‹ Tableau de la sculpture italienne au XVIe siècleChapitre 180 sur 204 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

On chercherait vainement, désormais, les grandes compositions du tombeau en ronde bosse avec une statue portrait et deux ou plusieurs figures allégoriques. Les Papes actifs de la contreréforme veulent être célébrés en détail, et l’art n’y réussit qu’à l’aide d’une série de bas-reliefs. Dans une niche, au centre, la statue du Pontife est assise ou à genoux. Ces œuvres sont remarquables par la représentation consciencieuse du détail ; mais il fallait, pour les exécuter, des artistes dociles, réalisant les désirs de la cour romaine qui, voulant se soustraire aux doctrines de l’Ecole florentine, renonça résolument à faire appel à ses représentants et n’employa que des sculpteurs indépendants, quelques-uns du Nord de l’Italie, d’autres même Français ou Flamands.

Ces artistes ne sont pas aussi insignifiants que le prétend Burckhardt, puisqu’après tout leurs œuvres révèlent une volonté réelle de s’affranchir de la recherche du nu, préoccupation exclusive de la Renaissance, et de revenir à l’emploi du basrelief qu’avaient souvent dédaigné les sculpteurs du xvie siècle. A ce titre, les monuments gigantesques de Pie V et Sixte-Quint, Clément VIII et Paul V, dans les deux chapelles d’apparat de Se-Marie-Majeure, sont l’exacte caractéristique fie l’époque. Et il faut, pour en comprendre la

FIN DE LA RENAISSANCE

manifestation d’art, se souvenir du règne des Pontifes dont ils sont la dernière demeure.

Le Bolonais Buoncompagni (1572-1585) qui prit le nom de Grégoire XIII, fut un grand légiste, un bon administrateur, mais un caractère un peu faible. Il réforma le calendrier, entreprit en Orient une propagande active. Il revendiqua beaucoup de domaines occupés indûment par des particuliers, ce qui provoqua une recrudescence du banditisme. Il fit construire le Collège romain sur les plans d’Ammanati (1575) et commença le palais du Quirinal.

Les villas Montalto, sur l’Esquilin, et Mattéi, sur le Cœlius, s’élevèrent sous son Pontificat. C’est à cette époque que Landini donna sa charmante fontaine des Tortues (1585) que nous décrivions, il y a un instant, et qui n’a cessé d’être admirée. Le tombeau de Grégoire XI (y 1378), par Olivieri, à Se-Françoise romaine rappelle, avec ses bas-reliefs circonstanciés, le transfert, par ce Pontife, du siège d’Avignon à Rome. L’œuvre est supérieure à la tombe de Pie V (Se-Marie-Majeure).

Sixte-Quint (Peretti, 1585-1590) reprit la tradition des grands bâtisseurs de la Renaissance. Il

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