‹ Tableau de la littérature française 1800-1815Chapitre 23 sur 62 · L*expres8ion est de Sainte-Beuve · texte numérisé non relu

L*expres8ion est de Sainte-Beuve

teaubriand lui-même appelle « sa barbarie ».

N'écrit-il pas dans une de ses préfaces : « Je voyais bien de Tébahissement sur son visage, quand je lui lisais tel ou tel fragment des Natchez^ d'Atala et de René\ » Mais, en dépit de ces résistances, « il comprit une langue qu'il ne parlait pas » , et ne cessa point d'animer le courage de son ami, de lui prêter main forte, de le diriger, de l'aidera lancer son grand navire, comme un pilote prudent qui s'entendait à manœuvrer parmi les passes difficiles. Son dévouement justifia surtout ce témoignage de reconnaissance : « Je lui dois ce qu'il peut y avoir de correct dans mon style. Il m'apprit à respecter l'oreille. Il m'empêcha de tomber dans l'extravagant et le rocailleux de mes disciples. » Bref, il fut pour une imagination trop forte un de ces modérateurs adroits et persuasifs qui ont la science de l'à-propos, et savent user du frein, sans faire sentir la pression. Si l'on veut s'en assurer, il suffira (Je relire, dans le Génie du Christianisme, les pages empruntées à Y Essai sur les révolutions ; on verra quelle sobriété relative a tempéré la fougue d'un premier jet trop exubérant*. Par exemple, décrivant un effet de lune,

1. Dans ses Mémoires, Chateaubriand dit encore : « C'est la Muse de Fontanes qui, pleine d'un dévouement étonné, dirigea la mienne dans les voies où elle s'était précipitée. Elle m'apprit à dissimuler la difformité des objets par la manière de les éclairer, et à mettre la langue classique dans la bouche de mes personnages romantiques. »

2. Entre autres la description du Niagara, le coucher du soleil, le spectacle d'une nuit dans les déserts du nouveau monde.

il dîviît d'aUirrl : </ LVfiroît rui'^iau qui cx)ulaît à mi*^ [ii*tilH >>Vfifocj-rait (Uiur à Umr Hipm dm fourrés di* cUhuta, dtt naul'îH et d'ariin^ à Hucre, et, réparai»- ♦wifii un [Hiti [tUis loffi cjafw den clairière» toute» brillante» de <'i>n^tirilatioiiH, nisseioblait à ua ruban de nunre et d'azur^ uemé de crachat» de diatnantM, et c/>u|ié trafmver»aleraefit de bande» noire». » Eh bien, cette ébauche est devenue le tableau que voici : il La rivière qui œulaît à me» pieds tour à tour m perdait dan» le b^ii», tour à tour reparaissait brillante de» cxirmtellation» de la nuit qu'elle répétait dan» son »ein. n Ailleur», on rencontrait ces coups de pinceau : « De» bouleaux, di»per»é» çà et là, tantôt, »elon le caprice de» brise», se confondaient avec le sol, ou n'enveloppaient de gaze» pâles ^ tantôt se détachaient du fond de craie en se couvrant d'obscurité, >> Or, à cet empalement de couleurs, il substitue cette touche légère et nette ; « Des bouleaux, agité» par les brise» et dispersés çà et là, formaient des îles d'ombres flottantes sur cette mer inunobile de lumière. » Plus loin, il efface une exprtmKion bizarre « le jour cérusiUm de la lune » , et la remplace par « un jour bleuâtre et velouté ». Dans c(»H remaniements se trahissent les scrupules du Mentor qui soumit à une entière refonte l'œuvre in^patiente de quitter l'ombre. Chateaubriand ne pouvait avoir un guide plus expert et plus habile à dompter même un récalcitrant; car il y eut autant de souplosst^ que de dextérité chez le politique conci- Ihmt (jui courtisait TKmpereur tout en regrettant

les Bourbons, chez le poète épicurien qui, célébrant la Grèce sauvée par Thémistocle et le catholicisme restauré par un soldat incrédule, associait aux accents de la harpe biblique les notes voluptueuses de la lyre anacréontique.

Il ne réussit pas à rendre Chateaubriand aussi sage, et aussi pondéré que lui-même, ce qui eût été regrettable; mais il mit Técrivîiin en garde contre les écarts du pur caprice, et acheva l'éducation du critique supérieur que nous offre le Génie du christianisme.

A défaut d'une théologie, nous y trouvons en effet une esthétique dont les erreurs mêmes furent préférables à la routine des opinions toutes faites qui circulaient partout, depuis un siècle; car, s'il y a de l'exagération dans une thèse qui prétend grossir de mille accessoires superflus le trésor de la religion chrétienne, et ne se contente pas de revendiquer pour elle la supériorité morale, nous admirons sans réserve le psychologue et le moraliste, lorsque, remontant le cours des âges, il inaugure l'art de comparer les monuments littéraires, et de les expliquer soit par la science du cœur humain, soit par les croyances du peuple qui les a conçus. L'avocat fut, il est vrai, trop injuste parfois pour le paganisme; mais, s'il fallait réfuter ses méprises, c'est encore lui qui nous fournirait nos meilleurs arguments; car, malgré tout, l'esprit de l'antiquité n'a jamais été mieux goûté que dans ce livre où nous lisons : « Les ouvrages des anciens se font re-

138 LA CRITIQUS SOUS L*£MPIR£

comiaître presque à leur sang. C'est moins chez eu\. ainsi que parmi nous, quelques pensées éclatantes au milieu de beaucoup de choses conmiunes, qu'une belle troupe de pensées qui se conviennent, et qui ont toutes couune un air de parenté; c'est le ^)upe des enfants de Niobé, nus, simples, puiliiiues. rougissants, se tenant par la main avec un doux sourire, et portant, pour seul ornement, dans leui-s cheveux^ une couromie de fleurs. » N'a-t-il pas dit encore : ^ Les modernes sont en général plus sa\auis, plus délicats, plus déliés que les anciens: mais ceux-ci sont plus simples, plus au- (fusless plus tragi<iues, plus abondants, et surtout pliw vrais. Us ont un goût plus sur, une imaginaliou plus noble: ils ne savent travailler que Tens^Muble. et nt^ligent les ornements : mi bei^r qui st* plaint, un xieillanl qui raconte, un héros qui c\>uiUit, \oilà p^>ur eux tout un poème, et il est (HUirtant mieux rempli que nos romans chargés d'incidents et de personnages- ... La palette du fxW^ie uKHleme se couvre d'une infime variété de uuanct^ : le poète antique compose ses tableaux a\^v U*s ti\>is couleurs de Polygnote. »

On p^^ui se fier à qui parie ainsi : tout en ayant Tair d'élever autel cvmire autel, il aime trop son j4vùsir fxmr a\oir jamais le fanatisme d'un Polyeucte. Sans iUnue ses regarxls vont au delà de Rome ou d'ViUèn<^: mais, s'il sent avec un cœur chrétien les b<\^uu^ iJt^ la Bible, de Milton, du Tasse, de Racine ou de KeiH^lou, il a l'imagination presque païenne

quand il les oppose à celles d'Homère ou de Virgile. On ne s'était point encore avisé de ces parallëles ingénieux qui rapprochent Adam et Ulysse, Eve et Pénélope, Priam et Lusignan, les deux Andromaques et les deux Iphigénies, Télémaque et les frères de Joseph. Le meilleur livre de M. Saint-Marc Girardin est déjà tout entier dans ces chapitres d'où se dégagent les caractères de VépoiuCj du père, de la mère, de la fille finement analysés par un poète. Aussi quelle profondeur d'émotion et quelle intimité d'accent! Nous ne citerons pas ces pages parce qu'elles sont, à leur tour, entrées dans le domaine des idées courantes qui appartiennent à tous. Mais cette fortune, à qui la doivent-elles, sinon à ce premier et si éloquent interprète de vérités jusqu'aloi's à peine soupçonnées? Aujourd'hui même, si l'on voulait comparer Virgile et Racine, nos philologues ou nos archéologues trouveraient-ils mieux que cette note si juste et si tendre : « Virgile est l'ami du solitaire, le compagnon des heures secrètes de la vie. Racine est peut-être au-dessus du poète latin, parce qu'il a fait Athalie; mais celui-ci nous remue plus doucement le cœur. On admire plus l'un, on aime plus l'autre. Le premier a des douleurs trop royales; le second parle davantage à tous les rangs de la société. En parcourant les tableaux des vicissitudes humaines tracés par Racine, on croit errer dans les parcs abandonnés de Versailles : ils sont vastes et tristes... Les tableaux de Virgile, sans être moins nobles, ne sont pas bornés à certaines perspectives

—, .'.li-iiiis îuws iSKrjj • t Vf 'i^ r-^nrr^/iw?n: tnub k TufliiTY^ ; «■ swl "^ '-■ ■ . iiT'u;-- it:- l'ii'h., !«!«•■■'- «(¥■ mfffiljfiiies. — Ti.*:r— rti u, ntf^ m. ((:>. ttanmre. -fvijiv* rft-

' i- .*H";;ii'i. i" rw; (iiri ni.i. s mni. Hw iœ }wvjiiïj^ . •»».-! un. TTiçarrtai! fln.\nT imiifs >;* ivi]ii:i(«is ■ :imw (l!> "Hft. rti iwimi[>- Rni'anu.. eu. ans Aunlùi^:^n> wHj''f*»Ms (h' Ih pfiliu^ur ; mtr, vws li fin iii ,:--iuiiiii»nttsiivli.. r«s mi'.ntfî- rin.-c-jnfï; ^y^rrtil I i> (im laniBt- sut Ins («iprils. Jtjini >s. jivy^kt^ \.iini'> >!ifti.-J)f tm di'iiain wufwirhf nr î.iji op qw .■ 'tw**! tr>- Ixinn^ ctrnii.t's â'unc pj)ii,'(s.'»;-ài<' ik*!^

aJut^li'Jii le nioyoji âpc, (tes. Tmttçcf- fçuù> Wr «1^ •'lihcii. iiiw cjt(ir(itr dnnl XoIiaIiv dtskii : « S»« hUiiu-i m van, iwf. nti» lu poJirf (^>iiv (vrii*- 1)»*^ («llo ,.^ mi^ (W rtrs (mires >■ i'J: hirai, ràiWAxJwMUMl vil

,. i ,-jwHHra-tf. *- . «n i?LMi»,)w 01 ifcs xioillt'ss 1^ o:'"*^ ï> 1- «'w' ""^ J'ïhTAJiv jN\Mr un acte de foi

Hi ju/rv. lliaj> .V 5rji\r*s arf«»e |m»ii\o l'à-propos , m nuu.à.-*w .^41 frm»* U U^h-be à l'igiittraiice ou j. ij^nK-w i.îx'.w, (ipiivx'..))» un iviour il^Hiiemioii ^^v»rt*A»iji5iH;i^ii*ii.Mtalfts, ei rè<gè»^r& tacrilititie wc f AMiJiBrtsi ,*<• U xi-nh" l)isi»ri<|ue «ii morale. l*<s (MSW* dtt «iix-A'jMh^ç siMe avaient aiisi^i

souffert d un long discrédit : quelques-uns même subissaient une sorte de proscription. Il y eut donc là d autres injustices à réparer; et Chateaubriand n'y manqua pas. Mais il se distingue des Geoffroy et des Dussault par une intensité d'accent qui rend la vie à une tradition morte. On sent bien que ces grands devanciers sont ici jugés par un de leurs pairs, et qu'il peut les fréquenter sans compromettre son originalité ; car elle a pour sauvegarde l'inquiétude de son cœur, l'instinct d'une imagination mélancolique, et ce malaise d'un siècle nouveau qui salue René comme un frère. Aussi échappe-t-il à une discipline qui n'est plus de saison.

Tout en respectant Tidéal d'autrefois, il cherche le sien ailleurs que dans ce passé dont il fête la gloire sans renoncer à ses propres destinées. 11 exprime, à son tour, des passions qui eussent effrayé ces génies faits à l'image d'une société disparue. Il sait que leur langue sobre et sereine n'aurait pas trouvé de vocabulaire pour des sensations ou des sentiments alors inconnus ; et il ne s'interdit pas le luxe d'un style pittoresque dont Téclat eût blessé les yeux de Racine ou de Fénelon. En un mot, il maintient ses droits, et prépare ainsi un avenir auquel il léguera des exemples .

Ce fut par eux qu'il fraya les voies au romantisme, mais sans le vouloir. Nous en avons pour gage tous les articles qu'il publia dans le Mercure, de 1 800 à 1815. Bien qu'il les consacre souvent à la littérature anglaise, et découvre ainsi des horizons nouveaux,

son patriotisme jaloux repousse T imitation des peuples voisins, comme un symptôme de décadence. « Si ! on continue, dit-il, à nous inonder de traduclions, notre langue finira par perdre cette fleur native et ces gallicismes qui faisaient sa grâce. Quand Rome, devenue la capitale du monde, entendit ses murs retentir de tous les jargons, depuis le Goth jusqu'au Parthe, on put juger que c'en était fait du goût d'Horace et de la langue de Cicéron. » Il estime que l'encombrement des glossaires « rend les perceptions confuses », que le meilleur moyen d'être un méchant auteur, « c'est de siffler plusieurs dialectes à l'écho de la mémoire comme à un perroquet ; car un esprit polyglotte ne charme guère que les sourds-muets. » Connaître bien notre propre langue, et les sources grecques ou latines, c'est conserver à nos idées leurs formes naturelles, « avec ce caractère d'unité, c& fype de race et de paternité sans lequel les œuvres de l'intelligence restent des masses nébuleuses. » D'ailleurs, qui pourrait se déclarer compétent, lorsqu'il s'agit d'une œuvre étrangère? Pour la comprendre, « le lait de la nourrice » nous fera toujours défaut. « Plus le talent est intime, individuel, national , plus ses mystères échappent à l'esprit qui n'est point son compatriote. » Chateaubriand n'en excepte pas même les anciens ; car « c'est sur parole que nous les admirons, et ils ne sont plus là pour se moquer de nos jugements de barbares. » Sans doute, on peut se prononcer sur les beautés de sentiment ou de pensée, parce qu'elles

sont de tous les temps ; mais « il n*en saurait être ainsi du style; car il a une terre natale, un ciel, un soleil à lui. »

Aussi regrette-t-il que Tesprit français, au lieu d'être fidèle à « cet accent qui est de la patrie, sautille du blanc au noir, comme le cavalier au jeu d'échecs. » Loin d'exalter les poètes anglais qu'il présente à la France, il serait tenté plutôt de les déprécier. C'est ainsi qu'en 1800 les Nuits d'Young lui semblent très inférieures aux soupirs de Parny, aux élégies de Ghaulieu, au poème de Fontanes sur la solitude, et aux rêveries de Jean- Jacques. A la « vague morosité » de ce barde larmoyant <( dont la main pesante se traîne sur la lyre », il oppose les vers où Virgile compare l'ombre de Didon à la lune nouvelle qui se lève au milieu des nuages. Ne s'oubliant pas lui-même, il rappelle qu'en Amérique, couché dans une cabane, il entendit, un soir, je ne sais quel murmure extraordinaire venant d'un lac voisin. « Croyant à la menace d'un orage, il sort de la hutte pour regarder le ciel. Jamais il n'avait vu nuit plus belle et plus pure. Le lac s'étendait tranquille, et répétait la lumière de la lune qui brillait sur les pointes des montagnes et les forêts du désert. Un canot indien traversait les flols en silence. Leur flux imitait une sorte de gémissement sous les rochers du rivage. Qu'on juge de l'impression produite par la sérénité de ce tableau ! ce fut im enchantement. » Dans ce cadre, faites apparaître Elvire, et ce sera le Lac de Lamartine. Voilàr

comment (Ihateaubriand se trouvait novateur, à son insu, et presque malgré lui.

Oui, malgré lui; car, en 1800, ses principes étaient ceux de Fontanes; croyons-en la profession de foi que voici : « Si le génie enfante, c'est le goût qui conserve : sans le goût, le génie n'est qu'une sublime folie. Chose étrange que ce tact délicat soit encore plu» rare que la faculté de créer! L'esprit et le génie sont répandus assez également dans les siècles; niais il n'y a dans ces siècles que certaines nations, et, chez ces nations, que certains moments où le goût se montre avec toute sa pureté : avant ou après, tout pèche par défaut ou par excès. » Son ami ne signerait-il pas cette pensée : « Les vraies larmes sont celles que fait couler une belle poésie : il faut qu'il s'y mêle autant d'admiration que de douleur. Alors, mes larmes sont délicieuses : je pleure, mais c'est au son de la lyre d'Orphée. Je pleure, mais c'est aux accents des Muses. Ces filles célestes pleurent aussi, mais ne défigurent point leurs traits divins par des grimaces. Les anciens donnaient aux Furies mêmes un beau visage, apparemment parce qu'il y a une beauté morale dans le remords. » Il déclarait encore que Timagination et Tesprit ne sont point Tàme du véritable talent^ v mais bien le bon sens avec l'expression heureuse >k et que nul ou\Tage ne peut vî\Te si les idées y manquent d'une logique à laquelle le lecteur « doit le plaisir de la raison, même au milieu de la folie *». Bien plus, il profesh^

que « la distinction des genres est née de la nature même, et que chacun d'eux a ses règles nécessaires ». Aussi n'hésite-t-il pas à condamner dans le drame <( le mélange du sérieux et du bouffon », ou la diffusion d'une intrigue qui « embrasse Tunité d'une existence, du berceau à la tombe ». Il y censure l'amour du laid, « des verrues, des rides, des formes triviales ou communes, la multitude des personnages, le fracas de la scène, le fac-similé de tous les crimes, la fantasmagorie des gibets et des bourreaux, l'étalage des assassinats, des viols et des incestes* ». Il se révolte contre ceux qui préfèrent « un chardon à une rose, la plaine Montrouge à la baie de Naples, et un toit à porcs au Parthénon ». 11 résume enfin sa poétique dans cette protestation : « Soutenir qu'il n'y a point d'idéal, qu'il ne faut pas choisir, qu'il est permis de tout peindre, c'est simplement un jeu d'esprit dans ceux-ci, une dépravation du goût dans ceux-là, un sophisme de la paresse dans les uns, de l'impuissance dans les autres". »

Celui qui tenait ce langage ne pouvait accepter Shakespeare sans restrictions, surtout en 1801, sous

1. Nos citations ne sont pas seulement empruntées aux Mélangesy mais à VEssai sur la liltérature anglaise. Cet écrit de date postérieure prouve que Chateaubriand est resté fidèle à ses premières impressions.

2. Dans la préface d'il/afa (r* édition), il disait déjà : a Avec ce mot de naiurcj on a tout perdu. Peignons la nature, mais la belle nature : l'art ne doit pas s'occuper de l'imitation des monstres. »

: -t • 'r >* ' •.;.\s* Vitssi :ie vtmt-il p^vs aider '.UT .» ?v -^iî'.v -<;r *auiH k Ptjiirtant, il se

. .-•>• -.*. • -*. . ,;>w*>î:u* iivoionuuiT» en face v> o r-' V* "v. -T -;v » pu "ni parait aussi

\;:-v -'• \;:.T^ \;.*>i o -iv pu» itaiis la torreur et .^ ;.:— x> 1 *\o:;x» Tv :v iu«* * la finnsiiMue scène

.;. v v u'k* u» Hajii^eiU vîuic U» sublime de

.....^ . .. ^4 .^ kUvHii: ài» iuiii»t:e rt de Roméo vr ^-•.•. •;; ^r.^'^x^^i»^'; «^ ;ïin8 muvt^s beautés du ; .-.;., T* :rtv. » î • . o;v o luracle d'une puisaancn

r-*/.v-* ru uuîVit* ;r^îu .ui\ oojiMs ln«uiimés : » a; "%^; ; ^s* uoit s^nis *hui îourlier. pas m*>nie A Hv .'* 'l «» ,'*>'5»H':\ \u5i :uiM «mi Mm rang, dans A v\^ïu;\ur'»^* w ^ vvs rfiifs ^n^rfst tpii ont enfanté H ;.Lu:v» iMiji iHi An;:''>i. ^* MvU^v tout en rei'Oimais- ^uu n:e ^ -ani^us louuue -xa j«»Tt^ dt^s regards plus 'inn\M;ds ^u: a uuuiv aiunaine >. et fpi'oo ne sau-

î-it« »' - uîi'..'.\iî'. ^'i^%* «i i^'îiii» «tt» ^Uaki»spi«in»» A U dite du

31» .iii^iH". UMï» ivoîis vt ,> pu» y vais vous \i\m toM p'traitra

M.ar*^* aiAi> .v '•'"•i:i»»» a ^h^iiv.MU avt»rti li»s Anglais da mérite

«u» i»ut'^ jrtr.i> itMimo^ . «'t* -i ^^t ttt'.Mi îTu «^le Shik»î«peârc a

«Ml un ivuiutHii % w.*-*,!! ns;»»r \.'JtAi"ï» «pu p4M« maintenant,

osh^i .ni*»u|in»"' .»irihouî«M.H,i»sv v\*^\ir' HOU »ii»tr;icl«»ur. Ta féritable-

ui»'i! pi«i!« OUI* à.ius •<*»N nr."u «i*Mn»s l*»np«i sur l'Angleterre que

uuiH «*^^ .M*r*v'i U!« >t\i '^hM's.* it»' ' I\.irli*'« U »»t li** la reine Anne. Pope

n«-u»^tu«» a ma »t<» tf**in«ii*^ n*stn«!Uiin!i i i«» el^HpeJi.... » Il ft'au-

t\»r^ii «hi ^»Hi«ï!«*H»t ,t'»m mni^trw antflaii pour prédire « que la

-»»n»^uim«*i^ «t»» '*h.ik»»"<p*«rî* ne ta"d»»r;ut pas à décliner dans »a

jMf'<' ^^ Il i.ii'u.M 'jut» .t le v«ipu d«» la <aine partie de TAngtc-

ti»rn» .Mait piMn» u!i !li.'4rre iVinçaii:... que Le Tourneur t'était

t*iH lort par ia fraiilu'.tiort. *î5r.i».'m<enl«i^/>riiée<fe«<<eujç/)e«y/fe#,

4 cetti» dittVnHi%» pri» ({«e T Angleterre en fataalt encore moiot

\W. <'afl que la fnnce. »

rait trop l'admirer, « si on le compare à son siècle », il ne s'accoutume point à sa « licence de sauvage ivre » , et il lui préfère de beaucoup Racine , « comme l'Apollon du Belvédère à une grossière statue d'Egypte. » S'il excuse les vices d'un théâtre dont le parterre est composé de juges arrivant du Bengale, ou de la côte de Guinée », il se moque des naïfs qui « applaudissent dans l'Eschyle britannique ce qu'ils siffleraient ailleurs », et dénonce les habiles a qui caressent sur ses bosses leurs propres défauts. » Il n'est pas dupe non plus de ces trompel'œil qui, sous prétexte de couleur locale, trahissent « la décadence de la haute poésie et du vrai drame. » Le génie de Racine « n'emprunte rien, dit-il, à la coupe des habits. Dans les chefs-d'œuvre de Raphaël, les fonds sont négligés, et les costumes inexacts.... On se contente des petites beautés, quand on est impuissant aux grandes. On imite des fauteuils et du velours, quand on ne sait plus peindre la physionomie de l'homme assis sur ce velours et dans ces fauteuils. »

C'est qu'au fond Chateaubriand appartient à l'école où l'on estime avant tout l'équilibre, la juste proportion des parties, la perfection de l'ensemble, le fini du détail, la force contenue, et ce qu'il appelle « les suavités d'un harmonieux pinceau. » 11 est vrai que la pratique de l'écrivain sera souvent infidèle à sa théorie ; mais il n'en conserve pas moins pour l'idéal classique la ferveur d'un premier amour : son goût le reclierche comme une

148 LA GBITIQUE SOUS L'fiMPlHB

joie, et sa conscience le respecte comme une loi. Cependant, il n'en faut pas conclure qu'il redoute les libertés de Timagination ; car le traducteur de Milton a prouvé qu'il ne reculait pas devant des audaces qui scandalissdent alors les orthodoxes. Il est probable que le chantre des Martyrs entreprit cette lutte avec l'archange, afin de s'assouplir d'avance, et de dérober au maître quelques-unes de ses images les plus hardies. Sous les bizarreries d'une exactitude trop scrupuleuse qui violente notre langue, tressaille du moins la foi d'un artiste. A travers les défauts d'un système qui tente l'impossible brille aussi la flamme d'un génie duquel on pourrait dire comme de la montagne sainte : « On ne le vit pas dès l'abord, parce qu'il était obscurci par l'éclat de sa lumière*. » Au lieu des timides paraphrases qui, chez Delille, masquaient les fiertés d'un style étrange, la courageuse version de Chateaubriand nous fait croire à la présence réelle du Dieu « pour lequel il n'y a pas assez d'autels. » On sent bien qu'il a vécu longtemps près de lui, cœur à cœur. Aussi remplira-t-il de ce grand nom la moitié du livre incohérent où il prétend passer en revue les monuments de la Littérature anglaise. Il ne lui suffit pas alors d'adorer le poète dont les lèvres ont été touchées du feu sacré ; car il veut encore M lui donner la main, pour aider sa prose à sortir de la tombe. » Son indulgence va presque jusqu'à

Page 1