PREMIÈRE PARTIE
PO£T£;S I^ATIIfS.
XV* Siècle.
KORWIN (L&vivut), né h Nowjdwor, vers le milieu d« quinzième siècle , fit ses étades i Krakovle, et fot nommé ensuite professeur de littérature à TUnifersité de cette vîOe. Après avoir occupé celte chaire avec beaocoqp d'éclat , il quitta Krakovîe, et fut appelé aux fondions de secrétaire dti magistrat de la ville de lliorn. Ou assure qu'ayant été ob'igé de quitter la Pologne, il devint secrétaire de la ville de Breslaw, qui était déjà hors de ce pays , et qu'enfin tl fnl envoyé en qualité d'ambassadeur auprès de quelques puissances étrangères pw Wladislas-Jagelloo , roi de Bohème et de Hongrie, il rnoorut dans un âge très-avancé, en iSay. L'amitié qui Pavait lié au ce* lèbrc Kopernik est mentionnée par ses biographes. Il a laissé dix ouvrages poétiques qui furent publiés séparément de l'année 1496 à i5iS. Tels sont : I, Cmrmimtm stFtkemra augus* Gpmm. Cracovismsis studeniHus dicata, Krakovie, eu 1496, iB-4; la se<;Oode édition parut à Leipsig la même année. II. Eontiius elegantiamm acad. Crac, studentibui coiuecratiu; première édition à Krakovie , i5o2, in-4 ; Isi seconde, ibid., 1507. Plusieurs autres éditions de cet ouvrage parurent ensuite à Leipsig et à Vienne. III. Epiced'uun in Ser. ac Gl. prin, Alexandntm , Pol. regem atq. mag. ducem Lith, Krakovie, i5o6, In-4. IV. Theophylacû SclwUutici SimocaUi Efûstolœ morales j rurales y amatariœque ^ Krakovie, i5o9, in-4- Korvvin n'est que l'éditeur de cet ouvrage. V. £pUh, in nttp'
LirriRATURs. 47 5
tiUS, fi, a. Polommy 0/0...... Ki*«ka^iQ, i5r8, ln*4. VI. Comiêogra'-
phia dms manttdteeihnum iàte^ulas PtoUtnm, Bâle, t4^i puMié. par Heori BeM» élève d« Korwin ^kns l^Uf^ersité de Krakovie. VII. Carmen de Silegia et Mce/wo (Nowydwor). VIÏI. Cam»n àt^ Apolline et noifêm Miuis, IX* Comgenei earminum ùiiorum qtiœ pat^tim opeyièus aliis i pardm etiam éfelieUs pôeiarum genuanofum quat JOnus Gruterui cvttegii^ et pet ISie, Hofimuium ed*^ Francfort «sar-^le* Mem, lâiB. X. Idiama latinum^ id est puerUUtm coihqiàortsm Hier, etc,
KROSNIANIN f oir PAUL DE RROSNO, naquit vers le mi^ lica du quinzième liècle à Kjrosno» dans raoçien rojftttme de Russie ( QalUcie actuelle). Aprèii Grégoire dé âanok ^ il fut le premier qMi enseigna la poésie dan» l'Université de Krakovie^ Ses élégies sont remplies de cbanne, ses chants lyriques o|it an caractère majedloeuxi et l«t épigrammea même qu'il laissa ne sont point sans mérite. En i&o8^ il quitta Krakovie, fuyant la peste qni ravagea alors cette ville, .ae rendit en Hongrie, où il rasta quelque temps à la cour de Gabriel Peren, on dea premiera, magnats de ce royaume. Krosnianin célébra souvent dana ees vers sa reconnaissance pour oe sogneor | ses poésies dédiées au roi Sigiamond l'^r, à l'occasiofn des vietoiros qu'il remporta aur les' Moscovites ^ ainsi que tontes se» autres prodiietionay noua font re« connaître en lui un homme de talent^ un savant bon câtoyen; et honnête homme. Il a laissé : I Panegyrui in laudem divi Lctdbkù PoimitB reffijf, etinhonoremS. StamdakPol. martyris; Vienne iSa^f iD*4- C'est un recueil des diverses poésies de l'âuteiliv II SpàtiKélamhn, hQuesiuarmen cannuBinlein mtptiasSigiâ, L reg: P'al.f eiBariant fiS»Stephûni (deZapoU); Exakovie, i5i3, 10*4. liXMfamds Paunottlk Paaeg* in laudem Baptitta Guarini FetWiênsis^Yï^nae i6i%f ith4. IV Fictoiia Sigismundi Its tuutù i5i4> « Mâpsâs relata elegiay Srakovie xfti4y in*4« V Mlegia de nuptii^ Sig, V*^ et Hanoi Ducis M»» dîolani jfi&œ ; KtAkovie iâi8, in» 4. Plusieurs antres poésies de^ cet auteur sont restée» jusqu^aajottrd'bui en manauscrita.
XVP 81ÈCI.E.
KHZYCKI {Avùnà, Criliens), prince-arcbevéqae de Gnèzne
474 TABLEiLU DE LA POLOGNE.
et primai du royanme, naquit eu 1483, à KrzycJk. Sioipkâ pauvre gentilhomme , il ne dut «on élévation qu'à ses props talents. U fit ses études à lUniversité de Krakovie, et y obcat le grade de docteur en philosophie. Aidé par son oncle, le célèbre vice-chancelier Pierre Tomicki, il se rendit à Paris, é ensuite à Bologne, où il obtint le grade de docieor en droit De retour dans sa patrie à l'âge de vingt-trois ans.» il se fit ooinaltre par ses poésies légères, et surtout par des satures moh dantes qui soulevèrent contre lui quelques inimitiés iodiiiduelles. Attaché à la cour de l'évéque de Posen, il le suifîcdans l'ambassade envoyée en Hongrie pour accompagner en Pologne la reine Barbe de Zspole. Cétait le début de sa grandeur fntnre. Le talent oratoire et poétique qu'il déploya dans cette drooistancç lui valut la faveur du grand roi Sigîsmond I«>-, et me grande réputation dans le pays. Nommé d'abord cbanœfier et la reine, il assista son roi au congrès de Vienne (en x&i5),qoi décida les affidres de l'orient de l'Europe. Plus tard, une aftiit de plus haute importance occupa la Pologne» c'était la Ibrmatioi du duché protestant de Prusse, par Sigîsmond I"'. Les Polomii blâmaient la conduite du roi , comme tendant moins au bonbeor de l'État qu'à satiafiiire son ambition personnelle, puisque le dernier grand*maitre des chevaliers Teutoniques était neveu de Sigismond par la branche latérale de Brandebourg ; le pape et le clergé national s'élevaient contre \uï, car le premier doc es Prusse était aussi le premier des princes protestans en Europe, et avant lui la réforme religieuse ne s'était pas élevée josqu'tD tr6ne. Cest alors que Krzycki, pour éclairer la diète et le clergé, écrivit un ouvrage trè»rremarquable intitulé : Eationes Sigimai£ régis Polomœ, infaetQoboUtiomsêiextincdomsm Prussia mxlimi Tm» tonici, et eoUationU fiudis partis Prussia Marchioni Brandeburgico, Cet ouvrage , appelé par le clergé plus poUHque que catholique , parât a Eurakovie, en i5a5, in-4- C'est un document qui peut seul échi* rer la postérité sur les causes de la grandeur future de la Pmise actuelle, et sur la décadence de la Pologne, par rapporta cette puissance. Bientôt après , Krzycki fut nommé évéque de Przemysl , ensuite celui de Ploçk, enfin prince-archevêque de Gnèipe
LITTÉRATURE. l^'jS
et pl'imal dn royaume» ah il ne resta que deuit- années, les der« nières de sa vie. Il mourut en 1537. Il représenta la Pologne, si grande alors, au momeût oà les trônes de Bohème et de Hongrie passaient de la famille Jagellonne à celle de Habsbourg, où le trône de l'Empire , offert par le pape à Sigismond 1er, fut rejeté par ce grand roi. Cependant sa gloire est plus particulièrement fondée sur ses poésiea dont jusqu'à présent il n'a été publié qu*une faible partie, et notre jugement sur elles repose sur le témoignage des plus célèbres écrivains polonais et étrangers qui l'avaient lu et admiré. Un exemplaire de ses poésies se trouve aujourd'hui à Pnlawy, l'autre fut enlevé par les Moskovîtes aveo toute la bibliothèque nationale de Zaluski, qui porte aujourd'hui le nom de btblM^èque Impériah à Pétersbourg; le troisième se trouvait il y a quelque temps entre les mains d'un bibliographe, M. Mathieu Kozlowski , le quatrième enfin fait l'ornement de la grande bibliothèque nationale d'Ossolinski , placée dans la capitale de la GaUicie. Voici cependant quel jugement a porté sur ces poésies M. l'abbé luszynski : « Il excelle dans tous les genres «de poésie: dans les satires il surpassa Juvenal, dans la poésie « épique et élégiaque il s'approcha de Virgile et d'Ovide , dans le « genre romanesque il égala Catulle. » On croirait que c'est là un panégyrique outré, si la voix de tous les savans qui ont lu les écrits de Krzycki n'était pas unanime. Si l'on va même jusqu'à suspecter la compétence des Polonais pour juger leur compatriote, nous trouverons un témoignage puissant et étranger dans Erasme de Rotterdam, dont le nom seul est une garantie d'impartialité; qn'oo lise donc la lettre qu'il adressa au poète de Baie, en i5a6. Non-seulement il y professe son admiration pour son talent; mais il ajoute que Cicéron était le seul auteur latin qui comme lui eût excellé dans la poésie et dans la prose. Il faut lire plusieurs autres lettres adressées par Erasme aux divers savans de la Pologne , où il est presque toujours mention de Hjrzyeki ; telles sont celles adressées à l'archevêque Laski , au chancelier Szydlowiecki, au yice-chancelier Tomicki, à André Zebrzydowski, à laroslas Laski, à Jean Laski, à Jean Boner, etc., etc. Nous citerons un seul extrait de cette correspondance , pour prouver
à nos iectmra qa'ao seuième siècle l'Ebrope savante savait mieux c|u*aiijottrd'bQi ce qu'^taictii les^ Polonais : < TUsiopamgU earmtn, «dil'iiy quan mkUmtiiàdéigis , tic te»is oradofum tihéfnmi uê qumh
• qmam aJ suhUmitattm hiitoncam assmrgis; ttihii eêiafn oèiirepm •poetiem Ueêntiœ^ Quù vere magie éfepic¥ùi, fi» àUterts quièus tMOus em « vitUriêy ad €pi4ccpl munat rdpuh&aa funeiionei perti^aetmn , hoe ^mos impMsms gratuUahur, ârbi CknsHanûf ^ui mdU sunt magù
• ulUuy quam qui rtluekuUeê a duleUsmùs phUosophk» siiêdlfif, âd npmtnm amsukndum npocantur^ •
Du reste , comaio nous ne connaissons point tous led oovrsçes poétiques de l'anteor^ un seol a été imprimé et répa&do; «m litre esS : In tttÊgusHuiruum ^igismttmU régie Pùl, et P^gnUB Béirèam cênmUmm^ camum^ Krakovie. Le reste se tiroave encore es inaauscritf ainsi que les poésies polonaises de ce grand écrivain.
DANnSCUS ( jKàH ), connu dans la fittératore et dans Thistoire sous ce nom qni signifie en français ÙanitHoUy et en polonais OtUmstetanm, car il n'avait aucun non» propre. L« grand père de Dantisous , fayant les massacres qne les dËMfvaKers Teatooiqnes exerçaient dans les vMhige» de la Poméranie polo-» naiséy arriva è Dantzîg et exerça le métier de oordier. Le vertueux et savant petit-fils n'eut pas honte du métier de apn grand* père» au contraire il signa souvent lÀnodesmoUy mot grée qui si« gnîfie oqrdien
Il naquit a Dantzîg, en 14^5 ; ion père , qui était brasseur dans (Cette ville , voyant la capacité de cet enfant , l'envoya à Krakovie, pvi il commença et termina ses études, obtint les grades universitaires) et durant quelque temp9 donna des leçons publiqoes. Après avoir iiÀi ses études, il visita la Patestine^ H. Syrie, l'Arabie, kl Grèee, les Hes de Crète, de Gorcfre^ et les bords de i'Ëpire,poop s'instruire et pour remplir un vœu religieux,^ Revenu en Po^ logne, il s'attira la blenvéilli^nce du savant Pierre Tomicki, vice^ fkanoelier de la couronne et évéque de Krakovie, qui le pré* 9enta au roi Sigismond.I^. Celui-ci offrit à Dantiscus l'emploi de jtide» Cunc&ytJty quelque temps après, celui de secrétaire de sa cour. Dans ce dernier emploi il accompagna le monarque an
cotisés die Prettbourg; et comme il se dislinguait pantoi kas autres
par la connaissance de plusieurs langues étrangères , Sîgismond
1« 0Ofliiiia souvent ambassadeur à Veniae^ en Angleterre , auprès
«lu pape y auprès de TËmpereur et de. plusieurs autres puissances*
Noii'deulemeot le roi de Pologne avait des égards pour UAp
«laia le» autres monarques lui témoignèrent auMi leur nespctt
Pendant qvCii était aupfès de Tempereur Maximilien » celuî<*«i
lui donna le titre de 4ioctettr p0ntif % M «ormw. yi^iv, mit aur ea tête
ttae couronoe poétique» et lui acdbrda le titre de noble allemand ,
prÎTilège que le roi de Pologne conErma.
lie vertueux Daoliscus, respecté par ses compatriotes et par
les étrangers» aima aa patrie» et ne perdit jamais de vue son
boobeur. Envoyé à la cour de Gbarles -Quint, il réf^ avec succès
Les intérêts qui concernaient les provinces prussiennes, à l'avant
tage de la Pologne » et il engagea l'Empereur à rendre à ce pays
la succession du duché de ]^r en Italie » comme étant la dot de
Bona» fille du duc de Sfor^e » première femme de Sigismond I«n
Il assista au couronnement de TËmpereur à Bologne» ensuite à la
diète de Ratîsbonne» à celle d*Ausbourg, où on permit de pro^
fesser la religion cbréliénne d'après k réforme de Martin^Luther:
et partout où il se ti-ouva, il représenta noblement sa patrie^
Cbarles-Quiot l'aimait beaucoup: il voulut l'avoir auprès de lui
dans ses voyages et même dans ses guerres: ainsi Dantiscuafot
présent à la défaite et à la captivité du rot de France Francis \*^^
près de Pavie» en i5a5. Lorsque r£mpereur revint en Espagne»
il laissa en Allemagne une grande partie de sa cour, ainsi que les
ambassadeur^ étrangers» mais conserva auprès de lui celui de la
Pologne. On assure même que Dantiscus fut nommé par lui
Grand d'Espagne.
Malgré tant d'honneurs conquis en pays étrangers» à son retour il ne lui restait dans sa patrie qu'une pension de la caisse 3royaie et les revenus de la cure de Golomb; mais «i le x<A ni ses compatriotes ne Toublièrent; il obtint bientôt Tévéché d^ Giilm» et quelque temps après le roi le nomma prince-évêque de Warniie: L'histoire atteste que dans cette haute fonction Dantiscus laissa lé souvenir d'un sénateur dévoué à la république et d'un prélat
di^ne de aenrir d« modèle. Enfin , en l'année 1S4B , il lermina sa glorieuse carrière.
Dans on de ses ounages il dit qa*il avait porté les ari&es dans sa jeunesse , et que ce fut dans ce temps qu'il écrivit quelques poésies en l'honneur du beaux sexe, auquel , selon l'historieB Pîaseekiy il inspira quelque sympathie; cependant le «aurdÎBal Hosius prit la peine de venger sur ce point la réputation de notre poète dans un de ses ouvrages théologiques.
Il avait un commerce de lettres avec plusieurs protestai» éclairés, de son temps , tels que George Sabin, Erasme de Rotterdam et autres. Eobanus Hessus lui a dédié son ouvrage Sjrin et le célèbre Erasme , son écrit intitulé : BatiiU M, de SpirUu S,
Jean Gottlieb Boehm, savant hbtoriographe, professeurs l'Académie de Leipzig, et ami de la nation polonaise (chose extraordinaire en Allemagne, la Saxe exceptée), publia les ouvrages de Dantiscus, avec la vie de l'auteur sous ce titre : Joan, de Cunis DoM' Hsci Ep, F'ar,poemata et hymni; Breslaw et Leipzig, en 1764, in-S. Dans la biographie du poète il parle de lui en ces termes: « Elatas « în heroicis, in elegiis Unis y in epigrammatis acustus^ in hymms pime •tprudentium amulator ». Dans un journal allemand (i) se trouve une critique, la plus sévère de toutes celles qui furent faites sur cet auteur; en voici quelques mots: « Les productions de Dantiscus «sont généralement ingénieuses et purement écrites; il règne « partout une grande connaissance de la poésie latine: mais son «style n'a pas un caractère bien prononcé, qui puisse le £iirt « distinguer des autres poètes. »
L'édition de Boehm contient douze ouvrages qui furent publiés à diverses époques, six à Krakovie en i5io, i5x3, i5i8, i539, i54z et 1629 , un à Dantzîg en 1693, un à Rome en x5x5, un à Vienne en 1 5x5, un à Bâie en xSSa, et le reste des poésies inédites de l'auteur.
lANICKI ( GLiMSVT ) , fils d'un paysan de la Grande-Pol<^e, des environs de Znin , naquit en x5i6, et mourut dans la fleur
(1) Jllgem. Deut, Bib. t. IV.
LITTéRATUBE. 479
de l'âge, en i543. Protégé dans son enfance par le célèbre Krzycki, et par Kmita, palatin de Krakovie, il termina ses études à Krakovie, et visita ensuite l'Italie, et surtout la Padoue : il resta quelques temps à cette Université. Dès son enfance il montra un rare talent poétique; à l'âge de seize ans son nom était déjà répandu en Pologne; à vingt, le pape Clément YII couronna son front du laurier poétique. Ses poésies sont comparées aux ceuyres de Tibulle et de Catulle par divers écrivains nationaux et étrangers (i).
L'abbé luszynski , dans son laborieux Dictionnaire des poètes polonais, dit : « Nous avons lieu de nous plaindre de la singulière « destiné de plusieurs de nos écrivains , au nombre desquels se « trouve lanicki. Ses poésies nous sont à peine parvenues, et m nous ne sommes pas encore sûrs si elles sont toutes conservées. « Les premières éditions sont très-rares, et nous devons les pos- « térieures aux savans étrangers. On n'épargna souvent aucuns « frais pour la réimpression d'ouvrages qui n'étaient pas dignes « d'être publiés, et personne n'a songé à la nouvelle publication « des poésies de lanicki , qui sont léguées à la postérité comme c l'honneur étemel des Polonais. »
Parmi ces poésies plusieurs furent brûlées par l'auteur luimême ; d'autres existent encore en manuscrits, ou sont perdues à jamais ; le reste fut publié dans un recueil intitulé : Clem, Jamcii Poioni peetœ laureeiti poemaêa in unum UbeUum collecta; Leipzig, en Z755, in-8. On y trouve les ouvrages snivans, séparément publiés à diyerses époques. I. Ttistium liber I , Variarum elegiarum liber I, Epigrammatum liber I (Krakovie, i54a), in-9. II. Epiih. SigUmundo Augiuto; Krakovie, i543, in-4- III. Vitœ regum polo^ norum elegiaco carminé; à Anvers, en i563, in-8^. IV. Fila archie^ piscoporum Gnesnensium; Krakovie, x574, in-8. Les deux derniers étaient souvent réimprimés.
S ABflBORITANUS ( Ghbgoi&b ) , ou rigilantius Ruuhmts, en polonais Samborczjrk, naquît dans la ville de Sambor, dans
(1) StarowolsXi, Hecat , a? XXVII. J. E. Boebm, à la léle de l'ëdilion deLeipsigf en 1755. Nibsiecki, Ianocki, Krasicki, etc., etc.
48o TABLEAU DE LA POLOGNE.
l'aDden roytuioe de Russie ( Gallide aetuelle ) , aa comnéiiccment du seixième siècle. Radymiiifiki , biographe des profieneas de rUaiversité de Krakovie , dit que le royanme de Russie, et surtoat les TÎlles de Léopol et de Sambor, sont criles qoi ont produit la plus d'hommes distingués dans la canière des letba; et k l'appui de son opinion il cite les noms de cânqnante Snaboriens, à la tête desquels il place Grégoire VigilantSos.
U fit ses études à Krakovie , d*où il fut envoyé à Przemysi ponr être professeur dans le collège de cette ville; ensuite à Léopol, capitale de la Russie. Vers Tan i56o, fonda Une école dani k palatinat de Lenczyça, d'où il se rendit à Posen pour y £iSn«i Cours de rhétorique et de littérature au eoBège Je LahnadL Ensuite» après voir passé quelque temps à U cour de pluÛBun évéques et autres personnes distinguées parmi la noblesse, il se fixa à Krakovie 9 embrassa Télat ecclésiastique , et devint professeur de théologie à TUniversité de cette ville.
Pendant son séjour dans le palatinat de Lenczyça , il fut chargé par le castellan Jean Kostka de l'éducation de ses fils Paul et Stanislas, dont le dernier est connu dans le monde cbrétieD sous le nom de saint Stanislas Kostka, jésuite, et patron de k eoaronne de Pologne. Grégoire, précepteur du saint personnage dans sa première enfance, publia ensuite les détails de cette partie de sa vie dont la direction lui avait été confiée.
Outre les services que Grégoire rendit au monde littéraire par ses travaux dans renseignement public, il eut l'avantage d'être le premier Polonais qui osât composer des poésies pastorales es vers latins^ Ce fut aussi le premier et le dernier Polonais qni, à l'exempte de Juvencius , prâtre espagnol du quatrième siècle, île Pierre de Riga et de Gil, docteur en Sorbonne, samofflflié Deiphus, écrivains du douzième siècle, traduisit toute la Bible en vers latins ; mais le manque des fonds nécessairea.aux frais de l'impression , que les savana évéques regardaient comme peu utile , le força à laisser son ouvrage en manuscrit. Il mourut ten 1573.
Ses productions poétiques , remplies de charme et empreintes des traces du véritable talent , sont cependant inférieures à celles
LITTÉRATURE. ^8i
de Knycki , Dantiscus et lanickî. Les plus remarquables sont : I. Ecdoga, Elegiœ IX, Epigranunata, Sylvula, Epitapfùa; Krakovie, x566» iii-8. IL Mlegrue et epigrammaia quœdam; Krakovîe» 1^67 y in-8. On connaît eu tout quinze de ses ouvrages poétiques, qui furent tous publiés à Krakovie du vivant de Fauteur.
MALINSKl (Gaspard), Fencedas SchamothuUims ( c'est-à-dire SZAMOTULSKI), George Ticzinensis (TYCZYNSKl),' SéùasHem HARSZEWSKI , Eustuche AlUopagus ( KNOBËLSDORF } , Simon. Goritius (GORYÇKI) , Christophe EOBYLINSKI , Adam Sclwœtems (SZRETER), André Schoneus(SZE£,l^)^ et une foule d'autres écrivains sont comptés au nombre des poètes latins qui ont illustré l'âge d'or de la littérature en Pologne.
NIËGOSZEWSKI ( Stàkislas) , chevalier de l'ordre de la république de Venise, improvisateur et poète latin lauréat du seizième siècle. C'était un génie extraordinaire; ses contemporains le regardaient comme un prodige. Le savant Italien Aldus Manucius, dans la dédicace du second volume des ouvrages de Jean Zamoyski , ne trouve pas d'éloges qu'il ne croie devoir attribuer à Niegoszeveski. Il avait une si grande facilité pour composer des vers, que, dans un examen public, il répondit en vers aux questions qui lui étalent adressées. Le programme par lequel il invitait le public , portait au-dessus d'un tableau allégorique l'inscription suivante : « Comme une preuve éternelle « de respect au nom vénitien de la part de Stanislas Niegoszewski , « Polonais; comme une marque de son amitié pour Aldus Ma- « nucius; comme, etc.; jugé digne par ses amis d'exposer tous « les problèmes théologiques et toute la doctrine d'Aristote, il « traitera 1^ de la théologie dogmatique et scolastique; a» de la « philosophie générale d'Aristote, de la philosophie naturelle, « morale et divine ; 3o des mathématiques. Il répondra en vers « hexamètres et pentamètres aux questions qui lui seront adres* « sées , sur toutes ces sciences , afin de convaincre ses auditeurs « des progrès qu'il a faits dans les belles-lettres. A chaque propo* « sition , quelle qu'en soit la matière, il improvisera les réponses « en vers ou en prose, etc. , etc. Dans l'église de Saint-Jean et > Paul, le jofir de Purification, en i584- » Ce programme peut
étr« donné swis ooniiBCBUire. Voici encore oo (Mivrage eitna diaaire:
Ai iliustrimmum prmcipêm Epinicion ( sans date ni lieu i'm pression, pablié à Venise), ouvrage très-rare, édition magiii> fique. Cest un éloge de Jean Zamoyski , sumommé le Gnd Elle renferme un poème héroïque en latin, et six dithyrambe a six langues différentes : i Gédéon, en hébreux ; s» Epaminotài, en gi*ec; 3* Babùu JUaximus, en latin ; 4*^ Graa Capiton Gemk
ërmadês Je Corduba, en espagnol; S° Mare9 Antomo Coloiua,f» italien; 6* Jemi Tmrnoçvshi^ grand -général de Pologne, enpokh nais.
Outre cela , on a de lui Epigrammata Joanni Kochanano, poUié àKn^oTÎe, en i584, in-4. C'est un recueil d'épigrammes,doDt chacune est composée de deux vers; on y trouve aussi deox odes consacrées à la mémoire de Jean Kochanowski.
Nous ne connaissons point les détails de la vie privée (k Niegoszewski. Le savant abbé luszyuski, seulement, qui dods a fait connaître ses travaux, dit que sur un ouvrage qo'îi publia à Krakovie, en 1 5 96, une main contemporaine a écrites ^ers polonais ces mots : « Digne de la plus grande vieillesse, il « mourut dans la fleur de son âge. »
SARBIEWSKI ( Mathias-Kasimir ) , en latin SarbUvm, surnommé VMorace moderne, naquit en iSqS, au village Sarbiewo» près de Pultusk , ville dans laquelle il fit ses premières études. £n i6i3, il se fit jésuite à Wilna, d*ou, après avoir ixÀ^ cours académiques, il fut mvoyé à Krozé , en Samogilie, pour j enseigner la poétique. En i6ai , on l'envoya à Rome pour cpi' y étudiât la théologie ; mais comme il avait un pencfaaot très* prononcé pour la poésie , il renonça presque au but principal <ie son voyage , s'occupa spécialement de littérature , et s'attira fes applaudissemens universels de la capitale du monde chrétien. Les personnages les plus distingués , pleins de vénération pour son Ulent, l'honorèrent de leur amitié. Telles étaient sortoot la maison de Barberini et celle des ducs de Debracciaoo, ain» que les illustres littérateurs Gallud, Strada , Donati, Bencit Manohius, etc. Il ne jouit pas d'une moindre estime en FruMV
tlTTSRA.T0RF. 4^3
4$t flam les Pays-Bas, eoinme nous eo trouvons les preuves dans les ouvrages des auteurs célèbres de ce temps, tels queRaliet (i), Réout-Bapia (a) , Olaus Borichius (3) , Morbof (4) , ainsi que Bollaad ^-^uteau et plolîeurs autres.
Le pape Urbain YIII appréciait tellement le talent de Sar bîewBkl, qu'il l'engagea à corriger son bréviaire; et, au départ du poète y il lui plaça une couronne sur la tète , et mit à son cou one ehatne d'or.
De retour dans sa patrie , Sarbiewski enseigna la rhétorique pendant deux ans, et la théologie pendant quatre ans, dans rUoiversité de Wiiaa. Le roi Wladislas XV l'appela pour occuper auprès de lui la place de prédicateur et de théologien de la
Tant de gloire, tant d'éloges et tant d'honneurs ne lassaient aucun doute sur le mérite de ce poète ; cependant il faut songer qoe.la Pologne, au temps de Sarbievrski, commençait déjà à être régie par les jésuites, et que ce grand écrivain lui «même était jésuite. L'honneur donc de la nation polonaise, et la gloire de sa littérature , n'auront rien à perdre quand nous exposerons aussi les opinions d'autres personnes moins partiales à l'égard de cet auteur.
Il y a diverses opinions sur les mérites de ses poésies ; les Al lemands soutiennent quelquefois qu'il est supérieur à Horace; les Français ne lui ôtent pas l'honneur d'avoir égalé, par son génie, les plus grands poètes de l'antiquité; mais ils lui repro* ciient d'être parfois obscur dans ses idées, et d'avoir souvent employé des mots qui ne sont pas latins. Angelo-Maria Durini, comte de Modenza» archevêque , nonce du pape à la cour de Pdiogne, dans l'édition qu'il a publiée à Warsovie , en 1772, des poésies latines de Szymouowicz ( dont nous parlerons plus loin),
(i) Jugement det sauans^ Amsterdam, 1725, t. lY, p. 226.
(2) Réflexions sur l'éloquence, la poésie, etc., Amsterdam, l644iP' ^^^
(3) DissertaUo academica de poetis, etc., ab. an. 1676 ad an. 1681* Franc fort-tur-le-Mein , l683, p. 162.
(4) PofyAwfor i»f<«r«T. Lubeck, 1732, p. 1067.
484 TABf.EAU DE LA POLOGVE.
s'élève avec sévérité et pevt»étre avee jiBiiee conlre eeox qui vaoteot sans mesure SaibiepAi- « Je ne pcoz coneevoiry «fit-fl, comment Réoat Rapin , excellent poète huméaM^y et en même temps capable de juger les travaux des antres, a pa croire qocy parmi les poètes latins Ijriqnes dn siède passé (dn-sqH tième siècle), trois seulement étaient parfaits, savoir : denx Français et le Polonais SarbîewskI. Ponvait-il ignorer les poésie» de SzymoDOwicz , qne Jnste-Lîpse , ce câ^ire et impartial ap^ prédateur des savans, a comblé de tant d'éloges, cl qae Qément VIII couronna comme poète ? Ifaîs Bapin , semblable an paon qui est fier de l'édat de sa queue, dève SaiiNewski outre mesure, parce qu*il était jésuite comme loi. * Ensuite ce même auteur dit : « Liuloviau AtAmut inter aCa Hugofds Groiii koe de Sarêievio judieium refert : vov soutm jbqvavr skd btiajk su- PsaAViT HOSATHTM . Credot Juâœtu Apdiaf et quicumqtÊe non moçit inter anserem et olorem quid inierût; non ego. Testudo aquilmm vUerit eidiuMiutA sera donc le jugement du sévère Dorini à l'égnfd de Sarbîewski ? « Ses œuvres , dit<4l , sont pleines de beautés vraiment lyriques; mais le style en est dur, le langage négligé, rempli de métaphores et d'antithèses; en un mot, cens q«i sont à la portée de sentir la force et la beauté de la poésie latine, peuvent à peine trouver dans Sarbîewski des endroits dignes de leur admiration. »
Quant à nous , nous n'osons point appréder nous-mêmes un auteur si connu en France et dans toute l'Europe. On pent en juger par le nombre des éditions de ses ouvrages, qui furent publiés sur presque tous les points prindpaux de l'Europe.
Ainsi, on compta- cinq éditions à Cologne: i6a5, in-ia; 164S, in-i6 ; 1682 , in-is; 169a , in*i3, et 1721, in-8*, sous le titre de Horatius SarmaHcut,
Cinq à Anvers: i63o, in-ia ; x63a, in-4 (l'édition la plus recherchée par les savans); i634, in-i6; 1646, in-i6, et 1647» in-ia.
TroisàWilna: i6a8, in-ia; 1747» in-ia, et 1757, in-4- Une à Rome, i643, in-ia;une à Dijon, i645, in-ia; une à Krakovie, 16479 in-4» avec la traduction polonaise; une âne loco^
aLITTBRATURB. 485
«669, in-» ; use à Kaliaz, 1.68 1, in- 19 (la plus défectueuse); une à LondMSy i.6ft4y iu-i» ; une à Breslaw, 1753, in- 16; une à Paris^ .vySg^ in-iA; une à Warsovie» 1769, in-89 et une à Strasbourg, an 9. de la république fifun^îse (iBoo«x8oi).
En tout, c'était donc vingt-quatre éditions; nais celle de M^arsovie « en 1 769, est la meiilture ; car elle renferme des pièces inédites jusqu'alors. Par cette prodigieuse quantité d'éditions, on reconnaît la politique des Jésuites qui cbetchaient à attirer «ne eux l'estioie publique par des choses frivèles.en. comparaison de ce qu'ib voulaient obtenir.
SZYMONOWIGZ. Nous en parlerons, dans la division des poètes polonais.
SECONDE PARTIE. — poésie polonaise.
Poètes lyriques. — Traductions des auteurs de ranliquité»
DAVID. La première traduction complète du Psautier a paru en iSig à Krakovie; cependant on ne la connaît pas aujourd'hui; et JACQUBS DB LUBLiir cst re^rdé comme le premier qui ait donné une version en vers polonais de ce grand ouvrage. Son travail a paru à Krakovie en i558. Nitolasfivx l'avait précédé, il est vrai, de quelques années; mais ce n'étaient que quelques psaumes qu'il publia séparément vers Tannée i555. Jj^an KocHàirovrsKT , dont nous parlerons bientôt, fut le meilleur de tous les traducteurs de cet auteur. Son ouvrage parut pour la première fois en 1578 à Krakovie. La traduction postjérieure de Sébastien fbtbtct n'a jamais vu le jour. ilfaMi^M RirBiirsKi publia la sienne en 161 7 à Thorn; Salomon btsivski à Lubecz en 161 4 ; gawiksxi traduisit aussi cet auteur, ainsi que Karpinski, poète du dix-huitième siècle, dont la vie se trouve dans la Biographie portative des contemporains, en un seul volume; Paris, i8ti6-3o.
HORACE. La plus ancienne traduction de quelques-unes des poésies d'Horace est celle de Jean Kochanowski* Après l.ui^
486 TABLEAU DE LA POlîOGNE.
SébofUmi 9BT&iroT paUia la version complète des chants d'Horace en 1609 à Krakovie; qaais elle est plutôt une imitatioD, et n'a pai grand mérite. <^amii«7TWARDOWsxi traduisit quelqaes^'Uae» île ces poésies, qui furent publiées- à Krakbtrîe en t68a. Jeon i.ibi«ki publia une traduction de presque tous les ouvrages d'Horrace, en 1647» ^ Krakovie ; mais elle est peu estimée.
Cest encore une preuve de la décadence du go4t et de la littérature en Pologne au'dix*sepiième siècle ^ que tous lès tradne^ leurs d*Horace allaient toujours se détériorant depuis Kochanon^ski ; après Libicki , on resta un siècle entier sans toucher naéiQe Horace, et ce n'est que dans la seconde moitié du dix-buitIèiDe siècle qu'on a publié un recueil des traductions des diverses per* sonnes vivantes alors. L'époque actuelle s'honore surtout de li( version de Dmochowski.
OVIDE. La plus ancienne et la meilleure traduction des Métamorphoses en vers polonais est celle de Jacques zebrowski, qoi fut publiée à Krakovie en i636y et qu'on a jugée de nos jours digne d'être réimprimée à Wilna en i8aa. La 'seconde était celle de Vedérien OTFiirowsxi, publiée à Krakovie en i638. La troisième et dernière a été exécutée de nos jours par M. Brunon KicivsKi, et publiée à Warsoiie en i8a5. Nous passons sou^ silence les traductions partielles»de cet auteur.
PINDARE. Jean Kochanowski l'imita souvent ; mais ni lui ni personne autre ne s'occupa de sa traduction , que nous devons actuellement à M. Wiernikowski , professeur à l'Université de Mbskou. Son ouvrage a paru à Wilna en i8a4>
SAPHO. Quelques-unes de ses poésies furent traduites par Kochanoveski ; et c'est le seul auteur dans l'époque de l'ancienne littérature polonaise , qui tourna ses regards vers les produc*: tions de ce poète.
Poètes nationaux.
RE Y ( Nicolas- Oksza ), de Naglowicé , naquit en i5x5 4 ^ura^no, dans l'ancien royaume de Russie, d'une famille tr^s
LITT^AATUHE. 4^7
pauvre. Après avoir passé dix aos dans une éct^e où il oc voulait rien apprendre , son père Ten retira , et le laissa se livrer à Toisiveté^ à ta ebaise» et à lous lea plaisirs de sôo â§^ Plus tard y attaché à la conr d* André Tencsynski » palatin de San-^ domir , il y apprit le ktin , dont il n'avait eu jusqu'alors au* cune connaissance. Cette maison d'ailleurs était i'iiniqœ école où Rey avait puiâé ses connaissances littéraires; mais il la quitte quelques SEunées aprèd, et reprit ses anciennes habitudes. Il mena la vie la plus^scandaleuse^ et les détaik qu'un écrivain coateroporain nous a laissés sur sa gourmandise seraient incaroyaUedy si l'auteur n'était digne de foi. Un écrivain de noé jokirs» trouvant le contraste le plus frappant entre la morale sévère professée dans les écrits de Rey, et sa vie déréglée , a osé mèmb soutenir qu'il n'était point Tauteur des ouvrages coouus sous son nom. Mais cette supposition est d'autant plus faible que tous les écrits de Rey sont anonymes ; car il disait lui-même qu'il regarderait comme une honte de porter le nom d'auteur, quand tout le monde savait que son éducation avait été négligée, et qu'il n'écrivait point comme savant , mais comme simple amateur. Cependant il se corrigea dans sa vieillesse. Quoi qu'il èa soit, la faveur dont il jouissait auprès du sage Siglsmond l^' et de son fils Sigismood Auguste, qui tous les deus curent pour loi la plus grande estime et le comblèrent de biens, les ouvrages qu'il publia, et le respect que lui témoignèrent plusieurs person-« nages distingués , nous confirment dans l'opinion de son ami «1 biographe Trzecieski, qui est très-favorable pour lui.
Cet homme singulier doit être regardé autant comme prosateur que comme poète et théologien protestant. Dans tolis ces. genres de productions, on voit le même mélange du bon et dll mauvais que dans sa vie privée. Bon prosateur dans ses écrit» étrangers à la religion , il n'a ni goût ni bon sens dans ses ouvrages théologiques, qui le faisaient haïr des catholiques qu'il offensait outre mesure, et des protestans qui étaient compromis par une pareille défense provenant d'un homme sans mœurs. Comme poète, il est souvent maladroit et fade; et cependant \1 montre aussi dans d'autres endroits de l'élégance et de Ix
légèreté. Il pabUa quatorze ouvrages en prose et en vers. Non avons déjà parlé da mérite de son Miroir (i). L'autre ooTrage, non moins important » est celai des PUdiUes de la paine sur mom mégOgence, qui fat publié à Krakorie en iSÔy. Sa MénagvU de U MoMMMy Krakovie^ iSOa, est un recueil d'^igrammes écrites ca rhooneur des héros de l'antiquité et de ceux de sa patrie. Enfin, ne connaissant point Thébreu, ne comprenant pas bien le latia, en traduisant le Psautier il prit pour texte. la version eo prose de la Bible par Wrohel. Et la belle prose de Wrobel se Irooie défigurée dans la poésie de Rey.
Il bâtit deux villes, une qu'il appela Oxa^ da nom de m armoiries » et l'autre Râowieç, de celui de sa famille. Il moonit en i568.
KOGHANOWSKI (Jbav), surnommé le prince des poètes pobmÊài^ naquit en iSSa , an village de Sicsyn. La biographie très-détaillée de cet auteur se trouve traduite en français dans le recueil intitulé : Chefs'dtamre des théâtres étrangersy Paris, i8a3 , dans le vi» lume qui est consacré à la Pologne. Mais , par une triste Êitafité attachée à ce pays , on a rendu un compte exact de sa vie sans ajouter aucune notice sur ses ouvrages. C'est sans doute poor y suppléer qu'un étudiant de rUoiversité de Paris, M. StanisUs Rtewuaki , voulut faire connaître au public français le mérile des poésies de ce grand écrivain (a). Quant à nous , nous D*ivons pu que recommander le premier à nos lecteurs , en noos bornant d'ailleurs à quelques-uns des détails qui s'y trouveot recueillis.
Kochanowski , après avoir fait ses études en Pologne » se rf3idit à Paris , où il resta sept ans ; puis en Italie, et passa quelques années à Rome et à Padoue. La réputation de ce savant précéda son retour dans la patrie. Le roi Sigismond*Aoguste le mit aa
(i) Voir les historiens.
(2) Yoyes une brochure intitulée : De la poésie lyrique, et (n particulier de Jean Kochanoy^ski, etc. Dissertation présentée à l'examen le 21 a(frill9^ par StanisUs Rzewcski, liceneié aspirant au grade de docteur ; Paris, impri- ^ler&e do Faîn, place de l'Odëon , 1824 > ln<-4t P>g- 21.
Yang de ses secrétaires; l'évéque de Krakovie Padniewski et soa successenr Mysdcowskî Toultireiil absoloment engager Koch»nowski à embrasser l'état ecclésiast«iue. Le grand Jean Zamoyakl lui enroya le diplôme de sénateur«Gastellan ; mais il refusa toutes les richesses et tons les honneurs , préférant la liberté , Tétat modeste , et la fortune médiocre qu'il tenait de ses pères. Il épousa Anne Podlodowska, se rendit dans son village, Gxarnolé^ sié oa Gzarnylas , dans le palatinat de Lublin , où il passa le reste de ses jours au sein de sa famille. Enfin « plaidant la cause de son beau -père qui fut massacré par les Turcs, dans la chaleur de son discours, il fut frappé d'apoplexie dans la salle même des séances de la diète, en i586. On montre encore sa maison à Czamolésié , et son crâne, retiré du tombeau, se trouve dans le temple de la Sibylle, à Pulawy, comme un des plus cfaers souvenirs nationaux. On l'a mis dans une urne sur laquelle est écrit un de ses vers : Et le fils de la belle Latone ne pennetin» pas que mes cendres stnent un jour outragées par la poste'rité,^
Kochanoivski se fraya le premier une route presque inconnue au milieu de mille difficultés, et prouva à l'Europe que la langue polonaise est riche d'énergie et d'élégance. On peut ajouter que ni avant ni après lui, jusque vers la moitié du dix-huitième siècle, personne ne s'est montré capable de l'égaler. Son style simple et facile a je ne sais quel charme qui fait qu'on le relit toujours avec hd nouveau plaisir. Ses poésies latines sont de beaucoup inférieures; et en prose il n'écrivit presque rien. Nous diviserons ses productions littéraires en trois parties distinctes : i° ses poésies originales ; a« ses traductions des poètes étrangers en vers polonais ; 3<> enfin ses poésies latines.
poBsixs origutâuis. I. Élégies sur la mort de ma fille Ursule Kochanowska, Il est non-seulement le premier qui ait essayé ce genre de poésie en Pologne, mais encore il occupe jusqu'à présent la première place parmi les poètes élégiaques. Pureté de langage, versification soignée, sensibilité d'un père désolé: tout est réuni dans ces élégies , qui n'ont rien de semblable , même dans la littérature actuelle de la Pologne. Elles ont été traduites en latin
par KniMBio (1) , et en partie en anglasa par M. Bowrn^ (s)} «aîa ce dernier ne connaissant l'auteur que d'aprèa une tnidn(D<! Cfon en proee de M. Lach-Szyrmay n*a pu faire sentir à ses l«clcnv& qu'une faible partie des beautés de rbrî^na). II. Épodts m deux Sorti, Cest un recueil de poésies lyriques dans le çenre ds Yindare ; elles n'ont pas la force et le sublime que noua màMah. TOUS dans le poète grec » mais elles se distinguent phitât par une doucenr , une naïveté , et on genre de beauté qui n'appartient qu'à Kochanowskiri II imita souvent Sapho f Anacréon, Horaos et autres poètes de l'antiquité. III. Épigramwus m trois Umu. Il y règne toujours une imagination vive et une grande leoondîté; cependant quelquefois le poète passe les bornes de la décence. IV. Deux tatàms; une intitulée la Omcorde^ rentre k Satyre. On n'y trouve point les qualités qu'on désirerait dam csii Borfésde compositions; l'auteur, comme philosophe , parle pfan à la raison qu'à l'imagination. V. Le Congé des ambassadeura ^ tragédie en cinq actes , don t. nous parlerons dans la suite de ce( ouvrage. VI. Un Dard, ou f Hommage de la Prusse, poème écrit à l'occasion de l'hommage rendu à Sigismond- Auguste par Albert 1 duc de la Prusse de Kœnigsberg , pays vassal de la république. YII. lA Dryade , poème où l'auteur met l'éloge du bon roi Sigismond-Aoguste dans la bouche d'une dryade, qu'il suppose avoir rencontré le monarque chassant dans une forêt. VUL Sistoiretk Suzanne, tirée des livres ecclésiastiques. IX. Épitlialame nsr kf noces dé MadziwUL X, La Barie , podme satirique.
Lns TEADUCTiovs dcs ouvrages des auteurs étrangers par Kocba-. novrski sont : I. Les Psaumes de Daind, ouvrage qui a le plos contribué à consolider sa gloire. Son génie supérieur, qoi lui fit devancer les sièdes dans la pureté de la langue f dans les expressions pleines de verve et de sensibilité, se montie ici dans tout son éclat. Il est vrai que tous les psaumes n'ont pss le même mérite , qu'il en est dont la traduction est Buble ; ce-
(i; Fr. Kniaznin C/i/'OTi/ia; Warsovie, 1781, in-8. (2) Sfiecimenofthe Polish poels ; Londres, 18357, in- 12,
pendant le» défiMits de qaelques«uns n'appartiennent qa*aa siècle , tandis qae Ifs beautés des autres assurent a la gloire du traducteur une dur4e égale à celle de la langue pelonaise. Pour donner à nos lectenra une idée de leur perfection > nous devons ajouter que> dans le siècle de Itt régénération des lettre» en Po» lognoy^feu François Karpiviski vemlant aussi traduire le psautier, cooaerva dans son recueil la pNis grandie partie des psaumes de soB grand prédéccissettr, prouvant ainsi l'impossibilité de le rendre mieux en polonais. II. TraducHok du troisième Uvn dé Piiiadê, Kochanowski voulut traduire ee clief*d'eeuvre entier, et en tira même le sujet de sa tragédie , te Congé d^es ambassadefirs ; mais la mort l'en empêcha, m. Les Phéttomènes , poême^ didactique , traduit du grec de l'auteur Arat. IV. Les Échecs, poème traduit de l'iulien de Marc Vida.
Tous les écrits polonais de Kochanowski ont été publiés trèssouvent y et de nos jours on en compte cinq éditions nouvelles.
PoBSiBS LàTUTBS. I. Elegtarum libri très foricœnia , sipe epigrammatarum iihellus; Krakovie, i&34, in-4o. Bans ces élégies, on ne reconnaît pilus ce même auteur qui dans sa langue natale sur* passa souvent les écrivains de l'époque à laquelle nous vivons ; cependant il était rempK des beautés d'Ovide , de Properce , de Tibulle , etc. , et les imita parfois avec assez de succès. II. Ljrrhcorum iibellus;Krsikoyie, x58o, in«4* m. AdStepkanum regem Pohn. mefytum Moseho debellato et Livonia recuperata, Epimàon; Krakovie, i58a. Dans ces deux derniers ouvrages , Kochanowski prouva qu'il connaissait parfaitement la langue ktine ; mais, quant à la poésie, dit le savant luszynski, non - seulement il est inférieur à ses productions polonaises, mais encore à ses poésies I*tines.
Nicolas Gomolka , célèbre musicien polonais , mit les psaumes de Kochanowski en musique , et les publia in-4o à Krakovie, en i58o.Un autre musicien non moins célèbre, Gbrifltopfae Klaban , maître de la chapelle du roi Etienne, mît en musique V£pimcioB que Kochanowski écrivit pour célébrer la victoire des Polonais sur les Moskovites , alors gouvernés par Ivan-le-Terrible.
Le talent pour la poésie semble être un héritage dans la maison
de Kochanowiki • qui sert à rilluatration de U littératore pol» naise dans le aeixième siècle. Ils étaient qaatre frères : Jcaa, Aodréy Nicolas et Pierre y et tons étaient poètes; tons , à l'a ception de Nicolas , sont mis an rang des praniers écrivains utionauz. Nous les citerons chacun à lenr place.
SZARZYNSKI-SEMP (Nicox.as), mort fort jeune dans Tanaée i58i. Les savans du seizième siècle regardaient avec raison «C écrivain comme le premier poète polonais après Jean Kocbr oowski; maïs, grâce aux jésuites, il fut entièrement ioconno à k postérité, jusqu'à l'année 1817, où M. Joseph Muczkowski pablk k Posen la nouvelle édition de ses ouvrages. La première éditiot des poésies de Ss^rzyoski a paru en 160 1 : il n'y en a aujonrd'bi qu'un seul exemplaire dans la bibliothèque de M. Xavier Datlynski. Szarzynski laissa quelques sonnets , des chants , nne escet lente traduction de quelques psaumes, et des poésies fugilivesi
RYBINSKI(JaAa), poète lauréat. En 1S89, il fut professeur m collège de Dantzig, ensuite secrétaire de la municipalité de Tbon^ où il resta jusqu'à l'année i594. L'élégance de ses poésies et h pureté du langage lui donnent le droit d'être mentionné ici. NO0 avons de lui cinq ouvrages poétiques , dont trois furent publics, k Thorn, un à Wiloa , un à Breslaw, tous entre les années iS83 et 1607 , et un seul latin. Voici leurs titres : L Les Lutkes, uo liv<>' II. yen dédiés au grand ckanceiier Léo Sapieha ; III. le Printemps; IV. les SaltUations de Jean RybinskL
GROCHOWSKI (STAirisiiAs) naquit en Mazovie vers l'an i56o. Doué d'un esprit vif, il montra dès l'enfaoce son talent poor la poésie, attaquant dans des pièces satiriques ses professeurs et ses camarades. C'est à cette passion malheureuse qu'il dut sa pu^ vreté , dont il se plaignait souvent dans ses ouvrages ; et l'on peut à peine s'imaginer comment un pareil homme a connu la ptovreté dans un temps où les talens étaient le principal moyen pom arriver aux dignités de la république. U n'était que curé dans 09 petit village, et chanoine titulaire de Kruszwiça. Quoique pressa par le besoin, cependant il poursuivait dans ses satires tout ce qui était mauvais ou ridicule. La même année qu'il invoquait k secours du roi , il écrivit une satire contre les prélats qi|i se ^'
LITTÉRATtJRE. 49^
pulaîent le riche évéché de Krakovie ; et comme c'étaii le temf» . où Tesprit jésaitiqae commençait à faire sentir ses effets, les prêtres le persécutèrent ; et Féyéqae de Ploçk priva le poète de ses revenus , le jeta dans une prison , d'où il ne sortit que sur les instances dé quelques amis. Il mourut en x644-
lie savant Bentkowski , dans son Histoire de ia Uttémture de Po» logne, dit que tontes les poésies de Grochowski respirent une douceur peu commune , que plusieurs se distinguent par un véritable esprit poétique, et que, quant au langage, elles sont d'une extrême pureté. Un autre écrivain non moins savant, l'abbé luszynski, confirme ce jugement, et dit: «Dans tons ces ouvrages on peut distinguer une fecilité étonnante, quelquefois des idées élevées, plus souvent d'heureuses images poétiques, enfin l'exactitude dans les pièces qu'il a traduites des auteurs étrangers. Parfois il s'élève à la dignité de la poésie lyrique , et là même où la versification devient faible , il mérite encore d'être lu à cause de la pureté de son style. » Nous n'avons à lui objecter qu'une fécondité trop grande de ses ouvrages poétiques , et nous croyons que c'est à elle qu'il faut attribuer les défauts qui se rencontrent dans ses écrits , et qui 6tent souvent l'illusion aux lecteurs de notre époque.
Outre cinq ouvrages théologiques en prose, Grochowski publia trente écrits poétiques à diverses époques. Les plus remarquables sont: I. Élégies à la mort de Zamojrski - le ' Grand/ IL XkUliope slavonne , poème dédié au roi ; III. Holubek , chej des Kosaks'Pohnais , ou les exploits et la mort de ce lieras ; IV. Hymnes du bréviaire romain : c'est une des plus belles traductions de ces poésies qui^ comme on le sait , possèdent souvent la sublimité pindarique. V. Chant nuptial pour les noces du tzar Démétrius avec mademoiselle Marie Mniszech; W. Poésies indiennes , traduites d'après la version latine des jésuites ; VIL Traducûon en vers des trois prc' miers livres de l'ouvrage sur l'Imitation de Jésus- Christ de Thomas à KemfHSi etc., etc.
MIASKOWSKI (Gaspaxd), gentilhomme de la Grande-Pologne. Le recueil de ses poésies parut d'abord en i6ia , ensuite en i6i2 et ifiaa. La seconde édition est intitulée Hercule dave. Pour faire
494 tABLEÂU ]>E LA POLOGNE.
jsfar da mérite do set prodaotioiis poétfiqiies» imhié n'avons qo'à citer le* opinions de divers auteurs. Félix Herbort , savent trèidîstingoé , ami de Fauteur et éditeur de ses poésies , parle ainsi au commencement du dix -septième siècle : « J*aime Rey, je Tsote « Kocbanowski ; mais toi je t*admire. Je coooms parfaitement ce « q«*il y a de beau dans les onvrages de Danle , de Pétrarqœ, « d'Arioste, de Ronsard , de Ifédine ; ils m'étonnent comme tous « ceux qni les ont lus. Mais dois*je oublier que dans tes écrits je « trouve tant de fleurs, que c'est avec douleur que j'avoue que « si je marcbe , ou si je m'asseois , jamais je ne peux trouver is « verdure » et que toujours ce soot des fleurs. » Ce jugement trop poétique^ quant au food , est celui de la postérité. L'abbé Woronics , archevêque-primat et premier des poètes de notre sièele, en parlant de Grochowski, de Bialobocki et de Kocbanowski « dit que Miasko wski les surpasse tous, et que ses poésies religiemo sont le monument le plus précieux de l'époque à laquelle il vivait. BendLowski dans son Histoire de la littérature polonaise» et l'abbé luszynski dans son Dictionnaire des poètes de la Pol(h goe f citent tous les deux cette autorité , et la oonfianenL
XVII« sràGi.x.
KOGHOWSKI ( VasPASixH ) , dont nous avons déjà eu Toc casîon de parler dans le fragment consacré aux historié», est un auteur de la fin du dix-septième siècle. Comme poète , il éc^vit de beaux ouvrages dans sa jeunesse; mais, parvenu à oa âge plus avancé , il devint très-médiocre. Voici ses meilleois ouvrages poétiques : L Cinq livres de poésies fynques^ ou rOh siweté non oisive; II. Épigmmmes et vers joymx^ Dans la préface àft ce dernier ouvrage l'auteur dit : « L'abbé recteur a lu , relu , rayé « le tiers , et enfin permet d'imprimer. » Après une censure aosâ sévère , les jésuites ne furent pas encore contens ; ils dénoncèreot l'imprimeur et le censeur lui-même, en les accusant d'hérésie, quoique réellement leur prétendu zèle fût moins blessé du sujet de ces poèmes que du genre épigrammatique en lui-même. Le savant G« S. Bandtkie nous a conservé, dans son Histoire de»
littj£ra.tur£:. 49^
loiprimerics cd PologM, toM les déuûla de ce procès curkux^ qtii enfin se termina en faveur da poète accusé.
Ko^howski est, à vrai dire y le dernier des poètes lyriques de l'ancienne littératare polonaise qui soit digne d'être mentionné dans ce Tableau.
Poètes didactiques. -^ Traductiotis des anciens auteurs.
ARAT» auleur grec. Voyez Jtan Koehanowski, parmi les poète» lyriques.
VIRGILE. Géorgiques , traduites en ters par Valerien Oifi" nowski, et publiées en 1614. Plusieurs autres auteurs de Tépoque de la nouvelle littérature polonaise ont aussi fait la traduction de cet ouvrage ; tels sont Ignace Tanski , Hyacinthe Przyùjrlski , Ignace Nagiêrezewtki^ Joseph Lipinshi, etc.
Poètes nationaux.
ZBYLITOWSKI (Airofts). Presque tons ses ouvrages ont péri dans les flammes que les jésuites allumaient par toute la Pologne pour anéantir les productions des hérétiques. Nous en connaissons plusieurs , mais ce n*est que par les traditions bibliographiques. L*uni<iue ouvrage de Zbylitovrski qui soit connu aujourd'hui , est son petit poème de t Homme des Champs , qui fut publié en xSqj.
M. Ëusèbe Slowacki, savant professeur de la littérature polonaise à l'Université de Wilna (mort en 1814)9 porte son jugement sur ce poète en ces termes : « V Homme des Champs , dit-il , est un poème très-précieux. Le poète» dans des vers pleins d'élégance et d'harmonie , trace un brillant tableau du bonheur de. ki vie champêtre et des plaisirs qu'elle procure. S'il se néglige parfois, il ne blesse jamais le bon goût. Après avoir donné un tableau général de son village et des mœurs pures des villageois , il entre dans les détails Il est difficile, continue Slowacki^
de Irauver, dans qudqoe langue que ce soit» des vers plus poétiques et plus élégans qoe dans oette partie de ce poëme. Qodle facilité y quelle grâce enchanteresse ! Le traTail ne s'y fisit naliement sentir, les idées et les expressicms coolent d'elle8Hiiéines,et le poète oe parait occupé que de les transcrire sur le papier : on croirait, en lisant ce poëme , qu'il a été écrit d'un seul trait, etc., etc. »
KLONOWICZ (SiBASTin-FABiu)^ en Utin ACERNUS, naquit en 1 55 1. Il fut conseiller municipal à Lublin, et mourut en 16089 daîis un hôpital public , où la méchanceté et la TÎe déréglée de sa femme le forcèrent à entrer. Persécuté au dehors , aigri par des chagrins domestiques , ce grand écrivain connaissait parfeitement les feiblesses et les caractères des hommes, et s'élevait toujours contre eux dans ses écrits. Il publia plosienn ouvrages en polonais, dans le genre didactique; traduisit les distiques de Caton , un écrit d'Érasme svar Us mattrs; laissa des élégies sur la mort de Jean Kochanowski , etc. ; mais son ouvrage le plus important fut écrit eu latin , sous le titre de Fictoria dêorum, 1600, in-S, sine loco. C'est un poème héroïque. KIonowîcz travailla à cet ouvrage pendant dix ans ; et, selon l'ex^ pression de l'abbé luszynski, il éleva à sa gloire le plus beau et le plus durable des monumens. Il y exposa les moyens d'après lesquels doit être dirigée l'éducation des hommes que nous voulons voir un jour couverts de gloire et se rendre dignes du nom de héros. Voici le jugement qu'un jésuite a porté sur cet ouvrage :
Quid prœmii 'versibus tant dignis ?
Niii carnifex et ignis, .
Cest ce qui explique pourquoi ce poème est devenu une rareté bibliographique.
ZIMOROWICZ (BAaTHBLKMT),né dans le royaume de Russie, et syndic de la municipalité de Léopol, capitale de ce pays, publia, en i6i^ , Souvenir de la guerre de Turquie, en 163 1. Bentkowski dit, dans son Histoire de la littérature, que la versifica-
Uoo Ans cet ouvi*a§e est pure et parfaite , les idées nobles , mais les expressions parfois boursouflées.
XVII» SlACLE.
TWARDOWSKI (Sahubi.), né vers l'an 1600, et mort vers a 660 y aateur de dix ouvrages qui furent séparément publiés; géoie rare, esprit élevé, véritable talent poétique ; mais Tépoque jésuitique à laquelle il vivait ne lui laissa pas le moyen de se développer. Nous avons de lui , entre autres, les poèmes suivans : I. La légation à Constanlinople y en x6ai. II. Fladùlas IV, roi de Pologne^ poëme didactique , en cinq chants, UI. La guerre des Kosah, rV. L'expédiâan contre tes Moskovites, en 1634, etc. Le plus grand défaut qu'on rencontre souvent dans ses poésies, c'est l'exagération et l'enflure.
Nous passons sons silence quelques centaines de poètes de ce genre, qui ne se sont jamais élevés au-dessus de la médiocrité; et nous parlerons d'un seul qui termina glorieusement Tépoque de l'ancienne littérature polonaise, et surpassa tous ses devanciers dans le genre de la poésie descriptive. C'était une femme.
XVIII« SIJÈCLB.
DRÙZBAGEA (Éusabetb), née Kowalska, épouse de Druzbacki, trésorier du district de Zydaczow> morte en 1760, dans un âge très-ayancé. Elle est célèbre dans la littérature nationale, non-seulement par le mérite de ses ouvrages, mais encore comme Tunique poète qui ait montré du goût à la fin de la domination des jésuites. Comme la langue de l'église romaine n'entrait jamais dans l'éducation des femmes en Pologne, Drazbacka, pour son bonheur, ne l'avait pas connue; et cette ignorance fut cause peut-être que ni la pureté de la langue maternelle , ni le goût exquis qu'elle avait reçu de la nature ne furent altérés par l'éducation. Tout le reproche qu'on aurait à lui faire, c'était une trop grande fécondité. Mais ce n'est point elle qui mérite le blâme, c*est le siècle. £lle étonna ses contemporains; elle fut
Jf. 32
4g8 TABLEAU DE LA lOLOGHC.
entourée 8ur4e-efaaa|> de tout «qu'à y fti^^ 4e phis aa^tat «a Pologne, et c'est sûrement ces prétendos savins qn la déConrnèrent de la vraie route et rengagèrent à écrire d'après leur goût. Néanmoins ses productions ebobies feront toujours l'ornement de la littérature nationale.
Le lecteur nous pardonnera sans dont^ de sortir une seule fois des bornes étroites de ootr^ cadre powr cker an finagneni dn poème de Druzbacka , qui est intkulé : U Prmtemps,
« Printemps joyeux ! âge d'or de la nature, tu viens à nous « sous la figure d'un enfiint; déjà lu souris à nos regards ; tout « est permis à ton innocent badiane , soit que €o souffles le « froid, soit que tu nous échaufies par ta dtaleur. Tu n'es qu'on « enfant; et il est permis dans tes jeux d'efirayer par la neige la « verdure qui vient de naître. Mais la frayeur que tu causes « n emmène aucun dommage : tu n'as ni les rigueurs de l'biver^ « ni la chaleur excessive de l'été. Une saison agréable» un temps « doux , un temps jeune, en harmonie avec l'air et le soleil; qui ■ sait quand il faut refroidir, quand il £»ut réchauffer: il a des « moyens pour rajeunir la vieillesse, pour lui donner la vie. Ta « délivres la terre enchaînée par la violence de l'hiver, tu lui « donnes la liberté. Tel qu'une fille qui chérit les enfans de sa « mère, tu secoues lentement les chaînes glacées qui enveloppent « la terre. Bientôt , quand tu lances tes chaleurs , tu délivres la « nature de la tyrannique tutelle de l'hiver : tu lui permets de « respirer la liberté. A mesure qu'elle respire ton haleine, toot « nait et rien ne meurt. Quoique tu sois sombre 4|uelquefois , et • que lu verses des larmes de douleur, nous aimons tes caprices « enfantins. Lorsque tes larmes baignent ta mère altérée» tu « réjouis les champs , les pâturages , les fleurs et les forêts. Tu « fais le bonheur 4e tout ce qui vit lorsque tu répands les perles « de ta rosée. Les bocages retentissent des chants d'innombrables « oiseaux: les uns travaillent à leur nid, les autres cherchent « la place pour le faire : ceux-ci , déjà tranquilles , couvent pai- « siblement leurs œufs; ceux-là, quoique faibles encore, avancent « leurs têtes hors de leur nid : à l'un la mère apporte une M mouche , à l'autre une fourmi ; l'un reçoit la nourriture en
• ouvratot soo petit bec, l'autre lève la tète pour la recevoir. « Av^UD n'aime le repos dans un .temps si cher, chacun met « tout son plaisir dans ses petits. Le rossignol envoie aux échos « les douces variations de sa voix. Un concert enchaateur se « répand sur la rosée du matin : on l'entend dans les forêts: et « dans le lieu où le faible ruisseau roule aes ondes murmu* « Imites, le rossignol s'élance d'un rameau pour se baigner « dans cette eau pure , qui jaillit en rosée sous le battement de « son aile, etc* »
Sans doute le charme du langage , la naïveté et la beauté de la versification, ne peuvent être sentis dans cette traduction, d'ailleurs très-imparfaite : cependant nous aimons à reproduire cet extrait^ qui peut donner quelque idée du talent de l'auteur.
Fables et satires.
Ce genre de poésie fut le moins cultivé dans l'antienne littérature polonaise. Mais en revanche, dans la nouvelle, il a produit les chefÎMl'œuvre de Krasicki , de Naruszewicz , de Niemcewicz et d'une foule d'autres auteurs du premier rang.
Cependant nous ne pouvons pad dire que l'ancienne littérature n*ait rien produit en ce genre, surtout dans celui de la satire; mais ce sont pour la plupart des productions très^médiocres.
Poésie pastorale.
SZYMONOWICZ ( SiMoir ), en latin Shnonides, naquit en i5S8, d'un bourgeois de la ville de Léopol, capitale du royaume de Russie, ennobli, en iSgt, par le roi Sigismond JII, qui ajouta à son ancien nom celui de Bendonski, Il fit ses études à Krakovie; lié d'amitié avec te grand Zamoyski , il fut même instituteur de son fils. Les compatriotes de Szymonowicz , ainsi que les étrangers , eurent la plus grande conâidération pour ses talens ; et Juste Lipse, cette lumière de la Belgique , comme le dit l'abbé luszynski , fait le plus grand éloge de ses poésies, et donne à Fauteur le nom de Cahille polonais. Lé roi Etienne Batory couvrit
5oo TABLE lU DE LA POLOGNE.
le front de Szymonowicz de la couronne poétique , et le pape Clément YIII, qui, avant son avènement au trôné pontifical, était nonce du siège apostolique en Pologne , portait un graoë attachement à ce poète. Il mourut le 5 mai 1629, dans on village qu'il avait obtenu par la faveur de Zamoyski.
Il se distingua également dans la poésie latine et polonaise. Ses ouvrages latins , qui ont été publiés à diverses époques do vivant de Tauteur, furent recueillis et réimprimés dans un reciwîl intitulé : Simonis Simonidœ Bendonskl, Pindari latini, opéra omma quœ reperiri potuerunt, olim sptarsim édita, nunc in unum coUeetOy procurante Angelo Maria Durini ; Warsovie, 177a, in-4- L'éditeur, A. M. Durini, comte de Modenza, archevêque d'Ancyre, nonce du siège apostolique en Pologne , y a joint quelques-unes de ses ^ poésies, ainsi qu'une dissertation sur les écrits latins de Szjmo- . nowicz. Plus tard , il publia un autre recueil où il embrassa les écrits du même auteur qui ne se trouvent point dans le premier. Ce recueil parut sous le titre : Poetarum degiûgraphotum pmrnobiU Sim : Simonides LeopoUensis. Raymundus Cunich Ragusinus S.-J. nobUi juventuti Polonœ propositi in exemplum, Quiùus prc^xa est dUsertatio Chrisauri Philomusi ( c'est-à-dire Durini ) de 'vera car' muùs elegiœ natura et optima constitutione ; Warsovie, 1777» in-4*
Le jugement que Durini porte sur les poésies latines de Szymonowicz se trouve déjà cité dans notre ouvrage, à l'article de Sarbiewski.
Quant à ses poésies polonaises, elles ont été recueillies et publiées souvent, d'après les anciennes éditions, sous le titre de Poé'met , pastorales et ^pitaphes, La sixième et la dernière édition a paru à Warsovie» en i8o5, dans le grand recueil du Choix des meilleurs Écrivains polonais , dirigé par M. Thadée Mostowski, actuellement ministre de l'intérieur du royaume de Pologne.
Tous !es écrivains polonais sont d'accord dans leur jugement sur Szymonowicz; voici quelques-unes de leurs opinions. Le célèbre Krasicki, prince-archevéque de Gnèzne, premier poète de notre époque (mort en 1801), dit que les idylles polonaises de Szymonowicz , écrites sur le modèle de Théocrite , sont un ouvrage parfait, auquel on ne peut comparer aucun autre.
LITTiRA.TUR£. 5oi
Dmochowski ( mort eo x8o8), tradacleur eu vers polonais de V Iliade , de X Odyssée, de V Enéide, et d^autres poèmes classi()uea, eo porte le même jugement que. Krasickî , en ajoutant qu*il n*a pas moins de mérite dans les idylles qu*il a prises dans la naturq, que dans celles qu'il a imitées de Théocrite, de Moschus, de Bion y et de Virgile.
Enfin Eusèbe Slowacki , professeur de littérature polonaise à l'Université de Wilna, dit que, si la Pologne n'avait d'autres productions poétiques que celles de Jeau Hochanowski et de Sxymonowici , qui tous les deux vivaient dans le seizième siècle; les Polonais pourraient se glorifier d'avoir une belle poésie nationale ; et ce qu'il y a de plus encore, ajoute ce même auteur, c'est que Szymonowicz , ayant créé ce genre de poésie en Pologne, a presque atteint la perfection.
Plusieurs de ces poésies sont traduites en différentes langues étrangères, et quelques-unes font partie de l'ouvrage anglais de M. Bowring , qui fut publié à Londres en 1827, sous le titre* dç r Anthologie polonaise ou Spécimen of the poUsh poets,
XVII« siàcw.
ZIMOROWICZ (SiMos) naquit à Léopol, capitale du royaume de Russie, en x6o3, mourut à Krakovie en 1629, à l'âge de 25 ans. X^ui-méme avoue qu'il prit pour modèle les poésies de Szymonowicz , pour lequel il professa toujours dans ses ouvrages la plus grande estime et l'amitié la plus vive. M. Bentkowski, dans son Histoire de la littérature en. Pologne, dit que les idylles de Zimorowicz ont plus d'originalité que celles de Szymonowicz, mais qu'elles sont dépourvues de cette douceur qui nous. charme dans la lecture des ouvrages de celui - ci ; qu'il ne lui manque ni le véritable talent poétique, ni l'éclat extérieur de la versification, mais qu'on trouve parfois chez lui des mots du dialecte russe , qui Qtent à son style la pureté classique des poètes du seizième siècle. Outre les traductions des Idylles de Moschus, Zimorowicz publia deux recueils de ses propres poésies pastorales ; un sous Iç ^ilrc de Idylles russes; l'autre sous celui àesRaxalanes^ ou les FiiUs.
5oa TABL£AU DE LA. POLOGNE.
40 la Mussiê. Il ne iaat pas oublier que la Russie ne voiiUk pi« dire alors comme aiijoord'liui la Moikovie , mais TaiiGieii gnaA duché de Kiiow» qui prît le nom de royaumo de Rasaiey at passa, en i34oy sous la domination polonaise.
CHËLCHOWSKI (Huini), anienr de poésies pasiente très-remarquables.
GAWINSKI(AjrDmi), auteur non moins distingué; mais ses idylles ont un début très-^graYe» c'est que les paysans et les ber» i;ers qui s'y trouvent introduits sont très-savanrs» Koiis areof de cet auteur plusieurs autres poésies qui furent publiées séparément entra les années i6So et i68sy comme des élégies, desépt^ thaphes, épi^ammes, poésies lyriques, la traduction d« qrn- Tante-ct<un psaumes, etc.
Poésie héroïque.
L'ancienne littérature polonaise ne possède aucun poésie épique, original, qui soit digne d'être mentionné ici; mats en reyanche elle est riche en traductions des auteurs classiques, dont nous allons parier.
KOCHANOWSKI (Jeah), traducteur du troisième livre de llliade. ( Voyez les poètes lyriques,)
Dans la nouvelle littérature polonaise, nous avons une excellente traduction de toute Tlliade en vers, et de la plus grande partie de l'Odyssée, par Dmochowski (mort en 1808). Une autre traduction de toutes les œuvres d'Momère ftit exécutée par Hyacynthe Przybylski, mort en i8ao, homme d'une très- vaste érudition , mais sans goût. La troisième enfin , de riliade seule , est Fouvrage du célèbre philanthrope et d'un des plus grands citoyens, Stanislas Staszic,quî cependant était fort médiocre poète.
KOCHANOWSKI (Awdré), frère de Jean Kochanowski, publia à Krako vie, en iSgo, la première traduction de l'Enéide. Ce travail n*est pas aussi parfait que la tradaction des Psaumes par Jean Kochanowski, ou que celle de la Jérusalem délivrée par Pierre Kochanowski: cependant quand il n'aurait d'autre mérite que d'avoir traduit dans ce temps un des chefs-d'œuvre de Is
LITTÉRATURE. 5o3
poëiie Utîae, ii mérkcrtît une place honoFable parmi les poètes àés son- pays. L'ensemble de oeile traduetkm présence beaucoup dm déliniis ; on raproche au p«ète de nf^étre pas tonjonrs correct * fll'a^oir rendu pltaaîeurs peaaées d^uœ manîài)» très^fiMMe , cl'ai* v<»Hr tnneé des taUeaux crée peu de tif«eité, et dl'a'voir trop dé^wloppé cartaiiws parties* de Vêài^nsà, qui se distinguent pav leur eoncisicm.
Ifou» jugeona ce poète avee d'autan! plus de sé^rité que la
f^lîMHleor d» sujet i'eai^e f et que nous avons dans notsre nouvelle
l&tténitiMnft plusieurs antres. trftdnctîoDS de ce chef-d'œuvre,
entre leeqnettes on pevi ehoisirceHer de Dmocfaowski» Hyacinthe
Piaiybjrlakl a &it aussi «net traduction de l'EnéMe, maïs tou-
ji»ura avec son manque habituel de goût. Un auteur vivent,
M.'Wenayk, en a annoncé une publication nouvdle ; feuMolski en
ft aussi promis une et n'a pa» tenu sa promesse ; enfin une foule
de fragmens traduite par divers poètes de l'époque actuelle^ sont
une preuve incontestable du goût qui régnait jadis et qui règne-
cncore aujourd'hui en Pologne.
La traduction d'André Kochanowski ne peut pas même être oosnparée à celle de Dmochowski ; mais elle renferme aussi plusieurs passages heureusement rendus, et surtout elle fait honneur à la littérature nationale, car elle montre quf au seizième siècle les écrivains de la Pologne s'empressaient de fournir au public les productions les plus belles et les plus distinguées, soit des. Grecs et des Romains , soit des peuples modernes.
KOCHANOWSKI ( Pinaas ) , chevalier de ftialte. Il se distingue surtout par une tradnction dassîxpie. de fa JérmaUm dé" Hftrée du Tasse, qui a paru à Krakovie, en z6x^.
Le véritable talent se fait connaître facilement par le chonc des ouvrages.; celui de Piètre Koohanovvski en est une preuve suffisante. U connaissaii toutes les beautés de ce chef-d'œuvre , qui furent méconnues même par le célèbre Boileau , et un siècle avant l'Aristarque français, il composa une traduction polonaise qui fit la gloire de son nom et de la littérature nationale. Toutes les parties de son travail n'ont pas un égal ménite, cependant il en est peu qui ne soient dignes d'un génie vraiment poétique
5o4 TABLEAU DE LA POLOGNE.
C'était d*aiUears le commeucemeot de Tépoqne des jésuites^ c'était le temps où les productions poétiques n'étaient plus qu'une mauvaise prose rimée. Ainsi les défauts qu'on aperçoit dans csetie traduction semblent appartenir plut6t an siècle qu'à l'écriyaln. La postérité adnffire encore cette version, et jusqu'à présent personne n'a osé tenter d'égaler Kochanowski, dont le plus grand mérite est d'avoir conservé le caractère et l'esprit de l'auteur.
A peine avaitril achevé la Jérusalem dHwrée^ qu'il se mit à traduire un autre chef-d'œuvre italien, que quelques uns regar^ dent coiome supérieur à l'Odyssée d'Homère; c'est le Rohmd fu^ liettx d'Arioste. Il finit cet ouvrage et ne le publia point ; ce n'est qu'environ deux siècles après qu'il fut imprimé à Krakovie, en 1799, sur le manuscrit autographe qui se trouve dans la bibliothèque de l'Université de cette ville. La mort n'ayant pas laissé à Kocbanowski te temps de mettre la dernière main à son travail, il est inférieur à celui qu'il avait publié hii-méme. Cependant hors quelques défauts que l'auteur n'avait pas pu corriger, et qui déparent son travail, cette version est aussi parfiiite que celle de la Jérusalem délivrée.
ZËfiRO WSKI et OTFINOWSSJ, traducteurs d'Ovide. ( roya poètes Ijrriques ).
CHIiOSCINSKI (Auibbt), secrétaire du prince Jacques So^' bieski, fils du roi Jean III, publia en 1690, sa traduction en vers de la Pharsale de Lucain.
BARDZINSKI (jBijr-Âi.Aiir), dominicain. Homme trés-4avant , et ami de la gloire de sa patrie qui s'éteignait chaque jour sous ses yeux , il vit avec douleur le latinisme des jésuites ternir l'ancien éclat de la littérature nationale, et employa tous ses soins et tons ses efforts pour ramener la langue polonaise à son premier lustre. 11 s'occupa donc de la traduction des classiques de l'antiquité, et outre les Tragédies à& Sénèque, les Dialogues de Lucien et les Consolations de Boéce , il publia la Pharsale de Lucain, en 1691, avec les suppiémeos de Sulpice-Sévère et ceux de Pétrone.
Ce dernier ouvrage est de beaucoup supérieur à la version de Chroscinski, qui n'a presque d'autre mérite que celui d'une \ersification facile: cependant il n'est point assez remarquable
LITTÉRATURE. 5o5
pour mériter une nouvelle publication. Le traducteur est , il est lî y très-fidèle, mais son style est trop souvent ampoulé » mono-
et diifos.
Quant aux autres épopées classiques, nous en avons aussi plusieurs traductions, mais elles appartiennent déjà à la littérature nouvelle; telle est la version de MtUon par Dinochowski, telles sont trois traductions de la Henriade, par ChodaniySlo^ iwacki et Dembowski.
Poésie dramatique.
Ce serait une erreur de vouloir juger Tétat des lettres et de la civilisation d'un peuple d'après Tbistoire de la littérature drama-» tique, et la Pologne en est une preuve convaincante. Un pays qui avait une littérature si savante, si grave , si belle, n'a presque rien produit dans le genre dramatique. Cependant cette singu* larité ne nous semble point impossible à expliquer.
D'abord c'est dans les villes que l'art dramatique prit nais* sauce et qu'il peut fiiire des progrès; et les villes polonaises régies parles lois allemandes étaient toujours étrangères à la mèrepatrie. La civilisation polonaise consistait dans un développement de la vie champêtre; chaque gentilhomme^ après avoir passé sa jeunesse tantôt dans les écoles de sa patrie, tantôt dans les Universités de l'Italie, retournait à sa campagne, qui était pour lui le séjour le plus cher et le plus doux. S'il venait dans les villes ce n'était que pour ses afiaires, à la diète ou dans toute autre as* semblée politique; celles-ci une fois terminées, il retournait surle^hamp au sein de sa famille,
La vie champêtre et la gravité des occupations des Polonais est donc une cause principale de la nullité de l'art dramatique dans ce pays. Ajoutons encore la sévérité des mœurs slaves, leur bon sens naturel, leur manque d'imagination , et nous serons à même d'expliquer ce résultat. D'ailleurs, l'art dramatique n'apparaît et n'exerce sa puissance bienfaisante que dans les contrées où elle trouve plus de corruption, plus de passions, plus d'oisiveté et
5o6 TABLEAU DE LA FQL06NE.
d'insoaciaBoe qu'en Pologne, paya où ces trtirer» w^ét^àatt pu daDft k» neeses.
Ceci jeté en passant, portons nos regards sur WstbéâlRi poloDaM.
Au commencement dn seûième siècle, nens voyons pioaieiiB refMrésentalîona connues sons le nom des tragééUgs, mamSs ce son plat6t les allégories morales et mytbologi^pies que de yréacitMa pièces de théâtre. Dans les allégories mondes les personoag» représentent tantôt des défauts, tantôt des vertus; on y voit, fMur exemple , la Vertu , le Travail , la Concorde personnifiés. Dans les pièces mythologiques le sujet est toujours tiré de la littérature ancienne et le plus souvent de l'Iliade. Telle est, entre autres, une tragédie qui fol publiée en Hrakovie, en x5s3 , soos^le tîlre même du Jugement Je Péris. Ces pièces étaient joaées tantôt à h cèur du roi , tantôt dans les maisons des premiers peraonnago du pays, et les rôles remplis par la jeunesse des plas iUnstns familles. Autant nous voyons dans ces pièces une véritable iur struction, du bon sens et de la morale» autant ctteamanqaent de poésie et de tout ce qui constitue l'art dramatique.
Plus tard, quelques auteurs traduisirent les j^èces du théalie de Tantiquité , mais ce n'était que des essais littéraires^ Le savant Luc Gornicki, qui publia, en 1689, sa traduction en vers de Troatf tragédie de Séaèque » avoue lui-même que. ni les masques ni les comédies telles qu'il en a vu pendant son voyage en ludie^ n'étaient connus en Pologne.
Jean Kochanowski , ce sublime génie , laissa aussi ane tragédie de sa composition , dont il puisa le sujet dans l'Iliade. £Ue est intitulée: /« Congé des ambauadeurs gn^\ elle fut traduite «di français par M. Brykczynski , et publiée par MM. Alphonse Denis et Michel Berr , dans un recueil intitulé : Chrfi-<t œuvre des théâtres étrangers^ Paris, iSi3|. Voiqi l'opinion des éditeurs a son sujet.
« La pièce intitulée le Congé des ambassadeurs grecs ^ disent-ils, « ou plutôt la suite de scènes épisodiques auxquelles on a donné « ce nom, paraîtra un ebef-d'<£uvre , si l'on veut bien se reporter « à l'époque oà parut cet ouvrage, qui date de i554. L'art draf matiqueen Europe était tout-à-fait dans l'enfance, et les Mys-
UTTERA^TURB. 5o7
tares et soties lusaienl encore, en i540y les déliées da peuple de Paris et de toute la cour de François I*'.
< Et pour ce bonnête œnvre de catholiques ,
m Ou ùAt MTolf i son cri paUique
« Que d«nt Paris no Mfttirc a'appré^*
« Repre'se»ta9i actei apostoUqufs.
« lïotre bon roi que Diea garde paissant
« Bten le consent au fidt empartissant, etc.
( Le ery et proclamation de t entreprise du austère des Aetet dut ^tret, s' adressant aux eUoyens de la ville de Paris, jeudi sixième jour de décembre, l'an t54o).
« Que dî»*je, continue Féditeur, les représentations d'un pareil « spectacle passaient pour de grands événemens et s'annonçaient, «( au rapport des auteurs contemporains , avec toute la pompe « et solennité possible. Ceux de nos lecteurs qui auront trouvé « quelque plaisir à jeter les yeux sur ces premiers essais de nos « poètes f s'apercent)nt facilement de la supériorité de l'ouvrage m de Jean Kochanowski.
« Si dans le Congé des ambassadeurs grecs l'action est nulle, au
* moins y trouve-t*on des portraits historiques tracés avec assez
p de naiveté; je dirais plus, le personnage de Gassandre inspS're
m véritablement de l'intérêt; ses paroles prophétiques peignent
« assez bien le trouble dont elle est agitée. On trouve dans la
« scène d'Anténor et de Paris, une vivacité de dialogue à laquelle
•> on est loin de s'attendre , et qui développe d'une manière ferme
«et rapide les caractères mis en opposition, en même temps
« qu'elle offre une exposition digne d'un ouvrage conduit d'une
«c manière plus savante. On peut juger que l'esprit de l'auteur
« a de bonne heure été nourri de la lecture des poètes grecs et
« latins. »
Cependant, quoique les éditeurs français reconnaissent avec raison quelques mérites dans cette pièce, eu égard au siècle dans lequel elle a été écrite, nous devons ajouter que l'auteur luimême, qui n'ignorait point les principes de l'art dramatique chez les anciens, n'a composé cette pièce qu'en cédant aux plus vives instances de Jean Zamoyski, et en la lui envoyant, il avoue franchement dans sa lettre que c*cst une véritable bêtise ( hlazenstwo ),
5lO TABLEAU DE LA POLOGNE.
Cependant plusieurs bibliothèques possèdent les copies de important recueil , et il est souvent plus facile de se procurer ses volumes séparés, que les livres imprimés dans le seizième siècle ; mais Touvrage entier n^i été copié que d'après Tordre de Stanislas-Auguste, sous la direction du savant Naruszew^icz.
On y trouve la description qu'avait faîte Gorski de la c^iinpagne deWalachie, sous le commandement du fameux Jean TamowsLî, qui la termina par un combat près d'Obertyn, ou cinq mille Polonais battirent vingt-cinq mille Valaqnes.
Sous la date de i537 » on lit un mémoire sur le complot connu sous le nom de retraite de Léopol: Gorski y trace la conduite scandaleuse de la reine Bona, femme de Sigismond I«% et s'élève en même temps contre les citoyens pervers.
Vivant au milieu d'une foule de gens dont les passions avalenl leur foyer à la cour de cette reine intrigante, et l'influence qu'il avait dans les affaires publiques le mettant même en état de voir tout ce qui était caché pour le public , le vertueux Gorski détestait les hommes de cour ; il était même si prévenu qu'il ne croyait pas qu'il fût possible d'en parler autrement que Tacite et Suétone. Si comme Tacite il ne cherche point avec autant de soin à démasquer la fausseté, et s'il ne se donne pas la peine de pénétrer le but secret de la politique , il semble avoir pris Suétone pour modèle par la franchise et la simplicité avec laquelle il retrace les actions coupables.
La bibliothèque des Zaluski possédait un de ses manuscrits d'une haute importance , qui renfermait l'histoire secrèle de Sigismond I"', où l'auteur développe toutes les intrigues de la reine Bona, qui par la méchanceté de son caractère, par son amour du pouvoir, par ses mœurs déréglées et par ses machinations, fit tant 4ç xnsLl dans ce pays , que son nom , couvert d'opprobre , ne sortira jamais de la mémoire des Polonais.
La même bibliothèque possédait aussi un recueil des poésies de Krzycki, fait par Gorski, dont l'original se trouve maintenant dans la bibliothèque d'Ossolinski à Léopol. Ce dernier, dans la notice sur la vie et les ouvrages de Gorski, fait le plus grand éloge
X/fTniRA.TDRE. 5ll
«le ce travail qui rtttfertoe, daos les supplémens et dans let actes, plusieurs détaib Irès-importans.
Goisski aurait fait beaucoup plus de bien , s'il avait publié ses ouvrages dès son vivant ; car la postérité reconnaissante a beaueo«ip de peine à rechercher ees manuacritSydoot la plupaMsoBl pcut«étre à jaauiia perdus; eft Jes personnes qui ne connaîBseot la littérature pcklaaaipe qne d'a|urès les ouvrages înoprimés y igno'* reot en grande partie jiilqa*à son nom.
Il mourut vers le milieu du seizième siècle, chanoine de Kra-» kovie.
ORZJBCHOWSKI (Stahisias-O^m), en latin Orcehoviiu ou OriehopttUf naquit en i5i3, dans l'ancien royaume de Russie. n fit d'abord aes études à Przemysl; en i^%y il se rendit a Vienne y en i5s9 «Wurtemberg, et se lia avec Martin Luther et Philippe Mélanchtot) ;,puis à Padoue, à Bologne^ à lionne ; eo tooJt il passa dix-sept anadi l'étranger. Dès l'âge de huit ans son père lui acqnit le canonicat de Przemysl en le destinant à l'état ecclésiastique , mais lui-même il ne voulut jamais consenti^ a embrasser cette carrière. Revenu dans la patrie, il se trouvait un jour daos un banquet que donnait l'aiichevêque de Liéopol » et le via et la bonne chère ayant troublé sa raison , on se hâta, dès le lendemain de grand maUn^et avant qii'il ne f^ .parfaitement rêvent^ à lui-même > de lui conférer le sous-diaconat» au milieu de la vive opposition qu'il roanifesta, tout troublé qu'il était ^core des famées du repa^ de la veille. Ensuite, dans le coi^r^^t de cette même année , il reçut le^ deux autres ordres^
Cetlie circonstance est la plus importante de toute sa vie, car étant prêtre, il se maria, et ne voulant être parjure ni à l'un ni à l'autre de ces sermens , il ne voulut ni quitter l'habit ecclésiastique ni répudier sa femme. On lui intenta des procès^ on l'excommunia , et il protesta contre tous ces actes comme arbitraires. Il voulait réformer l'usage adopté dans l'église catholique, et c'est alors qu'il publia une lettre célèbre adressée au pape Jules m» intitulée : SuppUcatio ad Julium III deapprobimdomatrimo' nioy publiée à Baie en i55i à la suite d'un autre de ses ouvrages
5ia TABLEAU DE LA POLOGNE.
qui porte le litre De iege cœlibads comira Sirucium in concilio Afl^j oraâo, U y parle d'un ton si hautain , qu'au lieu de lui demao^r la confirmation de son mariage ^ il semble vouloir l'obtenir par des menaces. Il se déchaîne contre tous les papes qtal défendaieot le mariage aux prêtres ; il prédit à Jules la chute du pouvoir ptpal , le menace d'écrire contre lui , de se soustraire à son aatorité, de soulever le reste du clergé» convaincu, qu'il arasera Toniven entier contre le siège apostolique^ s'il poUie ce ({u'il a encore sur
le cœur.
L'homme qui sans être protestant tenait un pareil langage au pape, devait être sans doute extraordinaire dans ses procédés avec d'au très personnes et d'autres autorités. Jeune, d'un caractère ardent j nourri de toute l'instruction de la belle antiquité, il étonna le monde par ses ulens^ mais corrompu en Allemagoe par les polémiques des protestans , il n'en retira aucun profit, et témoin des intrigues et des disputes^catholiques à Rome, il retourna dans sa patrie enrichi de toutes sortes des âcien<^es , mak sans aucune idée fixe, ni religieuse, ni morale, ni politique. Il tourmenta l'église orthodoxe , quoique se regardant lui-même comme son fils le plus fidèle; il inquiéta ses voisins, les diètes, le roi; et son nom fut sans cesse répété dans tous les tribunaux. H combattait d'abord contre le catholicisme et défendait le rit grec , ensuite il se déclara en faveur de la réforme; puis il revint au catholicisme , et il n'y a pas d'absurdités qu'il n'avançât , point de bassesses qu'il ne commit alors , en publiant surtout ses Dialogues sur les élections où il prend pour base de son raisonnement la figure du triangle , dont l'angle droit est le prêtre , celui de gauche le roi, enfin l'angle supérieur le pape. A mesure qu*il avançait en âge il perdait l'usage du bon sens, et il n'est presque point douteux qu'à la fin de sa vie il devint entièrement fou. Il ne réussit dans aucun de ses projets. Un esprit qu'il disait céleste lui dicta un projet de loi d'après laquelle l'autorité politique du pays devait être confiée au clergé catholique; et c'est à cause de ce projet qu'à la diète de 1 56 a on renouvela et on confirma d'anciennes lois qui déclaraient nuls tous les arrêts prononcés par les ecclésiastiques dans les affaires civiles. L'affaire de son mariage
qu'il avait eu à débattre avec cinq papes, Jales III, Marcellin II , P!l|ul IV , Pie IV et Pie Y , resta sans décision ; enfin sa femme mourut en i566y et quelques mois après il la suivit au tombeau. Lie feu Qssolinskiy dont nous avons parlé si souvent, publia un ouvrage de 900 pages sur la vie et les écrits d'Orzechowski. C'est d'après cet ouvrage que nous retraçons cet article.
Le nombre total des ouvrages d'Orzechowski , qui furent séparément publiés, est au-delà de cinquante. Plusieurs ont été brûlés par l'auteur lui-même, d'autres sont ignorés de la postérité; vingt-sept sont connus; sur vingt-deux nous n'avons que des notions bibliographiques, et les extraits qu'on en trouve dans d'autres auteurs. La plupart d'entre eux n'ont d'autre mérite que celui du style; ce n'est donc que de ceux qui sont les meilleurs que nous voulons parler.
I. De Belle adversus Turcas suscipiendo Stanislai Orichovii Rutheni ad équités Polonos omtio; Krakovie, en i543.
II. Stanislai Orichovii Rutheni ad Sigismundum Poloni^e regem,
TYircica jecaii«{a; Krakovie, 1 544*
Pendant que Soliman II faisait la guerre en Hongrie , et après qu'il eut défait l'armée de Ferdinand P', la confédération germanique, d'accord avec l'Empereur, réunit toutes ses forces contre lui ; et comme Isabelle , reine de Hongrie et fille de Sigismond I«% roi de Pologne , était la cause principale de toutes ces démarches guerrières, comme enfin cette affaire touchait rintérêt général de la chrétienté , le clergé polonais fit le sacrifice de toutes ses richesses pour repousser l'ennemi commun. Au milieu de cet enthousiasme national Orzechowski publia ces deux discours. Il y imita les Philippiques de Démosthène, et nomma même ses ouvrages les Turciques, Dans la première il s'adresse à la noblesse, et écrit comme s'il eût parlé dans une assemblée nationale. Il avance lentement dans l'exposition de ses idées, il est à la fois clair et facile à comprendre , il soutient et nourrit l'attention du lecteur; cependant il ne fait encore que raisonner. Puis , dans ses réflexions il apprécie les dangers ; et après les avoir montrés dans toute leur grandeur, il tremble lui-même