‹ Tableau de la sculpture italienne au XVIe siècleChapitre 112 sur 204 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

triche était morte. Le duc de Médicis demanda donc au sénat de Venise la permission d’épouser Bianca. Les sénateurs s’empressèrent d’accorder la main de celle qu’ils regardaient, hier encore, comme rayée du Livre d’or vénitien, à cause de l’escapade qui l’avait auréolée d’une trop éclatante célébrité. Les fêtes célébrées pour l’entrée, à Florence, de Bianca Capello, dépassèrent peutêtre en magnificence celles données en l’honneur de Jeanne d’Autriche, quinze ans auparavant. Le char de Bianca était traîné par des lions ; pour les autres chars on avait déguisé des chevaux en bêtes féroces, les harnachant avec des peaux et des fourrures afin d’en faire des griffons et des licornes. On alla jusqu’à revêtir des buffles énormes de peaux d’éléphants ! On peignit en or des hommes nus et des femmes pour figurer les divinités mythologiques. Raffaello Guallerotti, qui a donné les dessins de ces solennités, fait comprendre comment le peuple florentin passait sur les défauts d’un prince qui lui préparait d’aussi splendides divertissements.

François de Médicis n’avait pas attendu jusqu’à son mariage pour combler la belle Vénitienne de faveurs et de dons. C’est pour elle “qu’il avait fait construire, dès 1569, la célèbre Villa de Pratolino.

JEAN DE BOLOGNE

Buontalenti, le disciple de Vasari, était l’architecte favori du duc François. Il étudia sous Salviati et Bronzino et reçut peut-être les leçons de Michel- Ange. Parmi ses travaux, nous avons déjà cité la Rotonde, connue sous le nom de Tribune , aux Offices. Une oeuvre qui lui fait particulièrement honneur, est la galerie de la façade de l’hôpital S. Maria Novella, à Florence. Nous savons qu’il termina les jardins Boboli, commencés sous Cosme Ier par Tribolo. Il dessina aussi les jardins entourant la villa de Pratolino qui avait coûté au grand-duc 782.000 écus d’or. Cette habitation, située à cinq milles de Florence, près de la route de Bologne, s’élevait dans un site magnifique. Une forêt entourait la villa et donnait à cette demeure un charme profond. Le parc était coupé d’allées s’entrecroisant à l’infini et formant des labyrinthes. Sous l’ombrage des sapins, arbustes et plantes poussaient à souhait sur un tapis de gazon. Des ruisseaux serpentaient au milieu d’une végétation toute méridionale. Les plantes aquatiques étalaient leurs larges feuilles sur la surface des eaux. Les fougères, les genêts, les fleurettes sauvages, les noisetiers, les mûriers étaient répandus à profusion. Que d’heureux instants François de Médicis et sa maîtresse durent passer sous les frondaisons des arbres du

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