FONTANES. M
dont le parfum ne s'est point évaporé, de eeiix-d, PtfCQiemple:
Pécheur, qui d» flots d» la Seae Vers NeniUj remontes le coma, A ta poorsoite toojoars Tâne Les poiasons échappent toajoon.
Ta maudis re^ioîr inâdèle Qui sor le ârore t'a ecciJcily Et Yinîahçàhle aao^He Qm fj promène yyar et mmA,
pm deox pêgheT>> de Ts^tuoRte Ton sooiBieti C'oCnl Mr ^nam^ Hélas! dèsai'Sié it'cç» -rr^t.
Ta Tcâs s'ecii j> > wjuBt -fi :-?.
Ici, rêraal Je n'ai pa< rx i4«% ^cï»
lin'^'^^mt a ma» iC m La mose en nteàifr a
ioaetd^mi
Je doB OMOpifer 4
* Le prix ^ iCusauîauisin "Uft vimiu^
La fzn Tîcnl r k»!» V niit *îimiin^.*»
As QLtn;: & J iiâ«it lUHituL.
Ben -x-urf^ tani«Bb ^la JUiUf, (l'a* *»« iiu» jn» £** îs* '-^li-i
i04 LES POETES DE TRANSITION.
Voilà le ramage qui coDYenait à sa voii, ei bien mieux, ce me semble, que les éclats de li trompette héroïque. Sans doute, ses hautes ambitions auraient pu se tirer d'embarras, grâce au vif et profond senti* ment de cette antiquité dont il était tout imbu. Mais, dans les libres ébats de son badinage, il se trooTi plus à Taise; car aloK tout coulait de source intime. A cette veine d'oublieuse rêverie où, loin de la cour, il reprit toute son indépendance, appartient enoorr cette fine esquisse, dont le motif aussi discret qoe voluptueux aidera notre imagination à rendre an rayon de jeunesse au firont sérieux et à la tête nante d'un dignitaire de l'Empire :
Où va5-lu, jeune beauté?
BioniAt Vrsper va descendre.
Dans cet asile écarté, La Doit pourra te surprendre.
Du haut d'un tertre lointain, l'ai vu ton pied clandestin Se glisser sod^ la bruyère.
^Souvent ton œil inoertain Se détournait en arrière.
Mais ton pas s*est ralenti ; 11 s'arrête, et tn chancelles.
Un bruit sourd a retenti:
Tu sens des craintes nouvelle*.
Kst-ce un faon qni te Cait penr Kst-ce la voii de ta sœur Uui t'appelle à la veillée?
FM-ce un Faune ravi^enr Qni sonlève la feuilléeî
FONTANES, 4iir.
Dieux 1 an jeune homme paratt ; Dans ces bois il soit ta route, Tappelant d'un doigt discret Au plus épais de leur voûte.
U s'approche, et tu souris.
Diane, sons ces abris, Déroi)e son front modeste.
Un doux baiser t'est surpris :
Les bois m'ont caché le reste.
Pan, et la Terre, et Sylvain, En ont pu voir davantage; Jamais ne s'égare en vain Une Nymphe de ton âge.
Les Zéphyrs ont murmuré; Philomèle a soupiré Sa chanson mélodieuse.
Le ciel est plus azuré, Vénus est plus radieuse.
Ces stances à une Jeune A nglaise paraîtront on pen profanes chez un vigilant gardien des traditkHis et des croyances ; mais ce trait achève la physionomie, et, comme dit Sainte-Beuve, « met l'étinodle an regard ». D'ailleurs, si quelques-uns s'étonnaient de rencontrer ces notes épicuriennes dans le voisinage de rOde édifiante où l'ami de M. de BonaU àb^ian les misères dune société sans retigion^ Fontanes leor montrerait, dans son Horace, le Chant séculaire tout près des strophes adressées à Pyrrha, à Lydie, à Tyndaris et à Glycëre. Peut-être même leur lépoo* dnit-il comme il fit un jour à des rigoristes qui s'étaient scandalisés de voir un bnste de Yénns orner le studieux réduit où le Grand-Hattre, délivré de sa robe d^ermine. aimait à oublier l'étî*
4CG LES P0ETB8 DE TRANSITI05I.
quette, et à fêter les GrfloeB. Hoani aoit donc qui penserait à mal, en lisant cette apologie :
Loin de nous, censeur hypocrite.
Qui blâmes nos ris ingénus l En vain le scrupule s'irrite ; Dans ma retraite favorite J*ai mis la buste âo Vénu^ 1
Je sais trop bien que la volage M*a sans retour abandonné.
II ne sied d'aimer qu'an bel âge ; An triste honneur de rivre en sage Mes cheveux blancs m'ont condamne.
Je vieillis; mais e^t-on blâmable D'égayer la fuite des ans?
Vénus, sans toi, rien n'est aimable ; Viens de ta grâce ineiprimable Embellir même le bon sens.
L'illusion enchanteresse M'égare encor dans tes bo^iqoptA.
Pourquoi rougir de mon ivrrs^e?
Jadis, les Sages de la («rèce T'ont fait asseoir à leurs banquets.
Aui graves modes de ma lyre Mêle des tons moins sérieui.
Phébus chante, et le ciel admire; Mais, si tu daignes lui sourire, Il s'attendrit, et chante mieut.
liispir»4ioi ces vers qu'on aima»
Qui» tels qne toi, plaisent tomovn.
Ré|wind^-y le charme suprême Et d(^ plai»irs« et des maux même Que je t'ai dus dans mes beaui jour«.
FONTANES. itn
Ainsi, quand d*nne flenr nonvelle, Vers le soir, l'édat s'est Ûétri, Les airs parfumés autour d'elle Indiquent la place fidèle Oùy le matin, elle a fleuri.
Ces retours de sève furent comme un été de la Saint-Martin pour la verte vieillesse de celui qui disait, en parlant du déclin de la vie :
Le Temps mieux que la Soienee Nous instruit par ses leçons ; Aux champs de l'expérience J'ai fait de riches moissons.
Comme une planta tardive.
Le bonheur ne se cultive Qu'en la saison du bon sens; Et, sous une main discrète, U croîtra dans la retraite Que j'ornai pour mes vieux ans.
Dans ce regain d'automne, ce qui nous agrée surtoQt, c'est l'aisance d'un art qui glisse légèrement, c'est une agilité murmurante comme an toi d'abeille, c'est un atticisme devenu maintenant plus rare que jamais, et qui conserve toute sa valeur pour eeoi qu'importunerait l'habitude de prodiguer les cou* leurs voyantes, d'exagérer le relief, ou de traUr Te^ fort jusque dans les Intentions les plus heureofif •
Oui, je*iie sais quel sens délicat bit définit k qui ne goûte pas comme il sied une touebe discrète que la turbulence de notre Parnasse doit nous reoâfe encore plus précieuse. Par la simplidté des orna» ments, la justesse du trait, et la 9obre éléganee d'oo dessin arrêté, Fontanes est disciple des andenf et
408 LES POETES DE TlUNSmON.
do zvii* siède. Il tient également en xtio*, soit per les genres qn'il lai emprunte, et anxquds limitèrent ses instincts personnels, soit par une leinie de philosophie sentimentale qui s'accommodait à se» prédilections religieuses, soit enfin par la nvadté d*un mètre alerte qui porte la marque de V<itaire, non sans rester fidèle à l'esprit de Fénekio, ou plutôt de Racine; car ce mettre fut pour hiî, comme Virgile pour Staoe, l'objet d'un culte domotique. Il mit, je ne dis pas sa gloire, mais sa /«ie à suivre pieusement les traces divines d'oo génie qu'adora son ccsur. N'en fait-il pas lui-même l'av i touchant :
De Virgile ainsi, dans Rome,
Quand le croût s'était perdu,
Silius à ee içrand homme
Offrait un culte aMîdu.
Sans cesse il nommait Viri§rile;
11 venait, loin de la rille,
Sur sa tombe le prier.
Trop faible, hélas I poor lesoivre.
Da moins il faisait revivre.
Ses honneurs, et son laurier.
Il dut à ces affinités de nature d'être, à son tour, réputé classique, du moins par ses contemporain. Or, c'était le devenir prématurément ; car. la foO^ rilè ne ratifie guère ces honneurs précoces , que > temps seul a le droit deconférer. Aussi recoonaijw»nous que le grand jour a fait pftlir, par endroits^ h^ œuvres de Fontanes. Si leurs nuances trop teadr^ n*ont pu imipporter sans dommage la pleine luoiiêre
FONTANES. 40n
de la pablicité, c'est qu'il n'y eut pas assez d'invention dans ce style dont Rivarol disait qu'il eut «le poli sans éclat »• Joubert fut du même avis quand il lui reprocha de trop « caresser sa phrase », et de ne laisser « aucun sillon » , aucune empreinte ineffaçable* Voilà p^r où fléchissent ces écrivains corrects mais timides, rangés mais un peu froidsj: l'étoffe est très-fine, mais trop mince. A force de tenue et de retenue, leur poésie, qui n'est jamais une fête pour les yeux, finirait par se confondre avec la prose, si le rhythme n'en faisait encore un plaisir pour l'oreille. Ce n'est pas que nous'songions à médire de la lime, et de ses prudentes lenteurs ; mais il ne faut point qu'elle use la trame d'un tissu fragile qui ne supporterait plus la broderie. Nous n'accepterons donc qu'atec des réserves les regrets de Chénedollé, disant après la mort de son ami : « Depuis que nous l'avons perdu, il n'y a plus en France de haute littérature. C'était le dernier des (k'ecs. Lui seul soutenait la poésie et la belle prose, sur le penchant de leur décadence, n fut un arbitre. » Défions-nous de ces po6tes chez lesquels l'esprit critique prédomine ; car un jour vient où la Muse prend peur, et se sauve. Mais, sans accepter sur parole des oraisons funèbres dictées par la gratitude des uns, ou la complaisance des autres, gardons pourtant un souvenir à l'harmonieux rêveur qui nous conduit des Chœurs d'Esther aux premières Méditations de Lamartine.
En même temps qu'il donna la main au plus doux génie du xvn* siècle, il pressentit et seconda
4tO LES P0BTE8 DK TRANSmON.
les triomphes de Chateaubriand. Or, ;U y aot dàirvoyance et courage à se prononcer ainsi, dans ti crise même d'une rénovation, pour le grand initiateur dont les hardiesses semblaient à tant d autrès une barbarie raffinée. Cette active généfœite d'intelligence ne se démentit jamais dans les hautes situations qui, ravissant aux lettres une plume fait» pour les honorer, ouvrirent carrière au patronairr d*un Ministre vraiment heurwu de |discemer le rite, et de lui frayer la voie. Voilà ce qui ne se contre pas tous les jours I Cbénedollé,Jonbert, Béran* ger, MM. Royer-Collard, Villero&in et GuixDl, fancompter les antres, ne 8ont*ils pas autant de oom« qui| jadis protégés par M. de Fontanes, pratéeent aujourd'hui sa mémoire? Il est presque" aii»>i rtiv d'aimer le talent que de le posséder. Celui qui rtonit ces deux titres est donc sAr de ne point p^nr tout entier.