Le mot est de M. Thiers
jaillir du choc des discussions contradictoires. C'est là qu'il aimait à se délasser de la représentation, et à s'épancher en confidences familières. Un jour qu'un ministre venait de l'interrompre, il répartit avec bonhomie : « Mais, laissez-moi donc continuer ; après tout, il me semble qu'ici chacun a bien le droit de dire son opinion. »
Nous le voyons en effet tantôt écouter, consulter et provoquer les avis, tantôt dicter ses résolutions avec une verve impétueuse qui alliait la finesse à la force, et une logique enflammée à la brusquerie tranchante du commandement. Dans ces séances qui duraient quelquefois dix heures de suite, son attention intense comme le sentiment de la responsabilité se portait sur les objets les plus divers, sans éprouver la moindre défaillance. Voilà bien l'homme qui, dans ses avertissements à son fils, disait : « Les grands orateurs qui dominent les assemblées par l'éclat de la parole sont souvent des politiques médiocres, k leur faconde, il faut opposer un raisonnement serré, pressant. Leur force est dans le vague. Il faut les ramener à la réalité des faits : la pratique les tue. Au Conseil d'État, il y avait des hommes beaucoup plus éloquents que moi ; mais je les battais toujours par ce simple argument : deux et deux font quatre, »
« Soucieux de l'Utile, et du Juste*, » son bon
1. Le mot est dans une lettre de Rœderor; nous ne Taccep' tons qu'avec réserves.
8CM1S tenait tMc aux plus compétents. « Quand il pense et agit, écrit Rœderer, on le trouve toujours plus grand que soi. Avec lui, la médiocrité se sent du talent, et le talent se croit tombé dans la médiocrité, tant il éclaire Tune et surprend Tautre. Jamais le Conseil ne s est séparé sans être plus instruit, sinon de ce qu'il a enseigné, au moins de ce qu'il a forcé d'approfondir* . » Ailleurs, je lis encore ce témoignage : « Pour Napoléon, tout devient Conseil d'État, même un simple entretien. » Par des clartés subites et une rigueur géométrique, ces improvisations rappelaient le- style de Pascal. Leur fougue défia tout compte-rendu ; mais la vivacité du relief les gravait d'emblée dans la mémoire , et des fragments saisis au vol brillent encore d'un éclat qui garantit leur authenticité*.
Elle fut originale aussi la physionomie du diplomate qui s'entendait si bien à user des caresses ou des menaces, à parler en tentateur ou en maître. Ses semblants d'abandon et d'ouverture sincère dérobaient souvent les arrière-pensées d'un Machiavel
1. En 1808, à Ërfarth, l'Empereur Alexandre disait au roi de Saxe « qu'une heure d'entretien avec Napoléon l'enrichissait plus que dix années d'expérience. »
2. Qui ne le reconnaîtrait, quand il dit à son frère Joseph, roi de Naple : « Les amours des rois ne sont pas des tendresses de nourrices. Ils doivent se faire craindre et respecter : L'affection des peuples n'est que de l'estime. >* Ou bien encore : « J'aime le pouvoir, mais en artiste, comme un musicien aime son violon pour en tirer des accords, et de l'harmonie. »
dont la tête froide et le cœur violent associaient Tâpreté du Corse à la souplesse de l'Italien. « faut, disait-il, qu'une chose soit faite pour qu'on avoue y avoir songé. » 11 le prouva plus qu'il ne lallait, lorsque, revenu d'Egypte, il descendit dans son petit hôtel de la rue Ghantereine, nommée depuis rue de la Victoire. Quelle réserve ! Quelle prudence r Gomme il sut ne satisfaire qu'à demi la curiosité populaire, échapper aux ovations, répondre à ces empressements par une modestie circonspecte, ménageries partis, éluder les questions scabreuses, fréquenter de préférence les artistes et les savants, ne paraître en public que sous le costume de rinstitut, exalter comme « seules vraies et durables les conquêtes faites sur l'ignorance! » Plus tard, dans ses rapports avec les souverains, il ne sera pas moins adroit à endormir les uns, à captiver les autres, à faire valoir des considérations d'humanité, de gloire, de paix universelle, à engager les contractants sans leur laisser le loisir de la réflexion, ou bien à gagner du temps, puis, au moment de conclure les négociations, à démasquer l'imprévu formidable qui imposait aux rois l'alternative ou de se résigner, ou d'affronter un grand péril. Que de nises déployées dans ces entrevues par lesquelles il fascine et paralyse l'adversaire de la veille et du lendemain! A Tilsitt, où il s'agissait, comme il dit, « de passer instantanément d'une guerre ouverte à d'intimes relations », ne fut-il pas le plus persuasif des séducteurs? Dans ces rencontres décisives, il
pratiquait ce conseil donné au prince Eugène, viceroi d'Italie : « Quand vous aurez parlé d'après votre cœur, et sans nécessité, dites-vous intérieurement que vous avez fait une faute, pour n'y plus retomber. Montrez pour la nation que vous gouvernez une estime qu'il convient de manifester d'autant plus que vous découvrez des motifs de l'estimer moins. » En un mot, calculant jusqu'à ses témérités, il resta, quand il le fallait, toujours aussi maître de lui qu'il le fut encore, en 1814, lorsqu'il répondit aux alarmistes de son entourage : « Pourquoi donc voulez-vous m'ôter mon calme? »
Grave, discret et sentencieux sous le Consulat, il finit pourtant par contracter dans l'exercice du pouvoir absolu des façons de langage où il y eut parfois trop de laisser-aller quand il visait à plaire, trop de raideur quand il s'étudiait à paraître imposant. Tantôt sa grâce féline avait des familiarités triviales, si j'en crois son ancien secrétaire, Méneval, qui le dépeint a tirant l'oreille de ses interlocuteurs, leur administrant des tapes sur la joue, parfois même s'asseyant sur leurs genoux. )> Tantôt une intempérance brutale donnait raison à ce mot de Talleyrand : « Quel dommage qu'un si grand honune ait été si mal élevé ! » Mais c'étaient encore des effets prémédités par un artiste qui employait à propos les câlineries ou la colère, « les ariequinades ou les tirades à la Talma. »
C'est ainsi qu'après Austerlitz, conférant avec l'ambassadeur de Prusse, il simula d'abord l'indi-
gnation et remportement : puis, quand il vit Teffroi produit par cet orage, changeant tout à coup de ton, il offrit d*un air magnanime son pardon, ou son alliance*.
Ces feintes étaient du reste commandées par Tat titude équivoque des cours étrangères. Aussi serait-il ingénu de lui en faire un crime. Au lieu d'accuser la stratégie perfide de ses manèges, disons plutôt qu'il jouait en général cartes sur table, avec Taplomb ou l'insolence de la force. On ne contestera pas du moins la franchise qui, plus d'une fois, dut étonner les cabinets tentés de l'amuser par des finesses, des protocoles, des lenteurs, des précédents ou des incidents. Ces formes habituelles aux chancelleries, il les bouleversa du premier coup, lorsqu'il notifia directement sa promotion au Consulat, dans un message personnel oix il invitait à la paix les deux plus importants souverains de la coalition. En supprimant les intermédiaires imposés par l'étiquette traditionnelle, il se mettait hors de pair, et obligeait les vieilles dynasties à reconnaître en lui, bon gré mal gré, un égal, ou un maître.
« C'est sur le champ de bataille de Marengo, écrivait-il à l'Empereur d'Autriche, au milieu des souffrances, et environné de quinze mille cadavres,
1. n avait de pittoresques hyperboles. Avant Austerlitz, il disait à Dolgorouki, envoyé de la Russie « qu'il ne céderait pas un pouce de terre, lors même que les Russes camperaient sur les hauteurs de Montmartre ».
a08 L* ÉLOQUENCE SOUS L*EMPIRE
que je conjure Votre Majesté d'écouter le cri de l'humanité, et de ne p«a9 permettre que la génération de deux braves et puissantes nations s'entre-égorge pour des intérêts qui leur sont étrangers. )) En envoyant à Talleyrand copie de cette noble lettre qu'il faudrait citer tout entière, il avait le droit de dire : « Elle sort du style et de l'usage consacrés : mais c'est que tout ce qui se prisse autour de nous me parait avoir un caractère nouveau. »
Pour apprécier cette révolution opérée dans les procédés de la diplomatie, écoutez-le parler encore aux plénipotentiaires de l'Angleterre qu'il voulait isoler du reste de l'Europe, pour conclure enfin la paix d'Amiens : « Messieurs, voici mes propositions : nous sommes maîtres de la Hollande et de la Suisse; je les abandonne contre les restitutions que vous aurez à faire à nous, ou à nos alliés. Nous sommes maîtres aussi de l'Italie : j'en abandonne une partie, et conserve l'autre, afin de pouvoir diriger et garantir l'existence et la durée du tout. Voilà mes bases. A présent, édifiez autour ce qu'il vous plaira; peu m'importe; mais le but et le résultat doivent demeurer tels : je n'y changerai rien. Je ne prétends point acheter de vous des concessions, mais faire des arrangements raisonnables et durables. Voilà mon cercle. Vous ne vous doutez, à ce que je vois, ni de vos situations, ni de vos moyens respectifs. Je ne crains ni vos refus, ni vos elForts, ni tous les embarras que vous
pourrez me créer. Xai les bras forts; je ne demande quà porter, »
Il n'est pas moins hardi avec les têtes couronnées qu'avec leurs ministres. On en jugera par cet ultimatum infligé à la Reine de Napies, Marie-Caroline, qui ourdissait contre nous de nouvelles trames : « Que votre Majesté écoute cette prophétie, qu'elle Técoute sans impatience ! A la première guerre dont elle serait cause, elle et sa postérité auront cessé de régner. Ses enfants errants mendieront, dans les différentes contrées de TEurope, des secours de leurs parents. Par une conduite inexplicable, elle aurait causé la ruine de sa famille, tandis que la Providence et ma modération la lui auraient conservée. Je ne crains la guerre avec personne ; je suis en état de la faire avec quiconque m'aura provoqué, sans redouter le ressentiment de qui que ce soit. Cette lettre sera désagréable à Votre Majesté. Cependant, qu'elle y voie une preuve de mon estime : ce n'est qu'à une personne fort au-dessua du commun que je me donnerais la peine d'écrire avec cette vérité. » Six semaines après, l'ambassadeur de Napies recevait ce dernier avertissement : « Est-il donc si difficile de rester tranquille, de ne pas ruiner son peuple, pour soulever avec effort un grain de sable à jeter dans la balance du monde?... Dites à votre Reine que ses brigues me sont connues, et que ses enfants maudiront sa mémoire ; car je ne lui laisserai pas dans son royaume assez de terre pour y bâtir un tombeau. » Il le fit comme il le dît; le 27 dé-
cembre 1805, il lançait le décret de déchéance, et, en janvier 1806, Joseph-Napoléon régnait sur le trône de Naples*.
Cette simultanéité de la parole et de Faction assure un intérêt dramatique à tout ce que pense et écrit TEmpereur. Tel est le caractère de sa Correspondance véritablement unique, tant par la valeur de Técrivain et sa situation prodigieuse que par le privilège exceptionnel de dire tout ce qu'il veut. Elle nous découvre les plis et replis d'un génie qui eut le monde à ses pieds. Il est là, devant nous, dans la plénitude de son omnipotence, appliquant au tourbillon des affaires l'ubiquité d'un regard perçant qui fit miracle dans ce qui pouvait se prévoir, et plus encore dans l'imprévu. A la science du détail s'unit en lui la conception de l'ensemble. En donnant l'ordre, il prescrit tous les moyens de l'accomplir, devine les obstacles, et indique d'avance les ressources qui doivent y parer. Cette série vertigineuse de dépêches et d'instructions, nous la parcourons avec une ardeur égale à sa dévorante activité, pour laquelle le temps et l'espace n'existent plus. En face de ce monument, personne du moins ne contestera que le meilleur historien de l'Empire soit encore l'Empereur.
1. Napoléon ignora trop Part de ménager les hommes. César s*y entendait mieux qne lui.
C'est ce que confirment les admirables récits où il prononce en dernier ressort sur les plus fameux capitaines, et critique leurs campagnes comme un lettré procéderait à l'analyse d'une tragédie. En interprétant les Commentaires de César, il retrouve ses souvenirs de Gaule, d'Allemagne, dltalie, d'Espagne et d'Egypte. Aussi quelle autorité possède son suffrage, lorsqu'il relève les fautes commises et explique les échecs subis, notamment dans l'expédition d'Angleterre, « où il aurait fallu quatre légions au lieu de deux, » et à Dyrrachium où « les manœuvres furent si téméraires ! Gomment en effet un général pouvait-il se maintenir le long d'une ligne de circonvallations de six lieues, entourant une armée qui avait l'avantage d'être maîtresse de la mer, et d'occuper une position centrale? » — Ce qui est plus grave, il accuse Gésar d'avoir été aussi gratuitement cruel contre les Gaulois que les Anglais contre les prisonniers Français. Il raconte l'épisode de Vercingétorix avec une sympathie fraternelle pour un vaincu dont l'héroïsme réveille ses émotions de 1814. A ce propos, son patriotisme attristé formule cet axiome : « Toute nation qui perdrait de vue l'importance d'une armée de ligne perpétuellement sur pied, et se confierait à des levées nationales, éprouverait le sort des Gaules, sans avoir la gloire d'opposer la même résistance. »
312 L*ÉLOQUGNCB SOUS L'EMPIRE
La guerre civile et la campagne d'Italie nous le montrent Gésarien, mais sans parti-pris de se chercher un ancêtre. La mort de Pompée inspire même au captif de Longwood la pitié d'une plainte furtive. En Egypte, il se guide, les yeux fermés, sur une terre dont la carte est imprimée toute vive en sa mémoire. Aussi lui arrive-t-il de substituer aux noms anticpies ceux d'aujourd'hui. Il dit par exemple : « César atteignit la tour des Arabes ; de là il débarqua et, tournant le lac iMaréotis, il se porta droit sur l'armée de Mithridate, qu'il joignit le long du canal, à peu près aux environs d'A'Iquâm. » - Dans ce récit règne Taisance impassible d'un esprit qui ne s'étonne de rien : car il en a vu bien d'autres.
S'il approuve la clémence politique du dictateur, il condamne « l'odieuse nouveauté » d'un triomphe remporté sur des citoyens Romains. Quant à Gaton, il estime en hii l'homme de bien, dont la mort fut un malheur pour le Sénat et la République; mais il lui reproche son suicide comme une maladresse funeste à sa cause. Mieux eût valu se réfugier en Espagne, où son nom, sa présence et ses conseils auraient donné du cœur aux dix légions qui, l'année suivante, tinrent César en échec dans les plaines de Munda Après cette défaite même, qui donc l'eût empêché de continuer la lutte, comme fit le jeune Pompée? Trahi par la Fortune, Marins fut plus grand qu'elle. Exclu du milieu des mers, il se cacha dans les marais de Mintumes : or, pour prix de sa
constance, il rentra dans Rome et devint une septième fois consul. Si le livre du Destin avait été présenté à Caton, et lui eût annoncé que, dans quatre ans, César, percé de vingt-trois coups de poignard, tomberait dans le sénat aux pieds de la statue de Pompée ; que Gicéron occuperait encore la tribune et y ferait retentir ses Philippiques contre Antoine, Gaton se serait-il percé le sein? Non : il se tua par dépit; ce fut Terreur d'un stoïcien et la faiblesse d'une grande âme. » Sous cette censure, n'entrevoit-on pas une allusion confuse au retour de nie d'Elbe, et à la revanche des Cent Jours? Voilà bien le fataliste qui, croyant à son étoile, n'avait jamais désespéré de l'avenir. Les arrêts d'un tel juge empruntent une portée singulière à l'expérience qui lui a fait connaître toutes les extrémités des vicissitudes humaines.
Ces pages préludent aux dialogues dont il se promettait la joie, lorsque, dans le voisinage de l'heure suprême, il s'écriait : « Je retrouverai mes braves aux Champs-Elysées : Kléber, Desaix, Bessières, Duroc, Ney, Murât, Masséna, Berthier, tous viendront à ma rencontre.... Nous causerons de nos guerres avec les Scipion, les Annibal, les César, les Frédéric. » C'est ainsi que la vie militaire de Turenne lui devient l'objet d'une étude où la précision technique s'associe à un vif sentiment de l'honneur ; car, impitoyable contre toute capitulation, Napoléon T"" déclare ces défaillances « infâmes et passibles de la peine de mort, » En retour, Tartiste applaudit aux
belles manœuvres du tacticien qui arbora le premier les couleurs nationales sur le bord des fleuves franchis plus tard par la Grande-Armée. Il est telle cornbinsdson où il se reconnaît, et qu'il envie. Parfois, on dirait qu'il regrette de n'avoir pas eu pour lieutenant ce capitaine dont il loue le courage et les ruses savantes, comme dans ces ordres du jour où il saluait de Tépée la bravoure de ses maréchaux. Il est vrai qu'ailleurs les marches et contre-marches d'un temporisateur l'impatientent un peu, surtout après la victoire des Dunes et la prise de Dunkerque. « Maître de la mer, Turenne pouvait plus qu'il n'a fait. Il fallait prendre Bruxelles! un événement de cette importance lui eût livré toutes les petites places. Il a violé cette règle qui dit : Profitez des faveurs de la Fortune, et craignez ses caprices, car elle est femme. » Mais, la prudence d'un Turenne ne pouvait déplaire à celui qui écrit : « Achille étsdt fils d'une déesse et d'un mortel. C'est l'image du génie de la guerre. La partie divine, c'est tout ce qui dérive des considérations morales, du caractère, du talent, de l'intérêt de votre adversaire, de l'opinion, de l'esprit du soldat qui est fort et victorieux, faible et battu, selon qu'il croit l'être : La partie terrestre, ce sont les armes, les retranchements, les positions, les ordres de bataille, tout ce qui tient à la combinaison des choses matérielles. »
La sérénité d'une voix qui part d'outre-tombe recommande surtout les œuvres où il déroule le spec-
tacle de ses premières campagnes*. Logique comme une géométrie dont chaque théorème est une victoire, ce tableau s'achève à Marengo. Mais, une fois parvenu à ce sommet , le narrateur ne descend pas la pente qui le conduisit à Sainte-Hélène. Laissant donc vide l'espace qui s'étend de 1800 à 1815, il ne reprend la plume que pour absoudre le désastre de Waterloo, et proclamer son infaillibilité jusqu'au fond de l'abîme'. Ce plaidoyer sobre et sévère ne relève point d'un tribunal aussi incompétent que le nôtre. Mais les plus hostiles seront touchés par les pathétiques douleurs d'un drame plein d'angoisses. Pris au piège, plus d'un sera même tenté de trop oublier les blessures de la Patrie, et de n'imputer la catastrophe qu'à l'aveugle cruauté du Destin.
Cette impression, M. Edgar Quinet convient qu'il l'éprouve à la lecture du Mémorial^ ce livre où l'Empereur déchu semble réfléchir en philosophe aux chimères grandioses qui l'entraînèrent à sa perte. On ne demandera pas à cet examen de conscience le dernier mot de l'histoire : mais, quel cœur