DEUXIEME PARTIE
par Sylvestre de Médicis, chef des cardeurs, sous prétexte de violation de leurs privilèges. Lando prit la tête du mouvement. Il resta trois ans au pouvoir ; mais il trempa dans des désordres suscités alternativement par les factions rivales et toujours plus puissantes des Médicis : les Ricci et les Albizzi. Une réaction aristocratique sanglante les renversa en 1381. Depuis cette époque, revenus à des sentiments tout démocratiques, les Landi vécurent en mauvaise intelligence avec l’autocratisme. L’un d’eux prit part au mouvement insurrectionnel qui chassa les Médicis de Florence, après la cession de forteresses toscanes, consentie à Charles VIII de France par Pierre II
Quand Alexandre de Médicis, aidé des troupes de Charles-Quint, se fut emparé de Florence (1530), au bout d’un long siège, le premier soin de ce prince en arrivant au pouvoir fut d’exiler ses ennemis. Le père de G. Landi partit avec son fils après avoir vu tous ses biens confisqués.
François de Médicis en octroya une partie à Jean Bologne. C’étaient une maison d’habitation entourée de terres cultivables, situées à Tizzano ' dell Antella, aux portes de la ville ; et deux autres propriétés sises à Quarata del Galuzzo, non loin de FEma, sur la route si charmante et si pittoresque qui,
JEAN DE BOLOGNE
par une pente douce, parmi les cyprès, les oliviers et les orangers, conduit, sur la hauteur de Montaguto, à la Chartreuse d’Erna, fondée en 1341 par M. Acciajuoli, un de ces Florentins actifs s’étant mis à la tête du commerce dans l’Italie du Sud et y ayant fait fortune, sans cesser d’être attachés à leur pays natal.
On sait que l’empereur d’Autriche, Maximilien II, avait fait à Gian des propositions très avantageuses pour l’attacher à son service. Désespérant de l’attirer en Allemagne, l’empereur Rodolphe, fils de Maximilien II, voulant lui témoigner d’une façon éclatante sa haute estime, l’ennoblit par lettres patentes du 26 août 1588 1 .
Ferdinand de Médicis avait épousé, en 1589, Christine de Lorraine, fille de Charles III, petitneveu de Charles-Quint. Le prince et la princesse se montrèrent, l’un et l’autre, pleins d’égards pour le sculpteur. Lorsque, vers 1590, il fut question
1. Les armoiries de Jean de Bologne sont les suivante : coupé au premier de gueules au lion d’or issant, tenant dans les pattes un globe de même, et lampassé de gueules ; au deuxième d’azur à trois globes d’or posédeuxet un ; l’écu sur^ monté du heaume ouvert, entouré de lambrequins d’or et d’azur; et, sur le cimier, d’un lion semblable à celui des armes.