LEBRUN
Dans cette admiration se révèlent comme de lointaines affinités entre le prosateur et le poëte. Tous deux aimèrent les vastes horizons ; tous deux eurent de la noblesse, et une ampleur solennelle. Si chez Lebrun les hautes pensées n'habitèrent pas le cœur, elles 66 réfugièrent du moins dan» l'imagination ; et cet air de grandeur, nous le retrouvons jusqu'en ses épigrammes. Car, au lieu de raser la terre» elles éclatent comme des bombes qui décrivent une £[{gantesque parabole.
Mais n'insistons pas sur ces jeux où il fut si cruel qu'on serait tenté de prendre en pitié quelques-unes de ses victimes. Mieux vaut évoquer des souvenirs moins périssables que la haine ou l'injurei je veux dire ce a victorieux naufrage » du Venffeur^ qui, pouvant capituler honorablement, préféra sombrer, sous le feu des Anglais, aux cris de : Vive la République! C'est parmi ces héroïques épaves qu'il nous faut chercher la lyre de Lebrun. Elle y repose, près du drapeau tricolore qui la protège contre l'oubli.