‹ Tableau de la sculpture italienne au XVIe siècleChapitre 137 sur 204 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

Bologne aurait pu voir aussi quelqu’un de ces Délia Porta, dont la dynastie milanaise faisait fortune à Rome en même temps qu’une nombreuse colonie d’orfèvres lombards.

Quant aux graveurs en pierres dures succédant au fameux Domenico dei Cammei, ils se nomment, à cette époque, Domenico Campagni qui avaitgravé en creux, surun rubi-balai de la dimension d’un jules, le portrait de Ludovic le More; G. A. de Rossi; J. et C. da Trezzo ; les Misuroni; cependant que les Negrolo se signalaient dans la gravure des armes. Milan, à la lin du xvie siècle et malgré les guerres et les compétitions, restait toujours la métropole où s’alimentait le luxe européen. « On y fabriquait les plus belles armures, les « plus riches parements et étoffes d’or et de soie, « des meubles d’ébène et d’ivoire d’un travail prête cieux, des oeuvres de tour recherchées. Le travail « des matières dures y avait pris un développement « considérable : c’est dans ses murs que se taillaient « les grands vases de cristal de roche, honneur de tt nos musées, et des ateliers milanais sortaient, « comme d’une ruche laborieuse, des essaims « d’artistes qui se répandaient partout, en Espagne, « en France, en Allemagne, à Rome et à Florence « même » 1 .

i. Müntz.

JEAN DE BOLOGNE

Enfin au milieu de septembre 1593, Jean de Bologne arrivait à Venise, terme de son voyage. L’ambassadeur Uguccioni lui fit une réception des plus flatteuses. Venise voyait décliner d’année en année, sa puissance. Le temps était passé où elle dominait au loin, possédant d’immenses États qui s’étendaient, au xive siècle, du Frioul à Thessalonique. A la fin du xve siècle, la découverte de l’Amérique et du cap de Bonne-Espérance avaient porté à son commerce et à ses transactions un coup fatal. Celles d’Espagne et du Portugal occupaient le premier rang. Depuis la prise de Constantinople les Turcs avaient enlevé à Venise les plus riches de ses colonies méditerranéennes, et la perte du monopole commercial des Indes, pendant longtemps principale source de sa prospérité, lui fut extrêmement nuisible. Le pape Jules II, l’empereur Maximilien, les rois de France, d’Aragon, de Naples, les ducs de Savoie, de Ferrareetde Mantoue n’ontqu’un but: dépouiller la République Vénitienne de Ravenne de ses possessions de la Romagne, de Padoue, Vicence, Vérone, du Frioul, d’Otrante et de Brindisi : en un mot de toute sa puissance continentale. Venise résiste d’abord avec ses troupes de condottieri , mais, vaincue à la bataille d’Agnadel par Louis XII de France (1509), et, bien qu’ayant recouvré une

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