CHAPITRE II
'• fterue des morts ; les priDcipaux genres. Tendances prédominantes.
^et milliers de poètes sans poésie. L'âge des bouts rimes. Les ro-
Bi^Dc» clieYaleresques, les bagatelles d'album. La yersification est
>n U!eut de société. — La légion des traducteurs. Avant d'in-
'^▼er^ on se remet à l'école de l'antiquité. -;- La manie mytholo-
^<iue, la poésie toute faite. — IL Vogue de l'Épopée. Les Rhapsodes
^® Lycée et d'Athénée. Les grands écoliers. Triomphe de la rhé-
^r^ue. LccE DE LANavAL, et l'Enfance tf Achille, Gampenon, et
^Kn/atd prodigue. Pii-RBB DD Mesnil^ et Oreste, Denne-Baron,
^^'"o et Léandre. — Sujets tirés de l'antiquité nationale. Tardieu
^^' Saint-Marcel, et la France délivrée. Le vicomte o'Arlin-
^ot'KT, el la Caroléide. DoRiON, et la Bataille d^Hastings. Phili-
*Ert Masson^ et les Helvétiens, Parny, et les Rose-^roix. Mille-
^^YK, et Charlemagne à Pavie, Creuzk de Lessëb, et les roman»
**^ chevalerie. Réhabilitation du moyen âge. Un grain de sel
^ttlois. La Philippéide de M. Viennet. — La poér^ie fugitive.
^•^<»0|;vL — Goût du solennel. Le décorum et l'Kmpire. —
|n. 1^ poésie didactique^ signe de décadence. Pastorales^ Buco-
"*\ue«, Géorgiques de salon. L'école descriptive. Les lieux com-
muQ» anonymes. Apprentissage de la forme. — Les épigrammea.
^'»n<ie de critiques et de régents.
^^ qui nous a frappés tout d'abord, c'est la multitude des urnes funèbres qui peuplent les Catacombes delà poésie impériale. Les insectes qu'un jour voyait naître et mourir sur les bords de l'Ilypanis ne furent pas, en effet, plus innombrables que les essaims de versificateurs qui voltigeaient alors dans l'air. Ce ne sont partout que dixains, sixtains, quatrains, chansons, ariettes, couplets, boutades, épigrammes, ma-
drigaux, charades, logogriphes, énigmes, contr*^^ énigmes, allégories, inscriptions, impromptus, vises, moralités, pensées, compliments, bouque épitaphes, piécines, piécettes, badinages, stanc^ régulières ou irrégulières, bluettes de sociétés vantes, de Jeux Floraux ou de soupers anacréo tiques, en un mot, mille riens cadencés, qui fois» nent à Tenvi dans tous les recueils lyriques écL en foule à chaque retour de * printemps , sous (?^ titres engageants : LAlmanach des Muses^ les Sc^^ sons du Parnasse^ V Abeille française^ les Loism ^ Polymnie et d'Euterpe, les Étrennes des Dam^^ r Athénée des boudoirs^ le Chansonnier des Grdc^^ Les moindres babioles semblaient avoir du prix pc^^i un public longtemps sevré de ces menues friandi^^ qu'on se passait de main en main, comme des dirigées dans une bonbonnière. Si vous ne craignez ^p^ d'ouvrir ces répertoires d'où s'exhalent des boufEd^ de musc qui donnent la nausée, vous rencontrera^ à chaque page des fadeurs comme celles-ci : Z^^ Ailes d'Adonis ou les Dangers de V amour ^ le Pkisi'' et le Bonheur^ le Testament de Cupidon^ Êpitre à DamiSy la Jeune Thats^ le Retour du bien^^iméj h Rose et la Violette^ Adieux sous le saule pleureur y k Baiser justifié^ Aux Mânes de mon épouse j le Souvenir du ménestrel^ le Troubadour.
Ce dernier mot surtout semble avoir eu pour nos pères un singulier prestige ; car on le rencontre à toutes les pages des anthologies. Un des plus sérieux rédacteurs du Mercure n'écrivait-il pas « qu'on ne
saurait prononcer ce doux nom sans émotion, parce qu'il rappelle les jeux innocents de Famour et de Thonneur » ? Les ermites aussi sont fort en faveur^ mais non ces austères anachorètes dont M. de Mon-^ talembert sera Thistorien. Ceux qu'on aimait alors ressemblent plutôt à des paladins d'opéra : ils n'ont endossé le firoc que par désespoir de cœur ; ou bien, ce sont d'aventureux Don Juan dont la robe de bure cache une cuirasse armoriée, et le rosaire un poignard. Leur barbe postiche est prête à disparaître en un cUn d'œil, et ils sont toujours alertes pour les guipées galantes. En un mot, c'est le beau temps des romances chevaleresques et langoureuses. On en roucoule dans tous les salons; tous les pasteurs d'Arcadie, et tous les bergers du Lignon se sont donné rendez-vous sur les rives de la Seine. On dirait qu'après tant d'années orageuses, dans le voisinage des champs de bataille, toutes les Âmes éprouvent le besoin de s'attendrir, et que toutes les iiDagiQations soupirent après un idéal d'oubli voluptueux, ou de félicité sentimentale dont elles cherchent la vision dans je ne sais quelle évocation complaisante d'un moyen &ge tout parfumé de lis, fleur symbolique d'une dynastie vaguement regrettée.
Cette mélancolie, pleine d'une confuse attente et comme de vœux secrets, nous explique la vogue de ces petites élégies dont plusieurs firent leur tour de France^ de ch&teaux en châteaux, sur l'aile de mélo-^ dies touchantes qui enchantèrent nos bisaïeules* Ici du moinS) la musique sauva les paroles. Nous en
conviendrons même : ces timides appels faits à une Restauration désirée sans qu'on se l'avouât ont encore retenu le charme indéfinissable des espérances que le malaise d'une afiection fidèle mêlait aux banalit&â du motif lyrique.
Mais en dehors de ce genre qui eut une sort^ d'à-propos, parce que sa naïve inconscience répon^ ^ dait à des instincts royalistes et romantiques, on n ^^ voit alors que bagatelles d'album qui encombren. ^ jusqu'aux plus graves Revues, et y suppléent à 1. politique. Leur profusion égale leur insignifianc et témoigne que, dans le vide produit par le silenC' universel , la poésie dépourvue d'aliment devint à* plus en plus un petit talent de société. On s'amusaL à ce délassement, comme on jouait du clavecin oi de la harpe. On changea de plume ainsi que d'ai guille, pour broder indifféremment de la prose des vers, comme on eût fait de la tapisserie ou de l9 dentelle. Le sens du goût s'était tellement oblitéré qu'il ne subsistait plus aucune notion de l'art, et de ses difficultés. Si encore cette ignorance avait eu la candeur de l'inexpérience qui n'a rien appris i Malgré la gaucherie de ses tâtonnements, elle aurait peutêtre rencontré quelques bonnes fortunes. Mais elle se crut savante, et, voulant le paraître, elle ne se rappela que trop les leçons des régents qui maniaient la férule avant 89.
Pour être réputé poëte, ne su£Bsait-i1 pas de connaître des recettes de rhétorique, et des éléments de prosodie? La pratique des humanités étant plus que
LA POEï^lt: SOLS LEMIMKK. IHl
I a mais une exception rare, on sortait facilement de pa^ir lorsqu'on avait jadis fréquenté les collèges; et, la manie de versifier passant pour être l'emploi le plus délicat des loisirs, tous ceux qui visaient au bel air pcàjèrent tribut à ce caprice de vanité. Les historiens et les philosophes s'en mêlaient donc, aussi lM4eD que les mathématiciens ; et l'épidémie s'étendit ^ tous les échelons de la hiérarchie administrative, l^puis les auditeurs au Couseil d'État jusqu'aux x>jaaimssaires de police, depuis les préfets jusqu'aux I^^Ses de paix, depuis les colonels jusqu'aux chirur- S^ens-majors et aux vétérinaires.
Taute de mieux, la plupart (et ce furent les sages)
ftf^Dt comme ces fonctionnaires en retraite qui, pour
^^ rajeunir et tuer le temps, se mettent à dérouiller
^^ur latin^ à lire et relire leurs classiques. Aussi,
^e tous côtés, s'empressa-t>-on de revenir aux an-
^«ns. Ce fut à qui traduirait en vers Ovide, TibuUe,
Horace, Virgile, Lucrèce, Homère ou Ânacréon ; et
^ interprètes infidèles se persuadèrent qu'ils em-
^Uissaient leurs modèles, en les défigurant par des
inaladresses dont l'ingénuité nous désarme. Oui,
loin de nous en moquer, nous serions tentés plutôt
d'éprouver une sorte de compassion sympathique
pour cette société convalescente dont la mémoire,
affaiblie par une fièvre cérébrale, essayait bravement
de raviver à force de travail ses souvenirs disparus.
M. Jourdain n^écouta pas avec plus de zèle ses maîtres
de grammaire ou de philosophie. Mais ne souriez
point de cette bonne volonté. Car, après les catas-
trophes qui avaient brutalement supprimé lés pri^" cipaux centres d'études libérales^ retrouve^ était pUi^ utile qu'inventer, et apprendre valait mieux qulm^* gîner.
Il arriva que plusieurs renconttôt^Ut ainsi, pBt accident, ce qui manquait surtout alors> la franchise de l'expression directe; un commerce fortifiant teur fit donc oublier de temps en temps léâ mensonges d'Une rhétorique sénile. Parmi les hésitations d^ rà*peu-près , et à travers maintes langueui^^ bîeî* des mouvements souples, certains traits heureux, ^^ des façons de dire plus vivantes triomphèfent enJElDy par hasard, de ces défaillances natives qu'aggràvai&n^ les infirmités de l'École. TbUt en éludaut, abr^eatit^ àllbUgeant, et altérant leurs textes, quelquea^uixi^ s'échauffèrent à la flamme étrangère; et, même san^ être victorieuï, ils s'aguerrissaient dans la lutte» €}o pourrait citer, entre autres, Denne^Baron que b^ prédilections avaient conduit vers Properce, dont il sut rendre parfois la gr&ce voluptueuse, avec uti bonheur qui rappelle tout ensemble les èoceots d'André Chénier, et le pinceau de Prud'hoii.
C'est que les plus vaillants se sentirent peu sûrs d'eux'-mômes , et n'osèrent se risquer loitt des ïe* gards d'un mattre. Un ciel libre eût effrayé léors ailes dépaysées. Du reste, l'exemple venait de loin, et de haut. Carie chef du chœur avait été Délille,
Du Pinde bijoutier ciiarmaat, Qui joint le strass au diamant^ Et brillante Ter de Virgite.
LA IM)E<1K hOUS LKMl>lia:. li.i
l^allarpc, aussi lui, ne s'emprcssa-t-il pas d enjoliver, ou d'épurer la Jérusalem délivrée par une paraplirase qui lui valut cette malice d'Ândrieux :
Rassurez-vous; mon Armide est de glacei Disait La Harpe à son cher directeur; Qorinde est plate, Herminie est sans grâce; M08 Yen déTots ont quelque pesanteur :
Un aaint ennui du plaisir prend la place. Car ce n*est point par un orgueil d'auteur. C'est en chrétien que je traduis Le Tasse, Pour mes péchés, et pour ceux du lecteur.
Parmi les noms qui surnagent tant bien que mal, entre deux eaux, il faut mentionner encore Baourl^K)rmian, ne fût-ce que pour ce quatrain spirituel q loi lui servit d'épitaphe :
Gi-dessoQs glt Baour, le Tasse de Toulouse, Qui mourut in-quarto, qui remourut in-douxe, Et qui y ressuscité par un efîort nouveau. Pour la troisième fois mourut in-octavo.
Quant aux émules qui, marchant sur leurs traces, se vouèrent à la version latine, les passer en revue serait faire un inventaire après décès* Bomons^nous doDc à leur appliquer ce trait satirique lancé contre l'un d'eux par un contemporain :
On dit que c'est un pauvre sire, Mais je n'ose le répéter; Pour s'en convaincre, il faut le lire, Et j'aime encor mieux en douter.
Nous conclurons en disant que, propagé par les théories de Lessing, de Winckelmann, et de Rapha6]
Mengs, le goût de Tantique répondit alors à un & ^* gouement universel qui se manifestait aussi dans ^^ peinture. Tandis que David opposait à rafféterie d'm-^^^ art dégénéré l'austérité d'une religion classique do- :^^^ le culte superstitieux s'accorda bien avec le souv-^^ nir récent des fêtes instituées en l'honneur de 1^ Jeunesse, de la Vieillesse, de la Reconnaissance, c^6 l'Hymen, de la Raison, de la Liberté, de l'Être S^«iprème, il était naturel qu'un mouvement analogie: — ^^ se produisît dans l'ordre littéraire. Mais, d'un canoté comme de l'autre, cette fantaisie ne suscita que d- 6s œuvres artificielles et inanimées. Car la sève inl rieure manquait trop à ces cerveaux arides pour qi la simplicité des grands modèles ne se tournât en vaine déclamation.
De là ce retour de la mode vers les Grecs ^^ les Romains. De là toutes les fictions empruntées ^ une mythologie fastidieuse, et accueillies avec auta :^^ de faveur que l'archaïsme académique des Harac^^f du Brutusy ou des Sabines. De là ces lieux conunun^ aussi surannés que les tailles courtes et les tarbai75 de nos arriére-grand'mères, mais qui eurent alors l'avantage d être une poésie toute faite pour des esprits réduits à improviser ces plaisirs littéraires dont la France se passerait moins facilement que de pain quotidien. On en éprouvait un impérieux besoin, après une si longue disette; et, par suite de leur abstinence forcée, ces affamés trouvèrent de la saveur au plus mince régal. Une renaissance païenne s'associait bien d'ailleurs à ceUe du césarisme^ ainsi
LA POÉSIE SOUS L'EMPIRE, ioS
l'aux émotions patriotiques d'un peuple qui avait la joie d'assister à ces triomphes où le conquérant ritalie reparut dans sa capitale^ escorté par les pouilles de Venise, de Milan, de Florence et de )me. La vue de ces statues captives dut ramener la riosité vers les arts d'une cité républicaine à {uelle le Consulat, tout en préméditant l'Empire, ait emprunté les costumes officiels et les titres de B principales magistratures. On comprendra donc f en présence de ces trophées, précieux butin de la ctoire, la langue poétique ait été aussi hospitalière le nos musées pour ces dieux et déesses, dont la ienvenue fut si fièrement célébrée dans ces vers de ^ictorin Fabre :
Ces illustres bannis que le droit de la guerre A deux fois réservés aux vainqueurs do la terre, Ont trouvé dans nos murs, pour fixer leurs destins, Et l'olivier d'Athène» et l'aigle des Romains. Le Capitole même, ob n'est plus la victoire, A vu passer comme eux du parti de la gloire Ses Héros, ses grands Dieux, ses Pénates mortels. Sans changer de patrie, ils ont changé d'autels. I^ Rome des Césars n'est plus aux bords du Tibre: Rome de Léon X, et Florence encore libre, Des chefs-d'œuvre d'un siècle ennobli par les arts Ont payé nos succl^s, enrichi nos remparts.
Malgré l'indigence qu'attestaient de monotones réminiscences, plus d'un aveugle se crut un Homère it eut l'imprudence d'affronter les voies périlleuses
que le génie seul a le droit de fréquenter. Parmi \^ départements entre lesquels se partageait VEmp ^^^
des MuseSj comme on disait alors, l'Épopée fut ^^
beaucoup le plus hanté par les rhapsodes. Il est vrr'ai qu'ils n'avaient guère souci de se mettre en fr^»is d'invention. Ils se portèrent en foule vers les rout-cs battues et rebattues, si bien que leurs perpétuelB^ es redites ont l'air de travaux de collège proposés à (■-es rhétoriciens qui se disputent des prix. On se born^Œiî^ à faire jouer le lourd appareil des invocations, (^Bes songes, des récits, des descriptions, des allégori^H^) des dénombrements, des rencontres, des descen-*-^es aux enfers, en un mot, les ressorts d'une machi^Bi^e usée par un service dix fois séculaire. Il y a là tôt — ^^ une légion de grands écoliers, à la tête desqu- els figurent des professeurs émérites qui, faute de miei::::::^!, découvrent une épopée dans tel sujet dont la mati^S^e suffirait à peine à un madrigal, ou à une anecdot^^* C'est ainsi que Luce de Lancival ne bâtit f^^ moins de six chants sur le spirituel épisode d' Achi ^6 trahissant le mensonge de son déguisement par /^ choix de l'épée qu'Ulysse môle à ses joujoux. VmJG autre plume universitaire, Campenon, délaye en deux mille vers les trente lignes oh l'Évangile raconte la parabole de Y Enfant prodigue. Que dire de Pierre du Mesnil consacrant aux malheurs d'Oreste quinze mille alexandrins, que l'Institut se crut obligé de lire? Car l'auteur du rapport sur les prix décennaux « s'étonne d'y rencontrer quelques rimes in- * suffisantes, ou tout à fait fausses», jugement qui
L\ POÉSIR sors LRMPIHR. ir,7
prouve qu'alors la critique valut parfois la poésie. C'est encore UQ wcien qiu inspire à DennerB^ron 3es quatre ch^Qts sur ^ro et {i^9Ddr^, qu'il noy^ 4^- ^itiyement dms |ipe 8m[4i0cation dont |^ tirades aopQrîfignes npus gfttept cetta fine épigr9nH09 de Martial, si gentiment traduite par Voltaire :
Léandre «ooduit pav VA.monr £n nageant disait aox orages :
Laissez-moi gagner les rivages, Ne me noyez qu'à mon retour.
QuelquesriiQS cherchent fortune en pays moins explorés ; mais ils travestissent leurs personnages sous des costumes si étra^g^s que nous admirons seulement ici la patience d'un jury condamné, par deypir» à choisir son lauréat dans ce néant. Ceuiprci poi|rtant ont du moins roriginalitfi d'un titre, comme Tardien de Saint^Marcel qui, daqs la Frmfi^ fféHvrée, empruntant à nos annales un motif dign^ de meiU0urs vers, écrase une dernière fidis les Sarr^iqs, avee Charles Martel, dans les plaini^s de Tours. Mais ne lui demandons point le sens historique ; il ne s'en doute pas plus que le vicomte d'Arlincourt, dont fa CaroUide^ avec ses vioglrquatre chants, n'a guère laissé d'autre souvenir que ce trait :
Lf'ampur, qu'est-il?... Un orage cruel, Entrecoupé de l'arc-en-ciel.
Notre antiquité nationale n'a donc point alors porté bonheur à ceux qui voulurent y cueillir le
i68 LA poésie: sous L'EMPIRE.
rameau d'or. C'est ce qu'atteste encore la BatcardOe dHasHngSy qu'un narrateur prosaïque et diffmis, nommé Dorion, perdit obscurément, à l'époque même où Napoléon songeait à envahir « la per^de Albion ». Si Voltaire osa dire du chantre de niiade :
Plein de beautés et de défauts.
Le vieil Homère a mou estime.
Il est, comme tous ses héros, Babillard outré, mais sublime :
qu'eût-il .pensé de cet improvisateur qui remplif:;^ ^^ ses interminables harangues cinq chants sur i^^^^ Aussi ne troublons pas le repos de la tombe oC^ ^ repose, à côté de Philibert Masson, l'auteur -^^ Helvétiens signalés pourtant à l'attention de TEiife. J^ reur, en séance académique, le IS nivôse, an Y^^- Les infortunes guerrières de Charles le Témér*-^^ leur avaient seules valu cette distinction. Car' J^ soupçonne que la fureur épique fut encouragée f^ le goût d'un souverain qui, dans les conceptions àe l'art, devait naturellement aimer l'image des coinbats.
Mais le désir de lui plaire ne conférait point une vocation, et des esprits bien doués le prouvèrent plus d'une fois, à leurs risques et périls : témoin Parny, ce demî-Tibulle, qui, au lieu d'écrire « mollement »
Des vers inspirés par les Grâces, Et dictés par le sentiment,