‹ Tableau de la sculpture italienne au XVIe siècleChapitre 166 sur 204 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Sans aller jusqu’à prétendre, avec le Cicerune de Burckhardt, que cette œuvre n’est qu’une grossière décoration, on peut dire cependant qu’une telle composition manque de simplicité.

L’attitude de Cosme de Médicis est roide, tout comme la pose du bras gauche; l’ensemble, d’une manière générale, ne présente aucune maîtrise.

Mentionnons encore la statue pédestre de Ferdinand Ier, élevée sur la place du Dôme d’Arezzo (i 594).Franqueville l’exécuta sur le dessin et d’après le modèle de Jean de Bologne, qui s’était rendu exprès dans cette ville pour étudier l’emplacement du monument.

La plus grande partie de la vie de Francheville s’était passée en Italie. Il ne fut appelé en France qu’à l’âge de 52 ans.

Voici dans quelles conditions. Baldinucci raconte dans la Vit a di Francavilla , qu’il y avait, à Florence, un sculpteur du nom de Romolo Ferruzzi, fort habile à faire en pierres toutes sortes d’animaux. Gérôme de Gondi, noble Florentin, qui habitait la France, lui en avait commandé une certaine quantité pour envoyer à Paris, afin d’en orner son jardin. Ayant entendu parler de la

JEAN DE BOLOGNE

grande renommée de Francheville, Gondi désira que cet artiste lui sculptât une statue en marbre, haute de six brasses, représentant Orphée. Cette statue devait être placée dans le même jardin, audessus d’une fontaine, et au milieu d’animaux sculptés par Ferruzzi. Francheville fit de son mieux pour répondre à cette commande. Un jour que le roi Henri IV se promenait dans le célèbre parc de Gondi, il remarqua la statue d’Orphée.

S’étant informé du nom de son auteur, il désira l’avoir à son service et chargea Gérôme Gondi de s’entremettre à cet effet. Après une courte négociation, Francheville quittait Florence, vers 1600, accompagné de sa femme, de ses filles Sineralda et Olympia, et d’un jeune élève, Bartolommeo Bordoni, qui devint son gendre.

Francheville fut fort bien traité par Henri IV. Le monarque lui donna un logement au Louvre. Il exécuta de nombreux travaux à Paris. On lui attribue un groupe du Temps qui enlève la Vérité , placé dans le jardin des Tuileries.

Vers 1614, lorsque la statue d’Henri IV, envoyée de Florence par Tacca, fut placée sur le Pont-Neuf, Francheville imagina quatre figures d’esclaves pour le piédestal, bien inférieures, du reste, à celles sculptées par Tacca pour le monument de Ferdinand Ier, à Livourne.

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