PREMIERE PARTIE
restauration des Médicis. Mais cet artiste doit être lavé d’une telle accusation de par le silence même de Celliniqui, admirateur passionné de Michel-Ange et adversaire violent de Bandinelli, eût, à coup sûr, rappelé, dans la Vita , un épisode aussi déshonorant pour son auteur.
Baccio Bandinelli prétendit toujours rivaliser avec Michel-Ange. Il espéra sans cesse humilier le grand homme par un triomphe éclatant. Il tenta même d’apprendre la peinture, sous la direction d’Andrea del Sarto et du Rosso, espérant que ces deux maîtres lui feraient connaître les procédés de Michel-Ange dont ils étaient les élèves. Mais Bandinelli échoua dans cette tentative.
S’étant remis à la sculpture, il débuta dans le style antique par un Bacchus d’une conception plus que médiocre, puis deux Vénus , une Léda et une Cléopâtre qu’on peut voir au Bargello. Il donna ensuite un Mercure qui fut, en 1530, envoyé à François Ier. Ces productions attirèrent sur lui l’attention et la faveur du cardinal Jean (Léon X) et de son frère Julien de Médicis. On sait, du reste, combien Viviano son père était dévoué à cette maison. Baccio obtint, en 1512, de Cosme Ier, pour la cathédrale de Florence, la commande d’un saint Pierre , figure traitée avec une grande simplicité et une bonne ordonnance.
En 1515, Bandinelli produisit une statue à' Hercule, placée sous une des arcades de la Loggia de Lân^i. Il crut, dans cette œuvre, pouvoir prendre à Michel-Ange les formes puissantes et contrastées, mais le sentiment de la ligne lui faisait défaut, de même que l’inspiration dramatique. Sa vanité et son envieux orgueil lui jouèrent un mauvais tour. Cette statue insignifiante provoqua de toutes parts les critiques d’ennemis qu’il exaspérait par ses manières brutales et ses dénigrements systématiques des œuvres d’autrui.
Léon X l’envoya à Lorette travailler sous Andrea Sansovino. Il y revint plus tard, vers 1531, pour y achever les bas-reliefs de la Nativité. Mais s’étant mis à dos tout le monde par ses manières violentes, il s’en fut à Rome et de là à Florence afin d’y sculpter une copie du Laocoon destinée par le pape à François Ier, auquel ce pontife avait eu l’imprudence de promettre l’original, pendant leur entrevue de Bologne. Le groupe, interrompu pendant le pontificat d’Adrien VI, s’acheva sous le règne de Clément VII qui acheta cette œuvre au roi de France et la fit transporter à Florence, dans la cour du palais Médicis. Cette faible imitation de l’original est aujourd’hui aux Uffizi (1522).
La fidélité du père de Bandinelli à l’endroit des