PREMIÈRE PARTIE
Montorsoli partit avec son neveu Angelo et un sculpteur : Martino di Bartolommeo. A Gênes Montorsoli fut élevé à la dignité d’architecte du
grand-duc, tandis que Perin del Vaga devenait son peintre officiel.
La république génoise, toujours en guerre jusqu’alors, n’avait pas eu le temps de s’occuper de questions d’art ni de commandes esthétiques. Aucun artiste indigène ne s’étant manifesté, Andrea Doria fut contraint de s’adresser à des maîtres étrangers.
Montorsoli arrivait à Gênes vers 1538. Il commença ses travaux dans cette ville par la décoration de l’église S. Matteo, l’oratoire de la famille Doria. L ensemble de l’œuvre de Montorsoli dans cette église est unique en son genre. Si les quatre évangélistes d’une des chaires, ceux du chœur, la Pieta rappellent le style de Michel-Ange à la Sixtine et à S. -Pierre, le Christ, avec les emblèmes de la Passion, les reliefs de l’Annonciation, de l’Adoration et un saint Matthieu ont plus de personnalité. Le riche stucage de la voûte est orné de reliefs avec, au centre, l’image de Dieu le Père entourée de la Création d’Adam et d’Eve, de la Tentation et de l’Expulsion du Paradis. Il y a des mouvements violents et des poses tourmentées curieuses. Guglielmo délia Porta, que nous étu-
(lierons ci-après, adoptera l’animation un peu cherchée des Prophètes de Montorsoli. Celui-ci n’est pas l’auteur du monument funèbre d’Andrea Doria (crypte) mais on peut dire que la décoration de S. Matteo s’exécuta sous les yeux du prince, pour lequel l’artiste modela en outre le Jupiter colossal en stuc qu’on voit encore à la villa Doria.
En 1547, Montorsoli visita Michel-Ange à Rome et il écrivit de cette ville au grand-duc, Cosme Ier, pour lui demander de terminer à Florence le groupe & Hercule et Antée qu’il avait commencé, on s’en souvient, avant de partir pour Gênes. Mais sachant que son ennemi Bandinelli, toujours présomptueux, insolent et arrogant, avait détruit l’esquisse, Montorsoli dut abandonner ce projet.
C’est à ce moment que des notables de Messine vinrent à Rome chercher un sculpteur pour élever une fontaine sur la Pia^a de leur ville. Montelupo étant malade, Montorsoli fut chargé de ce travail. De 1547 à 1551, il construisit cette riche fontaine en marbre noir et blanc, surchargée de nymphes, de dieux marins, d’animaux et de reliefs mythologiques qui font l’ornement de la place de la cathédrale, à Messine. Montorsoli termina aussi la façade de la cathédrale, dans le