‹ Tableau de la Pologne ancienne et moderneChapitre 18 sur 43 · II. a · texte numérisé non relu

II. a

des AUemaads. Enfin les bénédictins établis en Pologne étaient tous étrangers à rÂlieniagne.

1, Les rapports religieux de la Pologne auec la France et F Italie (io5o-i i5o).

Pendant la révolution de io34-io40y le jeune héritier du trône de Pologne, Kasimir P% alla avec sa mère en Allemagne; mais il fut envoyé sur-le-champ en France , à Liège (Leodium); pour y terminer son éducation (i). A son retour dans sa patrie, il emmena avec lui un grand nombre d'ecclésiastiques français, qu'il installa surtout dans les abbayes de Tyniec et de Lubusz (a). L'abbé de Tyniec , ensuite ëvêque de Rrakovie , était aussi Français , et s'appelait Aaron : il avait douze moines, ses compatriotes, sous ses ordres (3).

Les sièges épiscopaux étaient occupés par des Français ou par des Italiens, car les Polonais ne possédaient pas encore l'instruction nécessaire. Ce n'est que Boleslas II ( en lo^o) qui statua le premier que désormais aucun étranger ne pourrait être évêque en Pologne (4). Cependant on

(i) Les pieux cbroniqueurs du treiziènM» sièele cmt créé une fable, que ce roi était moine bénédictin à Cluny. On connaît aujourd'hui et sa source et toute son absurdité , et on sait que Kasimir n*a jamais été moine et ne se trouvait point à Quny.

(a) Joan, Chr. inter Script siL SoMMsas. t I, p. aS et 894-

(3) Les diplômes dans la coll. de Szgztgielski. Dlugosz, lUr 2198, 039.

(4) ÂKO. vitaEpp, Fratitl, Sommebs. script, siL t. Il, 180.

LITTERATURE. INTRODUCTION. SSq

vît encore assez aoitvent les Français arriver à ce poste ecclésiastique. Après Aaron, Lambert^ son compatriote j lui succéda dans l'évêchë de Krakovie. Quand Wladislas P' s'afHigea de ne pou-» voir laisser un successeur au trône de Pologne , Lambert lui conseilla d'envoyer des présens aux moines de Saint-Gill, en France^ afin qu'ils priassent Dieu d'exaucer ses vœux. Wladislas suivit son avis ; bientôt après naquit Boleslas, et on proclama le miracle (i). BoleslasIII, parvenu lui-même au trône, aimait surtout. les Français, dont le nombre s'aug-* mentait chaque jour dans ses États. Il donna à Tun d'eux 9 Balduin, l'évéché de Krakovie (a). Héros dans quarante^sept batailles , ce puissant monarque fit à pied un pèlerinage au tombeau de saint Giil, en France. Ce fait eut lieu en i i3o.

Presque tous les Cîteaux qui se trouvaient en Po^ logne étaient Français (3) ; le célèbre Kadlubek fut le premier Polonais qui entra dans cet ordre à lendrzeïow, en 11218. Excepté saint Othon^ évêque de Bamberg, qui fut confesseur de la femme de Boles«^ las III , et que ce roi envoya , à la tête du clergé polonais, en Poméranie, pour convertir ses habi-

(i) Gallus, I, 3oy 3x. Mathibu-Cbolewa^II, a3.

(a) Dlugosz , III ,347*

(3) SoMMBRS. Script. siL, 1. 1, 894-

tans y on ne trouve à cette ëpoque aucune mentioH d'ecclésiastiques allemands en Pologne (i).

M. Lelewel dit donc que rAUemagne n'avait jusqu'alors aucune influence religieuse sur la Pologne , et que cet honneur appartenait plutôt à la France et à l'Italie , d'autant plus qu'aucune haine nationale ni aucun préjugé ne séparaient les Slaves des peuples de la race latine. *

Les évêques de Pologne étaient très -actifs; ils s'occupaient des écoles avec un zèle vraiment admirable. Les bénédictins rendaient de véritables services à ce pays (â). Les évéques et les rois étaient leurs fondateurs; et ces évéques étaient, comme je l'ai dit y la plupart Français ou Italiens , et jamais Allemands.

Ces rapports intellectuels avec les peuples de la race latine , mettaient les Polonais à même de connaître tout ce qu'on savait alors de la littérature (*omaine. Gallus dit qu'au onzième siècle on connaissait déjà les livres en Pologne (3), et on trouve des preuves incontestables, qu'au commencement du douzième un grand nombre de manuscrits se

(i) Aud. BaMB. Vita Otto. , I , ^12.

(a) Gallus» III , épis. p. 94. Kaolubek, c. a ,p. 897. hosm, Hîst, epp, vratisl. Son. Script, s'il. II , 159. Aho. v. epp. vratisL Ih. p. 177.

(3) Gallus , 1 , 6 , p. 60.

trouvait dans ce pays (i). Mathieu Cholewa, évêque de Krakovie (en 1 166)^ cite sans cesse les digestes et les institutions romaines (2) qu'on n'avait découverts que trente ans avant à Amalphi : ce qui prouve des rapport très-intimes avec l'Italie. On voit en outre dans cet écrivain une foule de citations latines^ et surtout de Justin, abréviateur de Trogue Pompée. M. Lelewely en comparant ces citations avec l'ouvrage de Justin, trouve dans notre Mathieu plusieurs détails qu'on n'y voit point, et conclut de là que peut-être l'histoire de Trogue lui-même, qui n'est pas parvenue jusqu'à nous, était connue en Polo* gne au douzième siècle. On trouve en outre, dans ce même auteur, des citations de Valère, historien des empereurs, qu'on ne connaît plus aujourd'hui; enfin des citations de Virgile et d'autres auteurs. Ainsi M. Lelewel assure que les écoles et les biblio^ thèques polonaises étaient , .au commencement du douzième siècle, dans un état florissant, et qu'elles suivaient celles des peuples de la race latine.

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