LE COQ
Oh ! que trois et quatre fois il fut bien nommé , le maître coq 1 comme le nom de coq lui sied bien ! Qui n'applaudirait à ce bienheureux nom de coq que le hasard d'une étymologie latine a donné au plus matinal des hôtes du bord !
hQcoquus, cuisinier des anciens, a bien changé sur la route ; on reconnaîtrait difficilement en lui le successeur direct des habiles chefs de Lucuilus, d’Apicius et de Néron. Mais, tel qu’il est , il mérite notre estime et notre pitié ; car, remarquons-le , quoique cambusier, il ne s’attire point l’animadversion générale. On lui reproche peut-être de ne pas faire des potages assez succulents! on lui en veut sans doute de ne préparer qu’une décoction amère et jaunâtre sous prétexte de café^ mais on ne l’accuse
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d’aucun méfait de lèse-équipage ; on tolère sa familiarité; le loustic du bord plaisante volontiers avec lui. Cadoret, le maître-coq du vaisseau, était loustic lui-même.
Nous disons maître-coq avec l’usage qui qualifie ainsi fréquemment l’humble serviteur de l’équipage.
Le physique du coq correspond parfaitement à la description donnée au sujet du repas, par Jean Taché, l'auteur de cet ancien Nouveau Tableau de la Mer, déjà cité plusieurs fois :
Dès que l’heure est arrivée de mettre bas l’ouvrage et que le riche signal s’est fait entendre , tout le monde t’empresse, dit l’Hésiode maritime :
Chacun court au devant avecque sa gamelle ;
Un visage enfumé que l’on appelle coq.
Qui quitte rarement sa cuiller et son croc ,
Un malpropre , un vilain , qui sans cesse se gratte,
Dont le.s yeux larmoyants sont bordés d’écarlate,
Qu'on voit le plus souvent les bras nus cbarbonnés ,
Le tabac à la bouche et la roupie au nez.
Un homme qu'on prendrait pour un diable à la mine,
Cet élégant mignon préside à la cuisine.
11 descend sa chaudière , et , sa cuiller en main ,
Attend avec son rôle un crasseux écrivain
Qui vient environné d’une nombreuse troupe Et, nommant chaque plat , lui fait donner la soupe.
L’un crie à pleine télé : « 11 m’a brûlé les doigts ! «
L'autre : » Il ne fait jamais cuire A demi les pois 1 » Celui-ci : » J'ai trop peu de soupe en ma gamelle. » Celui-là : » Je te vais fracasser la cervelle 1 •
Ainsi ce pauvre coq a i’esprit à l’envers ,
Et ne sait presque plus répondre qu’à travers.
Le poëte du gaillard d'avant se permet, comme on . voit, de donner à son coq l’épithète conciliante de pauvre; il ne lui attribue ni la morgue insolente, ni le sang-froid ironique des cambusiers; il le plaint, tout en le dépeignant sous des traits fort peu flattés , il est vrai , mais d’une incontestable exactitude.
Les matelots voient le coq constamment au travail, dans la batterie , au milieu d’eux. Ils le voient tous les jours , haletant devant son brasier, qu’il alimente sans relâche, par tous les temps, sons la chaleur des tropiques, pendant la tempête, en mer, en rade, sans trêve d'un instant et recommençant trois fois par vingt-quatre heures , son éternel labeur. — Et les matelots lui pardonnent ses méchants ragoûts par pitié pour sa vie si occupée et si monotone : — Celuilà , pensent-ils , n’est pas un fainéant , c'est un ancien qui ne pourrait pas même nous flibuster quand il le voudrait.
Dans leur bon sens , ils ne lui font pas sérieusement un crime de ses tristes préparations culinaires ; ils sentent qu’il est trop difflcile d'obtenir de passables résultats avec les appareils destinés à faire leur soupe. Et cependant nous avons connu certains coqs dont la cuisine avait une mine appétissante , dont le potage était confortable , et le café susceptible de plaire à l’officier du quart du jour.
 deux heures du matin , le coq se lève et apparaît un instant sur le pont, où les matelots , en entendant sa voix cassée , se mettent à rire :
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— Tiens! tiens! écoute donc, dit un farceur; Toilà le coq qui chante, preuve qu'il va tomber du bouillon.
Les gens de quart dont l'hilaritc redouble, souhaitent le bonjour à leur bonhomme de cuisinier qui ne tarde pas à redescendre. Il allume son feu, met de l’eau à bouillir : c’est le café qu’il apprête. A quatre heures et demie ou cinq heures le mélange doit être devenu potable. peine l’équipage a-t-il fini de déjeuner, le vieux frolte scs ustensiles et ses fourneaux, et prend part, en ce qui touche son département, au nettoyage général du navire. Nous devons déclarer qu’à huit heures on se mirerait dans ses vastes chaudières; l’étain est d’une nétteté ii. .• prochable, le cuivre étincelle. Alors i^wmmenr.e sa soupe , il lave les haricots ou les fèves , recueille les rations de viande embrochées et liées par plats de sept à dix hommes, et se trouve en règle à midi précis. Son après-dinée est employée à la préparation du souper, et, le soir, il remet tout en état pour faire le café ou la lurlutine du lendemain matin.
Le coq fait le tour du monde l’écumoire à la main, et Ton pourra dire un jour de lui : a II éplucha des fayots sous toutes les longitudes. •>
Quelque temps qu’il fasse, au large ou au mouillage, en France ou à l’étranger, l’infortunéne bouge de devant sa cuisine à la Kcr.<aint , et n’a guère de répit que le vendredi soir; car, le vendredi , c’est le Jour
du fromage, comme s'écrie Canut, un autre poëte de l’avant qui a fait une longue complainte sur la journée du matelot. Ce jour-là , si l’on est dans son port, le coq obtient de descendre à terre, il va voir sa femme et ses enfants, car le digne homme est marié; c'est de rigueur. 11 rev ient à bord de grand matin et gronde d’ordinaire alors : il n’est jamais content de celui de ses aides qui a allumé le feu en ses lieu et place ; la chaudière est mal disposée , la braise mal répartie ; il y a déperdition de chaleur ou invasion de fumée. Écoutons :
— Quand je ne suis pas à bord , dit-il , rien ne va ! on brûle la turlutine, on abime les chaudières. Toi, Mandrin, tu n’esqu’un failli mousse, un bon à rien, vois-tu. Jamais de ta vie tu ne seras capable de devenir maitre-coq. Je serais amiral que je ne te donnerais pas une lentille à bouillir. Voilà la pure vérité.
Les matelots , qui entendent cette orgueilleuse lamentation , crient , en éclatant de rire :
— llo-hé! ho-hé! père Cadoret : c’est samedi ce matin; la turlutine ne vaudra pas un bisnacle, vous n’y étierpas.
— Oui , oui , les enfants, vous avez bien raison ; comme je le disais, là, à ce Mandrin de Trémandour, quand je n’y suis pas , rien ne va-z'à bord.
Et les camarades enchantés se serrent les côtes de plus belle , tandis que Cadoret continue à grogner, non sans entremêler ses jérémiades d’aphorismes inédits et de réflexions philosophiques.
1>ES BOURGEOIS
LBS DOMESTIQUES.
La domesticité forme une escouade non moins nombreuse et non moins indisciplinée que la précédente. Chaque table a cuisinier et maître d’hôtel ; les officiers ont aussi un certain nombre de domestiques bourgeois, qui les servent de concert avec les mousses ou les apprentis marins désignés ad hoc.
L’on devine quelle doit être l’importance d’un maître â^hûtel d'amiral ou de commandant. Dans son amour-propre , il se compare à l’aristocratie môme du bord ; — Ces messieurs , dit-il , sont officiers de marine ; moi , je suis officier de bouche.
Sa vie est toujours un roman ; il a été tout au^ moins négociant ; à l’en croire , il a jadis occupé un beau poste diplomatique. Les prétentions du euxtinier ne sont pas moins élevées ; il se donne pour victime des révolutions ; il n’était pas né pour tenir la poêle ni la casserole ; néanmoins les 90 francs par mois qu’il gagne et les bénébees quotidiens qu’il réalise , lui rendent la navigation assez tolérable. Le valet de chambre ne le cède pas en jactance à ses collègues. De là, rivalités, guerres intestines, querelles sans fin.
Le capitaine , maître après Dieu, celui qui d’un mot fait marcher et fait trembler huit cents hommes , a mille peines à rétablir la paix dans son office.
Un aspirant moqueur, en passant dans la batterie,
irt
recueille tels fragments de colloques qui mettront tout à l'heure en gaieté le poste de ses collègues :
— Mais, commandant, dit le maître d’hôtel , c’est Pierre qui a dit que j’étais un ci... et un ça... — Non, commandant , ce n’est pas vrai, ne le croyez pas ; François est un menteur, un renégat ; si vous saviez !... Demandez plutôt à Joseph ! — Il vend les poules aux sous-orhciers passagers et vous les compte pour mortes. — Oui , commandant , reprend Jo.seph , et le lieutenant l’a bien dit hier à maître Beauzœil.
— C’est le maître canonnier , ce vieux chiqueur , qui est cause de tout!... Vous devriez le punir, commandant , cet ivrogne de malheur !
Taisez- vous , marauds ; silence ! ou je vais vous faire mettre aux fers.
Tous les trois s’écrient avec un accord imprévu , une touchante unanimité :
— Je demande mon débarquement; je ne ferai plus la cuisine , d'abord. — Je ne sers plus à table , bien sûr ! — Qu’un autre fasse votre cadre et batte vos habits ; je ne m’en mêle plus ! — - Croyez - vous donc que, pour trente misérables écus que vous me donnez, je me laisserai traiter comme le dernier des derniers ! — Aux fers , moi ! un ancien négociant I
— Aux fers ! moi qui ai , dans des temps plus heureux , failli être nommé secrétaire de légation 1
L’aspirant en entend encore bien d’autres et des meilleures , surtout si l'on c.st en rade de France , ce qui multiplie à l’excès l’audace de la valetaille.
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Daus la grand’chanibre , mêmes gens , mêmes mœars ; et (Jependant nous avons connu quelques dignes serviteurs qui s’attachaient à leur état-major avec une sorte d’enthousiasme , et le servaient d'un bout à autre de la campagne sans faillir un seul instant. — Il n’est pas de règle sans exception.
Entre les domestiques du commandant et ceux des officiers , autres scènes et procès incessants. Salomon lui-même eût été fort embarrasse pour discerner le bon droit en pareille occurrence, et il eût probablement jugé comme le singe de La Fontaine.
Enfin , nous devons une mention honorable àu domestique des aspirants ^ qui , le plus souvent, fait la cuisine , sans préjudice de quelques légers services qu’il rend en outre à ses seigneurs suzerains. Parfois il se décore du nom de maître d'hôtel du poste. Dans l’un ou l’autre cas, il subit le mépris de la valetaille et de l’équipage à plus forte raison. Heureux si les derniers d’entre les cambusiers daignent frayer avec lui ; heureux si l’infirmier lui-même ne le repousse pas. Infortuné gâle sauce ! Souhaitons-lui de l’avancement pour la prochaine campagne. Qu’il passe an carré avec l'un de ses maîtres , et plus tard peut-être on le verra cuisinier de coramsndant. On en cite des exemples.
l’jnfirmeer.
L’infirmier , qui n’est bourgeois que sur les grands navires , a encore une physionomie particulière.
. Depuis vingt ans , il navigue en qualité de graisseur d’emplâtres ; il tient un mezzo termine entre le coq et les domestiques. Si ces derniers l’estiment peu , les marins , en revanche , font de lui le plus grand cas. Ils l’appellent en riant quatrième ou cinquième major ; il prend ce titre au sérieux , car il se croit savant : c'est là son fort et son faible tout à la fois.
Du reste, il est en général plein de zèle; grâce à ses fourneaux, à ses baignoires et à son petit attirail de pharmacopole , il parvient à obtenir une certaine considération qui va toujours du beaupré aux bittes, quelquefois au-delà.
Il est roi dans son hôpital flottant vingt-deux heures par jour, et, lors du pansement ou de la visite, s’il est forcé d’abdiquer , ce n’est pas sans dignité, car il s'efforce de faire les honneurs de chez loi, s’empresse à complaire à ses chefs comme à des hôtes attendus impatiemment, et les reconduit, chapeau bas, jusqu’au delà du cinquième canon. Enfin, la ration des malades le met en rapport direct avec la cambuse : ce n’est pas là le moindre de ses privilèges.
Les infirmiers que nous avons connus avaient tous un cachet d’originalité fort amusant ; et le bavardage d’un nommé Larminié, qui florksait sur la frégate la Caroline, avait encore son prix à nos yeux , après les contes de l’avant, les chansons de matelots et les réflexions philosophiques de Cadoret le maître coq.
LES BOUHGBOIS
LB FBATBR.
Il serait bien humilié l'artiste coiffeur du bord s'il savait que nous lui conservons ici sa vieille dénomination réglementaire.
— Un fratert moi ! s’écrierait-il avec indignation, moi qui ai eu l’bonneur de retaper la perruque de l'amiral ***, de couper les cheveux du commandant un tel, de raser tous les officiers de \ Andromède t\. de coiffer les dames passagères. — Un frater I mais je suis élève de Filliol, rue Neuve-Vivienne ; j’ai fait de fortes études dans ma partie; je me suis embarqué par goût pour les voyages, et sur la recommandation de M. le comte de B..., pair de France, qui parla de moi au ministre de la marine, dans les termes les ^ plus flatteurs. — Certes I si je m’étais attendu au peu de considération dont je jouis à bord, à n’avoir ni chambre, ni atelier, j’aurais continué à me faire une carrière au Théâtre des Variétés, où l’on m’offrait une place avantageuse. Une folle ambition m’a fait abandonner la capitale. Ce qui me console, c’est que Figaro, lui aussi, avait parcouru le monde. — Un jour, monsieur, je m’établirai sur le boulevard des Italiens, au centre de Paris; je prendrai pour armoiries un rasoir et une ancre en sautoir, et pour devise:
Au COIFFEUR cosMoroLirE. Un jour, les hoinoies instruits ne voudront pas confier leurs respectables che velure.H à d’autres mains qu'aux miennes; les gens de goût et les savants viendront faire queue à mon
LBS MARINS.
étude. — C’est que voyez-vous, monsieur, je ne voyage pascomiiieunpinccauàbarbc;je m’initie aux mœurs des peuples que je visite, et, depuis leurs institutions politiques jusqu’à leur manière de se friser , je ne néglige rien de ce qui doit un jour faire ma fortune. — A la Havane, à Kingstown , à Rio de .laneiro , à Valparaiso , à Manille, les premières maisons du pays envoyaient des canots à mes ordres pour que j'allasse à terre inspecter les coiffures de leurs dames, donner un coup de fer, poser une fleur , redresser une boucle de cbeveux , relever une trq^se ou une natte , aplatir un bandeau, à la mode de France et suivant U goût du jour. A la Martinique, à la Guadeloupe, il en était de même. — J’ai vu de près l’intérieur des familles mieux que nul voyageur ancien ou moderne. Qui a jamais pu , je vous prie , pénétrer plus avant dans rintimitc des grands personnages , des nobles seigneurs, des dames de haut parage? J’ai su des secrets que ma discrétion m’empêche de dévoiler ; j’ai été en rapport avec de grands diplomates qui n’ont pas dédaigné de me consulter. — Quelque jour, monsieur, vous verrez paraître mes Mémoires ; j'ai de la littérature plus que vous ne pensez , et même de la latinité. Vous en jugerez , au surplus , et vous songerez alors que, si je suis un frater, c’est du moins un f rater érudit ét capable comme les anciens Frères bénédictins, et non un misérable perruquier de bord, comme au temps de la république ! Je rase l’équipage , j’en conviens; mais j’ai mes aides choisis dans les compa-
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gaies, au.xquels j’abandonne les gens du pont et la canaille. Moi, monsieur, je ne touche qu’aux mentons des autorités ou au moins des personnes comme ii faut ; je fais la barbe à MM. les fourriers et aux timonniers, à MM. les agents des vivres, cuisiniers et maîtres d’hôtel , à tout ce qui parle français , en un mot ; mes garçons font le reste. — Dans les moments de presse , je me permets quelquefois de couper les cheveux aux gabiers et aux chefs de pièce : ce .sont là des hommes d’élite, en résumé, et de braves marins ; mais je n’abaisse ni mes ciseaux , ni ma savonnette jusqu’au service des marmitons. Vous voyez bien, monsieur, que je ne suis pas un frater !!!
Et ce dernier membre de phrase serait prononcé du ton dramatique de Buridan dans la Tow de Nesle^ lorsqu’il s’écrie : « Tu vois bien, ce sont de grandes dames! b
Nous ne négligerons aucun soin pour nous procurer les Mémoires de l’éloquent artiste Aq\’ Andromède ^ — ouvrage précieux , digne de faire pendant A ceux du charmant Jefan-Baptiste Lavertu , fourrier natif de Soissons. — Nousnous recueillerons pour lire ce livre profond, dans lequel l’illustre et fier bourgeois se peindra lui-même.
En attendant, qu’on se le figure sur le modèle du plus élégant et du plus romanesque des élèves coiffeurs de Paris , et qu’on ne le confonde pas avec ce maladroit raseur de matelot-barbier, dont le type
ar
existe, soit en soas-ordre sur les grands navires, soit en chef sur les petits.
Contraste frappant du personnage dont nous nous occupons , il n’a d’autre rapport avec lui qu’une dénomination commune. L'un tond et tranche , l’autre fait la barhe et coiffe.
Les services du fralcr, quels qu’ils soient, lui valent des appointements ou un supplément fixes, et ne sont pas rétribués parles clients. Les matelots ne doivent aucun salaire au perruquier , et les officiers qui réclament son secours ne sont point tenus à faire preuve de générosité. Ajoutons néanmoins que la pratique de l’état-major forme le plus précieux casuel de notre concinnator maritime.
Et maintenant nous terminerons notre rapide esquisse des bourgeois du gaillard d^ avant, en rappelant à nos lecteurs que tous sont entièrement étrangers au matelotage, que chacun se retranche exclusivement dans son emploi particulier, et qu’enfin ils sont souvent désignés encore par la qualification collective de non-combattants. Lors du combat, en effet, ils descendent tous dans les profondeurs du vaisseau, où ils sont uniquement employés au passage des poudres ou des projectiles et au service des blessés.