‹ Tableau de la littérature française 1800-1815Chapitre 4 sur 62 · LE LYCÉE S · texte numérisé non relu

LE LYCÉE S

en est qui passent là des journées entières. « Si la prose manque de douceur, ils en sont dédommagés par une cantatrice. Si les vers n'ont pas toute l'harmonie désirable, une symphonie répare ce mécompte*. »

Du reste, en ces années d'indigence, on n'avait pas le droit d'être exigeant. Après la dispersion do la société polie, ces salles de conférences remplacèrent les salons de l'ancien régime. Ne sachant plus causer, on se contentait d'écouter. Tantôt ce sont les niaises bagatelles de quelque rimeur sentimental, d'un M. de la Ghabeaussière récitant Vépître d'une personne aux petits oiseaux qui voltigent sur sa fenêtre. Tantôt un jeune homme, revenu de Hollande, monte à la tribune pour décrire solennellement le village de Bruck, comme s'il avait découvert un nouveau continent. Une autre fois, M. Gain commente le Banquet de Xénophon, non sans y trouver l'occasion de foudroyer les sophistes de l'Encyclopédie. Ou bien encore l'affiche annonce un discours de M. Baptenstein sur l'influence commerciale des femmes. Aussi accourentelles en foule, pour s'entendre prodiguer de fades compliments auxquels applaudit la galanterie des muscadins. En même temps l'orateur invite « le beau sexe à ne plus faire usage des marchandises anglaises », grand sacrifice pour les mondaines qui

1. « Pour y passer la nuit, il ne leur manque que des lits. » Dassault.

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amctti lc5 fruit défrmdu* La préwînœ clo5j él/îgant^ qui yenaieut là faim a^naut de UnkiUm eût, à elle «eule, muU^u la faveur de ces parlott^m où Ton bâillait à plaimr^ tr^ut en m pernua^lant qu'elles» étaient tmirucihm et amunant^^. <Ui fut pour plaire à ce» belle» que DernouMier, le Berquîu de Tamour, marivauda nur la morale, fît IVjngiiîrlanda de ruban» ou de flrjur». Apri?» avoir mi» de» mourJie» h la philo»ophie de Newt^m, et de» pompon» â la loi de la gravitation, il enjoliva le Styx, et fit UwMr k <U'.rhl'se « le» petit» pied» d'Emilie /;, On^l prédicateur plu» »édui»ant que œ u mignon de» (irâce», dont la voix perlée et flûtée tran»formait Tenfer en para^li» w? Au»»i, quel deuil quand il mourut! Mai» quelle bonne fortune pour le» panéfifyrî»te» qui firent »on orai»on funèbre J I/afflurînr>fî fut telle « qu'on »Vjtouflait aux porte» w. Aucune de» pUwA^n du défunt n'avait jamai» attiré »emblablc concour».

On nVîtait pa» toujour» à pareille fête; (îar il fallait »ouvent mi contenter de» débutant» qui cherchaient fortune, ou de» auteur» mé<'/mnu» qui mendiaient un en(jouragf?ment. Le» un» et le» autre» »'en allaif?nt »ati»ffiît»; car jamai» public ne fut plu» bénin. « Hur la porte du Lycée, on aurait pu graver cette in»crîption : Ici, on loue, n Au benoin, le même profe»»eur répétait Icj Iwidemain r^j qu'il avait dit la veille. Il était prenque wùr de trouver de» auditeur» tout neuf», parmi cfîux niAme» qui l'avaient »uivi le pluH attentivement, ^< Il y a lA, dit ww témoin, de» homme» qui pa»Hent leur vie i\ faire leur» cla»»e»,

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