‹ Tableau de la littérature française 1800-1815Chapitre 46 sur 62 · M. DE FRAYSSINOUS · texte numérisé non relu

M. DE FRAYSSINOUS

et il leur opposa la démonstration des doctrines par lesquelles le spiritualisme résout le problème de notre destinée. Il suivit en cela les exemples des Pères de TÉglise; car, depuis Origène et Clément d'Alexandrie jusqu'à saint Chrysostome et saint Augustin, tous ont cru que les lumières naturelles de la raison rapprochent l'homme de son Créateur, et qu'on ne saurait impunément les éteindre.

Telle fut l'opportunité de ces leçons qui ne' s'adressaient plus à la communion des fidèles, mais à une assemblée profane, dont la curiosité se changea bien vite en respectueuse attention. Au lendemain de la tourmente qui semblait avoir déraciné la Croix, ces dissertations touchèrent des âmes sevrées de pain quotidien, et devenues par l'habitude, les préjugés, ou les souffrances privées et publiques, absolument étrangères au souci des intérêts spirituels. Mais, si toute parole de vie avait fait défaut à de longues années de stérilité, un sol travaillé par tant de secousses était prêt à recevoir la semence et à la féconder. C'est ainsi que des lieux communs offrirent aux uns le charme d'un souvenir, aux autres la surprise d'une découverte. Voilà le secret de l'influence exercée par une théodicée qui retrouva sa fraîcheur de nouveauté, au lendemain des fêtes où la déesse Raison avait eu ses autels. La fortune de ces conférences fut d'autant plus rapide qu'elles étaient l'objet d'une surveillance inquiète et malveillante. Coupable de n'avoir point prêché sur l'obéissance due à la loi de la conscription, M. Frays-

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