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plus ; elle lève les yeux en haut, et voit dans une sphère éclatante de lumière et de gloire celui qui paraissait téméraire à l'ignorance et à T envie. Washûagton n'eut pas ces traits fiers et imposants qui frappent les esprits. » Mais à cette apothéose voilée se mêlait la discrétion d'un vœu patriotique. « Il me semble, disait-il, que, des hauteurs de ce dôme magnifique, Washington crie à toute la France : Peuple magnanime, qui sais si bien honorer la gloire, j'ai vaincu pour l'indépendance ; mais le bonheur de mon pays fut le prix de cette victoire. Ne te contente pas d'imiter la première moitié de ma vie ; c'est la seconde qui me recommande aux éloges de la postérité. » Enfin, résumant un parallèle qui tournait à l'avantage du premier Consul, il s'écria dans sa péroraison : « Oui, tes conseils seront entendus, ô Washington ! ô guerrier, ô législateur, ô citoyen sans reproche! Celui qui, jeune encore, te surpassa dans les batailles fermera comme toi de sa main triomphante les blessures de la patrie. »
Si la physionomie d'un grand citoyen nous paraît trop effacée dans ce panégyrique d'où le nom de Lafayette dut être supprimé, on ne refusera pourtant pas un noble accent à ce manifeste d'une politique clémente qui, faisant appel au bon sens de tous les partis, allait jusqu'à offrir un commencement d'expiation aux mânes de Marie-Antoinette. Par la mesure, la réserve, la portée des sous-entendus, et le sentiment des bienséances, cette harangue mérita d'être citée comme un modèle du genre ; elle rap-
pp';ui tu ."nnin^ i>s rtJîiii«m^ 1* m art. r«^iîitàronblî^
r.ift fi.is v.iwsp vtT .a :av**ur. l'homme de leurea v%, le p'i;s >n r^nw, ■lî^oar'utr'^ -v^iw le personnage ^i.l.iir. Renr.nraïu. .e i^i mai l^«.l, à la rédaction ^u Jf*r-wr^. Il -^rj.' lit an Corp« leîriHlaiif en janvier I ''«ri'. \.;î^nr 'î' m rinnorr. ti^ndant à rétabliîi- >îemf*nt 'le .'Eiiif^i/^. er a ,a r/mrj ,;:«on d'un Conrr)r'1;U, Il ^n :V.i. r^v,m.v>n,^ par le faiitenil de la pr->-*ir:*>nre: ^t. fîe l^Aii a !'<I'). porte-voix attitré de la p^-r.'-t^ft irr.p#^r.a,e. il f.îTira an premier rang den cav.ùa'XA^ q .1 l'armônraient aii monde. C'est dire q/il n'a pa^ t«v;,oiir^ jusîifié re témoignage d'im ami : < 1; mair.î'.nt la djcrnlié de 1^ parole sou» un maître q-^i rr^mmartdait un jiilence j^rvile* » 11 eut en etTr:t ^^es i.jj-^.ionfl, ?ie» cr)mplai.sancfi$i et ses
I, I. fat ni.ïT.mi» pr.or le .li^part^mftnt des Denx-Sèvres. Des lor», sa Uv'MT iïe fit t ie arrtn.-i.r. il y ai/it.t de u>nt son zèle, Bona' p'4-te i'i» îi7%i d.^.r.^inîft d<»s ve"^, qnil v^in.ait faire mettre en musiqiie par Pas A.i.>, pour <**.rft cl'.^tnté^ à l' Opéra. Le député re* prit sa iyre; c'est air,r* rpi .i écr.vit à Joiibert, en juin iJ803, la lettre s»,iv-<rt'e : -r Mon ami, tr>iit ce qui m*est arrivé depuis huit jours est M ettrari^ifriaire que [avais ^>ev)in de vous en parler, JLe Yfiaiirf. a t/*ul d;ct», e/>mmftnte, revu et approuvé.,. Il m'a reçu vendredi et samedi, deux jours de suite, tèle à tête,.. Kien n'était éjçai a s^'-n impatiente. Jl ma envoyé deux fois son préfet do palais, p<-»ur «avoir s» j avais ftu le temps de parler des ea>lK'»uchures de TKlhe et du Weser, etc., etc. Il est enchanté de moi, ie SUIS retouTié hier à Saint-Clond. Quelques représentalions de Y. {Fo^*rM) que j'avais prév^nnes retardent 1 impression; m,iis le seijçnenr du chAi^au se fâche, et vent ahsolament i\\\c. F',i<?ifï|lo mett^ la pièce en mnsique, » lin poète de cour si complaisant ne pouvait manqaer d'être bientôt choisi pariai les cinq candidats proposé<$ pour la Présidence.
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faiblesses. A l'entendre, on dirait Pline le Jeune célébrant les vertus d'un Trajan. Et pourtant, avonsnous le droit d'être plus sévères que Tacite louant Agricola d'avoir su faire à l'intérêt général des sacrifices qui coûtaient à sa conscience, et ménager ainsi un crédit salutaire sous un empereur qui s'appelait Domitien?
Sans absoudre les hyperboles d'un optimisme adulateur, il est donc juste de ne pas nier qu'en plus d'une rencontre Fontanes réussit à concilier ses devoirs d'honnête homme avec les convenances de sa situation. Lorsqu'après l'assassinat du duc d'Enghien, le Moniteur glissa dans un compte rendu sciemment infidèle une altération frauduleuse qui semblait impliquer le président de la Chambre dans la complicité d'un acte odieux, ne s'empressat-il pas d'exiger le fameux erratum qu'inséra le numéro du 6 germinal, mais en caractères minuscules, pour dissimuler la honte d'un désaveu*? Sans doute il y aurait eu plus de courage dans une démission ; mais l'Empereur ne l'eût pas acceptée ; car
1. Félicitant Tauteur du Code civil, auquel rÂssemblée Venait de décerner une statue, Fontanes avait dit : « Citoyen Premier Consul, un Empire immense repose depuis quatre ans sous l'abri de votre puissante administration. La sage uniformité de vos hia en va réunir de plus en plus tous les habitants. » A ces mots de vos lois, le Moniteur avait substitué : de vos mesures. Par cette fraude, Bonaparte espérait confisquer à sa mesure l'approbation du Corps législatif. Quelques mois après l'acte sanglant de Vincennes, Bonaparte disait à Fontanes : a Eh bienl vous pensez donc toujours à votre duc d'Enghien? — Sire, répondit Fontanes, il me semble que l'Empereur y pense autant que moi. »
u se ^ .rrivut r>*r-> r>* 'îe ^ir.crfrvld. f* prw»ittoti-
<»f 'îr.r/ .\ .T.i;.v*> *'v.;,r;r/<ur -v^r. autorit^^ à un air ^. '.r.Vy^r./^ir.i-r*. I. -^s? c^.r:,ùn 7;^, lârt de tout dire x^'^. r-^ç^^t^ t';: :r.e :^^::\ --^^vr >. pour 5^on caracr-^r*. «»î r>* 'î»-?* l.v;Ar.r-*:« ritï.cif-i.r^ lui pennircTït de f.ur* «^r/r-r l-i» p."vt* '.^ .A ^-v.*i:^ à i'hotnme devant \^A :r*r.\., ,ut \fA*:'r:^. I/i 5 mai^ I8rtf>, quand '.«^ r.-.i.-.'.-**^ d\;n r.-ir. v.;**^rant dem.uidfNrftnt de nou- ^'^.n^.x ir/.r/*.^. rir.*.'in de niVA^!^e<i victoire;^, n'eutil r/v^ )a vtcr-'^^»-'^ '!e rr].v.r.rî -e : <v Oiielle ffue soit au rtf rï ir^ !:i r*T.'jr.;r.>v dr^ no^ arment, le f>)rp<ï légis- Kir'.f rraini-I.-.ii* dt^ :^Vn fr\idr<^T, aï la pTmpériXé iotéri<^nre L^n ^•r,ilr pa- la j^.i:^, : notre premier vœo est pour le pf^i4p!e. et nonA de\r>n:^ lui souhaiter le bonheur apr-^ la $rî )ir^- >* A l'ot^^rture, ou à la clôture de chaque :?e<»-Ir)n. il ne manquait pas d'insinuer sous le rouvert de IVloi^'e df'S avertissements qui nVtaient pas sans péril. O qui le prouve, c'est que la c/)nrianre intime dont jouissait Fontanes se refroidir peu k peu, jusqu'au jour ofj un injurieux bulletin, daté d'Kspai^ne, et publié par le Moniteur du ir> d^^reml>re IXOS, vint disputer au Corps législatif la seule considération qui lui restât, celle d'un vain titre*. Ce c^up fut senti vivement; et, quinze
I. Napoléon crut devoir envoyftr An Corp* législatif comme un ffaf/f dt. arm rMimr douzft drapr.<iiix conquis sur l'armée d'Rv tram«idijre. Fontanes nlU rfirnercier l'Impératrice : celle-ci répondit qa'eite était .sati^tfaite de voir que le premier sentiment de
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jours après, le président de la Chambre protesta au nom de ses collègues offensés. Or, bien que voilé par des hommages, le trait qu'il lança fit blessure * ; car Fontanes dut quitter son siège, pour devenir bientôt grand maître de l'Université. C'était, paraît-il, une disgrâce, conmie en témoignent ces mots prononcés dans l'automne de 1809 : « Il y a longtemps que je vous boude ; vous avez dû vous en apercevoir. J'avais bien raison.... Quoil vous m'avez donné un soufflet, à la face de l'Europe, et sans que je pusse m'en fâcher.... Mais, je ne vous en veux plus. C'est fini. »
Cette réconciliation aplanit les obstacles qu'avait rencontrés d'abord un haut dignitaire suspect de déplaire. Dans ce poste pacifique et si conforme à ses goûts, sa prudence égala sa fermeté. Les choix auquel il présida furent toujours inspirés par le bien public et la justice littéraire. Il eut b bonheur de
PEmpereur eût été pour le corps qui représentait la nation. Làdessus, comme une flèche, arriva d'Espagne une note rectificative où on lisait : « S. M. l'Impératrice n'a point dit .cela : elle connaît trop bien nos constitutions; elle sait trop bien que le premier représentant de la nation, c'est l'Empereur : car tout pouvoir vient de Dieu et de la nation. » Elle ajoutait que le Corps iégislalif était seulement le quatrième pouvoir de l'Ëtat, et que^ n'ayant pas la faculté de faire des lois, il devrait s'appeler le Conseil législatif.
1. Il avait répondu : a Les paroles dont l'Empereur accompagne l'envoi de ses trophées méritent une attention particulière. 11 l'ait participer à cet honneur les collèges électoraux. Il ne veut point nous séparer d'eux, et nous l'en remercions. Plus le Corps législatif se confondra dans le peuple^ plus il aura de véritable lustre, H n'a pas besoin de distinction, Tnais d^estime et de confiance, »
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(liMtirififuor ta prbvMiA brillanto do M. VUlemain, et de vAmdar à M. Guizot la chaire quHI davait illuH- (rer. Par un m\mi da (ura)nH|)ection vigilante, par le reHpect du droit, TeHtime du mérite, et le Houci de (*intérftt Hodal, non gouvernement ne ceHHa donc pan d*Atre un bienfait. iirk'Ai h lui, un aHile H*ouvrit k bien deH talentn qui durent h Ha tutelle la sécurité de leur Htudieux loiHir. Kn restaurant \m études, il ramena darm le pays la vie morale et intellectuelle. De CÀ'M écolcm dimtinéeH à devenir des pépinières de HoldatH sortit toute une recrue de citoyens; car, fondée pour être un irmtrument de despotisme, rUniversité forma I)ient6t Télite d'une jeunesse capable d'allier la liberté à la discipline. H'il en fut ainsi, une part d'honneur en revient & Pontanes, et ce titre prot^jge la mémoire d'un lettré qui eut plus d'habileté que de franchise ou de courage.
Jusqu'à préseïit, nous n'avons étudié que le décor d'un tiiéAtre où des jeux de scfcne sont concertés en vue de l'illusion. Mais, pour rendre justice aux amvres durables a<uiomplies sous les auspices de Na()oléon, il faudrait aussi faire l'histoire de ce fameux Conseil d'ittat qui fut sinon l'&me, du moins l'organe vital du Consulat ou de l'Knipire. Ses audl* teurs, sous le nom d'intendarits, assouplissaient au frein kn pays subjugués. Hes présidents de section contrôlaient les actes des nu/ustres. Pannl ses con-