CHAPITRE XXXIV
Parcs et jardins publies.
Un étranger qui va résider à Londres, et qui aime à se promener, doit se loger près du prince régent, dans P all-Mall ou dans P iccculiLJy . Il se trouve dans le voisinage des promenades les plus agréables et les plus fréquentées. Je le suppose logé dans P all-J\Icill : en sortant de son hôtel, il entre dans le parc de Saint-Ja- Jties y s il traverse le palais du roi, il s imagine qu’on avait voulu faire un couvent, à cause de la mesquinerie des bâtiments et de 1 immensité du jardin qui en dépend. C’est un vaste terrain environné d une rangée de palissades. La forme de cette enceinte est oblongue ; le public ne peut pas y pénétrer; on n’en a que la vue. On se promène dans les trois grandes allées qui se prolongent eirculairement autour de la prairie, au milieu de laquelle est un canal dans la direction du palais de la reine à Horse-Guards , où sont établis les bureaux du duc d’York , commandant en chef de l’année de terre. La trésorerie est aussi attenante à Saint-J anies-Park.
J’y ai vu le ministre Pitt, en 171)8, s'amusant à 1 tailler une plume, pour voiries officiers de l'expédition d'Irlande. Nous avions demandé à lui être présentes; notre demande fut en partie accordée, par cette promenade sous ses fenêtres, où nous pûmes nous voir sans nous parler. Nous étions sous la direction d’un messager d’Etat (pii ne nous quitta que quand nous nous fûmes embarqués à Douvres pour retourner en France. Tous les jours, vers les onze heures du matin, les gardes anglaisés défilent la pa-p rade avec une charmante musique près du palais de Tl or se- G lut rds .
A côté du pare de Saint- James se trouve
Green-Park , vaste prairie sans clôture, où l’on rencontre presque toujours une bonne société. Dans la partie supérieure qui avoisine Piccadilly, il y a une pièce d’eau fort agréable en été , mais plus amusante en hiver, à cause des patineurs qui viennent rivaliser d’adresse, lorsque la glacé est assez épaisse pour permettre cet exercice. La maison du marquis de Wellesléy , Apslcy-House , est située entre ce parc et H y de- Parle, à l’extrémité de P iccadilly . Cette habitation , dont l’extérieur est très commun , est meublée avec la plus grande somp-
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tuosité , et renferme des objets très curieux apportés des Indes après la défaite de Tippo- Saïb par le marquis de Wellesley. Ce seigneur peut contempler de son bétel tout ce qui se passe dans Hyde-Park, Green-P ark , i Saint- James -Park et le jardin de Kensington.
Hyde-Park est aussi une vaste prairie , avec
des bosquets qui reposent agréablement la vue.
On peut y entrer à cheval ou en voiture pendant toute la journée ; les portes se ferment à la nuit. Le jardin de Kensington est un bois de haute futaie, où l’on a ménagé des points de vue très pittoresques. Cette promenade nest fréquentée que les dimanches et ietes. L Anglais est très laborieux. La foule ne sort pas dans la semaine, et la noblesse naime pas à aller dans les lieux publies, si elle ne doit pas y rencontrer une nombreuse réunion. Quand madame Recamier allait se promener à Hyde- Park et à Kensington , elle choisissait aussi le dimanche; mais ses amis avaient toutes les peines du monde à lui faire faire place, tant la populace s’empressait autour d’elle pour la contempler, à cause de sa rare beauté. La curiosité des Parisiens n’est que plaisante Celle des Anglais peut venir dangereuse, parlobsti-
nation à regarder, qu’on appuis fort souvent par la proposition d’une partie de boxe. Û ' Ou vient de créer une nouvelle promonade dans la partie occidentale de la ville, entre Cambden- Town et Alpha-Cottages . On l’ap- w pelle Regent s -Parle , ou le parc du récent;
I entrée principale est du côté de Porta nd- Place. (Je parc est encore plug considérable «pu Jlyde-J drk. La situation est aussi avantageuse, pnisqu ( Ile procure une promenade dél'ceuse aux habitants de tous les quartiers de Londres, depuis Devonshire - Place jusqu’à / Pus sel -Square et Sommerset- Town, .pii, avant cet établissement, étaient obligés, ou de se promener dans des chemins de boue et de poussière, suivant la saison, on de làire une \ lieue pour jouir du plaisir de se promener dans . Y* :,,,cieus P a rcs. Quand o'n est arrivé du côté £ de Chai k- Farm , sur la route de Hampstead, *
01111(1 lV>slsl(> P as au désir de s’enfoncer dans la 1 belle campajjne qu’on voit devant soi. On est u enchanté de la propreté des habitations, de la k force de la végétation , et de; l’air d'aisance qu'on \ remarque dans la population, On trouve beaucoup de mendiants dans Londres; il n’y en a point dans les environs, ils craindraient' d’être arretés comme des voleurs, quoique ceux-ci tf
n’exercent leur profession qu’à la faveur de l’obscurité de la nuit.
auxhall , aussi célèbre à Londres que Tivoli peut l’être à Paris, mérite l'attention des étrangers. Ce jardin est situé sur la rive droite de la Tamise. On y danse, on y mange et on y boit. Le prix d entrée est de trois shillings et six pences, quatre francs et quatre sous. Le service est fi|it avec beaucoup de célérité, et biçn plus de politesse que dans les autres lieux publics .. de Londres. On a projeté la construction d’un pont qui établirait une communication plus , directe entre T^auxhall et la partie ouest de Londres par Tothill-Fields et Pimlico. Cette mesure procurera de grands bénéfices aux entrepreneurs de Fanxhall, qui auront bien * , »
plus souvent la visitcde la brillante société qui, ' en été, habite Chelsea , Brompton , et les autres environs du w est end of the town.
Dans la belle saison , on choisit pour se promener le devant de la rue que l’on habite , ou les trottoirs de la place la plus voisine. Piccadilly est une rue très fréquentée, ainsi que P ail- Mail y quand on ne se trouve pas assez en toilette pour paraître dans les parcs. Cette restriction ne concerne que les dames; car un homme est toujours bien , quel que soit son
costume. On n’exige de lui que du lin^e blanc et la barbe faite. Quiconque se néglige sur ces deux articles est vu de mauvais œil*