‹ Tableau de la littérature française 1800-1815 (volume 2)Chapitre 48 sur 56 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

sans se brouiller avec les traditioDs ; revendiquer leur indépendance, sans se déguiser sous des co^ tûmes étranges ou étrangers, et compromettre parfois certaines qualités de notre génie national ? — Mais non : ces plaintes seraient de l'ingratitude. Car, s'il est vrai que, sous les neiges d'un long hiver, le sol de la France littéraire ne perdit pas toute sa chaleur; si, dans la morte saison de l'Empire, et, malgré des cieux incléments, la poésie eut encore ses fidèles, quelques-uns même privilégiés, nous reconnaissons pourtant qu'ils ne possédèrent point les dons supérieurs, et qu'une individualité puissante manquait aux mieux doués. Aussi n'accorderons-nous que de l'estime à leur bonne volonté. II nous suffira donc d'avoir atténué les arrêts d'un dédain trop rigoureui, et rétabli dans leur cadre des figures intéressantes pour les lettrés. Ce devoir de justice accompli, nous allons revenir aux noms de mémoire durable, à ceux qui laissèrent des traces dans le roman, J'éloquence, la critique, l'histoire et la politique, en un mot aux talents et aux génies qui seuls méritent d'être appelés vraiment les représentants, ou plutôt les sauveurs de l'esprit français.

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