Baldinucci, VIII
JEAN DE BOLOGNE
reproductions, gravure ou marbre, le groupe qui, plus grand que nature, mit le comble à la gloire du sculpteur douaisien. Il s’élève, avec autant de sûreté que de hardiesse, sur une partie inférieure de plus en plus mince. La jeune fille, soulevée en l’air, abandonnée à elle-même, se débat avec désespoir sous l’étreinte vigoureuse d’un jeune homme qui vient de renverser son rival.
L’œuvre de Gian Bologna présente, çà et là, quelques défauts. Le vieillard à terre, la main gauche relevée au-dessus du front, perd ainsi de sa noblesse d attitude. Le jeune Romain est quelque peu roide, son corps manque de modelé. Mais la figure de la jeune fille est une des plus belles que l’art moderne ait inventées. C’est en grande partie à elle que s’adressèrent les ovations des Florentins.
Le groupe mérite de grands éloges. « Il n’y a, « disait Cicognara aucun exemple de statues « ainsi enlacées et groupées. » Ajoutons que les immenses difficultés que présentaient une telle œuvre étaient bien faites pour rebuter tout autre artiste qui n’aurait pas été maître de son art.
Quand, en 1583, l'Enlèvement de la Sabine fut découvert et livré aux regards du public, sur la