DEUXIÈME PARTIE
de la nef. Les lignes des visages sont pleines de pureté, mais les ailes lourdes manquent d’essor ; les têtes sont trop petites, les plis des vêtements trop multipliés, la frisure des chevelures trop accentuée.
Quant aux statuettes en bronze du Christ et de saint Jean-Baptiste surmontant les bénitiers du Dôme de Pise, elles ont été fondues avec succès par Palma de Massa Carrare.
Bien qu’un peu maniérée, leur anatomie est précise et se recommande par la souplesse et la légèreté des draperies.
Bologne eut, vers 1603, le chagrin de voir partir son élève favori, Pierre de Francheville ou Franqueville, pour la France où il entrait au service d’Henri IV. Le vieux sculpteur reporta son affection sur un autre de ses élèves, Pietro Tacca, sculpteur plein de talent et qui devint son secrétaire. Tacca fut aussi le collaborateur du maître et l’aida dans les dernier travaux dont nous allons parler : les statues équestres d'Henri IV de France , de Philippe III d'Espagne , et de Ferdinand Ier de Médicis .
Bologne avait assisté avec un vif chagrin, en 1590, à la mort de son bienfaiteur et fidèle
JEAN DE BOLOGNE
ami, Bernardo Vecchietti. Il avait dirigé luimême les réparations du palais florentin de cet illustre famille. Il sculpta dans un angle de l’édifice une statuette de petit satyre, servant à assujettir la bannière du quartier du marché, lors de la fête populaire delle Potence.
Après la mort de Vecchietti, Bologna demeura l’artiste vénéré de cette maison. Dès que ses travaux des statues équestres, mentionnées il y a un instant, lui laissaient quelques loisirs « il se réfute giait dans la villa del Riposo où il réparait ses « forces épuisées et où il devait laisser tant de « preuves de son génie si fécond et de son inal- « térable reconnaissance 1 ».
Ce fut en 1604 que, sur l’ordre du grand-duc Ferdinand Ier, Gian Bologne, à l’âge de 80 ans, entreprit la statue équestre du roi Henri IV. Il s’occupa d’abord du cheval et, l’année 1606, recevait de France l’effigie royale en cire. Marie de Médicis, trouvant que le travail était trop lent à son gré, écrivit à son oncle Ferdinand de Médicis en le priant de lui céder le cheval, fondu, dès 1603, pour la statue équestre que le prince se faisait ériger sur la Piazza dell’ Annunziata. La lettre est curieuse et mérite d’être transcrite ici :