CHAPITRE V
Chènedollé. Uu poëte né rop tôt, mort trop tard. Son enfance rêveuse. Le vif sentiment de la nature. Iniiuences de Rivarol et de Klopstock. 11 est égaré par ses guides. Poème de la Nature. Tristesse et deuil. L'inspecteur d'Académie. Le Génie de l'Homme^ Hardiesse du plan. Il était fait pour la pastorale. Il vécut trop isolé. Ses Études poétiques. 11 fêta les nouveaux venus. L'art lui fut un culte.
Nous venons de voir que Baour-Lormian, tout compte fait, n'eut point à se plaindre de sa destinée. Elle lui donna même plus qu'il ne méritait. Car il n'avait que des dehors spécieux; et, s'il eût vécu plus tard, les circonstances n'eussent pas changé son tempérament. 11 serait resté ce qu'il fut, un versificateur prolixe, capable de mettre en œuvre les idées des autres, mais trop voué aux procédés, et trop expéditif dans l'exécution pour prendre rang parmi les chefs de chœur. 11 n'en fut pas ainsi d'un généreux esprit, de Chênedollé, qui, trop longtemps relégué au fond de sa province, à distance du centre sonore où les noms retentissent, vit son étoile tardive s'évanouir dans l'aurore de la Restauration.
Né, le 4 novembre 1760, à Vire, au pays des Basselin et des Yaugclas, des Segrais et des Malherbe, arrière-petit-iils d'un poëte qui fut contemporain de lioileau, il connut^ dés l'enfance, les enivrements de