‹ Tableau de la sculpture italienne au XVIe siècleChapitre 149 sur 204 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Le Saint Luc en bronze d’Or San Michèle (1602). — Les deux anges porte-jlambeaux de la cathédrale de Pise (1602). — Esquisses des statuettes du Christ et de Jean-Baptiste , fondues en bronze par Palma de Massa Carrare (Bénitier de la cathédrale de Pise). — Départ de Francheville, élève de Jean Bologne, pour Paris (1603). — Son autre élève Pietro Tacca, devient son secrétaire et son collaborateur pour les grandes oeuvres de la fin de sa vie. — Statue équestre d’Henri IV (Pont-Neuf, 1604). Elle est terminée par Tacca et transportée à Paris en 1614. — Statue équestre de Philippe III d’Espagne (1606), terminée par Tacca et transportée en Espagne en 1616. — Statue équestre de Ferdinand 7er (Place de l’Annunziata. Florence), (1605). Mise en place eu 1608. — Gian Bologne orfèvre. — Sa mort à Florence (13 août 1608). — Jugement sur cet artiste. Sa générosité. Son désintéressement. — Son testament.

En 1600, l’Art des juges et des notaires décida de remplir la niche restée vide sur la façade est d’Or San Michèle, la délicieuse église si heureusement transformée, jadis, par Orcagna. Les consuls de la société traitèrent avec Jean de Bologne pour l’exécution d’un saint Luc en bronze. Le contrat stipulait que la statue devait être aussi belle que possible. Le sculpteur se mit au travail et la mise en place eut lieu le 16 novembre 1602. Cette statue est intéressante. La figure et l’attitude de

JEAN DE BOLOGNE

l’Evangéliste ont de la noblesse et de la distinction. Le vêtement tombe à larges plis et offre une souplesse remarquable. L’ensemble ne manque pas de caractère. Malheureusement cette œuvre, qui provoquerait de vifs éloges si elle était isolée, souffre singulièrement du voisinage des grands maîtres du xve siècle : Ghiberti , saint Matthieu (1420) et saint Jean-Baptiste (1414) ; Donatello, saint Marc (1 41 1) et saint Georges (1416); Verrocchio, le Christ et saint Thomas. Mais elle est incontestablement supérieure au saint Jean /’ Evangéliste de Baccio da Montelupo (1515) et d’un mérite égal aux saints de Nanni di Banco. La seule critique à faire du saint Luc est la pose un peu trop hardie que lui a donnée le sculpteur.

Pourtant la draperie est encore de la bonne époque du Rinascimento et ne fait nullement présager les mouvements orageux du style baroque. Quoi qu’en dise Burckhardt, l’œuvre était vraiment remarquable, il faut en convenir, pour un vieillard de 78 ans.

Cette même année 1603, Jean de Bologne, malgré ses multiples travaux, trouvait le temps de donner pour la cathédrale de Pise, deux anges porte-candélabres en bronze, placés aux deux extrémités de la balustrade qui sépare le chœur

Page 1