‹ Tableau de la sculpture italienne au XVIe siècleChapitre 5 sur 204 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

c’est-à-dire les tendances modernes d’une époque de luxe et le maniérisme étudié d’un Rinascimento élégant, disert, savant, qui n’aimait de l’antiquité que ses Lettres et sa richesse.

Le relief fut trop surabondamment traité. La découverte des reliefs anciens, ces sarcophages romains encombrés de motifs, de statues et d’allégories justifièrent, en quelque sorte, la surcharge de maints tombeaux. Le xve siècle, outrant cette tendance, était déjà allé beaucoup plus loin que le style romain de la dernière heure, ce qu’un auteur allemand appelle : le style romain tardif. Il s’était servi du marbre et de l’airain pour représenter les peintures, et — comme certains reliefs de Rossellino ou de Benedetto da Majano — y avait ajouté un arrière-plan riche et profond. Au xvie siècle la sculpture continue ces errements, garde le même style, mais sans conserver la naïveté du xve, et par exemple cette simplicité dans les formes qui devinrent bientôt par trop incultes à force d’être contournées. Dès le premier tiers du xvie siècle les statuaires ont perdu le sens du relief, le sentiment de ses limites, et, chose plus grave : l’usage et l’emploi narratif auxquels il était jadis destiné.

Et c’est ainsi que, pendant deux cents ans, tant de talents, tant de ressources, tant de créations se

dépensèrent en pure perte et aboutirent, principalement après Michel-Ange, à une impasse : et tout cela pour être parti dans une fausse direction.

NOMENCLATURE DES SCULPTEURS ITALIENS DU XVIe SIÈCLE

Andrea Sansovino (1460-1529)

Le premier et le plus noble représentant de la sculpture du xvie siècle se nommait Andrea Sansovino. Il était né à Monte-Sansovino en Toscane, et se sentit de bonne heure appelé à la carrière des arts. Elève, à Florence, d’Antonio del Pollajuolo, il inaugure véritablement le style succédant à celui de Verrocchio, de Mino, d’Andrea délia Robbia et de Benedetto da Majano. Cet artiste, d’ailleurs, ne restera pas longtemps à Florence. Cette ville, en effet, touche à un moment critique de son histoire. Les Médicis, au commencement du xvie siècle, traversent des heures difficiles. Pierre II vient d’être chassé de Florence pour avoir livré à Charles VIII de France les forteresses de Sarzane, de Sarzanello,

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