‹ Tableau de la littérature française 1800-1815 (volume 4)Chapitre 61 sur 68 · PIERRE LEBRUN · texte numérisé non relu

PIERRE LEBRUN

teiir n'avait réussi qu'à tourner contre lui les deux camps entre lesquels il se jetait^ comme les Sabines du peintre David. Les uns l'accusèrent de rester dans rorniëre, les autres de courir vers les fondrières et les précipices. Il était pourtant à égale distance de ce double excès. Mais, en pleine crise, les modérés ont toujours tort ; on ne leur rend justice qu'après le r^e passager des violents. Aussi le temps nVt-il pas trop entamé ce drame oii l'on peut bl&mer plus d'une invraisemblance, où l'action a ses langueurs, mais dont le dénoAment original est préparé par des scènes d'un effet puissant ou graciejix, qui profitèrent plus tard à l'auteur à'Hemam.

A ces titres ne conviendrait-il pasd'en ajouter d'autres moins sérieux, mais plus sûrs de plaire à tous les goûts? Je veux parler de gentilles bluettes, où lutine une malice légère que ne renierait pas la Muse de Béranger. Tels sont de gais couplets liurU République de Sami-Marin. Ils nous font penser au Rai d Yve^ toL Telle est aussi l'ironique bonhomie d'une autre fantaisie moitié champêtre, moitié satirique, où un philosophe oppose spiritudlement ses ambitions à celles des potentats, et les pompes d'un sacre à la sé> curité du bonheur qu'il abritait dans ce petit domaiDe de Champrosay, dont il prit possession le jour même où Charles X entra dans la cathédrale de Rrims.

Heareox qui de son espérance N'étend pas Thorizon trop loin; Et, satisCait de pea d'aisance.

De ce beau royaame de France, Possède, à l'ombre, on petit eoinl

Mi LES POBTBB DB nUMSinON.

Uo MfiMr prèi da noB LiNifVi

U oNstof et l'indique «o npir4« DeTant, la Seine le dècoarn; El derrière, ane porte s^outî* Sont lee ombragée de SénuC

Pour m'agruidir, m'irei-Je battre T Trois arpents sont assex poor moL.

Dans trois arpente, on peut e'AMtia AlcioofU en amt qietre (

mis AlcinoOe était roit

Quant à moi, doTeni plu nge.

Et daae mes désire saftiilbil.

Peu redoutable en roieiaafe, Je ne demande à ce village De lot que celai qu'il m'a lUt

Cpotent si m'Miwaiit U ^ae

De la rivière et du cpteauy J*y puis seulement, sur la me, Joindra la plaee éliDile et »m Qiie borne en fleoii le mas

C'est tout... ; et pois eaeor peoi-étre Ce petit boit pletp da gaaoa.

Qui se Imne sous ma (enMrey Et semble m'attendre pour maître, €U>Bclié derrière ma maison.

Rien de plus,.. Et» si mormurtote Dans ce bois devenu te mien Venait â luirt une eau eourtale, Aloff..., H ùê n'est quelque mate.

Il ne me manquerait plus rien.

n ne faudrait qn'un dernier tour de main pm mmuniquer h U fttcUit6 de ces bagatdiei ooe lerto I longue duiée. Soua IV^eo-fU!*! d'an stjie tr :

PIERHB LBBRUN. m

lâdie, elles oot le flaiourire, sinon d'Horace àTibov, du moins de Chaulien à Fontenny. Ce sopl les dé* lasiemente d'un homme de goftt, qui, sans porter eocaide, se contente d'avoir de l'esprit, argent comp* tant.

None saurons donc gri à M. Lebrun de s'Atre absi» tenu de tout parti pris littéraire, parmi les luttes au milieu desqudles il lui fallut vivre. Ni chef, ni disdple, il n'arbora, ni ne servit aucun drapeau. Quand les eoorants menaient à bon port, il aima mieui les snivre que de les remonter, mais sans se mettre à 1* remorque de personne. Chez lui, nul entêtement de deetrine, nul orgueil de docteur. Tantôt, dans ses épttres, il a Fair, comme Ducis, de causer au eoin du km. Tantôt, dans ses odes, il prend volontiers le ton de Fontanes. Ailleurs, en son thAAtre, il continue les Templiers, et prépare Casimir Delavigne* Plof d'une fois ses tiégies côtoient Lamartine, et s'avea» turent em environs des grands lyriques. Partout^ ses diverses tendeoees s'accordent aistaient, peree qu'elles procèdent, ehei lui, non d'imitation, mais d'un penchant naturel à se renouveler evee son* plesse, sans soubresaut, par le travail inaensibki de Texpérience et de la raison.

Cet exemple ne fut-il pas un assez bon conseil donné par le meilleur poète de TEmpiie à ces géné^ rations qui allaient s'élancer dans la vie, comme des conquérants dans une place prise d'assaut 7 Ne pou* vaientrelles, comme lui, sourire à Tavenir, sans re« nier le passé ; combattre pour la liberté de l'art^

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