époque de la Suède, fut le long mais solide accroissement de la puissance russe sous l'a domination de la maison Ro;aianowitsch.
Dians la paix des Pyrénées , qui , dix ans après la paix de Westphalie, termina la guerre entre la France et l'Espagne, on établit d'une manière tout-à-fait définitive ce qui jusque-là avait toujours paru douteux , la prépondérance de la France et la chute de FEspagne. Sous Philippe II, le principe de ces deux événemens se trouvait bien déjà dans sa violence implacable, dans son extravagance, surtout dans la conquête à main armée du Portugal , et dans
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l'oppression de la liberté populaire y produite par l'aigreur des disputes religieuses. Â la vérité y Philippe II ni ses successeurs n'ont essentiellement attaqué la constitution dans ses principes , ni voulu la renverser. Mais les rois, d'après la mode des sultans orientaux^ vivant cachés la plupart du temps au fbnd de leur palais I il ne pouvait pas y avoir beaucoup d'activité dans l'esprit y de vie dans l'État et dans l'administration. Ce qui peut-être contribua plus que tout le reste à la chute de l'Espagne, ce fut q^i'on négligea de ranimer de temps en temps la force nationale par l'assemblée des cortàs générales. Néanmoins, sous Philippe 11 , la force du gouvernement , et en particulier de la nation y était encore très grande; il put encore vivre long-temps de l'ancienne grandeur aTant qu'elle fàt entièreihent évanouie.
Philippe II savait bien retenir l'ensenîble dans ses mains puissantes , et gouverner luimême; c'est ce qui se montre surtout sous ses successeurs. Philippe III fut élevé avec beaucoup de soins pour empêcher qu'il fût embrasé d'une ambition intempestive aussi passîonée que cela était arrivé au malhc^ureux don Carlos. Maid combien souvent le$ hommes.
croyant faire bien en détruisant un vice^ opèrent tout l'opposé de ce qu'ils désirent! Phi^ lippe III| muni de plusieurs belles qualités , ne sut empêcher l'abus de la puissance entre les mains de§ grands serviteurs de l'État, de ses remplaçans. Ce ^lanque d'ordre dans le gouvernement agit d'une manière très fàdieuse en Italie. Quelques grands Espagnols , comme dans la conjuration connue du marquis de Bedmar à Venise, causèrent, par l'abus du pouvoir, un dommage incroyable «t incalculable à la renommée et à Tinfluence espagnoles dans l'opinion publique. Des oppositions violentes se montrèrent, i'inimitié de Venise n'était pas sans ' importance, et il fut alors possible aux partisans de Richelieu de porter le premier coup à la grandeur espagnole en Italie.
L'expulsion des Maures sous Philippe III, ainsi que la révolution du Portugal sous Phi^ lippe IV, doivent peut-être être assignées aux fNremières démarehes violentes de Philippe II , comme conséquences nécessaires de ses fautes. Sous Philippe IV, an reste, la monarchie espagnole se releva avec un nouvel éclat. Peutêtre parce qu'on voulut trop obtenir d'une seule fois, renouvelait •fon tous les sujets de
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guerre; plusieurs suites des fautes politiques plus anciennes se montrèrent aussi comme des conséquences inévitables. C'est pourquoi l'Espagne ne fut plus redoutable pour ses ennemis. La minorité y après la mort de P]^ilippe IV, amena une nouvelle décadence , qui ne fit que se développer toujours davantage sous le règne de Charles II. La guerre pour la succession de l'empire, après sa meurt , fut désastreuse pour TEspagnç; l'ancienne renommée , l'antique influence de l'Espagne sur l'Europe furent perdues, demeurèrent subordonnées à des maîtres français.
Ainsi fut accompli le vœu de Richelieu , de placer l'Allemagne dans un état durable d'impuissance , de terrasser le pouvoir de l'Espagne. Sous ce rapport, le chemin était frayé à Louis Xiy par une main puissante. Ceci ne saurait cependant servir à diminuer sa renommée. Toute époque brillante de l'histoire est déjà préparée d'avance, avant qu'elle se développe tout-k-fait; elle existe souvent en germe long-temps avant qu'elle paraisse à l'extérieur, et reinplisse le monde d'éclat et d'étonnement. C'est ainsi que les voies avaient été préparées à Charlemagne et à Charles Quint. De même
que Charles Quint, Louis XIV fut aussi entouré d'une foule de grands hommes à la guerre, et dans le conseil comme dans les sciences et la culture de l'esprit. Cette circonstance lie saurait le rabaisser, c'est plutôt la première et la plus essentieUe qualité pour le souverain d'une grande monarchie, que cet art royal de s'entourer de grands hommes, de reconnaître leurs services, leur génie, de les utiliser et de les rassembler autour de «oi. C'est ce qui a donné une grande célébrité à Louis. Le monarque français possédait aussi cette qualité si propre à Philippe II, de prêter un éclat de dignité à tout ce qui l'approchait et à tout ce qu'il faisait. Cependant, si nous compai^ns Lojiis avec Chafles Quint, nous.trouverons une grande différence; car il ne sera pas facile par exemple de trouver que Charles, à côté des grande hommes qu'il honora de sa confiance, en eut aussi de médiocres, et de moins capables, qui exerçassent une aussi grande influence sur lui, comme cela arriva souvent chez Louis XIV, et surtout dans les derniers temps de son règne, oii les grands talens militaires et civils furent remplacés par des homnies sans capacité.
Que si l'époque brillante de ht France sous
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Louis XIV, doit surtout être attribuée à la force nationale intérieure, qui, après la paix ei^fin rétablie, se relevait avec une nouvelle vigueur, l'époque de I^ouis XIV a cela de commun arec toutes les grandes et brillantes époques de l'histoire. Si nous demandons , d'après l'usage qu'il a fait de ces moyens puissans, d'après le but et les plans qu'il s'est proposés, s'ils furent en efBçt grands, dignes de leur renommée, et exécutables, la réponse de l'histoire a une telle question, sera moins favorable à Louis que les panégyristes nationaux ne nous le représentent ordinairement» Il voulut conquérir la Hollande^ et fût justement par là le fondateur de la' puissance de l'Angleterre, qui était alors presque dans sa dépendance: (Jue le roi Guillaume, avec un pouvoir peu considérable, environné même en Hollande d'obstacles et de difficultés, ait pu seulement par soû courage déterminé et sa prudence, parvenir à maintenir la Hollande dans une liberté et une force indépendantes , à élever l'Angleiferre au raiig d'un des États les plus puissans et l«s plus forts, et k donner enfin une nouvelle face à i'Eurbpe, c'est l'un àeé plus grands exemples qu'offre l'histoire, de tie que peuvent le coup-d'œîl et la
fermeté opiniâtres, même contre une puissance supérieure.
Louis voulut anéantir l'Autriche allemande par le moyen de la Turquie ; mais ce projet réussit si peu , que ce fut justement les malheureuses entreprises turques qui réveillèrent l'esprit guerrier de l'Autriche. Elles l'arrachèrent à la faiblesse qui avait suivi la guerre de trente ans, et donnèrent dans l'Orient un tel élan aux affaires, qu'après |a délivrance complète de la Hongrie, déjà avant qu'Eugène fût général, on pensa à reconquérir les pays voisins de cette «îbntrée.
Que si enfin Louis réussit cependant à maintenir sa maison sur le trône espagnol , il est bien conpu qu'il ne le dut qu'aux circonstances et aux fautes de ses adversaires, à l'un de ces changemens subits , qui sont possibles dans la constitution anglaise, et empêchent cette puissance de jamais pouvoir utiliser par une paix avantageuse une guerre favorable. Les projets d'agrandissement de Loui« lui réussirent d'ailleiurs , surtout contre les limites de l'empire allemand, placé dans un état d'impuissance; mais ses panégyristes eux-mêmes, ont de la peine à en justifier les moyens. Non seulement
qu'ils fussent injustes en eux-mêmes, mais encore parce qu'on eût attendu et plus facilement pardonné une telle avidité de la part d'un État moins considérable, ou de seconde grandeur.
Mais, pour un grand État, même dans l'intérêt d'une politique tout égoïste, l'apparence au moins de la générosité et de la digpité, est absolument nécessaire pour sa durée , et souvent plus importante pour sa véritable force , qu'une conquête mesquine.
Les guerres continuelles de Louis XIV épuisèrent les forces de la France; l'état de faiblesse dans lequel elle menaça de tomber après lui, ne doit pas être reproché à ses successeurs, mais la première source du mal doit être cherchée dans son ambition démesurée ; c'est ce qu'on a souvent remarqué. Il fit les blessures les plus graves et les plus dangereuses à la France par la persécution des protestans, et surtout par son intervention violente dans les affaires de l'Église et de la foi. Il suscita justement ainsi une fermentati^fi et une opposition ecclésiastique qui plus tard ont ébranlé toute la France. Ce fut cet esprit de persécution intempestif qui prépara ce caractère d'opposition violente et passionnée, qui distingua tellement
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iâ littérature et la philosophie françaises dans le dix-huitième siècle , et en fit de grandes et dangereotos forces politiques. Cette opposition . întellectueUe avait déjk> dans le dix-septième. . siècle , trouvé un lieu de refuge et un centre d'activité, surtout en Hollande et en Suisse. L'influence, Faction qu'exerça depuis là le prédécesseur de Voltaire, Bayle, pour en nommer un entre tous, fut peut-être plus importante par ses conséquenct^s, que n'auraient pu l'être des armées et des généraux.
La littérature française, dont l'éclat a environné d'une gloire indestructible le siècle de Louis XIY, fut au commencement de cette époque sou£| Hichelieu ^ et dans ses premiers écrivains, dominée encore très visiblement par le goût et la manière espagnole, circonstance qui Ja rend remarquable sous le rapport politique, comme une preuve de la puissante influence de l'Espagne sur la France, même à l'égard de l'esprit.
Le but le plus prochain de Richelieu, en voulant créer une littérature française , (ut sans doute de détourner, par ce nouveau phénomène, l'attention des sentimens de la misère
opprimée, ou de l'aspect des e3i;actions d'un n. 15
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pouvoir injuste, de faire de la conr el.da trône le eentre de tontes les forces intellectodks de la natic», et de se rradre par là plus sûrement le maître des esprits et des opi-^ nions.
L'excellence de la littérature française sous Louis XIV» pour la France même, dans ce qax est la base et le vrai guide de toute civilîsatîon nationale, dans le U^vail du langage, brille surtout lorsqu'on compare b perfecticm de la langue du premier écrivain de cette l'époque, avec le» expressions en partie ccmfuses, en partie barbares des écrivains français précédais. D'im autre côté, cette comparaison nous amène à examiner combien peu les taleas distingués de l'époque suivante, réussirent à arriver dans une autre voie à la perfection une fcns atteinte sotts oe rapport.
Sous le rapport de l'art et du goût, les principes qui dominèrent en générai la littérature française, furent ceux qui plus tard prévalurent toujours plus en Italie. Dans toutes les branches de l'art et de la représentation, la mamère des anciens fut reconnue comme la base de la perfection. Mais cette imitation des anciens était appropriée tout*à«ifait à l'esprit et aux nioeurs
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de la nouvdle Europe^ et n'était pas liée k une ecMEinaitsatice exacte de rbntkfuité.
Sout; un rapport, le goût français prit une direction tout autre^ bien éloignée du goût italien. lÀ^ depuis la division religieuse, là philo^phie était ton t'^h^ait épuisée> sans force -et sahs vie; mais Justement à cause de cela, toute la civilisation^ l'att et la littérature de ritalie et de l'Espagne , étaient dev^ius ji\i^ tôt une culture de l'imagination que de la rai«aon. Cette domination exclusive de la fantaisie dans le dix-septième siède, trahit déjà dans tous les arts de goût et danis la littérature par tlivers phénomènes^ les suites fâcheuses de là division établie. Le sentiment de ce défaut amena dans la littérature et dans le goût fran-*çais une opposition, k laquelle peut-être on peut reprocher d'avoir rejeté et extirpé avec l'abus de la fantaisie cette qualité elle-même. Mais ces considérations appartiennent plutôt à la littérature.
Une observation plus importante dans ses conséquences historiques et politiques, c'est que dans la littérature française, comme aussi dans l'Église gallicane, la division de la philosophie et de la religion fut, au grand désavantage de
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loutes deuxy toujours plus reconnue et posée en principe. Par là, les intérêts de Fancienne foi forent laissés sans défense du côté le plus dangereux, et l'on accorda toujours davantage la supériorité aux idées de l'opposition sans cesse croissante, qui se montraient de plus en plus menaçantes et passionnées. Plus furent variés les élémens de cette opposition, qui <l'abord crée par le parti réformé, nourrie par les disputes des jansénistes, et développée enfin complètement pair le doute philosophique, na- (juit en France, fut élevée en Hollande, et de là se répandit sur la France et sur tout le reste de l'Europe; plus elle eut de forces pour entraîner la destruction générale des anciens principes «t des vieilles opinions.
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