‹ Tableau de la Pologne ancienne et moderneChapitre 33 sur 43 · II · texte numérisé non relu

II

45o TABLEAU DE LA POI.OGICE.

en 1491 9 et fut nommé ensuite à 1^ cbaire des mathéBiatiqiKs daps l'Université de Bjrakovie. Son nom ignoré aajoiuHlliin à Tétranger jouera cependant un jour quelque rôle dans Vhistoive des sciences exactes. Il est Fauteur d'un écrit intitulé : Nova mienJani romani nformatia. Voici Thistoire de cet ouvrage: pendant Iç concile de i<atraa dans l'année iSiSi» llJnivarsîté de Krakofie fut invitée par )e pape Léon X, à lui communiquer les reoiarqiMS sur le mode de la réforn^ du calendrier romain, et Martin fut chargé de ce travail. Le pape , après avoir reçu l'ouvrage, témoigna son contentement à l'Université, mais il n'entreprit rien à cause des affaires plus importantes qui occupaient alors le siège apostolique. Ainsi le manuscrit de Martin resta pendant soixante-cinq ans dans les archives du pape, jusqu'à oe que Grégoire XIII exécuta le projet de son prédécesseur. La réforme du calendrier, telle que nous la voyons aujourd'hui, fut ad<^^ en i583; Martin d'Olkusz était mort en i54o, et le seul écrit autographe que l'on ait retrouvé de lui ne contient que ce système.

On sait que dans l'histoire de cette réforme il n'est poiot mention du travail de Martin ; piais nous trouvons dans notre histoire les preuves incontestables , que la réunion des niadiématiciens des divers pays, qui eut lieu à Rome, depuis l'aiH née i4»7i > jusqu'en 1577, ne fit qu'adopter letsystçme de Martin d'Olkusz.

GI^ZËBSKI (Stahislas), professeur à Krakovie, né en i5s6, et mort en 157a, est l'auteur d'une première Géométrie en langue polonaise , qu'il publia en i566.

SLOWACKI (PfBaas), professeur des mathématiques à l'Université de Krakovie. Il se trouvait à Rome à la réunion des savans qui discutaient sur 1^ réforme du calendrier, et mérita le% plus grands éloges de la part du pape Grégoire XIII, comme nous en trouvons la preuve dans une lettre de ce pontife qu'on conserve en manuscrit dans la bibliothèque de Krakovie. Il publia divers écrits et entre autres composa les calendriers pour la ville de Breslaw. L'empereur Rodolphe dans le privilège qu'il donna

n 15969 au libraire Baamaii, rend hommage à la gloire de» latronomca de Krakovie, qu'il appelle MnUguet (i).

LATOS3 (Ibâjt), docteur en médecine et un des académiciens de KrakoTie, perdit ta place ponr avoir voulu 8*élever avec trop de furmr contre la réforme du calendrier, contre laquelle il publia pluflieurt ouvrages.

Noiss passons sous silence les écrits sur le calendrier des ftuteurs postérieurs y car ce n*est point le raisonnement mathématîqaey mab la théologie qui excita d*un côté la fdrenr des jésuites, et de l'autre Fobstination des Grecs de la Lithuanie et du royaume de Russie, ainaî que les protestans de la Livonie et de la Prusse , qui regardaient l'ancien système du calendrier comme attaché à leurs d<igmes religieux.

Philosophie.

GRÉGOIRB DE SANOK, né vers l'année i4oo, d'abord professeur de rUniversité de Krakovie, ensuite archevêque de Léopol , moft en x477«

Cf»t avec une fierté nationale que nous pouvons parler de ce philpsophe. Aucun de ses ouvrages ne nous est parvenu , il est vrai , mais une biographie détaillée qui se trouve à la bibliothèque de Krakovie , et dont un célèbre savant étranger contemporain de Grégoire est l'auteur , nous autorise à lui donner dans notre ouvrage une place qui est due à son génie. L'auteur de sa hiographie , est Philippe Buonaccorsi , surnommé tantôt Gali- ■nach, tantôt Expérienti. Il r^arde Grégoire comme le premier qui fit connaître aux Polonais le goût exquis des auteurs anciens, les idées justes sur la philosophie , et qui introduisit le premier

(t) Weillme von etslichen allerey Kingrifrinsonderheit der ealender und «Imanacli die er mit grotsen Unkosten von den Crackischen und andern as- Irologer an sich brachte, etc.

45a TABLEAU DE LA POLOGNE.

les arts Kbéniiix k llJnWersité de KrakoYÎe. Pour faire mieux connaître on personnage aussi distingué, nons n'avons qa*à citer ici quelques extraits de l'écrit de son biographe. « Grégoire , dit- « il, détestait la dialectique scolastique et l'appelait les rêves des m veillans (vigilatiwn somnia). Il pensait de même pour l'astrologie, « et disait : que ceux qui veulent prévoir Tavenir , non-sealement « se trompent eux-mêmes , mais tourmentent encore cenx qui « envient le bonheur promis ou ont peur du malheur prévu. C'est « encore lui qui épura la langue latine que les nouveaux gi^smmai- « riens ont souillée, et l'enseigna à la jeunesse de rUoiversité. « Mais ce qui étonna le plus tout le public , continue Caliimache, « c'est quand Grégoire commença à expliquer de sa chaire les « Bucoliques de Virgile, ouvrage jusqu'alors inconnu. Ainsi il « n'y a^t alors pas un seul homme qui aimait les sciences , qoi • ne se pressât d'écouter ses cours; et on répétait avec joie que « l'heure était arrivée ou on cesserait d'errer dans les ténèbres. »

Il ne faut pas oublier à quelle époque vivait Grégoire, et qoe dans le temps où il professait à Krakovie la presse n'était pas encore découverte.

J£AN DE GLOGOW, illustre professeur de l'Université de Krakovie, naquît vers l'an i44o, et mourut en iSoy. Son noor fut très-célèbre a l'étranger, et attira à Krakovie une foule de jeunes Allemands surtout, et des Suédois. Il laissa un grand nombre d'ouvrages sur plusieurs matières et surtout sur la philosophie d'Aristote. Quinze de ses ouvrages furent publiés à Krakovie, depuis l'an i499 jusqu'à i5i8, un à Metz en Lorraine, i5oi , sous le titre : Quœttiones Ubrorum de anima mag. j€Hin. Ver'

taris per Jolian, Glogoviensem resolutœ. Un à Strasbourg en i5r8,

sous le titre: Introductorium compendiosum in tractatum spherœmag. Joan de Sacro Busto per Ai, Joa, Glogo9,..„ recollecium. Nous citons ces deux ouvrages , non à cause de leur importance, mais comme publiés en France. En outre, Starowalski cite les titres de quatorze autres ouvrages, ce qui fera en tout le nombre de vingtneuf.

JEAN DE STOBNICA, successeur de Jean de Glogow, à U

chaire de philosophie , publia à Krakovie sept ouvrages , dont queiqûes->uiis furent ensuite réimprimés i Vienne et à Bâte.

XVI* SliCLE.

GLAB£R (Jbait), gentilhomme de la Grande-Potogna, publia en iS3S la première traduction polonaise des problèmes d*Aris«. tote.

GORSKI (Jacques), auteur d'un ouvrage intitulé l'Commentarii artis Dialecûcœ, Krakovie i563. Cet ouvrage fait époque dans Vhistoire de cette science en Pologne.

BURSKI ( Adam BuRscivs),né vers i56o, mort en 1627. li

fut professeur à T Académie de Zamosc , et publia entse autres

un ouvrage intitulé, DiaUctica dceroms.^ k Zamosc, en 1604:

Voilà le jugement que porte sur cet ouvrage M. Solt^rkowicï, un

des premiers savans de nos jour4l « C'est uo chef-d'œuvre parmi

«les ouvrages philosophiques de notre patrie, d'autant plus, que

« personne avant Burski , ne songea à représenter dans un seul

« tableau les lois et les opinions de l'art des Stoïciens, et la manière

«de distinguer le vrai du faux. Il introduit trois personnes: le

« péripatéticien , le stoïcien et l'académicien , qui tous discutent

« sur diverses idées philosophiques de Cicéron. Quel devait éti'e

« le travail , quelle profonde connaissance des écrits de Cicéron

«avait celui qui a composé un ouvrage systématique d'après

« ses idées dispersées çà et là , » etc.

KOSZUTSKI (Staktsi^s) publia, en iÔqS, la traduction polonaise des livres de Cicéron sur le^ Devoirs.

BUPNY (BiExiAsz), traducteur des livres sur ta VifiilUsse de Cicéron, en iSyS.

PIOTROWICZ ( Jahus), traducteur de l'ouvrage Sur la Constance de Juste-Lipse, en 1600.

PETRYCY (SÉBASTiEw), né vers Tan i55o, mort en i6a6. Il publia en i6o5, une excellente traduction de la Politique d'Aristote; en 16 18, tEtique du même auteur; la même année r Economie du même auteur. Tous ces ouvrages sont très-précieux , tantôt sous le rapport de la lidélilé de la traduction et la beauté du style,

tantôt par les notes et éckirassemens de Faateuf [^loAaia, qui mérite par là d'être nus hors de ligne parmi les tvadhRneiirs ordinaires de ce philosophe.

GORNICKI (Luc) publia, en iS9$, une excellente traductioii de l'ouvrage de Sénèque nir Us Bienfmts,

Zoologie, Botanique, Minéralogie.

WILUCSIUS, en iSs3 , écrivit sur les salines de Krakone. SIMON DE LOWICZ, célèbre médecin , publia , en i537,iin duvrage sur la botanique de la Pologne. Éxisnui FALIMIERZ, publia en polonais, eh i594, un ouvrage très - estimable slir bi bataniqnie et h minéralogie. liaôvB SPICZYNSKI , en i554, iNibli« en polonais un immense ouvrage botanique. AairoisB SZ^NEBERGER, Suisse île naissance , et Polonais naturalisé , élève et ami du célèbre Conrad (îesnér, écrivit sur la botabiqne et la «inéndogie neuf ouvrages, qui furent tons publiés à Knkoviéy excepté un seul. Les éditions postérieures parurent aiisDite dans divers lieux. Quelques-uns de ses ouvrages sont écrits tm polonais. MAkt» d'URZ£NÏ)OW publia en plonais, en iSqÏ, «n grand ouvrage sur la botanique. Simoh SYRENSKI {Sirenius) poUia en polonais, en i6i3, un grand ouvrage sur le même sujet. Jbâv JOHNSlrON , dont la fiimille est d'origine anglaise , né en i6o3, mort en 1678 , publia dix-neuf ouvrages latins sur Thistoire naturelle. OAimtsL RZONCZYNSKI , jésuite , très-souveat cité par Buffon, publia en latin deux ouvrages, etc., etc., etc.

Il faut ajontei* encore que presque tous les ouvrages de ces auteurs sont accompagnés de gravures sur bois.

LITTBRAtURE. ^55

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