‹ Tableau de la sculpture italienne au XVIe siècleChapitre 100 sur 204 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

de rapport entre ces deux œuvres. Quand perdrat-on l’habitude des comparaisons inutiles1?

François de Médicis envoya une copie du Mercure à son beau-père, Maximilien, empereur d’Autriche. Celui-ci en fut si charmé qu’il mit tout en œuvre pour attirer Gian Bologna à sa cour. N’ayant pu y parvenir il lui demanda de désigner un sculpteur et un peintre habiles pour décorer, à l’italienne, le château impérial qu’il faisait construire à Fasangarten (aujourd’hui Schœnbrunn) près Vienne. Jean de Bologne envoya, en 1575, son compatriote, le peintre Barthélemy Spranger qui se fit une situation des plus brillantes en

1 . On a voulu voir dans le Mercure de Gian Bologna une réminiscence du Mercure de Raphaël à la Farnesine. Le sculpteur aurait, dit-on, été vivement frappé de la beauté de l’œuvre et des diverses attitudes de Mercure quand, dans l’histoire de Psyché peinte par Raphaël, il vient au secours de la jeune fille, convoque ensuite les dieux aux noces de celle-ci avec Cupidon et enfin lui présente la boisson qui doit la rendre immortelle. Tout cela nous semble bien cherché. Que Gian Bologna ait admiré la belle fresque peinte sur les dessins de Sanzio, la chose est fort naturelle. Mais nous savons combien la Renaissance aimait les sujets antiques. Rien d’étonnant, dès lors, à ce que Gian Bologna ait voulu, lui aussi, reproduire un type ancien, puisqu’il n’était pas un sculpteur à cette époque qui n’employât ses loisirs à produire des statuettes d’Hercule, de Mars, et d’autres Dieux païens.

JEAN DE BOLOGNE

Autriche, et un de ses élèves en sculpture, nommé jean Dumait.

L’année 1574, Cosme de Médicis mourut, et son fils François, devenu grand-duc et attachant un grand prix aux services de son sculpteurattitré, éleva le salaire de celui-ci de 13 à 25 écus par mois. Il l’installa dans une maison du Borgo S. Jacopo qu’il avait louée à son intention.

Les dix années de pouvoir partagées avec son père avait rendu François mûr pour le gouvernement. Pacifique, amateur des choses de l’art, il protégea les derniers grands artistes du xvie siècle. Nous le voyons entourer de sa sollicitude Jean de Bologne. Il eut aussi pour Bernardo Buontalenti un vif attachement.

Ce prince pratiquait lui-même la gravure en pierres fines ; c’est sous lui que l’art des pierres dures se développa et devint une spécialité de Florence.

Au moment où François prend les rênes du pouvoir, la Toscane est tranquille. Le nouveau duc s’occupe d’embellir Florence. Il installe les galeries des Offices où sont exposés les chefs-d’œuvre de la peinture et de la sculpture. Buontalenti construit pour lui la célèbre salle ovale de la Tribune .

Sous le règne de son patron, la fortune de Gian Bologna ne fit que grandir.

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