DEUXIÈME PARTIE
« regorgeante, avec de telles saillies et de tels « crépitements de flammes, avec un jet si haut « d’étincelles, avec des éclairs si soudains et si « multipliés, avec un flamboiement si continu de « fumées et de lumières inattendues, on ne l’a « point connue ici-bas... Il ne choisit pas; sa « vision s’impose à lui ; une scène imaginaire « lui apparaît comme réelle ; d’un élan, à l’ins- « tant, il la copie avec ses bizarreries, son imprévu, « son énormité, son fourmillement ; il découpe « un morceau de la nature et e transporte sur la « toile tel quel, avec l’imprévu et la puissance de « la création spontanée, qui ne connaît ni les « combinaisons, ni le tâtonnement. Ce ne sont « pas deux ou trois personnages qu’il peint; c’est « une scène, un fragment de la vie, tout un pay- « sage et toute une architecture peuplée. »
Jean de Bologne se trouvait si bien dans la cité des doges qu’il s’y attardait délicieusement.
Les deux mois de congé étaient expirés; aussi, pour se faire pardonner son retard il écrit de Venise, le 7 octobre, au chambellan du grandduc Ferdinand, Girolamo di Ser Jacopo. Après s’être répandu en expressions de respect, il annonce qu’aussitôt de retour à Florence il se mettra à la statue équestre de Cosme Ier :
JEAN DE BOLOGNE
« Subito al mia aviva à Fiorensa meterma la statua « del gran Cosimo a cavallo ».
Et il ajoute que si son arrivée a été retardée à Venise, c’est à cause des pluies abondantes l’ayant retenu dans la ville de Milan plus longtemps qu’il ne voulait. Il partira dans une semaine pour Florence. D’ici là, que de choses à voir encore en la cité des Doges, sous la conduite du seigneur chevalier Uguccioni, si dévoué aux intérêts de Son Altesse Ferdinand de Médicis.
Le 13 octobre, Jean de Bologne quittait Venise et se mettait en route pour revenir à Florence.