I. M. d0 Rénrant. Article de la Heime des Deux Mandes
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confiance des foules, et qu'on ne ferme à rélite des penseurs une enceinte trop étroite où ne pénétrerait plus ni l'air, ni la lumière du dehors?
Outre que ce serait le pire des maux, l'histoire prouve que TÉglise sut toujours s'accommoder aux formes de la société politique, et lui prêter on salutaire concours. Ce qu'elle fit dans le passé pour l'empire d'Occident ou les premiers âges de l'époque féodale, ne pourrait-elle donc pas le faire encore, en présence des transformations qui s'accomplissent, ou s'accompliront? On dira peut-être que cette heureuse entente, facile autrefois, ne l'est plus aujourd'hui, et qu'une incompatibilité d'humeur s'y oppose définitivement. Non, cela n'est pas.Laissons cette erreur soit aux fanatiques hostiles à toute croyance, soit aux aTeuglesqui nous offrent comme originale une contrefaçon de MM. de Donald ou de Maistre. Il serait plus vrai d'affirmer que la démocratie est une des plus antiques traditions du christianisme, et que, pour vivre en piix avec elle, il lui suffit de revenir à ses propres oriizines, non par une absolution donnée aux fauti*^ ou aux crimes de cette liberté menteuse qui e>t la licence, mais par l'intelligence de tous les instincts généreux qui deviendraient l'honneur de notre iL:c, s'ils étaient conduits prudemment dans les voies de la modération. Or, pour les guider ainsi, le mieux bera toujours d'entrer dans les intérêts du plus grand nombre, de partager nos espérances, de parler une langue comprise de tous, d'aimer la bonne philosophie comme la plus sûre ressource contre l'autre, en
on mot, de purifier et de régénérer, au lieu d'humilier et de maudire. Hors de là, pas de cordialité possible entre des frères ennemis toujours prêts à rompre une trêve précaire, et à passer de rapports contraints à une inimitié flagrante.
La conclusion qui ressort de notre étude est donc celle-ci : HM. de Bonald et de Maistre garderont leur juste renommée ; mais elle a été funeste à la religion et à la monarchie. Arborer leur drapeau, c'est chercher la discorde, et rallumer la guerre interminable des principes. Le déserter sera la condition première d'un rapprochement sans lequel il y aurait dans la même patrie deux camps à jamais irréconciliables. Voilà ce que démontrent les fausses démarches de la renaissance religieuse qui se préparait alors dans les esprits. Elle eût plus sûrement tenu ses promesses , si la sincérité des cœurs n'avait pas été fourvoyée par les deux chefs d'une École où l'on n'apprend qu'à diviser ceux qui devraient s'unir, et à récriminer en vain contre l'irrévocable. « Lorsqu'une haute marée, dit Lamartine, assiège les falaises et vient battre, aux équinoxes d'automne, les digues de l'Océan, soyez sûrs que ce n'est pas la main d'un enfant qui a fait rouler un caillou de l'autre côté de l'Atlantique dans le bassin des mers, mais qu'un astre souverain pèse de son poids invincible sur l'élément dont vous voyez les agitations. » Le flux et le reflux des idées est régi par des lois qoi ne sont pas moins irrésistibles. H faut donc les accepter et s'en servir, au lieu de défier en elles la
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force même des choses. L'influence est k oe prix. Aussi la restauration des sentiments chrétiens ne devait^lle pas être opérée par de belliqueux polémistes qui, au nom du dieu de paix, sonnaient la chaire contre la tolérance et la liberté, mais par un séducteur plus soucieux déplaire que de dogmatiser, et dont le charme allait ramener les imaginations ou les ftmes, sinon à une foi précise, du moins à la jus* t ice et à la sympathie.