DEUXIÈME PARTIE
parc ! On les voit, au sortir d’une pineta ténébreuse, déboucher dans quelque belle pelouse ombragée, çà et là, par des hêtres touffus ou des châtaigniers centenaires. Et comme il devait être doux le repos sur l’herbe, dans la tiède atmosphère toscane, tandis que soupirait la brise et chantaient les oiseaux !
C’est dans le parc de la Villa de Pratolino que Fi 'ançois de Médicis eut l’idée d’élever un monument extraordinaire. Il commanda à Jean de Bologne de tailler, dans les flancs de la montagne s’élevant en pentes accidentées, un colosse, Y Apennin ou Jupiter pluvieux. Le maître ne termina cette œuvre qu’en 1581.
Aujourd’hui, de ce que fut la Villa et le parc de Pratolino subsiste seule, bien qu’à demi-écroulée elle-même, l’énorme statue de vingt mètres de hauteur.
Elle était placée vis-à-vis de l’une des faces du château, au bout d’un long tapis gazonné et s’adossait à la montagne entre deux massifs d’arbres. Le Dieu, accroupi et penché en avant, appuie la main droite sur le roc et presse, de l’autre, un monstre marin dont on ne voit que la tête au-dessus d’un quartier de roche. La gueule ouverte de la bête laissait jadis échapper une nappe d’eau tombant dans un bassin demi-circulaire.
JEAN DE BOLOGNE
Les cheveux et la barbe du colosse recouvrent ses épaules et sa poitrine.
Cette œuvre, qui tient du tour de force, n’est guère artistique. Jean de Bologne dut se heurter à d’incroyables difficultés dans son travail. La seule chose intéressante qui ressort de la contemplation de Y Apennin est celle-ci : notre artiste a déployé dans cette composition un talent de véritable architecte. Il ne dut pas échafauder, en effet, moins de trois grottes, pour construire solidement et dans d’exactes proportions, ce fabuleux colosse.
Jean de Bologne se vit, d’autres fois, dans l’obligation de satisfaire le goût très vif de son maître pour l’ornementation des jardins.
Ce fut vraisemblablement à la même époque qu’il contribua à orner le parc de la Villa royale de Castello, créée par Cosme. La décoration en avait été confiée, vers 1550, à Tribolo qui, après avoir dessiné le jardin, l’orna, en son milieu, d’une fontaine monumentale V
Or, dans la partie supérieure de ce jardin, sous la terrasse, est placée une grotte artificielle en rocaille, dite grotte de l’Orangerie, où l’on voit