Première partie, pages 48 et sqn
JEAN DE BOLOGNE
L’illustre architecte Palladio de Vicence était mort en 1580; Paris Bordone en 1570; Titien avait disparu l’année 1576; Moroni, le portraitiste, l’année 1578; Paul Véronèse s’était éteint en
La Renaissance de Venise fut vraiment, selon l’expression de M. Gebhart, l’arrière-saison et comme le dernier rayon de l’Italie.
On comprend quelle satisfaction dut ressentir Jean de Bologne à se trouver dans une ville où l’art affectait des formes si éclatantes et si variées. Venise gardait encore le souvenir des fêtes données en l’honneur du futur Henri III de France, et, dans les récits qu’on lui en fit, notre sculpteur dut se rappeler la réception, à Florence, de Jeanne d’Autriche, lors de son mariage avec François de Médicis.
Si les artistes conservaient à Venise des trésors de poésie, les Mécènes y déployaient un luxe magnifique. Sur les treize doges qui régnèrent au xvie siècle, de 1521 à 1595, des noms comme ceux d’A. Grimani, Trévisan, Venier, Loredan, Mocenigo, Pasquale Cicogna méritent d’être hautement célébrés.
La construction de la Librairie de Saint-Marc (1536) sous le doge A. Gritti; de la Monnaie