‹ Tableau de la sculpture italienne au XVIe siècleChapitre 130 sur 204 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

maîtres français que Renée attira près d’elle sont restés obscurs. Qui connaît, en effet, Jacques et Livius Vignon, orfèvres habiles à polir les métaux, qu’elle retint en Italie ?

Son fils, Alphonse II, avait passé sa jeunesse à la cour de France. Il y prit la passion des tournois et des aventures guerrières. Ardent et généreux, il secourut les Hongrois attaqués par les Turcs en 1566, et fit plusieurs tentatives pour obtenir la couronne de Pologne (1574).

Habile à perfectionner les inventions militaires il se livrait avec ardeur au plaisir de la chasse. Il aimait les inventeurs de toute espèce, qu’ils fussent alchimistes ou ingénieurs. Comme les Médicis il fabriquait des poisons subtils.

Alphonse eut l’amour effréné du luxe. Sa cour fut l’une des plus somptueuses de l’Italie. Ses collections d’antiques et de médailles furent classées et augmentées par deux archéologues éminents : le Parmesan Enéa Vico et le Napolitain Pirro Ligorio.

Ainsi que son beau-frère le duc d’Urbin, il multipliait les encouragements aux écrivains.

Trois chefs-d’œuvre de la ittérature italienne : la Jérusalem délivrée , YAminta du Tasse et le Pastor Jîdo de Guarini naquirent sous ses auspices.

Avec son goût du faste, son amour des pompes,

JEAN DE BOLOGNE

de l’apparat, des fêtes somptueuses et des divertissements de toutes sortes, Alphonse II accueillait avec faveur les artistes. Gian Bologna fut dignement reçu par le duc et sa sœur, la belle Eléonora, qu’aima Torquato Tasso, s’il faut en croire la légende. Dans le déclin de la Renaissance, Ferrare conserva un prestige éclatant

«... Là, fut tiré le bouquet de ce grand feu d’artifice. « Dans cette cour présidée par des princesses « qui, à peine sorties de nourrice, avaient joué « Térence en latin devant le pape Pgul III, les « lettres, les sciences et les arts étaient en hon- « neur. On y trouvait des savants comme « Tassone, Martelli, le Pigna, Antonio Monteca- « tino, des jurisconsultes comme Laderchi d’Imola, « des poètes comme Guarini, l’auteur du Pastor « fido, un philosophe tel que Patrizzi, le dernier « des Platoniciens, des peintres dignes successeurs « des frères Dossi, des architectes tel que Pirro « Ligorio, des sculpteurs,- des musciens. — Cour « splendide, s’écriait le comte Annibal Romei, qui « y avait séjourné, et plutôt royale que ducale ! — « Et il ajoute qu’elle n’était pas seulement peuplée « de gentilshommes et de cavaliers, mais d’esprits « très ornés et très doctes. Aussi les tournois « n’excluaient-ils pas les joutes poétiques et ora- « toires. Au milieu du tumulte des fêtes, il y

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