‹ Tableau de la sculpture italienne au XVIe siècleChapitre 43 sur 204 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

cuper à S. -Laurent. La mort de Clément VII (Médicis), survenue l’année 1534, fit de nouveau suspendre les travaux de Florence.

Michel- Ange, qui voulait terminer le tombeau de Jules II, pressait Montorsoli de revenir à Rome. Mais Paul III (Farnèse) ayant imposé à Buonarotti d’autres oeuvres, Montorsoli partit pour Paris où le cardinal de Tournon obtint de François Ier une pension en sa faveur. Mécontent toutefois de ne recevoir aucun argent du trésorier royal,. Montorsoli quitta la France. On le retrouve bientôt à Florence en train d’orner les figures allégoriques du pont de la Santa Trinita, au moment de l’entrée triomphale de Charles-Quint.

Il sculpta vers le même temps les statues fort maniérées de Moïse et de saint Paul , à l’Annunziata, et qui sont visiblement inspirées des Prophètes de la Sixtine.

Après l’exécution du tombeau du cardinal Dionisio Beneventano, à Arezzo (église Saint- Pierre), monument que certains lui dénient, il se rendit à Naples, afin d’y construire le mausolée du poète campanien Jacques Sannazar, dans l’église S. Maria del Parto que ce poète avait fondée. Mais par suite de diverses circonstances1 le tra-

1. Nous les avons longuement énumérées dans Naples , pages 196 et sqn.

vail fut partagé entre Montorsoli et un artiste indigène déjà mentionné et répondant au nom de Girolamo Santa Croce. Montorsoli sculpta les statues assises à' Apollon et Minerve , placées des deux côtés du mausolée. Leur modelé habile et leur pose ont une grande analogie avec le style de Michel-Ange Les moines de S. Maria del Parto travestirent ces deux statues en Judith et Moïse, afin de les sauver de la rapacité d’un gouverneur espagnol qui, sous prétexte que des divinités païennes étaient déplacées dans une église, voulait se les approprier.

Quand Montorsoli fut revenu à Florence, il commença un groupe d’ Hercule et à’Antée qui devait couronner la fontaine du jardin de la villa de Cosme à Castello. Il n’eut pas le loisir de terminer ce travail, car le cardinal Doria lui commanda la statue du prince Doria que Bandinelli devait exécuter, mais ne se décidait pas à commencer.

Il faut lire, dans les mémoires du temps, la colère de Bandinelli et comment cet envieux artiste chercha, par tous les moyens possibles, à desservir Montorsoli auprès du duc André Doria. Mais celui-ci 1 appela bientôt l’artiste à Gênes.

i. Pour les détails sur André Doria et son rôle à Gênes, voir deuxième partie, chapitre IV.

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