‹ Tableau de la littérature française 1800-1815Chapitre 49 sur 62 · Toulon, ritalie, TEgypte · texte numérisé non relu

Toulon, ritalie, TEgypte

2. Je lis dans Lacretelle : « Veîîei général de ses mémoires est la monotomie d'un panégyrique fait par le Héros lui-même. On lui demanderait l'aveu de quelques fautes, et ce genre de franchise qui pare les écrits militaires du grand Frédéric... Ses jugements sur quelques-uns de ses compétiteurs de gloire, et particulièrement sur le général Moreau, sont sévères, et paraissent déceler une partialité jalouse ou vindicative. Le Destin, dans ses écrits, semble chargé des désastres que lui-même est allé chercher au loin^ et que ses plus judicieux compagnons lui prédisaient. »

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no Si» sentirait troublé par Téloquence et la sincérité (funo noble victime qui, pour pallier ses fautes, in* voque ces hautaines excuses : « J'ai pris moins (l'autorité que Ton ne m'invitait à en prendre. Je n'ai point usurpé la (louronne; je l'ai trouvée dans le misseau, et relevée. Le Peuple me Ta mise sur la t^ie. Je. voulais que le titre de Français fût le plus beaUj le plus désirable de la ferre,». J'ai lavé la Révolution de ses crimes, je l'ai montrée au monde resplendissante de gloire... j'ai implanté ses idées en France et en Europe. Sorties de la tribune française, cimentées du sang des batailles, décorées des lauriers de la victoire, saluées des acclamations populaires, sanctionnées par des traités et des alliances, devenues familières aux oreilles comme à la bouche d(»s souverains, elles ne sauraient plus rétrograder... Kl les seront la foi, la religion, la morale de tous les peuples ; et cette ère mémorable se rattachera, quoi qu'on dise, à ma personne, parce qu'après tout j'ai fait briller le flambeau, consacré les principes, et qu'aujourd'hui la persécution achève de m'en rendre le Messie. Amis et ennemis, tous m'en diront le premier soldat, le grand représentant. Aussi, même quand je ne serai plus, je demeurerai encore l'étoile polaire de leurs droits; mon nom sera le cri de guerre de leurs efforts et la devise de leurs espé-

rances'. »

1. En 1815, le 30 novembre, 11 écrivait ; « L^Univers nous cnntomplo : nous demeurons les martyrs d* une cause immortelle. Des millions d'hommes nous pleurent. La Patrie soupire, la

A ces illusions d'une apothéose démocratique nous préférons pourtant l'accent de fierté dédaigneuse qui lui fit dire un jour à Hudson Lowe * : <( Dans peu d'années, lord Castlereagh, votre lord Bathurst, et tous les autres, et vous qui me parlez, vous serez ensevelis dans la poussière de l'oubli; ou, si on connaît vos noms, ce sera par les indignités que vous aurez exercées contre moi, tandis que l'Empereur Napoléon demeurera toujours le sujet et l'ornement de l'histoire. Vos libelles ne peuvent rien contre moi. La vérité perce les nuages ; elle brille comme le soleil; comme lui, elle sera impérissable. »

On lui refusera d'autant moins cette consolation qu'il réprouva hautement quelques-unes de ses plus irréparables erreurs. Tout en contemplant avec orgueil le réseau administratif dont l'élasticité transmettait un mouvement <( aussi rapide aux extrémités qu'au cœur même de l'Empire » , ne confesse-t-il pas que (( cette effrayante centralisation » eut ses excès, et qu'un homme ne saurait impunément se substituer à une nation, ni usurper le rôle de la Providence. Que ce repentir ait caché des espérances dynastiques, nous ne le nierons point; mais on ne saurait soupçonner la bonne foi de cet hommage rendu -à la vérité, puisqu'il est un des articles du testament politique où il dit : « Mon fils sera obligé

Gloire est en deail. Nous luttons contre l'oppression des Dieux, et les vœux des nations sont pour nous. »

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