‹ Tableau de la littérature française 1800-1815 (volume 2)Chapitre 39 sur 56 · LEBRUN · texte numérisé non relu

LEBRUN

Dans cette admiration se révèlent comme de lointaines affinités entre le prosateur et le poëte. Tous deux aimèrent les vastes horizons ; tous deux eurent de la noblesse, et une ampleur solennelle. Si chez Lebrun les hautes pensées n'habitèrent pas le cœur, elles se réfugièrent du moins dans l'imagination; et cet air de grandeur, nous le retrouvons jusqu'en ses épigrammes. Car, au lieu de raser la terre, elles éclatent comme des bombes qui décrivent une gigantesque parabole.

Mais n'insistons pas sur ces jeux où il fut si cruel qu'on serait tenté de prendre en pitié quelques-unes de ses victimes. Mieux vaut évoquer des souvenirs moins périssables que la haine ou l'injure, je veux dire ce a victorieux naufrage » du Vengeur^ qui, pouvant capituler honorablement, préféra «ombrer, sous le feu des Anglais, aux cris de : Vive la République! C'est parmi ces héroïques épaves qu'il nous faut chercher la lyre de Lebrun. Elle y repose, près du drapeau tricolore qui la protège contre Toublî.

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