‹ Tableau de la sculpture italienne au XVIe siècleChapitre 119 sur 204 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

La sculpture de ce groupe n’empêchait pas son auteur d’accomplir d’autres travaux. En effet, nous le voyons, l’année même où il commençait la Sabine , terminer une Vénus en marbre pour un des membres de l’illustre famille florentine des Salviati (1581). Cette statue a malheureusement disparu.

A la même époque il commençait, dans l’église du couvent des Dominicains de S. -Marc, d’importants travaux de sculpture et d’architecture pour la chapelle Salviati.

Les Salviati étaient alliés aux Médicis. Une des filles de Laurent le Magnifique avait épousé un des descendant de cette puissante famille.

Parmi ses membres, les cardinaux Jean (1490- 1533), Bernard (f 1568) et Antonio Maria (1507-1602) laissèrent une réputation d’hommes -d’église aussi intelligents qu’artistes.

Le couvent et l’église de S. Marco, fondés en 1290, avaient dû leur prospérité, pendant la Renaissance, aux largesses des Médicis. Lors des troubles qui précédèrent la mort de Savonarole, l’église fut dévastée. Sa reconstruction eut lieu sur les plans de Gian Bologna. On orna la nef de six autels d’ordre composite et l’on effaça les fresques endommagées de Pietro Cavallini. Le chœur fut achevé en 1678 seulement par Pier Francesco Silva n i qui adopta les plans anciens de Bologna.

JEAN DE BOLOGNE

L’église S. Marco contenait les restes de saint Antonin, religieux du couvent et archevêque de Florence. Les Dominicains, trouvant la tombe du saint trop modeste, voulurent lui élever une chapelle décorée avec magnificence. Comme la dépense excédait de beaucoup les ressources dont ils pouvaient disposer, les moines s’adressèrent aux Salviati qui comptaient saint Antonin au nombre des membres de leur famille. Filippo Salviati accéda à la demande des religieux, mais il mourut bientôt, laissant à ses fils, Averardo et Antonio (surnommé à cause de ses vertus morales le grand cardinal Salviati), une somme considérable dans cette intention.

Les deux frères s’adressèrent à Jean Bologne qui traça le plan de l’oratoire et dirigea les travaux de décoration. La chapelle est piécédée d’une haute arcade dont les côtés s’appuient sur deux pilastres et deux colonnes. Une console, sculptée au sommet de l’arcade, porte la statue en marbre de saint Antonin , d’une hauteur de 2m58 : l’évêque, revêtu de ses habits pontificaux, fait de la main droite un geste de bénédiction.

Dans l’intérieur de la chapelle les ornements de tout ordre furent prodigués avec profusion.

L’autel, isolé, est d’une grande richesse.

Jean de Bologne mit largement à contribution

Page 1