CHAPITRE U
Dccis. Pramlen lymptAoïM d« réooTalion. Il tTtii Am ïamn 4ê tién«#
ptraljf^ par le goût de mq temps. Il acclimate timîdiimaiH Shakr»peare. —L'homme fat «upérit^nr au ptwte. Soo «lif oire ioo* U K' pabliqiie. Ame patriareale et reli^eiue. Attitude inii^p—diHi t^j* l'Empire. U refu»e le S^oat. -<- Poésies Cumùrres et intisr*. Philosophe pratique, il eut l'àme tn^rique, ei fbi rovrrier 4e a premier» heure.
Docis, voilà l'initiateur duquel datent laa mien symptdmes de rénovation • Rappelons doue id les exemples qu'il avait donnés ; et, bien que soo nom appartienne surtout à l'âge précédent, mettons en lumière la mémoire d'un écrivain qui eût etr digne de long souvenir^ si les préjugés de son siècle n'avaient étouffé ses instincts créateurs. Ses œuvres qu'on ne lit plus nous prouveront combien ses eoo» temporains furent rebelles à toutes les tentatives d«? réforme dramatique.
En répondant à cette curiosité qui porta les esprits vers l'Angleterre, et se manifestait en politique par les doctrines de Montesquieu, en littérature par ks traductions de Letoumeur, Ducis eut à lutter coDtre des résistances dont il ne put triompher qu'à grand** peine. Lekain ne fut-il pas le premier à refuser ks rôles qu'il lui offrait, et cela parce qu'il « ne pourrait faire digérer ces crudités à un parterre nourri de» beautés substantielles de Corneille, et des exquise»
donceun ùb Radoe »? Ce n'était que trop vrai ; car kmque Dncis essaya d'acclimater Macbeth, tous les Ariiîarques ponssàrent un cri d'épouvante. Comment eussent-ils toléré cet efhroi, ces effarements, ces bal^ hidnations, ces secondes vues, cette diablerie, ces sorcières, cette horreur fantastique, cette autopsie sanglante du cœur humain s'étalant tout vif dans ce drame où la logique du crime et du remords crée une sorte de fatalité qui, précipitant sa victime vers un abîme, l'entraîne comme une paille dans un tourbillon? Ce fut à qui étoufferait le scandale «de cette verve allobroge». Il Mut donc accommoder à la mode du jour des audaces qu'on taxait de barbarie. Encore ne pardonna«-t»on pas les conce»* lions les plus circonspectes. Aussi serait^il superflu d'exiriiquer plus longuement pourquoi Ducis, per* dant toute confiance en lui-même, dut fiiusser son modèle par des adoucissements qui prétendaient en corriger la sauvagerie. -
Ce fut à ce prix qu'il réussit à faire agréer, par surprise, un genre bfttard auquel le jeu de Tahna communiqua seul un semblant de beauté. Bamht^ aussi lui, ftit forcé de se réduire au ton sentimental des NuU» d'Yung. Voici du reste une lettre qui témoigne des transes de l'auteur. H écrivit alors à Garrick : « Vous m'avez trouvé sans doute bien téméraire de risquer une telle pièce sur le Théfttre- Prançâia. Sans rien dire des irrégularités dont elle abonde, le spectre qui parle si longtemps, les comédiens de campagne, et le combat au fleuret m'ont
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paru des ressorte absolument inadmissibles. Jai bien regretté pourtant de ne pouvoir y transporter Tombre terrible qui expose le crime, et demande vengeance. J'ai donc été obligé en quelque façon de créer une pièce nouvelle. J*ai tftcbé seulement de faire un rôle intéressant d'une reine parricide, et de peindre surtout dans Tàme fière et mélancolique d'Hamlet un modèle de tendresse filiale. Je me suis regardé, en traitant ce caractère, comme un peintre religieux qui travaille à un tableau d'autel. »
De même, Othello ne passa qu'à la fiiveor d'un dénoûment heureux. Dans cette pftle esquisse de Roméo et Juliette ne cberchez donc ni l'alooetle, ni le rossignol, ni la scène du balcon* L'original ne s'entrevoit ici que de loin, confusément, et à tra* vers un brouillard. Ses hardiesses se noient dans un style inégal ou fade que traversent, comme par hasard, des lueurs fugitives. Ces bégayemenis aujourd'hui presque ridicules étaient pourtant ce qui rendit autrefois possibles ces œuvres prématurées. Aa>>i ne leur imputons pas des erreurs communes aulemp^ dont elles gardent l'empreinte. Assurément le poêle se fit trop d'illusion quand il écrivit, à propos de son Roi Léar: «J'aime à traverser des abîmes, à Irmnchir des précipices ; je sens qu'au fond je suis indistiplinable. » Avouons encore que son ami Thomas allait trop loin, lorsqu'il disait : « Vous êtes le mi«^k>u• naire du théAtre ; vous faites la tragédie comme le Père Bridaine faisait ses sermons, parlant d'une voii de tonnerre, criant, pleurant, effrayant raodiloire^
LA TRAGÉDIE SOUS L'EMPIRE, m
comme on effraye les enfants par des contes terribles. » Mais, s*il faut rabattre quelque chose de cet éloge, Ducis, par d'heureux mouvements et des sc^ nés pathétiques, n'en a pas moins justifié cette boutade de La Harpe : « C'est bien heureux que cet homme n'ait pas le sens commun ; car autrement il nous écraserait tous, »
Obligé d'approprier à son auditoire un génie auquel on était réfractaire, il a donc quelque droit à no« tre gratitude, pour avoir tenté de révéler le théâtre de Shakespeare à une nation j^ui, suivant son expression, « exige tant de ménagements, quand on veut la conduire par les routes sanglantes de la terreur » . Aussi n'avons-nous point envie de sourire, lorsque, le jour de la Saint-Guillaume , nous le voyons orner sa maison de fleurs, comme s'il célébrait une fête de Camille. Sans surfaire sa valeur, n'oublions pas non plus que, malgré des couleurs un peu trop romanesques, sa tragédie à! Abu far ou la Famille arabe se recommande par la sincérité de l'inspiration biblique, et l'accent d'une &me toute patriarcale. Après la chute de Robespierre, entre le voyagé de Volney et l'expédition d'^ypte, dans l'intervalle qui sépare Bernardin de Saint-Pierre et Chateaubriand, Ducis sut émouvoir un Age de fer par cette image embellie de la vie pastorale ; et sa touchante peinture répondit bien aux vagues appels des imaginations qui commençaient à s'attendrir.
L'honmie ne nous sera pas moins sympathique, et vaut bien la peine qu'on en dise un mot. Com-
ment ne pas aimer en lui le philosophe qui consent son ingénuité de cœur au sein d'une société oorrom* pue ? Écoutez l'anachorète qui, du fond de sa Thèbalde, disait un jour : « En vérité, il ne nous but qu'une cabane dans ce lieu d'apparition où nous ne sommes que des ombres occupées à en toir passer d'autres, et où les mots d'établissement, de projets, de gloire, de grandeur ne peuvent exciter que la pitié... Mais, sur ce grand fleuve de la rie, parmi tant de barques qui le descendent rapidement pour ne le remonter jamais, o'«st encore un bonheur que d'avoir trouvé dans son batelet quelques bonnes âmes qui mettent leur cœur en commun avec vous. On entend le bruit de la vague qui nous dit que nous passons, et l'on jette un regard sur la scène variée du rivage qui s'enfuit, s
Comment ne pas estimer aussi le républicain qui, transporté par les magnanimes espérances de 89, laissa pourtant échapper bientôt de sa oonseiance indignée ce cri de courageuse douleur : a Que me paries-tu, Vallier, de m'occuper à faire des tragédies? La tragédie court les rues. Si je mets le pied hors deches moi, j'ai du sang jusqu'à la cheville. J'ai beau secouer en rentrant la poussière de mes S9uliers, je médis comme Macbeth : Ce sang ne s'ef* faeera pas. Adieu donc la tragédie ; foi ru iray d'Atrées en sabots pour oserjamak en mettre swr la sente. C'est un rude drame que celui où le peuple joue le tyran. Mon ami, ce drame- là ne peut se dénouer qu'au Enfers. Crois«moi, Vallier, je donne*
nis la moitié de ee qui me reste à tivre pour passei* l'aotre dans quelque coin du monde, où la Liberté ne fttt point une Furie sanglante, n
Gomment enfin ne pas admirer le chrétien fidèle à ses croyances dans un siècle impie, et qui « baisait les degrés de l'autel où avait o£Qcié saini Fénelan^ ainsi que les pierres d'un sanctuaire domestique i» 7 Qui n'envierait surtout la sérénité de cette admirable page où l'amertume d'un deuil cruel s'associe à la douceur d'une résignation religieuse: «J'ai em* brassé ma mère pour la dernière fois, à cinq heures et demie du soir, le 30 du mois dernier (juillet 1787), sans qu'elle ait pu me voir, ni m'entendre. EUe a rendu à Dieu son &me pure et chrétienne, après soixante-dix ans d'une vie exemplaire. Vous saves, mon ami, combien elle m'aimait. Elle a été ma mère dès mon enfance, et presque dans ma vieil* lesse. EUe m'a toujours porté dans son cœur, comme elle m*a porté dans son sein... GrftceàDieu, mon ami, j'ai presque fini ma carrière, qui n'a été qu'une suite d'embarras et de douleurs. J'ai appris de ma mère la grande leçon de l'homme et du chrétien ; j'ai appris à souffrir. Si je sens une longue épine se tourner sur mon cœur avec tous ses piquants, je me' tairai; et j'espère que mes douleurs secrètes ine seront comptées dans un monde où tout est justice et vérité* Mon cher ami, j'ai mis ma confiance dans le Dieu de ma mère ; je lui demande de me conserver & jamais cette foi profonde, et de mourir comme elle soas la bénédiction céleste. Je n'aimerai jamais
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personae, sans lui souhaiter, du fond de mon Gour, une mort aussi douce, et aussi sainte. »
Sous le Consulat et l'Empire, sa tenue ne fiit pa» moins digne. Il était de ceux que leur renomma désignait à une flatteuse attention^ et, dès ses premières campagnes, le général Bonaparte fixa ses regards sur un poète dont il goûtait en connaisseur le verbe héroïque et grandiose. Au retour de Teipédition d*Italie, il voulut même assister avec lui à une représentation extraordinaire de Macbeth ; et, dans sa loge, il donna la première place au grand tragique derrière lequel il affectait de s*effacer. Plus tard, lorsqu'il se disposait à partir pour TÉgypIe, \t conquérant désira vivement l'enrôler dans son escorte de savants et de lettrés. Mais celui qui, tout jeune, n'avait point osé franchir le détroit pour voir, bce à face, Shakespeare joué par Garrick, recula, cetta foi> encore, devant la glorieuse aventure qui eût pour* tant découvert à ses yeux Thorizon de ce désert au* quel il venait d'emprunter les personnages du \îv.i Abufar, du brûlant Far-Han, et de la mél.mcolique Zuléma. Les avances de Bonaparte ne furent pas re* froidies par cet échec. Campenon nous raconte en effet qu'invité à la Malmaison Ducis eut un jour a^tt: le Premier Consul la conversation suivante : « Comment éteà-vous donc venu ici, Ducis 7 — Dans u: * bonne voiture de place qui m'attend à votre porter ei me ramènera ce soir à la mienne. — Quoil un fiacre 1 à votre Age I cela ne convient pas. — Géoerai, je n*ai jamais eu d'autre voiture, quand le tra-
jet m'a paru trop long pour mes jambes. — Non, non, vous di&-je, cela ne se peut pour un homme de votre âge. Je veux tout arranger. — Général, repartit le poète apercevant une bande de canards sauvages qui traversaient un nuage au-dessus de sa tête, vous êtes chasseur. Yoyez-vous cet essaim d'oiseaux qui fend la nue? Il n'y en a pas là un seul qui ne sente de loin Todeur de la poudre, et ne flaire le fusil du chas* seur. Eh bien, je suis un de ces oiseaux ; je me suis fait canard sauvage. )>
Ses actes ne démentirent point ces paroles. Car trois numéros du Moniteur annoncèrent en vain qu'il était nommé sénateur. Mais ce refus, ne l'attribuons pas à un parti pris d'hostiUté farouche, ni à une tapageuse ostentation d'indépendance. Luimême, il nous éclaire sur les motifs de son attitude par une lettre fort belle, où nous lisons ces aveux : « Je pourrais dire avec Corneille, en reconnaissant la distance infinie qui me sépare de lui :
Mon génie an théâtre a yoa]n m'attacher, n en a fait mon fort ; je dois m'y retrancher. Partent ailleurs, je rampe, et ne suis pins moi-même.
n m'est impossible de m'occuper d'afiaires; elles me répugnent, j'en ai horreur. Le mot devoir me fait frémir. Si j'étais chargé de grandes et hautes fonc* tions, je ne dormirais pas. Mon âme se trouble aisément^ et ma sensibilité est pour moi un supplice. Mes principes religieux me rendraient plus propre à une solitude des déserts qu'à toute autre condition.... Je
SS6 LA TRAGÉDIB 80US L'KMPIRB.
«lis cathoUque, poAte, républicain, M solitaire. Voilà 166 élémenU qui me oomposent, et ne peuvent s*ar> ranger aYee les hommes en société, ou avec les pUoes. Je Yous donne ma parole d'honneur que j'aimerais mieux mourir tout douoementi à Versailles, dans k Mt de ma mère, pour être déposé ensuite auprès d'elle, que d'accepter la place de sénateur. Je n'au* rai qu'une physionomie, celle d'un bonhomme, et d'un auteur tragique qui n'était pas propre à autre chose, s Béranger ne dira pas mieux; peat-élre même n*a-Uil pas dit aussi bien.
On le voit: aucun calcul de popularité n'entradaat ce non qu'il articula d'une voix ai ferme. Pour loi, et ftit affaire de tempérament, et amour décidé de la retraite. H eut sans doute le sentiment de oe qu'il valait, puisqu'il lui arriva de dire, avee une sor«e dU candeur : « Il y a dans mon clavecin des jeux dU flûte et de tonnerre. Commentera va-t41 ensemble ? je n'en sais rien; cependant cela est ainsi.» Mâts, loat en se mettant à son rang, il ne cessa pas de préférer à l'éclat des honneurs l'ombre de l'ermitage 06 il n^ lui déplaisait point de se laisser oublier, si j'en croi^ ces coriQdeQces adressées à un ami : « U m*est fort indiflitrent que les hommes du jour mefasKfit paaser pour un imbécile. C'est me rendre mon rôle bcUe jouer, si j'étais homme à en jouer un. Je ne ferai aucuns frais, ni pour soutenir, ni pour détraire belle réputation. Je trouve cela trop onmmnde y rien changv. »
Daiis cet asile où s'abriU sa fiire paovméi
vécut heureux de ce bonheur « qui u'est qu'un malheur pfaii ou moins consolé ». Nulle inquiétude d'avenir n'y troublait la paii de ce sage qui écrivit avec tant de simplicité : t Je ne dois rien à personne, j'ai du bois pour une moitié de mon hiver, un quai^ tant de vin dans ma cave, et dans mon tiroir de quoi aller pendant deux mois. Mon petit dtner, qui est mon seul repas, est assuré pour quelque temps, comme vous voyez; et je le prendrai ches moi, à la même heure.... Mais le chapitre des accidents, des maladies ?... A cela je réponds que Celui qui nourrit les oiseaux saura bien aussi venir à mon aide. » N'eal-ii pas d'ailleurs pour compagne sa Muse toujours fidèle, non cdle de la terreur et de la pîtié, eoDune autrefois, mais une muse d'intérieur, toute flunilière, qui rèiwit, elle aussi^ à perte de vue, pour ton plaisir, «les pieds appuyés sur les vieux che* nets du roi Ik^bert, et du bon évêque saint Élois ? Ce Ait elle qui lui rendit si délicieuses ses prome* nades a à travers les plaines de roee bruyère, ou fain entre des buissons couverts de fleurs, et gui cÂatUmim. Elle lui murmura tout bas de jolis vers où briUe ph» d'un paysage dont la fraîcheur justifie ce mot de Tkanâj disant à propos de La Fontaine :
le ne l'apprenais pasj je le savais par cœur.
Ce fut elle qui, sous la charmille, improvisa, sans te moindre sonpQon d'amour-propre , ces petits poimss d'amère-eaison où, par des notes tantdt plnotives et tantôt eniouées, il fit pressentir soit le
spiritualisme religieux de Lamartine, mais oomme par d'inconscients préludes, soit la philosophie pra* tique de Béranger, mais radieuse de certaines clartés que Tépicurien et le frondeur sceptique ne connut jamais. Ici, le novateur se révèle encore par échappées ; car sa description du Presbytère de Roe^ quenctmrij son CaoeaUy ses Péttaies^ sa Musetiej son Ruisseau j et son Testameni procèdent de sources ignorées jusqu'alors. Même quand la langue faiblit, on y sent je ne sais quoi de cordial et de sain, de la candeur, des sentiments naturels, l'eiTusion d'un cœur ouvert aux joies innocentes, une sérénité souriante, et parfois les douces amertumes du croyant visité par l'épreuve, mais réconforté par la Foi et par l'Espérance. De ces opuscules on pourrait détacher d'ingénieux motifs auxquels manque seulement Tindustrie d'une expression définitive. La sienne va trop à l'abandon ; mais, si le tissu de son style est lâche, il n'a rien d'artificiel, et s'égaye de flen* rettes qui ont une grâce toute champêtre.
Bien que ces fantaisies nous agréent plus que son théâtre, U serait pourtant ingrat de dédaigner œ ShA* kespearien de hasard qui eut l'âme vraiment tragique. Mal servi par des instruments insuffisants pour la tentative qu'il osa, réduit à des moyens prosodiques dont la fausse noblesse fut un obstacle à son essor, déconcerté par l'ironie ou les révoltes de Topinion, il eut, malgré tout, le mérite de s'être laissé ra^ir par un attrait ir^é^istibIe vers le poète extraordinaire qu'il entrevit, sans avoir pu l'approcher directement.
C'est quelque chose d'avoir éprouvé cette inquiète curiosité de l'inconnu. Sans doute, le soufiCle divin ne fit qu'effleurer son front , et il en ressentit à peine le lointain frisson ; mais les maladresses mômes de son instinctive émulation furent au moins un de ces signes qui intéressent l'histoire. Nous n'irons pas jusqu'à dire avec un honune d'esprit que Ducis « accomplit une révolution sans le vouloir, comme cela est arrivé parfois à la garde nationale » ; mais nous lui saurons gré d'avoir été Touvrier de la première heure, de cette heure ingrate où la vérité du lendemain n'est d'ordinaire qu'une utopie exposée aux sarcasmes de la routine. Quand les suffrages de l'estime publique le désignèrent à l'Académie pour le siège où il remplaça Voltaire, il put donc à bon droit paraître le patron d'un genre nouveau. Car ses élans indécis furent un pas décisif vers des voies inexplorées.