‹ Tableau de la littérature française 1800-1815 (volume 2)Chapitre 11 sur 56 · M. de Rénmsat. Article de la Hevue des Deux Mondes · texte numérisé non relu

M. de Rénmsat. Article de la Hevue des Deux Mondes

coofiance des foules, et qu'on ne ferme à l'élite des penseurs une enceinte trop étroite oh ne pénétrerait plus ni Tair, ni la lumière du dehors ?

Outre que ce serait le pire des maux, l'histoire prouve que TÉglise sut toujours s'accommoder aux formes de la société politique, et lui prêter an salutaire concours. Ce qu'elle fit dans le passé pour l'empire d'Occident ou les premiers âges de l'époque féodale, ne pourrait-elle donc pas le faire encore, en pressée des transformations qui s'accomplissent, ou s'accompliront? On dira peut-être que cette heureuse entente, facile autrefois, ne l'est plus aujourd'hui, et qu'une incompatibilité d'humeur s'y oppose définitivement. Non, cela n'est pas.Laissons cette erreur soit aux fanatiques hostiles à toute croyance, soit aux aveugles qui nous offrent comme originale une contrefaçon de MM. de Bonald ou de Maistre. 11 serait plus vrai d'affirmer que la démocratie est une des plus antiques traditions du christianisme, et que, pour vivre en paix avec elle, il lui suffit de revenir à ses propres origines, non par une absolution donnée aux fautes ou aux crimes de cette liberté menteuse qui est la licence, mais par l'intelligence de tous les instincts généreux qui deviendraient l'honneur de notre âge, s'ils étaient conduits prudemment dans les voies de la modération. Or, pour les guider ainsi, le mieux sera toujours d'entrer dans les intérêts du plus grand nombre, de partager nos espérances, de parler une langue comprise de tous, d'aimer la bonne philosophie comme la plus sûre ressource contre l'autre, en

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un mot, de purifier et de régénérer^ au lieu d'humilier et de maudire. Hors de là, pas de cordialité possible entre des frères ennemis toujours prêts à rompre une trêve précaire, et à passer de rapports contraints à une inimitié flagrante.

La conclusion qui ressort de notre étude est donc cdle-d : MM. de Bonald et de Maistre garderont leur juste renommée ; mais elle a été funeste à la religion et à la monarchie. Arborer leur drapeau, c'est chercher la discorde, et rallumer la guerre interniinable des principes. Le déserter sera la condition première d'un rapprochement sans lequel il y aurait dans la même patrie deux camps à jamais irréconciliables. Voilà ce que démontrent les fausses démarches de la renaissance religieuse qui se préparait ^ors dans les esprits. Elle eût plus sûrement tenu ses promesses , si la sincérité des cœurs n'avait pas été fourvoyée par les deux chefs d'une École où l'on rapprend qi»'à diviser ceux qui devraient s'unir, et à récriminer en vain contre l'irrévocable. « Lorsqu'une haute marée, dit Lamartine, assiège les falaises et vient battre, aux équinoxes d'automne, les digues de l'Océan, soyez sûrs que ce n'est pas la ii^&in d'un enfant qui a fait rouler un caillou de l'autre côté de l'Atlantique dans le bassin des mers, °^s qu'un astre souverain pèse de son poids invincible sur l'élément dont vous voyez les agitations. » ^ flux et le reflux des idées est régi par des lois qui ne sont pas moins irrésistibles. 11 faut donc les accepter et s'en servir, au lieu de défier en elles la

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force m6me dea choses. L'influence est à ce pria Aussi la restauration des sentiments chrétiens n devait-elle pas être opérée par de belliqueux pelé mistesqui, au nom du dieu de paix, sonnaient 1 charge contre la tolérance et la liberté, mais par lu séducteur plus soucieux déplaire que de dogmatiser et dont le charme allait ramener les imaginations oi les Ames, sinon à une foi précise, du moins à la jostice et à la sympathie.

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