‹ Tableau de la Pologne ancienne et moderneChapitre 13 sur 43 · IV · texte numérisé non relu

IV

La loi allemande se répsmd. La loi nationale est à son déclin. Le désir de la remettre en vigueur commence à se manifester.

( xoo ans. ) •

La confusion et le bouleversement des lois que ue purent réprimer la sévérité de Miéczyslas III ^ la

(i) Epht, IfiocENT. m, 1213. ap. Bosquet.

•fc-ja TABLEAU DE LA POLOGNE.

justice de Kasiniir, l'humanité et la douceur de I^eszek-Ie-Blanc et de quelques autres princes rëgnans dans la Léchie, se perpétuèrent sous Conrad, duc de Mazovie, durant les querelles des frères divisés dans la Grande-Pologne, et par les sentences injustes rendues par Boleslas-le-Pudique.

Le treizième siècle fut fertile en troubles^ et la période que nous allons considérer commence par le célèbre privilège donné par Wladislas-le-Cracheur (Pluwacz) aux évêques de Posen , Tan 1 2 32 , dans lequel nous remarquons : ia permission de battre monnaie , l'affranchissement de tout impôt, devoir et expédition militaire, et de plus un article qui exclut les biens de l'évêché de Posen des jugemens des palatins , des castellans et de tous les juges et vice-juges, et qui donne la permission de juger dans ces biens aux évêques , prélats et chanoines. Trois cas sont pourtant exceptés, dans lesquels les hommes appartenant à l'Église seront responsables de leur conduite vis-à-vis des juges du prince régnant. Ces trois cas étaient: i**si un homme appartenant à l'Eglise attirait les ennemis pour dévaster les terres du prince; a" s'il voulait ôter la vie au prince; 3** s'il causait à sa patrie une grande effusion de sang (i). Cette mesure révolta les Polonais à un tel point, qu'ils vou-

(i) Baszko , inler Scr. siles Somer. t. II , Sg. AnnaUst. Cujav., Ih, p. 91. 9a.

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laient tuer Wladislas. Wladislas cassa ce privilège; mais ses fils le renouvelèrent, et le firent proclamer sur toutes les jdaces publiques (i). Il était difficile de reculer ayant déjà fait le premier pas; il était donc plus facile de s'accommoder avec les mécontens. Mais quand l'archevêque de Gnèzne et l'évêque de Ploçk eurent obtenu de semblables privilèges , et que, dans les années suivantes, les évéques de Breslau et de Krakovie eurent commencé à en jouir aussi , il ne fut plus question alors d'apaiser le ressentiment des seuls Polonais, mais des habitaus de la Lféchie entière.

Les princes distribuaient donc à pleines mains de semblables privilèges à de puissans laïques, et la Léchie se déchirait et se divisait de plus en plus : c'étaient des fondations y'iE^^ hœreditario^ où leyW ducidt s'accordait aux propriétaires; c'étaient des privilèges qui ne constituaient point une loi gêné* raie. Mais toute la Léchie en fut bientôt remplie, et sentit l'influence des hommes devenir plus forte que la loi.

J'ai déjà dit plus haut que les autorités judiciaires s'étaient multipliées dans la Léchie, et que les membres de la haute justice augmentaient ou diminuaient dans la proportion du nombre des principautés. Dans chaque principauté, il y avait une

(i) Baszko, Ib, p. 62. Anncd, cujav, p. 33.

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