PREMIERE PARTIE
d’abord les Prophètes et les Apôtres en relief sur la balustrade du chœur, puis plusieurs œuvres qui devaient surmonter le maître-autel et qui sont aujourd’hui dispersées dans la cité. Ce sont d’abord Adam et Eve qu’on peut voir au Bargello, assez simples et contrastant avec la manière habituelle de l’artiste. Les deux groupes du Christ mort , avec saint Jean (chapelle Baroncelli, S. Croce) et avec Nicodème (transept droit de l’Annunziata) ne frappent que par leurs formes et leur composition entièrement païennes. Il faut en dire autant du Dieu le Père assis , dans la première cour du couvent de S. Croce.
Le groupe d'Adam et d'Eve n’avait aucun caractère religieux et se trouvait étrangement placé dans une église. Et quant au Christ mort9 l’artiste en était si satisfait qu’il déclarait au secrétaire du grand-duc, Messer Jacopo Guido, que l’art de dessiner un tel chef-d’œuvre devait mourir avec Bandinelli !
On trouve au Palais Vieux des statues portraits dont plusieurs peuvent être attribués à Baccio : Léon X, Jean , Alexandre de Médicis ; leur maniérisme est déjà accusé autant que la médiocrité du motif des corps. Quant au groupe de Clément VII couronnant Charles-Quint, il est l’œuvre de son disciple : Rossi.
Bandinelli fut employé à la décoration des jardins <iu Palais Pitti, en compagnie d’Ammanati, Jean Bologne et d’autres artistes. On voit de lui, à l’entrée de la grotte de Buontalenti, un Apollon et une Cérès.
Il fit encore le buste du grand-duc Cosme où, chose étrange, il atteignit à une véritable beauté par la simplicité et la largeur avec lesquelles il composa l’effigie ducale. Les mêmes qualités se remarquent dans son propre buste. Avec sa longue barbe, sa robustesse et ses traits accusés, il rappelle une statue antique.
Bandinelli avait été créé chevalier de l’ordre de Saint-Jacques, par Charles-Quint.
Il mourut à Florence le 15 février 1560. Son tombeau est à Y Annunçiata, chapelle des Pazzi.
Telle est l’œuvre de ce maître, trop décrié. « Nous voyons aujourd’hui des écrivains faire le « plus pompeux éloge du style de la Renaissance, « du style inspiré par l’Antiquité et, par une- « inconséquence inexplicable, ils méprisent les « œuvres dans lesquelles ce style s’est manifesté « avec le plus de clarté et dans sa véritable forme. « Pour juger les conséquences de l’imitation de « l’art antique, ou pour éviter le mot « imita- « tion » qui semble aujourd’hui un blâme et pour « nous servir simplement du mot « inspiration »,